Partage international no 380 – avril 2020
par Graham Peebles
L’humanité fait face à une série de crises qu’elle a elle-même créée. La catastrophe environnementale, la pauvreté, les inégalités, la guerre et les déplacements de population, entre autres problèmes, ont été engendrés par le comportement néfaste de l’humanité, par les modes de vie, les valeurs et les idéologies corrosives qui empreignent chaque aspect de la vie contemporaine.
La pandémie du coronavirus est la dernière crise en date, avec le potentiel effondrement subséquent de l’économie mondiale. C’est une crise collective dont l’ampleur dépasse tout ce que nous connaissons. Des populations entières sont forcées de changer de comportement, d’arrêter de voyager, d’arrêter de faire leurs courses, de se replier, de rester à la maison et de soutenir d’autres personnes de la communauté. Elle force les gens à changer d’optique et à ralentir, à simplifier et à réexaminer leurs vies. Inquiétante et déstabilisante dans l’immédiat, cette crise a le potentiel d’être libératrice, fournissant l’espace dans lequel être calme, réfléchir et se tourner vers l’intérieur, et elle est bonne pour l’environnement.
Avec la crise vient l’opportunité, la possibilité de croissance et de se réaligner sur un but ; la possibilité de faire advenir le changement, un changement qui instille l’harmonie, permettant à ce qui a jusqu’ici été inhibé de s’exprimer.
L’inévitabilité des crises
La vie est régie par un ordre naturel et par des lois fondamentales qui sous-tendent toute manifestation. Quand ce rythme est inhibé – individuellement ou collectivement –, une stase survient qui mène à la maladie, au malaise, et une crise se produit. Plus grande est la résistance, plus sera intense et inévitable la crise.
Les modes de vie actuels sont disharmonieux, les systèmes socio-économiques et politiques sont totalement injustes, favorisant quelques-uns au détriment du plus grand nombre ; guidés par des valeurs matérialistes qui créent la division, par une avidité soutenue par des idéologies réductrices, ils sont au cœur de la plupart, si ce n’est de tous nos problèmes. Les écosystèmes ont été bouleversés par l’activité humaine centrée sur elle-même, les modèles climatiques sont complètement altérés par les poisons déversés quotidiennement dans l’atmosphère, générant l’inharmonie au sein du climat. Un grand nombre de gens reconnaît ces faits et le besoin d’un nouveau mode de vie, mais la résistance dans les cercles gouvernementaux et économiques du pouvoir est acharnée ; l’attachement au statu quo est profond ; la peur de perdre pouvoir et privilèges, grande. Et par conséquent, les changements nécessaires sont invariablement bloqués ; l’ordre naturel, qui toujours se meut vers l’harmonie car c’est sa qualité essentielle, est systématiquement bloqué, créant toujours plus d’inflammation.
Le coronavirus est hors de contrôle des gouvernements, des institutions et des multinationales au pouvoir. Il cause un chaos généralisé qui va s’intensifier et s’étendre, en affectant non seulement la santé publique mais également l’ordre social, et dévastera l’économie de consommation. Alors que les Bourses vacillent, les entreprises font faillite, les chaînes d’approvisionnement mondiales se brisent et les nations sont forcées de se tourner vers l’intérieur, les gouvernements (de façon prévisible) comptent sur la « force intrinsèque de l’économie » et la capacité des marchés à « rebondir » rapidement une fois la crise passée, revenant à la routine habituelle. L’« habitude » est cependant le problème : « l’habitude » a empoisonné la planète, généré des niveaux d’inégalité gigantesques, monté les uns contre les autres, nation contre nation, soutenu l’exploitation généralisée des plus vulnérables, et encouragé un système de valeurs pernicieux qui a nourri toute sorte de maux sociétaux. L’habitude fait partie du passé et doit maintenant prendre fin.
A court terme, les entreprises en danger de faillite ont besoin de mesures de soutien, et c’est plus ou moins ce qui se passe ; les emplois et les salaires doivent être garantis ; le remboursement des emprunts immobiliers, des prêts et des découverts bancaires, des dettes liées aux cartes de crédits doit être suspendu, ainsi que le paiement des loyers. Mais une fois que la poussière retombera, au lieu d’essayer de réparer ce qui est dépassé, de rafistoler ce qui est inadéquat et de poursuivre comme d’habitude, l’opportunité d’une évolution économique doit être saisie. C’est une opportunité de réimaginer la façon dont le système socio-économique fonctionne, de reconnaître que le modèle actuel a fait son temps, et de créer un nouveau système basé sur le partage, dont la justice sociale et la coopération seraient le cœur. Bien sûr, si l’effondrement est si total qu’il menace de l’être, peut-être n’y aura-t-il pas de choix. Bienvenue ou pas, cette crise pourrait forcer l’avènement des changements que quelques-uns redoutent mais que beaucoup désirent, et devenir le coup mortel porté aux systèmes existants ; formes inadéquates qui sont déjà entrées dans un état terminal de désintégration, alors que l’énergie qui les portait s’est retirée et que nous passons d’un âge – d’une civilisation – à une nouvelle époque, qui reste à définir.
L’instructeur de notre époque
Se tenant à l’écart des événements extérieurs et inconnu du plus grand nombre, l’Instructeur de notre époque, le Seigneur Maitreya veille, chef de notre hiérarchie spirituelle, laquelle reste inconnue du grand public, en particulier en Occident. Prédisant sa venue à notre époque il y a quelques 2 600 ans par l’entremise du Bouddha Gautama, Maitreya est attendu par les religions du monde sous différents noms (Christ, imam Mahdi, Maitreya Bouddha, Messie, Krishna). Il a patiemment attendu le bon moment pour s’avancer publiquement, pour être invité à commencer son travail public. La crise actuelle pourrait bien être le facteur qui permette à cet événement d’advenir, un événement qui potentiellement changerait tout.
Avec le grand groupe de ses plus proches disciples, les Maîtres de Sagesse, Maitreya offrira son aide et ses conseils, montrant la voie hors de nos difficultés. Cependant, il revient à l’humanité de l’écouter et de réagir ; s’il y a un sauveur du monde, c’est l’humanité elle-même. Maitreya l’a affirmé : « Je suis seulement l’architecte du Plan. Vous, mes amis et frères, vous êtes les bâtisseurs volontaires du temple radieux de la Vérité. » Le « temple de la Vérité » est la nouvelle civilisation.
La présence, et l’émergence progressive (depuis juillet 1977) de Maitreya, a été rendue publique, par l’artiste et conférencier britannique Benjamin Creme, jusqu’à sa mort en octobre 2016. Pendant quarante ans, B. Creme a parcouru le monde, partageant une histoire d’espoir, aussi extraordinaire que controversée, à tous ceux qui lui prêtèrent l’oreille. La venue d’un instructeur en temps de crise ou de transition est plutôt normale, et même attendue. Historiquement, de tels instructeurs se sont manifestés, venus des rangs de la Hiérarchie spirituelle. Actuellement, beaucoup de gens réalisent que nous vivons une telle époque.
Maitreya n’est pas un dirigeant religieux mais un guide, au sens le plus large, concerné par les problèmes urgents de la période. Il est, comme Alice Bailey le relate dans Initiation humaine et solaire, celui « que les chrétiens nomment le Christ. Il est également connu en Orient sous le nom de Bodhisattva, et du Seigneur Maitreya. […] Il est le Grand Seigneur de l’Amour et de la Compassion, de même que […] le Bouddha, était le Seigneur de la Sagesse. » Il est le Christ pour cette planète, ce qui sera sans doute difficile à accepter pour beaucoup de chrétiens. Il est le Maître des Maîtres, et « c’est à lui qu’est confiée la direction des destinées spirituelles des hommes [de l’humanité] […] Il est l’Instructeur du monde », il est Celui qui vient.
Certaines pensées de Maitreya et quelques aspects de son enseignement nous sont connus grâce aux 140 messages extraordinaires qu’il a transmis entre septembre 1977 et mai 1982. « Laissez-moi vous montrer la voie », dit-il dans un de ces messages « qui mène à une vie plus simple, où personne ne connaît la privation, où chaque jour est différent, où la joie de la Fraternité se manifeste à travers tous les hommes. »
Dans un autre, il demande : « Comment débuter ? Commencez par vous consacrer vous-mêmes, tout ce que vous êtes et avez été, au service du monde, au service de vos frères et sœurs, où qu’ils se trouvent. Assurez-vous que pas un jour ne s’achève sans que vous n’ayez accompli un acte de service véritable, et soyez assurés que mon aide sera vôtre. »
Alors que le monde fait face à la crise, une réponse coordonnée en matière de santé publique pour gérer les impacts économiques est nécessaire. Le service communautaire et les actes de gentillesse sont essentiels, tout comme le partage. C’est une crise mondiale qui appelle une réponse unie. Assez de la compétition et du nationalisme tribal – les Etats-Unis d’abord, la Chine d’abord, l’Inde, etc. – l’humanité et la planète d’abord ! L’unité, la coopération, la tolérance et la compréhension, telles sont avec le partage, les caractéristiques principales de l’époque, et elles doivent guider nos pensées et nos actions, maintenant plus que jamais.
La pandémie sera vaincue, et, si nous saisissons l’opportunité que cette crise offre, il y a une vraie possibilité qu’après cela, la vie soit fondamentalement changée, pour toujours et pour le meilleur. La possibilité nous est offerte de réimaginer comment vivre, d’introduire de nouvelles façons de vivre qui encouragent le bien, qui cultivent l’unité, la paix et le bonheur naturel, et qui nous accordent l’espace dans lequel être.
