Le travail varié d’un disciple moderne

Partage international no 407juillet 2022

La correspondance suivante, entre un membre du « Groupe parlementaire pour un gouvernement mondial » et Benjamin Creme, fournit un aperçu fascinant sur la façon dont ce dernier a approché divers groupes et des organisations alors qu’il commençait son travail public – œuvrant à construire des ponts avec eux et à faire connaître les priorités de Maitreya, pour un nouveau monde juste.

Londres, juin 1975

Cher Monsieur A.,

Je lis avec intérêt le dépliant Plaidoyer pour un gouvernement mondial. J’estime que les principaux problèmes dont souffre le monde aujourd’hui sont économiques : la distribution des denrées alimentaires, les matières premières, et les sources d’énergie pour répondre aux besoins de tous.

Aucun gouvernement mondial, aucune fédération n’est possible sans que ces difficultés aient été résolues, et la paix ne peut être garantie tant que les besoins économiques de tous les peuples ne sont pas atteints, sur une base équitable. Il n’y a pas d’autre voie et nous avons très peu de temps avant que les millions de personnes dans les pays du Sud soient menacés par la famine et la maladie, à une échelle sans précédent. L’éducation du peuple vers un sentiment de responsabilité mondiale est la première des priorités.

Il me semble que l’écrasante nécessité à notre époque, tient à présenter aux nations et aux gouvernements du monde, non pas un plan complet pour établir la structure d’un gouvernement mondial, mais quelques principes de base qui formeraient les prérequis indispensables à un nouvel ordre mondial. Ceux-ci peuvent être résumés comme suit :

1.  La réalisation qu’il y a une humanité.

2.  La réalisation que le principe de partage dans les affaires économiques est la seule issue aux problèmes actuels, et qu’il doit être mis en œuvre à l’échelle mondiale par quelque organisation économique des Nations unies, représentant toutes les nations, développées ou non.

3.  La nécessité d’un état de paix afin de permettre à toutes les nations de développer le bien-être de leurs peuples.

4.  La nécessité pour toutes les nations de reconnaître leur dépendance mutuelle dans les champs de la finance, de l’économie, et des découvertes scientifiques et techniques.

Si ces quelques principes de base étaient présentés avec l’effort nécessaire et avec conviction, partout dans le monde, cela permettrait aux peuples du monde de percevoir leur pragmatisme et leur bon sens, et il ne faudrait pas longtemps avant que les structures nécessaires soient érigées afin de les mettre en œuvre, réalisant ainsi automatiquement une fédération mondiale des nations basée sur la dépendance mutuelle et la justice économique.

Je vous prie d’agréer l’expression de mes sentiments distingués.

(Signé) Benjamin Creme

Benjamin Creme

 

Groupe parlementaire pour une gouvernance mondiale
Chambre des communes

Londres, 9 septembre 1975

Cher M. Creme,

Je vous remercie pour votre lettre. Nous semblons être fondamentalement d’accord. La difficulté réside dans le fait que les porte-parole de la race humaine – les gouvernements – ne peuvent exprimer qu’un point de vue réduit de l’humanité. Ils signent donc presque n’importe quoi et ne font rien. Malheureusement, hors du gouvernement et à l’exception des syndicats de travailleurs, les gens ont peu d’influence jusqu’à présent. La tâche principale, telle que nous l’entendons, est de créer un porte-parole pour l’intérêt général – quelque chose de bien plus efficace que le secrétariat général des Nations unies. On espère que ce porte-parole prononcerait le genre de principes dont vous avez dessiné les contours, et qu’ils seraient mis en œuvre.

Certains d’entre nous pensent que selon toute probabilité un tel porte-parole ne serait pas issu du gouvernement. Historiquement, de telles personnes ont émergé de la prêtrise. Il est certain que les porte-parole de l’humanité ne doivent pas être des représentants de certains territoires.

Concernant cette question de la représentation, je vous saurai gré de me faire parvenir vos idées si vous en avez.

Soyez encore remercié pour votre intérêt et vos suggestions constructives.

Je vous prie d’agréer l’expression de mes sentiments distingués

(Signé) P.A.

 

Londres, 12 septembre 1975

Cher Monsieur A.,

Je vous remercie pour votre lettre des plus intéressantes. Je suis entièrement d’accord sur le fait que ce n’est pas vers les gouvernements qu’il faut se tourner pour trouver le genre de représentant que nous envisageons tous deux, avec une large vision inclusive transcendant les frontières et les intérêts nationaux. De tels porte-parole existent. Ils ne sont pas encore dans la capacité de se manifester sur la scène internationale, mais nous pouvons attendre leur émergence dans un futur proche. Pour rendre cette émergence possible, et leur action féconde, il faut en premier lieu que tous les hommes de bonne volonté, et tous les hommes ayant à cœur les intérêts de l’humanité une, construisent une plate-forme de laquelle ces porte-parole puissent travailler et inspirer les peuples du monde. Cette plate-forme sera fondée sur les principes de la coopération et du partage pour le bien de tous – que j’ai esquissés dans ma précédente lettre, et sur lesquels nous semblons être d’accord.

Comment construire cette plate-forme ? Il est nécessaire qu’au cours des prochaines une à deux années (il existe un facteur temps déterminant) autant de groupes et d’organisations que possible soient mobilisés partout dans le monde, qu’ils se prononcent et fassent savoir leur acceptation de ces principes de base. Ils devront axer toute leur propagande sur ces quelques buts désirables et rapidement démontrer que ces derniers sont pragmatiques, et en fait, la seule solution à nos problèmes. C’est une tâche très difficile mais pas impossible, je pense, si elle est entreprise avec énergie et conviction. Dans chaque pays, il y a assez d’hommes et de femmes en position d’influence et de pouvoir relatif qui acceptent ces principes et souhaitent les voir mis en œuvre. Ils doivent désormais se contacter les uns les autres, par le moyen des groupes et des organisations auxquels ils appartiennent, et s’assister et se soutenir mutuellement dans une déclaration mondiale exprimant leur conviction que là se trouve la solution.

La grande majorité de l’humanité répondrait rapidement à un tel exemple, et contribuerait de sa voix et de son aspiration à une vie meilleure et plus juste. Aucun gouvernement ne pourrait résister longtemps à la voix unie d’une opinion publique informée. Alors, ceux qui attendent exactement ce moment pourront émerger et coordonner et guider les efforts vers la fusion et la justice.

Le problème du pouvoir et de l’influence pour réaliser ces principes est moins réel qu’apparent. Selon moi, il existe, précisément dans le mouvement syndicaliste, des hommes de vision et plein d’humanité, qui sont idéalement placés pour propager ces idées et ces buts, si correctement approchés, non dans leur capacité de dirigeant d’un groupe, mais parce qu’ils représentent les gens ordinaires de plus en plus éduqués, partout dans le monde. Ils manient également un vrai pouvoir, même s’il n’est pas toujours constructif. Guidés par des groupes tels que le vôtre, ils pourraient accomplir beaucoup.

J’ai été fort intéressé par votre réflexion : « Selon toute probabilité un tel porte-parole ne serait pas issu du gouvernement. Historiquement, de telles personnes ont émergé de la prêtrise. Il est certain que les porte-parole de l’humanité ne doivent pas être des représentants de certains territoires. » Je suis entièrement d’accord.

Les événements ont une manière de prouver la continuité du dessein dans l’histoire.

Je vous prie d’agréer l’expression de mes sentiments distingués.

(Signé) Benjamin Creme

 

Note : Le Groupe (parlementaire) inter-parti pour une gouvernance mondiale a été fondé par Henry Usborne en 1947 ce qui en fait l’un des plus anciens groupes du Parlement du Royaume-Uni. A son apogée, il comptait plus de deux cents membres issus tant de la Chambre des communes que de la Chambre des lords.

Ce groupe a fondé le One World Trust en 1951, organisation caritative qui promeut l’éducation et la recherche sur les changements nécessaires dans la gouvernance mondiale pour parvenir à l’éradication de la pauvreté, de l’injustice, de la dégradation environnementale et de la guerre. Elle formule des recommandations pratiques pour rendre les puissantes institutions plus responsables devant les personnes qu’elles affectent, maintenant et dans le futur, ainsi que sur la façon dont la loi peut effectivement être appliquée à tous.

Cette organisation est une ONG qui dispose d’un statut consultatif spécial auprès du Conseil économique et social des Nations unies.


Sources : Wikipedia.org ; oneworldtrust.org
Thématiques : politique, Économie
Rubrique : Divers ()