Partage international no 383 – juillet 2020
par Graham Peebles
« Les choses ne se font pas d’elles-mêmes, l’homme doit agir et accomplir sa volonté » (extrait du message n° 31, donné par Maitreya, l’Instructeur mondial, le 30 mai 1978). Il est tentant de l’écrire en capitales et en gras, pour souligner ce propos.
Il faut que tout le monde entende les paroles de Maitreya, son message affirmant que le partage est la réponse à nos nombreux problèmes, que l’homme est divin, que nous sommes frères et sœurs du Père unique, et que notre nature est Amour. On doit le crier sur les toits. Au lieu de cela, son message reste largement méconnu et le monde en souffre. Ceux qui ont la chance de connaître ces merveilleux messages peuvent les lire de temps en temps, et trouver réconfort et inspiration dans le langage et ses rythmes, mais si l’on en croit les signes extérieurs, le contenu reste largement ignoré. La « volonté » de donner suite à sa demande formulée tout au long des 140 messages, de faire connaître sa présence et, comme il l’a déclaré dans le message n° 102, « de contribuer quelque peu à la création du climat d’espoir dans lequel je pourrai être aisément reconnu », semble faire défaut. « J’ai besoin de votre aide pour paraître devant vous, pour bénir ce monde et l’instruire, pour montrer aux hommes que la voie du progrès est simple, qu’elle ne requiert que l’acceptation de la justice et de la liberté, du partage et de l’amour. » [Message n° 140, 27 mai 1982]
On doit créer une atmosphère collective intense d’unité et d’espoir, et faire connaître à l’échelle mondiale la volonté de bien, qui filtre déjà. La bonne nouvelle indiquant que Maitreya est présent renforce et enrichit une telle atmosphère :
« Répandez-ce message d’espoir parmi vos frères et dites-leur que Maitreya est venu, que le Seigneur de l’Amour est ici. » [Message n° 87, 16 nov. 1978]. L’élan est là, les énergies du temps inondent le monde et se renforcent de jour en jour, mais il y a beaucoup de complaisance – et la complaisance, enseigne Maitreya, est la racine de tout mal.
Mettez votre volonté en œuvre
« Mettez votre volonté en œuvre », dit le Seigneur de l’Amour : On peut considérer la « volonté » comme une action focalisée, ou une intention dirigée, appliquée de manière cohérente. Le Maître Djwal Khul explique dans Traité sur la magie blanche (p. 452) que « dans son aspect inférieur, la volonté agit à travers le corps mental, et en rapport avec le corps physique dense, elle fait sentir sa présence par le moyen du cerveau. » Notre « volonté » est sur- tout l’expression de nos désirs ; la volonté est orientée vers ce qui nous intéresse, et c’est généralement une activité confortable ou agréable, suivant sa ligne de moindre résistance. Mais comme Benjamin Creme l’a clairement indiqué, face à deux lignes d’action, si vous choisissez la voie de la plus grande résistance, 99 % du temps vous réaliserez l’intention, la « volonté » de l’âme ; inversement, la voie de la moindre résistance est très probablement celle de la personnalité – craintive, paresseuse et complaisante comme elle l’est le plus souvent.
En considérant les deux forces opposées dans le monde, on pourrait décrire la lutte entre les forces progressistes pour le changement et celles qui résistent à la nouveauté comme une bataille de volontés. La « volonté » qui est mise en œuvre par ceux qui sont en position de pouvoir, dans les gouvernements, les institutions et les entreprises, est claire et puissante ; il s’agit de maintenir le statu quo qui divise, de perpétuer le système socio-économique injuste dont ils bénéficient grandement et de continuer à vandaliser la nature. Et malgré la multitude de personnes dans le monde entier qui, particulièrement au cours des trente-cinq dernières années, ont défilé, protesté, signé des pétitions et porté des pancartes − mettant ainsi leur volonté en pratique − les forces réactionnaires et conservatrices sont, semble-t-il, plus fermement établies que jamais et réussissent dans leurs efforts pour freiner le changement. Leur volonté est forte, destructrice et toxique, et elle est mise en œuvre avec acharnement. Elle doit être renversée et le sera, car elle n’est pas en phase avec son époque. Mais « la maison brûle » comme l’a affirmé Krishnamurti. Notre maison est en feu, et comme Maitreya l’a explicitement indiqué dans le message n° 12 du 10 janvier 1978, il ne reste plus beaucoup de temps : « L’homme a mis son avenir, et celui de tous les règnes, en péril. Beaucoup, aujourd’hui, commencent à s’en rendre compte et tentent, comme ils le peuvent, de prendre les mesures nécessaires pour éviter une catastrophe. C’est une bonne chose. Mais, parmi les hommes, tous n’ont pas conscience du danger croissant auquel doit faire face l’humanité. Il reste peu de temps, en effet, pour reconstruire notre monde selon des lignes directrices mieux adaptées au rôle et au but véritable de l’homme. »
Un espoir généralisé de changements
Avec l’apparition du coronavirus et l’implosion économique à venir, il existe un sentiment et un espoir généralisés que des changements vont suivre, que nous ne pouvons pas revenir en arrière. Ce discours est banal et ne manque pas de substance. Certains, conscients de la présence de Maitreya dans le monde, ont peut-être espéré que la pandémie, ainsi que la crise économique et humanitaire, seraient le coup fatal porté au néo-libéralisme, que les gouvernements seraient obligés de se tourner vers Maitreya pour obtenir des conseils, et qu’il serait enfin invité à faire un pas en avant sur la scène mondiale. C’est l’image que beaucoup ont peut-être espéré au début de la pandémie, mais alors que les mesures de confinement se relâchent, cette image du changement semble de moins en moins susceptible de se concrétiser. Pourquoi ? Parce que la résistance est féroce, la complaisance généralisée, et que « rien ne se fait tout seul. L’homme doit agir et mettre en œuvre sa volonté. » C’est la mise en œuvre de la volonté − la volonté de bien, appliquée de manière cohérente et dynamique qui amène le changement, et non les vœux pieux. Il ne faut pas espérer le meilleur tout en faisant très peu, ou rien du tout, et certainement ne pas croire que Maitreya et les Maîtres feront tout pour nous. Comme Maitreya l’a constamment affirmé « je suis seulement l’architecte du Plan. Vous, mes amis et frères, vous êtes les bâtisseurs volontaires du temple radieux de la Vérité » [Message n° 65, 13 mars 1979]
C’est à nous d’imaginer et de créer le nouvel ordre mondial ; un changement radical fondamental des systèmes et des comportements est nécessaire de toute urgence. Cela est clair, et de nombreuses personnes travaillent pour un tel changement dans tous les pays du monde ; grâce à leurs efforts, des changements sont effectivement en cours. Il faut s’en féliciter, mais le temps presse ; les besoins sont grands, les souffrances aiguës, la planète est dans un état critique. Le seul qui puisse engendrer le sentiment d’urgence nécessaire, galvaniser un changement généralisé des valeurs et des comportements et inspirer une révolution des idées est Maitreya. Son énergie et celle des Grands Maîtres qui travaillent avec et pour, inondent la Terre, provoquant un changement progressif de conscience, ce qui stimule le changement. Mais sans l’émergence pleine et entière de Maitreya, les changements nécessaires peuvent-ils se produire et être introduits dans les délais requis ? Etant donné le niveau de résistance, de complaisance et d’apathie, cela semble extrêmement improbable.
Maitreya a toujours clairement indiqué que le moment de son émergence dépend, non pas d’un événement mondial unique, mais de la création d’une atmosphère d’attente et d’espoir dans laquelle il pourra émerger. Celle-ci est bâtie, comme il l’a énoncé à plusieurs reprises, par ceux qui croient en sa présence et qui aspirent à sa reconnaissance publique, en s’exprimant et, comme le répétait souvent Benjamin Creme : « en le faisant savoir. » Le conseil de BC en ce qui concerne la diffusion de l’information était d’agir en fonction du degré auquel on « croit » à cette l’histoire ; si l’on en est sûr, alors il faut agir en conséquence, c’est-à-dire beaucoup ; si l’on pense qu’elle a une certaine logique mais qu’on n’est pas totalement convaincu, alors partager à ce niveau. Le message de la Hiérarchie est que, quel que soit le niveau de conviction, la possibilité de servir existe et doit être saisie à deux mains. Mais combien d’entre nous font cela ?
Pour ceux qui ont eu la chance de découvrir l’histoire que BC a « diffusée dans le monde entier » pendant quarante ans (et d’en reconnaître la vérité), l’occasion de jouer un rôle, aussi petit soit-il, pour « hâter l’inauguration de l’ère de la Beauté, de la Raison et de l’Amour » (message n° 98, 5 mars 1980) est une occasion unique qui, dans de nombreux cas, n’est pas pleinement suivie de mesures. C’est une occasion de service qui ne se présentera plus jamais. Comme l’a déclaré Maitreya dans le message n° 102 : « Considérez votre chance, mes frères, de vous trouver devant un tel choix [de préparer la voie ou non]. Le jour viendra où vous remercierez votre créateur de cette opportunité. » Si le changement doit venir dans ce monde troublé, c’est une opportunité qui exige que nous redoublions d’efforts, et que nous diffusions ce message d’espoir « parmi nos frères et disons-leur que Maitreya est venu, que le Seigneur de l’Amour est ici. » Criez-le sur les toits.
C’est une occasion unique dans l’histoire du monde et dans le cadre plus large du service mondial. Il y a beaucoup à accomplir dans notre monde, de nombreux domaines de service sont offerts à ceux qui souhaitent y participer, mais s’engager pleinement dans la préparation de la voie de Maitreya est un travail spécifique. Un travail difficile, oui, mais d’une importance capitale. C’est l’opportunité de mettre en œuvre l’intention de l’âme et de « mettre en œuvre sa volonté, sans laquelle rien ne se passe. » Ne vous y trompez pas, c’est une bataille et la bataille fait rage ; et si l’issue est assurée, la douleur et la souffrance infligées aux plus vulnérables, et les dommages causés à l’environnement sont accablants, et plus on préserve le statu quo plus on retarde la pleine émergence de Maitreya, plus l’angoisse est grande. « Sous ma bannière, j’appellerai tous ceux qui voudront marcher avec moi. Rejoignez mon armée, mes amis et frères, et débarrassons ce monde de la haine. Aiguisons l’épée de l’Amour, mes frères, resserrez vos rangs autour de moi et, vaillamment, marchons ensemble vers l’avenir. » (Message n° 97, 28 février 1980).
