L’existence de l’âme expliquée par la science

Partage international no 398octobre 2021

par Claude Chaboche

Peut-on prouver scientifiquement l’existence de l’âme ? Pour Philippe Guillemant c’est une certitude absolue. Le Dr Philippe Guillemant est ingénieur de recherche et physicien au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Il est diplômé en physique de l’université d’Aix-Marseille (et qualifié pour l’encadrement de doctorants). Il effectue des recherches interdisciplinaires basées sur le génie informatique qui relient la physique théorique, les neurosciences, l’intelligence artificielle et les systèmes dynamiques non linéaires.

Sa définition de l’âme : « C’est un système d’information immatériel qui évolue hors du temps (c’est-à-dire qui est non mécanique, dont on ne peut prévoir l’évolution par une loi physique). Il assure la survie du corps en le débarrassant de son excédent d’entropie (désordre). Enfin il conserve ses informations après la mort. » Notons que pour P. Guillemant, information et énergie sont des termes interchangeables.

Est-ce que ces quatre caractéristiques de l’âme sont prouvées par la science ? A chaque fois il répond oui :

1) Non mécanique : la physique a démontré que rien n’est exclusivement mécanique et qu’il est impossible de déterminer le cours des événements (elle peut les déterminer seulement à court terme). Tout est indéterminé, que cela soit au niveau quantique (celui des atomes et des particules sub-atomiques qui constituent la matière), ou au niveau macroscopique (ce qui est observable à l’œil nu) ;

2) Nous maintient en vie : la biologie a mis en évidence que les systèmes vivants savent se maintenir en vie et même se débarrasser de leur désordre interne. C’est le principe de production d’entropie maximale qui est encore totalement inexpliqué par la science ;

3) Survie après la mort : la physique a apporté la preuve que la conscience est de nature vibratoire à l’échelle quantique. Elle est considérée comme une source d’informations située en dehors de l’espace et du temps (le monde physique dans lequel nous vivons) qui se conserve indéfiniment. P. Guillemant reprend la théorie de la réduction objective élaborée, à partir des années 1990, par le mathématicien et physicien Roger Penrose et l’anesthésiste et psychologue Stuart Hameroff de l’université d’Arizona aux Etats-Unis.

4) Immatérielle : la physique a prouvé que le vide, qui est immatériel par définition, est plein d’énergie, en quantité bien plus importante que celle de notre réalité objective. De plus, la matière telle qu’on la perçoit n’existe pas réellement ; elle n’est, en finalité, que vibrations.

Le modèle de la conscience de P. Guillemant

L’élément déclencheur de son parcours a été la lecture du livre Dialogues avec l’Ange de Gitta Mallasz1. Ses recherches, aussi bien sur le plan scientifique que spirituel l’ont amené à approfondir la question de la nature de la conscience et à proposer dans son livre La physique de la conscience un modèle de conscience composé de quatre « étages » (ou niveaux vibratoires). Dans son modèle, l’âme constitue les niveaux deux et trois, et servirait d’interface entre le premier, l’esprit et le quatrième, l’anima. La connexion entre les « étages » s’opérerait par deux moyens : premièrement dans notre cerveau il existe une sorte de câblage qui nous relie directement à un champ d’énergies incommensurable. Ce champ modèle en permanence notre réalité collective (qui ne serait qu’une partie infime de ce champ) dans lequel chaque conscience viendrait puiser une partie cohérente avec le tout. Deuxièmement nous disposons tous d’une sorte de GPS qui nous permet de recevoir des informations issues de l’Esprit.

Mais comment P. Guillemant définit et comprend la conscience ?

Comme il est impossible de résumer ses propos en quelques lignes, nous donnerons seulement quelques éléments de son argumentation qui nous semblent significatifs. D’abord il insiste sur le fait qu’il faut considérer la conscience comme « première » puisqu’il n’y a pas de réalité objectivable sans conscience et que si l’on enlève toutes les consciences de l’univers, il ne peut même plus y avoir d’univers ! En effet toute portion de la réalité, aussi infime soit-elle, passe nécessairement par une conscience qui en est informée.

Dans un autre livre Le Pic de l’Esprit, il explique que la conscience est vivante, mais qu’il est impossible au niveau humain ordinaire de le percevoir, que l’amour est l’énergie fondamentale de l’univers, comme la lumière, cette énergie se divisant en de multiples consciences pour faire évoluer son œuvre. Cette énergie nous permet d’évoluer vers le niveau de conscience le plus élevé, car elle donne accès à la connaissance universelle et ouvre les portes de l’esprit.

Question : Avez-vous des informations selon lesquelles l’existence de l’âme serait prouvée par la science ?
Benjamin Creme : Le Maître Djwhal Khul, qui a transmis les enseignements d’Alice Bailey, a déclaré que le privilège de présenter au monde les preuves scientifiques de l’existence de l’âme pourrait venir d’un scientifique français. Ce n’était pas tout à fait certain, mais la preuve sera apportée.

 

Les quatre niveaux de la conscience

1) Le niveau de l’Esprit (qu’il nomme aussi Maître ou Ange) : c’est un système d’information hors espace-temps qui nous donne la possibilité de modifier l’espace-temps (la réalité physique dans laquelle nous vivons), par l’intermédiaire de l’âme. C’est « la Source d’informations / le satellite qui informe le GPS ». Il comporte trois dimensions : l’esprit lui-même (ou libre arbitre, c’est-à-dire l’évolution spirituelle), le mental supérieur (ou connaissance), et l’émotionnel supérieur (ou amour). Il est la volonté de créer en ce qu’il représente la conscience originelle. « Ces trois états sont indissociables l’un de l’autre. »

2) L’âme avec ses deux niveaux vibratoires : c’est le véhicule immatériel de la conscience (le véhicule matériel étant le corps/cerveau). Ces deux niveaux sont :
Le supérieur : le soi / « le conducteur et son GPS » qui inclut le soi lui-même, le mental supérieur et l’émotionnel supérieur.
L’inférieur : le moi / « le moteur du véhicule », qui permet de modifier notre chemin de vie tracé dès notre naissance. Le moi est responsable de notre conscience dans le présent tout au long de notre vie. Cette partie inclut le moi lui-même, le mental inférieur et l’émotionnel inférieur. Ces trois dimensions permettent de répondre aux sollicitations du soi. La connexion entre le moi et le soi (qui est synonyme de déconditionnement) se produit par le biais de trois attitudes mentales : le détachement (qui conduit à la joie intérieure ou amour/don de soi), le lâcher-prise (qui conduit à l’intuition) et la confiance (qui conduit à la foi qui est le contraire de la croyance, car elle n’a pas besoin de raisons pour s’installer, mais d’une confiance profonde et irraisonnée).

3) Le niveau de l’anima : partie organique et cérébrale de la conscience produite, de manière automatique, par le corps/cerveau. C’est la conscience mécanique / le véhicule (on peut considérer le cerveau comme le tableau de bord du véhicule). Il comprend l’anima lui-même, le mental inférieur et l’émotionnel inférieur. Tiré par son anima, à un stade de développement primaire l’individu n’est qu’un robot humain sous l’emprise de son ego qui s’exprime dans ses multiples facettes : le chef, le tyran, la victime, le protecteur, etc.
On notera que même si P. Guillemant ne fait jamais référence à l’ésotérisme dans ses ouvrages, son modèle de conscience comporte de fortes similitudes avec les Enseignements de la sagesse éternelle.

L’âme, pont entre science et spiritualité

P. Guillemant indique, à juste titre, que la science s’apparente généralement à une religion matérialiste qui transforme l’homme en machine biologique et conduit au transhumanisme. Dans La physique de la conscience, il écrit que son modèle de l’âme permettrait de comprendre la matière et l’énergie noires, et à la physique de retrouver tout son potentiel explicatif et sa crédibilité. Elle pourrait enfin commencer à comprendre tous les phénomènes qu’elle rejette habituellement comme s’ils n’existaient pas : l’évolution dirigée des espèces, les synchronicités, les expériences de mort imminente, l’effet placebo, les guérisons spontanées, le chamanisme, les phénomènes parapsychologiques, le phénomène des ovnis, etc. Enfin son modèle permettrait également d’établir un pont entre la science et la spiritualité qui sont, comme il est révélé dans Dialogues avec l’Ange : « Un, comme la mélodie et le rythme, inséparables. »

En ce qui concerne la preuve scientifique de l’existence de l’âme voici ce qu’envisage P. Guillemant dans son dernier livre Le grand virage de l’humanité : « L’âme devrait donc bien devenir, un jour, un objet de science, lorsqu’on aura, par exemple, réussi à fabriquer des instruments de mesure ou de détection des champs quantiques, voire quanto-gravitationnels (vibrations ou fluctuation de l’espace à un niveau infiniment petit) dont elle est composée, ou des champs magnétiques ou électromagnétiques qui pourraient éventuellement en dériver directement. Venons-en maintenant à la question de savoir si l’on peut relier cette définition de l’âme à la cosmologie. Si l’âme existe et que tout l’univers est animé à toutes les échelles par la conscience, alors nous devrions pouvoir « retrouver » la fonction néguentropique (soit toujours plus d’ordre) essentielle de l’âme aux échelles les plus grandes, sans quoi le désordre (soit l’entropie) finirait par régner aux plus petites échelles, ce qui n’est manifestement pas le cas. Autrement dit et pour faire simple, adoptons l’hypothèse que ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. »

Références : YouTube : en français : L’existence de l’âme expliquée par la science ; L’âme et la science ; Le physicien Philippe Guillemant nous explique tout sur la spiritualité. Livres : La physique de la conscience, Ed. Guy Tredaniel, 2019 ; Le Pic de l’Esprit Ed. Guy Tredaniel, 2017 ; La route du temps, Ed. Le Temps Présent, 2014. Sites internet : guillemant.net ; doublecause.net (Le pont entre la science et la spiritualité).

1 – Voir les articles de Chantal Piganeau (PI, février 2020) et de Betsy Whitfill (PI, février 2005).

Auteur : Claude Chaboche, collaborateur de Share International qui vit près de Paris, (France).
Thématiques : Sciences et santé
Rubrique : De nos correspondants ()