Partage international no 410 – octobre 2022
par Julia Conley
New York, Etats-Unis
Des centaines d’organisations ont annoncé le 1er septembre 2022 qu’elles planifiaient de lancer cet automne une mobilisation massive pour faire rendre des comptes à ceux qui permettent aux extractions destructrices de carburants fossiles de continuer. En particulier leurs cibles sont les banques de Wall Street qui ont déversé plus de mille milliards de dollars dans des projets pétroliers et gaziers au cours de ces récentes années.
La coalition Stop the Money Pipeline (Fermez les vannes de l’argent), qui regroupe plus de 200 groupes d’actions climatiques, a appelé partout aux Etats-Unis à se joindre aux actions publiques de Blame Wall Street (Blâmez Wall Street) qui sont déjà planifiées à New York, Los Angeles, San Francisco et d’autres villes, où les militants « feront le lien entre les événements climatiques extrêmes qui nuisent à l’humanité et les grandes entreprises qui attisent la crise climatique. »
« Il y a plein de monde contre qui être en colère : les sociétés pétrolières qui n’existent que pour faire des profits massifs en empoisonnant notre air, notre eau ainsi que la planète : les politiciens, corrompus par des magnats du monde des affaires, dont la politique climatique est encore conditionnée par des concessions faites à l’industrie pétrolière : et finalement : Wall Street », ont publié dans Common Dreams Alec Connon et Arielle Swernoff, membres de l’organisation Stop the Money Pipeline.
Comme Rainforest Action Network (Réseau d’actions des forêts tropicales) l’a indiqué dans un rapport publié plus tôt cette année, depuis que l’Accord sur le climat de Paris a été entériné en 2015, JP Morgan Chase a investi 382 milliards de dollars dans des projets liés aux carburants fossiles. En déversant 285 milliards de dollars dans divers projets, Citi est le deuxième plus grand investisseur dans l’extraction du pétrole et du gaz, et Wells Fargo suit de près avec 275 milliards de dollars.

Stop the Money Pipeline a appelé partout aux Etats-Unis à se joindre aux actions publiques de Blame Wall Street.
La Bank of America, Barclays, TD, et Morgan Stanley font aussi partie de ce que le rapport appelle les « sales douze » et sont parmi les banques que Stop the Money Pipeline va cibler cet automne avec leur campagne Blame Wall Street.
Les sociétés pétrolières ont aussi besoin d’être soutenues financièrement pour construire leurs infrastructures, et Black-Rock et Vanguard sont deux des plus grands investisseurs dans les projets pétroliers et gaziers. D’après les auteurs : « Ces sociétés pourraient stopper maintenant le flux d’argent vers les activités liées aux carburants fossiles, mais au lieu de cela, ils choisissent l’appât du gain. Lorsque nous voyons les énormes dégâts causés par la chaleur, les inondations, les ouragans et les désastres climatiques, et que nous cherchons un coupable à blâmer, Wall Street devrait être placé en haut de la liste. »
Cet automne, Stop the Money Pipeline accueillera – pour qu’elle se joigne à elle ou organise des actions publiques dans tout le pays – toute personne qui se sent concernée par la crise climatique, les phénomènes météorologiques extrêmes comme la mousson qui a récemment causé des inondations sans précédent ainsi que la mort de plus de 1 000 personnes au Pakistan, et par les investissements faits par les banques auxquelles des millions d’Américains font confiance.
Stop the Money Pipeline propose de former et coacher tous ceux qui veulent apprendre à coordonner une action militante.
Bien que le Pakistan soit, selon ses déclarations, seulement responsable de 0,3 % des émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère terrestre, ce pays souffre en ce moment d’un désastre humanitaire causé par le réchauffement de notre planète induit par les carburants fossiles.
Des catastrophes comme celle du Pakistan, la sécheresse historique en Europe, et l’assèchement des rivières et des lacs en Chine « surviennent à cause de ce système politique et économique qui permet à certaines personnes (la plupart du temps blanches et de sexe masculin) de devenir immensément riches grâce à l’extraction et la combustion de carburants fossiles, alors que le reste du monde est réduit à en souffrir, concluent A. Connon et A. Swernoff. Il est temps que nous descendions dans la rue, et que ceux qui sont responsables de cette crise climatique rendent des comptes. »
Auteur : Julia Conley, journaliste à Common Dreams (commondreams.org)
Sources : commondreams.org
Thématiques : environnement
Rubrique : Divers, Point de vue (, )
