Partage international no 397 – septembre 2021
par Jake Johnson
Une analyse détaillée de l’impact des programmes fédéraux de soutien économique mis en œuvre au long de la pandémie, estime que les aides gouvernementales réduiront le taux de pauvreté presque de moitié cette année. Selon les observateurs, c’est une indication supplémentaire que la pauvreté aux Etats-Unis est la conséquence délibérée d’un « choix politique ».
Selon un rapport publié le 28 juillet 2021 par l’Urban Institute, les aides fédérales d’urgence telles que l’assurance chômage étendue, les versements directs d’aide ponctuelle en trois fois, le crédit d’impôt à l’enfance étendu, les soutiens au Supplemental Nutrition Assistance Program ou SNAP (Programme d’aide alimentaire complémentaire) ainsi que d’autres aides feront baisser d’environ 45 % la pauvreté en 2021. Par rapport à 2018, il y aura 20 millions de personnes pauvres en moins.
« Ce sont les enfants qui bénéficient le plus des aides, abaissant leur taux de pauvreté de 81 % par rapport à ce que cela serait sans aucune aide (de 30,1 % à 5,6 %), note un groupe de réflexion basé à Washington. A lui seul, le SNAP permet en 2021 à 7,9 millions de personnes de se maintenir au-dessus du seuil de pauvreté, et l’assurance chômage fait baisser le nombre de personnes pauvres de 6,7 millions (en supposant que tous les autres programmes soient en place) ».
Faisant écho à ces nouveaux constats, l’historien néerlandais Rutger Bregman a observé que « c’est ce que les défenseurs du revenu universel de base affirment depuis des années : donner de l’argent aux gens, cela fonctionne. Eradiquer la pauvreté, ce n’est pas une utopie fantaisiste mais un choix politique. »
Robert Cruickshank, directeur de campagne au sein du lobby progressif Demand Progress, a réagi par tweet à cet argument : « La pauvreté est un choix politique. Il est possible de l’éradiquer dès demain en légiférant. Nous ne devons jamais oublier cela. »
Alors qu’il met en avant les impacts considérables de ce plan contre la pauvreté dû à la pandémie, l’Urban Institute insiste sur le fait que si le Congrès ne rend pas permanentes les importantes augmentations fédérales d’aides telles que celles des allocations chômage, des aides alimentaires ainsi que le crédit d’impôt à l’enfance, la pauvreté ressurgira dès que les programmes d’aide s’arrêteront.
Plus tôt dans la semaine, le People’s Policy Project (Projet politique du peuple) a estimé que 20 millions de personnes aux Etats-Unis verront leurs cruciales allocations chômage soit être totalement supprimées, soit diminuées dans un peu plus d’un mois à moins que le Congrès agisse. « Par la suite, il faudra surveiller attentivement ce qui se passera lorsque les augmentations qui ont été mises en place pendant la pandémie seront supprimées, alerte le rapport de l’Urban Institute. D’importantes sommes d’argent ont été distribuées à travers les aides ponctuelles au cours de la première moitié de 2021 dont la plupart des familles ont bénéficié. De nombreuses familles avec des enfants recevront l’avance mensuelle sur le crédit d’impôt à l’enfance à partir du mois de juillet et il est prévu que les créations d’emploi augmentent tout au long de l’année.
Toutefois, l’assurance chômage étendue ainsi que certaines aides alimentaires seront supprimées au cours de la seconde moitié de l’année ce qui pourrait rendre la situation plus difficile pour les familles bénéficiant de peu d’autres revenus et dont les aides ponctuelles ont déjà été dépensées », conclut le rapport. (Commondreams.org)
Auteur : Jake Johnson, journaliste à Common Dreams.
Sources : commondreams.org ; New York Times
Thématiques : Société, politique
Rubrique : Point de vue ()
