Le retour à la normale serait la pire des choses

Partage international no 395juillet 2021

par Felicity Eliot

En 1942, le Maître Djwal Khul (DK) mettait en garde contre certains dangers auxquels les gens devaient être sensibilisés au lendemain des deux guerres mondiales, alors que les pays commençaient leur reconstruction. Un danger majeur, disait-il, qui s’applique également aujourd’hui, est « le danger d’un retour à la prétendue normalité. Le principal désastre qui menace l’humanité actuellement serait un retour à l’état de choses précédent l’ouverture des hostilités, et le rétablissement du vieux monde familier, avec son impérialisme (d’empire ou de finance), ses viles distinctions et barrières séparatives entre riches et pauvres, entre Orientaux et Occidentaux, entre castes et classes, qui existent dans tous les pays – sans exception. » [L’extériorisation de la Hiérarchie, p. 369]

A titre d’hypothèse, j’établis une comparaison entre les causes et les circonstances des Première et Deuxième Guerres mondiales et leurs effets, les développements récents en 2020 et 2021, et l’apparition d’une maladie respiratoire, actuellement et à l’époque atlante. Dans cette époque oubliée, on nous a offert l’opportunité d’apprendre quelques leçons précieuses : la loi de cause et d’effet ; le pouvoir de la pensée et de l’émotion pour effectuer des changements – en bien ou en mal. Bien que la première leçon nous ait été donnée à cette époque ancienne, ce que nous semblons ne pas avoir appris, c’est le fait de l’Unité essentielle de l’humanité et de notre interdépendance sociale. Nos médias confirment quotidiennement notre ignorance ou notre incapacité à accepter un simple fait : ce qui peut toucher un individu peut toucher tous les autres. Puisque l’unicité est notre réalité fondamentale, tout ce qui va à l’encontre de ce fait doit avoir des conséquences négatives inévitables.

Nous voici à nouveau à un moment décisif de l’histoire du monde. Cela soulève la question de savoir ce qui rend la situation actuelle différente des 100 000 dernières années ou des 100 dernières années, par exemple. Qu’est-ce qui rend le moment présent si crucial et nous donne une occasion si extraordinaire d’opérer un changement mondial radical ? Et le monde a-t-il déjà été confronté à des circonstances identiques ou similaires ? Sans aucun doute, la complexité de la situation actuelle est extraordinaire. Nous ne sommes pas seulement confrontés à une catastrophe, la Covid, mais à plusieurs autres qui requièrent toutes une attention urgente et simultanée. La Covid a fait apparaître les failles et il est évident que les principaux systèmes du monde s’effondrent : soins de santé, économie, environnement, politique et social. Nous vivons une époque presque unique, si ce n’est que des circonstances similaires se sont produites il y a un peu plus de 100 ans. En 1918, un monde d’après-guerre, épuisé et psychologiquement choqué, s’est soudain retrouvé aux prises avec un ennemi encore plus mortel – une pandémie – la grippe espagnole. Une maladie respiratoire causée par un virus de la grippe, pour laquelle il n’existait aucun vaccin. « On estime qu’environ 500 millions de personnes, soit un tiers de la population mondiale, ont été infectées par ce virus. Le nombre de décès a été estimé à au moins 50 millions dans le monde, dont environ 675 000 aux Etats-Unis. » [cdc.gov]

Une comparaison peut être faite avec des événements clés de la civilisation atlante, des catastrophes du XXe siècle et de notre époque : les lecteurs peuvent noter que, lorsque les eaux se sont refermées sur l’Atlantide, les Maîtres de Sagesse se sont retirés de la vie quotidienne. Aujourd’hui, 100 000 ans plus tard, les Forces de Lumière reviennent à nouveau dans notre monde de tous les jours.

Les points communs de ces époques sont : le fléau d’une maladie respiratoire potentiellement mortelle, la croissance et la prédominance de l’avidité et de la séparativité qui ont conduit à de terribles conflits et guerres et, dans le cas de l’Atlantide, ont entraîné la fin de cette civilisation.

Je ne pense pas à la fin de notre civilisation, mais plutôt à la meilleure occasion jamais offerte de repenser et de transformer radicalement les signes extérieurs de ce que nous considérons comme « normal ». Compte tenu de ce que nous savons du passé, la convergence de nos crises actuelles doit-elle nous persuader de tirer les leçons de nos erreurs et d’écarter définitivement la « normalité » ? Les personnes qui souhaitent un retour rapide à la normale ont-elles réellement examiné ce qu’est la « normalité » ? Elle consiste à laisser perdurer l’injustice sociale, la faim, la pauvreté, la guerre, la corruption, le manque de compassion et la destruction écologique. Est-ce cela que nous voulons ?

 

Le passé très lointain

A plusieurs reprises au cours de l’histoire, nous sommes « allés trop loin » malgré les avertissements des Maîtres de l’époque. Nos anciens mythes, légendes et écritures sont remplis de références à des événements qui remontent si loin dans le temps qu’ils sont considérés comme de sinistres contes de fées. Mais en fait, ils décrivent des événements historiques qui ont abouti à la destruction de la civilisation atlante – des événements cataclysmiques qui ont changé le monde et qui ont été la conséquence karmique de l’avidité, et du manque de volonté ou de l’incapacité à tenir compte de la guidance.

Diverses sources, par exemple le Maître DK, Helena Blavatsky et Benjamin Creme, ont écrit sur la façon dont, pendant la civilisation atlante, la réponse instinctive naturelle et simple aux besoins physiques s’est transformée en un désir exagéré de possessions et de satisfaction matérielle. Il y a eu un « débordement » de l’instinct physique naturel à un niveau différent – le niveau émotionnel/astral avec les débuts de la pensée. La cupidité et le vol sont devenus monnaie courante ; l’accent mis sur le matériel a engendré la magie et les pratiques « illégales » employées « par ceux qui cherchaient à s’enrichir et à s’emparer de ce qu’ils voulaient, sans tenir aucun compte du préjudice causé à autrui. » [La Guérison ésotérique, A. Bailey, p. 231]

Pour sauver l’humanité d’elle-même et d’un nouvel asservissement au matérialisme profond, les Maîtres, les Forces de la Lumière, entrèrent en guerre contre les Forces de la Matérialité ou du Chaos. L’Atlantide a sombré sous le poids de la cupidité des gens, engloutie par les vagues du karma, mais pas avant qu’on nous ait montré de manière très claire les résultats physiques directs de la cupidité.

Il fallait que l’humanité voie le lien direct entre la cause – séparativité et matérialisme – et l’effet. « Les hommes ne vivaient et ne respiraient que pour jouir du plus grand luxe le plus effréné et d’une pléthore d’objets et de biens matériels. Ils étaient suffoqués de désirs et tourmentés par le rêve de ne jamais mourir, mais de vivre encore et encore, en accumulant indéfiniment les objets de leurs désirs. » [La Guérison ésotérique, A. Bailey, p. 232] Le Maître DK poursuit en décrivant l’état qui prévalait alors : « Il n’y avait qu’un désir rampant, impitoyable, insatiable. » Les Maîtres de l’époque ont donc formulé une nouvelle loi : « Celui qui ne vit que pour les biens matériels, qui sacrifie toute vertu pour obtenir ce qui ne peut durer, mourra prématurément, verra le souffle lui manquer, et pourtant refusera de penser à la mort jusqu’à ce que la convocation arrive. »

Dans une légère digression, je voudrais souligner le fait étrange suivant : nous sommes actuellement hantés par un thème récurrent puissant qui relie les derniers jours de l’Atlantide, l’immédiat après-guerre et notre époque – le souffle lui-même, la base de toute vie – et la lutte désespérée pour respirer. Depuis le début de l’année 2020, le monde a cherché à respirer alors que le virus se propageait ; le souffle a manqué à George Floyd et le slogan lors des manifestations, « Je ne peux pas respirer », a pris une nouvelle signification. Des pays comme l’Inde et le Brésil ont manqué d’oxygène, avec des conséquences effroyables. Sur une récente pancarte de manifestation palestinienne, on pouvait lire : « Je ne peux plus respirer depuis 1948 ! » Cette date marque le début de la partition et de l’injustice en Palestine et en Israël, une situation qui tient toujours le monde en otage.

La conclusion manifeste à tirer à l’époque (et de nos jours) était que les états psychologiques peuvent produire des effets physiques – tant positifs que négatifs. Une autre prise de conscience pour les gens d’alors, et d’aujourd’hui, était qu’il y a une connexion claire et traçable entre les pensées, les émotions, les actions, la santé et la mort d’une personne. Jusqu’à cette prise de conscience, l’humanité atlante acceptait simplement la mort comme un processus naturel puisqu’elle voyait que tout mourait. Comment transmettre la causalité aux masses de l’époque qui ne pouvaient pas réagir aux enseignements verbaux ? Le Maître DK explique : « Quand, par conséquent, ils virent des personnalités particulièrement pillardes et rapaces commencer à souffrir d’une maladie affreuse qui semblait provenir de l’intérieur d’elles-mêmes, […] désormais apparaissait pour la première fois, la relation de réciprocité entre les actes individuels et la mort […] et la conscience humaine avait fait un grand pas en avant. » [La Guérison ésotérique, A.B, p. 233]

 

Causes

Pour les besoins de cet article, je fais une distinction entre les causes intérieures, spirituelles, « ésotériques » et psychologiques, et ce que la science médicale traditionnelle considérerait comme les facteurs extérieurs vérifiables et plus évidents. L’histoire nous a offert ses leçons, à plusieurs reprises ; il y a des modèles identifiables qui doivent avoir une signification précise. Benjamin Creme et son Maître ont fourni de nombreuses informations sur les effets des périodes de grande tension – le déséquilibre créant la maladie.

La cause principale est notre manque de connaissance de nous-mêmes et notre incapacité à faire l’expérience de nous-mêmes en tant que partie du Tout ; le fait de ne pas encore connaître notre vraie nature en tant que partie d’une divinité partagée nous laisse aliénés, vides, séparés, et donc toujours insatisfaits et facilement avides. Et ce vide permanent fait de la recherche d’une satisfaction facile, d’une « solution rapide », une pulsion assez urgente. Il fait aussi de nous une proie facile pour cette énergie néfaste qui s’exprime à travers la marchandisation. La même énergie d’involution ou de matérialité qui a infecté les Atlantes a été vaincue, de justesse, par les Forces de la Lumière, mais pas bannie.

Malgré la destruction de l’Atlantide, la même tendance à l’égoïsme et à une importance disproportionnée du matérialisme a perduré. Elle a refait surface à la fin d’une autre ère, celle de l’Empire romain. Le Maître DK écrit que la décadence qui a marqué le règne de l’empereur Néron était un retour à la malveillance atlante et ouvrait la porte à la même énergie destructrice.

Les Enseignements de la Sagesse éternelle considèrent les deux guerres mondiales comme une seule et même guerre menée par les Forces de la Lumière d’une part et, par les Forces du Chaos ou de la Matérialité d’autre part, dont le but était et reste de freiner le progrès, de maintenir l’humanité prisonnière dans la matérialité, en fait emprisonnée par des habitudes de compétition, d’avidité, de conflit et de marchandisation. L’énergie de la matérialité semblait avoir été vaincue par les forces alliées avec l’aide des Maîtres – mais pas tout à fait. Une récurrence historique : une fois de plus les Forces de la Lumière ont prévalu – mais pas tout à fait. « Cette guerre s’est terminée par la défaite, mais pas la destruction, des forces de la matérialité. » [Benjamin Creme, Share International, décembre 1994]

Dans la Grande Invocation (donnée au monde par Maitreya, l’Instructeur mondial, immédiatement après la Seconde Guerre mondiale, et qu’il a utilisée pour la première fois en juin 1945 lorsqu’il décida de « revenir » dans le monde en personne), nous sommes invités à ce « Que le Plan d’Amour et de Lumière s’épanouisse » afin que « la porte de la demeure du mal » puisse être scellée.

Il convient de noter que la tendance au matérialisme et à la cupidité, qui découle de la séparativité, ne se limite pas à un seul pays ou à un groupe de nations, mais existe et s’exprime dans tous les pays du monde.

En résumé, nous avons connu le désastre de l’Atlantide, d’innombrables guerres et périodes de crise, suivies par la propagation rapide de maladies hautement contagieuses (rien qu’au cours des 20 à 30 dernières années, nous avons connu le Sras, le Mers, le VIH, le Nipah, Ebola) et, malgré cela, de nombreux gouvernements et leurs populations insistent sur le fait que la « normalité » est la voie à suivre, alors qu’il s’agit clairement d’un retour au chaos et à un enracinement plus profond à la matérialité.

« Et puis, il y a ceux qui s’enivrent de leur propre réussite, s’émerveillant sans fin des fortunes faciles dont ils jouissent. Leur cupidité les rend aveugles à la montée des tensions, sourds aux avertissements qui se font entendre, et la maladie de la spéculation les tient sous son emprise. Cela évoque le déclin de la Rome antique avec ses abus.

La Hiérarchie observe ces attitudes dans leur diversité discordante, cherchant à porter assistance partout où elle le peut. Seul le libre arbitre humain l’empêche d’intervenir directement, mais la Loi est la Loi, et elle doit toujours être respectée. Pourtant, beaucoup d’aide est fournie à l’humanité sans qu’elle s’en aperçoive. » [Le Maître de B. Creme, Les temps nouveaux, PI, avril 2001]

« Les temps bizarres dans lesquels nous vivons » – cette phrase ou d’autres similaires fréquemment entendues ont été utilisées pour décrire l’année 2020. En 2021, c’est toujours un refrain et une partie du bavardage quotidien. Nous disons cela comme si les circonstances de notre époque n’avaient rien à voir avec nous – comme si nous et notre situation difficile n’avaient aucun lien. Qui d’autre crée nos circonstances ? Ce que l’on ignore généralement, c’est le fait crucial qu’il existe un schéma directeur pour notre planète et toute vie sur celle-ci. Cette affirmation suppose et indique que, d’une manière ou d’une autre, notre planète est un être conscient et qu’une certaine Conscience est « responsable » et en éveil. Dans la nature, cela signifie une évolution de la forme ; mais pour l’humanité, l’évolution de la conscience est le but, que nous le sachions ou non. Maitreya et les Maîtres sont les gardiens de ce Plan et ils se consacrent à l’expansion de la conscience dans toutes les formes de vie et, dans le cas de l’humanité, à la stimulation de notre conscience de la Réalité ou de la nature de l’Etre divin dont nous faisons partie intégrante. Peut-être maintenant, alors que nous commençons à réaliser notre part dans les crises actuelles, il serait sage de commencer à essayer de trouver des moyens d’aligner nos volontés individuelles et communautaires avec autant de ce plan divin que nous sommes capables de discerner, ou que les Maîtres peuvent essayer de nous montrer.

 

Photo : Joost, CC BY-NC-ND 2.0, via Flickr
La cupidité est le trait dominant du mercantilisme et elle affectera toutes les nations.

 

Les forces du marché

En 1989, dans une période où aucun grand conflit mondial ne se produisait, Maitreya nous a prévenus : « L’énergie qui poussait les soldats sur les champs de bataille et emplissait l’espace aérien d’avions militaires a été bloquée. Mais cette énergie ne peut pas purement et simplement disparaître. Il lui faut aller quelque part. Elle a tout d’abord erré de par le monde, puis a soudain trouvé un nouveau terrain d’expression : la marchandisation, qui a été créée par les forces du marché. Le nouveau credo des superpuissances est maintenant l’économie, qui est l’âme de la marchandisation. C’est là une menace nouvelle et inquiétante pour le monde, une menace qui pourrait même mettre l’existence humaine en péril. Le trait dominant du mercantilisme est la cupidité. Toutes les nations seront touchées. Cette énergie négative qui s’est retirée des champs de bataille est une force brute, aveugle et sans discernement, qui a engendré un monde d’hostilité. Les hommes politiques ont beau considérer que la marchandisation est l’avenir de l’humanité, ils ne sont pas en mesure de maîtriser cette énergie. » [Enseignements de Maitreya, les Lois de la vie]

Comment une personne d’une autre planète décrirait-elle notre époque ? Les principales caractéristiques semblent être l’égoïsme, fondé sur un sentiment de séparativité qui découle d’un manque de connexion avec notre véritable nature ; la cupidité, la concurrence et la suffisance, qui nous rendent dépendants du matérialisme. Nous sommes immunisés contre toute sensibilité à l’injustice sociale. Ajoutez à cette situation pathologique la soif de pouvoir, et le résultat est l’asservissement d’une grande partie de l’humanité actuelle à la marchandisation et à la consommation – un état d’être anesthésié, stimulé et encouragé par les forces de la matérialité. Ce que la pandémie de 2020 et 2021 a mis en évidence, ce sont les iniquités de notre système économique qui ont permis aux super-riches de devenir encore plus riches, tandis que d’autres ont perdu leurs moyens de subsistance et ont dû se battre pour nourrir leurs enfants – et cela dans les pays les plus riches.

Les Problèmes de l’humanité, du Maître DK, a été écrit entre octobre 1944 et décembre 1946 et traite des problèmes qui existaient pendant et directement après les années de guerre et pourtant, comme pour beaucoup de sujets que les Maîtres traitent, il aurait pu être écrit à n’importe quel moment depuis lors : « Notre civilisation présente sera considérée comme grossièrement matérialiste. » Il explique que le matérialisme qui s’est développé depuis les années de guerre est beaucoup plus répandu et concerne beaucoup plus de personnes dans le monde qu’à d’autres moments de l’histoire. « Notre niveau de vie est beaucoup trop élevé du point de vue des possessions et beaucoup trop bas du point de vue des valeurs spirituelles […]. L’humanité souffre d’un égoïsme invétéré et d’un amour inhérent pour les biens matériels. De là est issue notre civilisation, et pour cette raison elle subit un changement. » [Les Problèmes de l’humanité, p. 57/58/59]

 

Les causes et leurs effets

Les causes sont essentiellement des relations inappropriées avec nous-mêmes, dont les effets se manifestent à l’extérieur, dans le monde physique et, dans le cas présent, spécifiquement en ce qui concerne notre attitude envers la nature. Nous projetons notre état intérieur sur l’environnement. Les causes sont les effets de nos pensées erronées et de nos priorités folles. Par exemple, notre credo économique nous permet de croire à une croissance sans fin au détriment de tout ce qui entretient la vie. Notre dogme financier nous incite à miser sur des solutions à court terme au détriment de nos vies, de l’avenir de l’humanité et de la planète. Nous n’avons presque rien laissé intact.

Depuis des années, les virologues prédisent les pandémies et exhortent les gouvernements à s’y préparer. Comment n’avons-nous pas pu savoir qu’une pandémie était imminente ? Les climatologues, les militants et même les écoliers ont exigé un changement de politique et des initiatives pour réduire les émissions de carbone afin d’arrêter la destruction de notre planète. Les peuples indigènes, les communautés rurales et les habitants des forêts ont protesté et ont souvent perdu (et continuent de perdre) la vie en essayant de protéger leurs terres. La liste est sans fin : nous avons conduit la nature à l’extinction et nous nous sommes exposés à des maladies zoonotiques, dont le mécanisme de contagion transforme des virus inoffensifs chez les animaux sauvages en virus potentiellement mortels pour l’homme. Les lecteurs de cette revue se souviennent peut-être qu’en décembre 2019, peu avant les premiers signes de la Covid-19, nous avons publié une lettre relatant un avertissement donné en novembre par un homme se faisant appeler Ronnie Tsunami. Il mettait l’accent sur la justice, parlait de l’importance de la synergie et mettait en garde contre une vague semblable à un tsunami à venir – vague après vague. Se pourrait-il que cette personne soit le porte-parole de l’un des Maîtres ou de Maitreya lui-même sous une forme déguisée, et qu’elle nous mette en garde contre les crises sanitaires et morales qui se multiplient ?

Pourquoi ces crises et ces perspectives aujourd’hui ? Nous sommes à nouveau « allés trop loin » ; nous n’avons pas réussi à passer les tests moraux d’une réponse appropriée aux défis posés à notre humanité par la faim, les sans-abris, les réfugiés rejetés et maltraités, la destruction de l’environnement, et maintenant une pandémie qui montre très clairement notre interdépendance et la nécessité de nouvelles façons d’être et de nouvelles normes. Alors pourquoi maintenant ? Parce que la situation est si grave que nous devons saisir l’occasion de changer ou de faire face à un autre désastre. Et parce que l’humanité n’est pas que cupide. Dans ses meilleurs moments elle est superbe : aimante, altruiste, pleine de bonne volonté, capable de travailler et de se sacrifier pour les autres et pour des valeurs supérieures. Les gens sont prêts au changement, aspirent à un monde socialement juste, ce qui est l’une des raisons pour lesquelles les Forces de Lumière, incarnées et représentées par les Maîtres de Sagesse avec Maitreya à leur tête, sont maintenant dans le monde moderne – attendant que nous créions les bonnes conditions qui rendraient possible leur émergence dans la société mondiale.

Heureusement – et malheureusement – nous avons le libre arbitre, ce qui explique le rythme apparemment lent de notre évolution. Ce rythme s’explique en partie par notre tendance à l’inertie et notre stade d’avancement moyen, qui nous rend sensibles à ce qui se trouve précisément derrière la partie de cette porte qui n’a pas été entièrement scellée à la fin de la guerre de l’Atlantide ni à la fin des Première et Deuxième Guerres mondiales. Cette énergie néfaste se nourrit de la marchandisation, la complaisance, la peur, la division, le cynisme et le chaos. Les partisans du libre arbitre ont compris que la seule force capable de nous mener vers l’avenir est le pouvoir collectif du peuple – notre pouvoir.

Je crois que le pouvoir du peuple, la demande massive d’un monde meilleur, a été partiellement corrompu et temporairement déformé par les forces de la matérialité ou du chaos. Elles savent que le pouvoir du peuple, dans ses applications les plus larges, est l’espoir du monde. Une opinion publique de masse éduquée, correctement informée, forte de faits scientifiques, faisant appel à l’expertise, sûre de la vérité et des faits de sa position, dans la politique locale, dans l’activité communautaire, dans les traités et manifestations régionaux, nationaux et internationaux, par le biais de pétitions et de boycotts, dans les grèves et par tous les moyens disponibles, est la solution et la clé du changement. Mais la confiance dans les faits s’est érodée. Notre époque est marquée par des concepts insensés : là où les « fausses nouvelles » prévalent, la réalité elle-même est rejetée ; la vérité est rejetée comme fausse nouvelle. Dans le chaos qui s’ensuit, les théories du complot ont fleuri. Pour beaucoup, les médias traditionnels sont suspects ; les réseaux sociaux, bien qu’ils soient un formidable outil pour organiser des manifestations, sont inondés d’opinions extrêmes et infondés. Les médias alternatifs fournissent des informations fiables mais, étant non commerciaux, ils luttent pour survivre. le monde a besoin d’une voix claire.

 

Les agents du changement

Quels sont les acteurs potentiels du changement et qui sont-ils ? La pandémie elle-même ; le temps qui nous est donné de repenser le sens de nos vies, d’examiner nos valeurs et de nous fixer de nouveaux objectifs ; la prise de conscience que nous ne pouvons plus continuer comme avant sans nous détruire et détruire notre planète ; la détermination croissante des populations à exiger le changement ; de nouvelles souffrances dues à la détérioration de notre climat et aux phénomènes météorologiques extrêmes, avec leur impact sur la production alimentaire ; davantage de famines, de réfugiés et de personnes déplacées et, par conséquent, davantage de conflits ; la dégradation des systèmes de santé ; l’effondrement financier et économique attendu depuis longtemps par ceux qui savent. L’un ou l’autre de ces facteurs, ou une combinaison de ceux-ci, peut agir comme un catalyseur et provoquer un changement durable.

« Partout frémit le vent du changement, et les peuples l’appellent à voix haute. Ils découvrent aussi leur capacité à agir, et beaucoup meurent pour la prouver. Ils sentent que les vieux schémas ont fait leur temps, et sont désormais inopérants. Ils sentent qu’il existe d’autres façons de vivre, et anticipent un avenir meilleur. En vérité, des modèles voués à disparaître entravent la progression de l’humanité. La roue tourne, et la puissante Rome tombe à nouveau. Le feu de Maitreya stimule le cœur de ceux, innombrables, qui sont sensibles à son influence et brûlent du désir de pouvoir construire un monde où règneront justice et harmonie. Maitreya nous promet que ce monde nouveau ne tardera pas à voir le jour. » [Le Maître de B. Creme, La promesse de Maitreya, Partage international, novembre 2011]

Ce qui rend notre époque extrêmement marquante et différente de celle d’il y a 100 000 ans, c’est que les Maîtres sont enfin revenus parmi nous pour la première fois depuis qu’ils se sont retirés. A l’époque, ils nous ont donné une chance d’apprendre mais nous étions incapables de répondre à leurs conseils. Quel est cet écho faible mais familier que nous pouvons à peine entendre résonner à travers des centaines de milliers d’années ? Il est familier parce que cela dépend encore de nous. Et, malheureusement, Maitreya et les Maîtres attendent toujours que nous créions les conditions qui rendront leur émergence possible. Ils doivent encore attendre que nous choisissions le changement. Le Maître de Benjamin Creme a déclaré qu’il y a environ deux milliards de personnes sur lesquelles Maitreya peut compter. Il est impératif que nous saisissions l’opportunité créée par la souffrance, les restrictions et l’effondrement de 2020 et 2021.

La « normalité » est une caricature de ce que nous aurions pu être pendant au moins les 70 dernières années. Ce sont ceux qui se considèrent comme faisant partie des deux milliards qui doivent s’unir dans tous les secteurs de la société pour demander justice et participer pleinement à la construction de la nouvelle civilisation dont nous avons besoin pour devenir pleinement et réellement nous-mêmes. La solidarité permettra d’établir une nouvelle normalité, propice à la libre expression de notre véritable nature divine.

Auteur : Felicity Eliot, rédactrice en chef de Share International, basée à Amsterdam (Pays-Bas).
Thématiques : spiritualité, émergence
Rubrique : De nos correspondants ()