La Mère du Monde

Partage international no 387novembre 2020

par Claude Chaboche

Cet article n’a évidemment pas la prétention de traiter l’intégralité d’un sujet aussi vaste, mais de proposer un éclairage particulier apporté par les écrits d’Helena Roerich (Agni Yoga) et d’Elisabeth Warnon sur l’ère du Verseau, l’ère de la venue de Maitreya. Il inclut également des apports de Benjamin Creme.

L’ère de la Femme

« Chaque Messie a sa Note-Clé. L’Ere de Maitreya proclame la femme. La manifestation de Maitreya est liée à la confirmation de la Mère du Monde, dans le passé, dans le présent et dans l’avenir. » « Maitreya souhaite transformer la vie sur Terre en rayonnement de la Mère du Monde. » (Helena Roerich, Hiérarchie § 13 et 8). 

« Aujourd’hui a lieu le commencement du réveil féminin. Une nouvelle onde a atteint la Terre aujourd’hui, et de nouveaux foyers se sont allumés ; car la substance des rayons pénètre profondément. Ressentir l’approche de la Nouvelle Epoque est joyeux. »

« La mission élevée des femmes doit être remplie par la femme. Et la femme devrait demeurer dans le Temple de la Mère du Monde. La manifestation de la Mère du Monde créera l’unité des femmes. La tâche actuelle est de créer une position spirituelle souveraine pour la femme. La transmission, à la femme, de communion directe avec les Forces les plus hautes est nécessaire en tant qu’impulsion psychologique. » (Helena Roerich, Illumination, les Feuilles du jardin de Morya II, § 138 et 136)

L’Erre du Verseau, ère de l’équilibre des deux Pôles

« Entre l’homme et la femme devrait s’établir une collaboration basée sur les plus Hautes Valeurs de chacun d’eux ! Lorsque l’un et l’autre auront surmonté l’esprit des conquêtes inférieures et la sentimentalité ridicule, lorsque l’un et l’autre posséderont la même éducation et la même instruction, lorsque l’un et l’autre se reconnaîtront égaux dans leur créativité de l’Esprit et du Cœur, les bases de la Nouvelle Epoque seront manifestées. Et j’affirme que seul l’équilibre entre les principes masculin et féminin, dans leur juste rapport, apportera la Nouvelle Terre Promise. La Femme peut apporter une nouvelle vision des Valeurs appuyée sur le Concept du Cœur ! La Nouvelle Epoque amènera la justice et la paix ! La Nouvelle Epoque créera de justes relations parmi les hommes et les nations ! Elle rétablira l’équilibre entre le Cerveau et le Cœur ! » (Elisabeth Warnon, Livre de la Joie, pp. 112-113)

L’aspect féminin de la Divinité

Sur la nature de la Mère du Monde, Benjamin Creme déclare : « La Mère du Monde est la « Shakti » (la contrepartie féminine) du Seigneur du Monde. Elle est le principe féminin, qui s’est manifesté au cours des siècles en tant que Marie (la Vierge de la Bible), Ishtar (à Babylone et en Assyrie) et Isis (dans l’Egypte ancienne). Au cours de l’Histoire, la Mère du Monde a incarné le principe divin féminin. Notre Dieu est à la fois masculin et féminin et ces deux aspects de la divinité fonctionnant ensemble créent l’univers. »  (Partage international, octobre 1999)

Helena Roerich écrit : « Il est très difficile, dans le Cosmos, de déterminer les limites entre ce qu’on a l’habitude d’appeler passif et actif. Si Nous disons que toutes les forces sont actives, les hommes trouveront que cette déclaration est paradoxale. Mais une conscience supérieure peut admettre que Nous percevions toutes les forces des Origines comme des forces actives. La différenciation est si dénuée de subtilité qu’il est difficile de faire comprendre aux gens le principe qui réside dans la puissance manifestée de Mulaprakriti1. De même, le principe de vie ne peut être affirmé si l’on ne prend pas en considération l’Origine Féminine. Tout comme le Cosmos, Mulaprakriti est un principe universel. Les Origines ne peuvent pas être vues comme des forces compétitives ; seule l’unification des forces crée la vie. Et Nous, dans les mondes supérieurs, Nous manifestons une révérence sacrée pour l’Origine que l’humanité appelle passive. Oui, oui, oui ! La conscience supérieure connaît la Vérité et Nous sommes prêts à la proclamer à l’humanité ; mais il faut pour cela que le genre humain monte à un échelon supérieur. Oui, oui, oui ! Comment alors peut-on ne pas accepter, comme la manifestation supérieure du Cosmos, la puissance contenue dans le symbole intense de la Mère ! » « Le symbole de la Mère du Monde, donnant forme et dessein au Souffle du Cosmos tout entier, transformant le noyau en innombrables manifestations, couronne notre Terre de beauté. La Mère du Monde est la grande force créatrice de notre être. » (Helena Roerich, Infini I § 201 et 38).

« La Grande Tara, la Mère du Monde, c’est l’Espace lui-même. C’est Elle qui reçoit, qui équilibre et qui donne. Autour d’une de ses myriades de nucleus, se greffe chaque chose manifestée. »

« Le Ciel étoilé, profond, mystérieux, contient tous les fils et toutes les filles de la Mère ! Il est son secret présent, passé et futur ! Il est son mystère, visible et invisible ! Il est son champ d’activité, son royaume et son règne ! » (Elisabeth Warnon, Livre de la Connaissance, p. 41 et Livre de la Vie, p. 10)

L’Amour, manifestation de la Mère

« L’Amour est un Principe Cosmique. Il est la Manifestation de la Mère du Monde. A son origine l’Amour est cet Œuf de Matière radiante. Expression de la Pensée divine, et fructifiée par elle. De cette union naît le Cosmos, comprenant les Sept Plans cosmiques qui forment l’infini du ciel et l’infini de la Terre. Ils ne peuvent créer l’un sans l’autre. Car les deux sont un seul et unique principe. » (Elisabeth Warnon, Livre de la Connaissance, p. 18)

« Ce qu’on dit quant à la puissance de l’amour pour l’humanité est véridique. Peut-on aimer un jardin et en mépriser les fleurs ? Peut-on adorer le pouvoir de la beauté et ne pas respecter l’amour ? Je certifie que la Puissance qui embellit Notre Univers se confirme en Notre Mère du Monde : l’Origine Féminine ! Ceux qui nient l’évidence de la faculté créatrice de la femme devraient réfléchir au fait que la femme donne volontairement. Ce qui ne veut pas dire que ceux qui possèdent les droits sont ceux qui en font usage. Il s’ensuit que le chemin de la femme est appelé un chemin de don volontaire. Il est certain que dans le Cosmos tout s’entremêle, mais l’humanité transgresse les droits de la Raison Suprême. En vérité, l’apogée de l’Etreté ne peut exister sans l’Origine Féminine. » (Helena Roerich, Infini I § 156)

« Mère vénérée des Arhats, Nous portons le Feu de ton Amour dans notre Cœur. La Mère du Monde et les Maîtres de Sagesse construisent la Vie et, dans un effort incessant, l’Aimant cosmique unit ses Pôle sacrés. » (Helena Roerich, Hiérarchie § 9)

L’énergie de la Mère du Monde

« L’Energie psychique est l’Arme flamboyante de la Mère du Monde. Flamboyante par la communion de son Ame supérieure avec l’Esprit créateur. » (Elisabeth Warnon, Livre de la Connaissance p. 47)

Benjamin Creme, en réponse à une question concernant la signification symbolique de son tableau Shakti II, explique : « Il s’agit de la Grande Mère. La Grande Mère est Shakti, le principe féminin. C’est ce principe qui amène le monde en manifestation. Tout ce que nous voyons dans le monde, la nature dans son ensemble, est une manifestation de Shakti. Ainsi lorsque nous mangeons, nous sacrifions ce que nous mangeons à la Grande Mère ou Shakti, le principe féminin. Sans la manifestation de Shakti le monde des phénomènes n’existerait pas ; rien n’existerait. Telle est l’importance du principe féminin. Shakti se manifeste dans le corps humain sous la forme d’une énergie cosmique appelée kundalini. Celle-ci est lovée comme un serpent au niveau du chakra, ou centre, situé à la base de l’épine dorsale. Nous avons sept chakras le long de la colonne vertébrale. Le chakra racine, au bas de celle-ci, est le siège de la kundalini. Grâce à une méditation scientifique, la kundalini est éveillée et elle s’élève à travers les chakras, stimulant chacun d’eux au fur et à mesure qu’elle monte jusqu’à ce que, finalement, la science qu’est la méditation atteint son accomplissement. Shakti, en tant que kundalini, rencontre alors la conscience de Shiva au sommet de la tête dans la félicité. Le lien final de Shakti avec Shiva est une façon de dire qu’une personne est parvenue à la réalisation du Soi, est illuminée, est un Maître ; et naturellement il existe tous les différents stades avant de parvenir à ce niveau. » (Partage international, octobre 2005)

1 – Mulaprakriti (sanskrit) : selon les enseignements ésotériques, c’est la racine de la nature (Prakriti) ou matière, la matière primordiale non manifestée, l’essence de la matière, le principe divin, féminin et abstrait, la substance indifférenciée.

Auteur : Claude Chaboche, collaborateur de Share International qui vit près de Paris, (France).
Thématiques : femmes, spiritualité
Rubrique : De nos correspondants ()