Partage international no 395 – juillet 2021
par William Allen
Dans la bande dessinée américaine Peanuts, le personnage principal, Charlie Brown, se fait souvent duper par son amie Lucy. Par exemple, elle l’invite à frapper dans un ballon qu’elle tient au sol, et lorsqu’ il s’apprête à le frapper, Lucy le retire. Ainsi Charlie se retrouve-t-il en l’air pour ensuite retomber lourdement sur son derrière.
Celle scène illustre bien l’ambivalence qui existe entre l’attente enthousiaste et la prudence sceptique de différents cercles au sujet d’un rapport non classifié sur le phénomène ovni, émanant de différentes agences gouvernementales aux Etats-Unis et dont la divulgation était prévue pour juin 2021.
Conjointement aux projets de loi du plan d’aide pour la Covid-19 et du plan de financement du gouvernement des Etats-Unis de décembre dernier, il y avait une directive du Comité des services de renseignement du Sénat demandant au secrétaire de la Défense, au directeur des Services de renseignement nationaux, conjointement aux directeurs de plusieurs agences de renseignement et d’application des lois, de préparer le rapport et de le soumettre.

Image fixe d’une vidéo transmise anonymement à Jeremy Corbell, journaliste d’investigation, publiée sur ExtraordinaryBelief.com. Cette vidéo aurait été prise en 2019 par un membre de l’équipage du navire de guerre américain USS Russell, au large de San Diego (Californie). Mi-avril 2021, le Pentagone en a confirmé l’authenticité.
Selon cette directive, ce rapport devra comprendre « une analyse détaillée des données propres aux phénomènes non identifiés collectées par une source géo-spatiale, une source à base de signaux et une source humaine. Il devra également inclure une analyse détaillée de données du FBI provenant d’investigations menées sur des intrusions liées à des phénomènes aérospatiaux non identifiés (PAN) survenus dans l’espace aérien contrôlé des Etats-Unis. » Le rapport doit aussi contenir « la description détaillée d’une procédure inter-agences qui garantit une collecte des données ainsi qu’une analyse centralisée de toutes les informations liées aux PAN pour le gouvernement fédéral, quel que soit le service ou l’agence qui a traité l’information. »
Cette injonction destinée à une phalange d’agences gouvernementales qui historiquement ont toujours jalousement gardé leurs prérogatives et leurs secrets constitue un acte fort.
Au moment où ces directives du comité du renseignement ont commencé à filtrer, au début de l’été 2020, il a aussi été révélé que le Pentagone avait créé une nouvelle entité pour étudier les phénomènes ovnis : la Unidentified Aerial Phenomena Task Force ou UAPTF (Groupe de travail sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés). La confirmation officielle est survenue le 14 août 2020 par un communiqué de presse laconique du département de la Défense (DOD) annonçant la création de ce groupe de travail. En voici un extrait : « Le département de la Défense a créé l’UAPTF afin d’améliorer sa compréhension de, et de parfaire ses connaissances sur la nature et l’origine des PAN. La mission du groupe de travail est de détecter, analyser et répertorier les PAN qui pourraient potentiellement représenter une menace pour la sécurité nationale des Etats-Unis. »
Il n’est pas encore clairement établi combien d’agences et combien de personnes sont impliquées dans l’UAPTF, mais en août 2020, un porte-parole du DOD a informé Politico.com que le département de la Marine était à la tête du groupe.

États-Unis – Le 8 janvier 2021, à proximité du Mont Rainer (État de Washington), un randonneur a pris plusieurs photos. En les visionnant, il s’aperçut qu’un objet aérien argenté figurait sur l’une d’elles.
Ça ne vient certainement pas de chez nous
Le 16 mai 2021, dans 60 Minutes, le célèbre magazine d’informations TV de CBS (c’était la première fois que le sujet ovni était abordé dans l’émission), Luis Elizondo (le représentant des services de renseignement qui avait participé précédemment au Programme avancé d’identification des menaces aérospatiales, un programme secret du Pentagone précurseur de UAPTF), a décrit les caractéristiques des objets analysés par le DOD : « Imaginez une technologie qui peut supporter des accélérations de 6 à 700 g, qui peut voler à plus de 20 000 kilomètres à l’heure, qui peut échapper aux radars et qui peut voler sous l’eau et dans les airs et probablement dans l’espace […] et qui, d’ailleurs, n’a pas de système de propulsion visible, pas d’ailes, pas de surfaces porteuses, et qui peut pourtant défier les lois de la gravitation terrestres. C’est précisément cela que nous observons. »
Dans un stupéfiant article datant du 3 juin 2021, le New York Times a rapporté que certains « membres séniors de l’administration » avaient été informés de l’existence et du contenu de ce rapport à venir. Ces officiels anonymes ont révélé que plus de 120 incidents concernant des ovnis qui ont eu lieu au cours de ces vingt dernières années, impliquant principalement des aviateurs de l’US Navy, avaient été analysés et que la seule conclusion probante dans le rapport était que ces objets « n’étaient le produit d’aucune technologie militaire américaine ou d’une autre technologie de pointe du gouvernement des Etats-Unis. » Mais les analystes militaires et du renseignement n’arrivent toujours pas à trouver d’explication aux caractéristiques et manœuvres extraordinaires propres au phénomène telles que décrites ci-dessus par L. Elizondo. Ainsi, selon les officiels, le rapport n’excluait pas catégoriquement la possibilité que ces objets soient d’origine extraterrestre.

États-Unis – Avant l’aube du 5 avril 2021, une caméra de terrain activée par le mouvement, positionnée sur des terres cultivées isolées près de Williston (Dakota du Nord), a filmé un objet aérien lumineux, vibrant, en forme de diamant qui volait lentement dans le périmètre visible et à basse altitude.
L’article du New York Times a certainement déçu de nombreux chercheurs dans le domaine ovni qui espéraient des réponses plus concrètes du gouvernement, dans ce qui aurait été une sorte de « révélation » espérée depuis longtemps. Pour d’autres moins radicaux cela confirme leurs soupçons : l’ambiguïté et les conclusions décevantes de ce rapport non classifié feraient simplement partie d’une dissimulation qui a lieu en ce moment. Lucy qui retire le ballon. Encore une fois.
A ce sujet, on peut se poser des questions pertinentes telles que : pourquoi les données analysées datent-elles de 20 ans au maximum et non pas de 70 ; pourquoi cela ne concerne t-il principalement que des incidents impliquant des aviateurs de la Marine ; et peut être le plus important : sur quoi exactement les agences militaires et du renseignement se fondent-elles pour considérer qu’un ovni est bien d’origine extraterrestre ?
Néanmoins, le fait qu’un rapport ait été publié malgré tout est significatif. Car, selon L. Elizondo et d’autres anciens officiels, une lutte sans merci se livre depuis des années au sein de, et entre les services de renseignement et des branches militaires pour décider s’il faut révéler quelque chose ou pas, en particulier ce qui a été tenu secret jusqu’ici. Et maintenant, le Congrès américain est entré en lice demandant davantage de transparence et de coopération entre les agences.
Il est possible que certains commentaires de l’ancien investigateur ovni au ministère de la Défense britannique, Nick Pope, dans une interview accordée au US Sun, en mai 2021, soient un bon reflet de la dynamique actuelle. « Quelque chose se joue en ce moment même, a-t-il déclaré. De grandes forces sont à l’œuvre derrière la scène. Ce sont elles qui tirent les ficelles. Il se pourrait bien que très bientôt la vérité éclate sur certains aspects du phénomène ovni. Le gouvernement des États-Unis essaie de prendre les devants dans cette histoire et de dicter son propre récit sur le sujet. » On pourrait plutôt traduire cela par : contrôler la situation en cas de potentielle menace pour la sécurité nationale.
Dans le Rassemblement des Forces de Lumière, le Maître de Benjamin Creme a prédit ceci : « Partout les gens seront étonnés par le nombre sans précèdent de rapports et d’observations sur des vaisseaux spatiaux en provenance des planètes qui nous sont voisines […]. On n’a jamais rien vu de tel que cette activité croissante qui se déroule partout dans le monde. Ceux qui avec constance ont refusé de prendre au sérieux la réalité de ce phénomène trouveront cela de plus en plus difficile à nier. »
En effet, en tant qu’observateur des sites sur les observations ovnis, des réseaux sociaux et de YouTube depuis des années, je peux affirmer avec confiance que cette « activité croissante » a indéniablement lieu. Les agences du gouvernement des Etats-Unis feraient bien de se préparer à écouter une autre histoire.
Auteur : William Allen, collaborateur de Share International de Oakland (Californie).
Sources : intelligence.senate.gov, defense.gov/newsroom/releases ; politico.com ; cbsnews.com/60-minutes ; nytimes.com ; the-sun.com
Thématiques : Ovnis
Rubrique : De nos correspondants ()
