Dix moments décisifs pour les femmes en 2020

Partage international no 389février 2021

Nations unies – Si l’année 2020 restera surtout dans les mémoires pour la façon dont la Covid a changé notre vie presque en tous points et dans toutes les régions du monde, on peut noter quelques avancées dans le droit des femmes.
Rejoignez-nous pour saluer quelques moments clés en faveur de l’égalité des sexes, cette année.

Les dirigeantes se distinguent face à la Covid

Tous les gouvernements se sont mobilisés pour répondre à la Covid. Et des recherches indiquent que dans les pays où les femmes sont au pouvoir, les réponses ont été plus rapides, plus efficaces et plus énergiques. Notamment en Nouvelle-Zélande, en Allemagne, en Finlande et au Bangladesh, les actions rapides et décisives des femmes responsables ont permis de réduire le nombre de cas et de décès.

Hélas, en décembre 2020, seuls 22 pays étaient dirigés par des femmes (chefs d’État ou de gouvernement). Alors que nous nous efforçons de rebâtir l’avenir, le rôle des femmes est essentiel à la réussite.

Pour la première fois les États-Unis élisent une femme vice-présidente

En novembre 2020, Kamala Harris est devenue la première femme élue vice-présidente des États-Unis, brisant ainsi les barrières qui ont maintenu les hommes aux plus hauts niveaux de la politique américaine pendant si longtemps. Après sa prestation de serment en janvier 2021, elle rejoindra les rangs d’autres femmes vice-présidentes à travers le monde, notamment en Bulgarie, au Nicaragua, au Liberia, au Costa Rica, au Venezuela, en Gambie et au Sud-Soudan. Le président élu des États-Unis, Joe Biden, a également annoncé la création d’une équipe de communication composée uniquement de femmes, une première à la Maison Blanche.

Afghanistan : le nom de la mère doit figurer sur les cartes d’identité des enfants

Le président afghan a promulgué une loi stipulant que, pour la première fois, le nom de la mère devait désormais figurer sur le certificat de naissance et la carte d’identité de leurs enfants. Cela permettra aux femmes d’obtenir plus facilement les documents relatifs à l’éducation, aux prestations de santé, etc., pour leurs enfants. Ce changement profitera en particulier aux femmes veuves, divorcées ou élevant seules leurs enfants. La nouvelle loi fait suite à une année de campagne sur les réseaux sociaux, intitulée #WhereIsMyName (où est mon nom), qui défend le droit et l’émancipation des femmes dans ce pays.

Écosse : gratuité des protections périodiques

En novembre 2020, le parlement écossais a voté à l’unanimité en faveur d’un projet de loi sur les protections périodiques, faisant de l’Ecosse la première nation à offrir un accès gratuit et universel aux produits menstruels – y compris les tampons et les serviettes hygiéniques – dans les bâtiments publics, notamment les écoles et les universités.

Il s’agit d’une victoire importante pour le mouvement mondial contre la pauvreté des femmes face aux périodes menstruelles, qui touche les femmes et les filles de nombreuses façons.

Avec 12,8 % des femmes et des filles dans le monde vivant dans la pauvreté, le coût des produits menstruels et les taxes afférentes laissent de nombreuses personnes sans moyens de gérer leurs règles en toute sécurité.

Relance du programme d’action de Pékin

En octobre 2020, sous l’égide conjointe du président de l’Assemblée générale et d’Onu Femmes, des dirigeants du monde entier se sont réunis pour commémorer le 25e anniversaire de la Déclaration et du Programme d’action de Pékin, la feuille de route la plus complète pour faire progresser l’égalité des sexes.

Plus de 100 pays s’étaient engagés à prendre des mesures concrètes pour accélérer la mise en œuvre de l’égalité des sexes et le renforcement de l’autonomie des femmes et des filles partout dans le monde.

Parmi les engagements pris, citons l’élimination des lois discriminatoires, des normes sociales et des stéréotypes sexistes ; la mise en adéquation des engagements en faveur de l’égalité des sexes et d’un financement adapté ; le renforcement des institutions promouvant l’égalité des sexes ; l’utilisation de la technologie et de l’innovation pour améliorer la vie des femmes et des filles ; et la collecte, l’analyse et l’utilisation régulières de statistiques sur l’égalité des sexes.

Pour l’avenir, tous les regards sont tournés vers les actions et les engagements fermes visant à accélérer la mise en œuvre de l’égalité entre les sexes, qui feront l’objet du Forum sur l’égalité entre les générations qui se tiendra au Mexique et en France en 2021, ainsi que vers les Coalitions d’action pour l’égalité entre les générations.

Brésil et Sierra Leone : égalité des salaires pour les footballeuses

Le Brésil et la Sierra Leone ont rejoint l’Australie, l’Angleterre, la Norvège et la Nouvelle-Zélande en s’engageant publiquement à assurer l’égalité de rémunération entre les footballeurs féminins et masculins. A l’échelle mondiale, l’écart de salaire entre les sexes est de 16 %, les femmes gagnent en moyenne 84 % de ce que gagnent les hommes. Pour les femmes de couleur, les immigrantes et les femmes avec enfants, la différence est encore plus grande.

En Sierra Leone, l’engagement en faveur de l’égalité couvre les frais de déplacement et les primes de victoire de l’équipe nationale féminine. De même, au Brésil, les joueuses nationales seront rémunérées de la même manière que les joueurs nationaux lors des périodes de préparation et des matchs.

Koweït : nouvelle loi sur les violences domestiques, signe d’espoir pour les femmes

En septembre 2020, le Koweït a adopté une nouvelle loi de protection contre les violences domestiques, après des années de mobilisation de la part des groupes koweïtiens de défense des droits des femmes. La loi crée un comité national chargé de développer des politiques de lutte contre les violences domestiques et de protection des femmes. Elle prévoit également la création de refuges et d’une ligne d’assistance téléphonique, offre des conseils et une assistance juridique aux victimes et permet de rendre des ordonnances de protection d’urgence pour empêcher les agresseurs de contacter leurs partenaires.

Bien que cette nouvelle loi sur la protection de la famille constitue un progrès pour ce pays qui connaît des niveaux élevés de violence domestique, il reste beaucoup à faire pour mettre en œuvre la loi, combler les lacunes en matière de protection et abroger les lois discriminatoires.

A l’échelle mondiale, la pandémie a provoqué une montée en flèche des violences faites aux femmes. Les appels aux lignes d’assistance téléphonique ont été multipliés par cinq dans certains pays au cours des premières semaines de l’épidémie de coronavirus. Les projections montrent que pour chaque trimestre de confinement, 15 millions de femmes supplémentaires pourraient subir des violences. Les lois et les politiques publiques sont importantes en ce moment pour réduire la violence contre les femmes et se remettre des retombées sociales et économiques de la Covid.

Une jeune fille élue « enfant de l’année » par le magazine Time

Gitanjali Rao, scientifique et inventrice de quinze ans, a été élue par le magazine Time comme « Enfant de l’année » 2020.

Dès son plus jeune âge, Gitanjali Rao, motivée par son désir d’introduire de la positivité et de la solidarité dans le monde qui l’entourait, cherchait comment utiliser la science et la technologie pour provoquer un changement social.

Elle a développé Kindly, une application et une extension de Chrome basée sur l’intelligence artificielle, capable de détecter le cyber-harcèlement à un stade précoce. G. Rao travaille actuellement sur un moyen efficace et peu coûteux de détecter les bio-contaminants présents dans l’eau.

Nouvelle-Zélande : première femme autochtone ministre des Affaires étrangères

En novembre 2020, Nanaia Mahuta est devenue la première femme autochtone à être nommée ministre des Affaires étrangères de Nouvelle-Zélande. N. Mahuta, qui est Maori, élue au Parlement depuis 1996, est entrée dans l’histoire en étant la première parlemenaire à porter un moko kauae, ou tatouage traditionnel, sur le menton.

La Nouvelle-Zélande, avec Jacinda Ardern comme première ministre, possède l’un des parlements les plus diversifiés au monde : près de la moitié de ses membres sont des femmes, et environ 10 % des nouveaux élus sont membres de la communauté LGBTQ.

Deux femmes prix Nobel de chimie

En octobre 2020, Emmanuelle Charpentier et Jennifer A. Doudna ont reçu le prix Nobel de chimie pour leurs travaux sur une méthode d’édition de l’ADN, connue sous le nom de CRISPR-Cas9. Les deux scientifiques ont dirigé les recherches visant à transformer les molécules synthétisées par des bactéries en un outil permettant de modifier les gènes.

C’est la première fois dans l’histoire que ce prix est attribué à deux femmes, et elles sont seulement les 6e et 7e femmes à recevoir le prix Nobel de chimie.


Sources : publié à l’origine sur UN-Women.Medium.com
Thématiques : femmes
Rubrique : Divers ()