Partage international no 376 – décembre 2019
par Janez Ferjancic
Dans les années 1980, une journaliste indépendante, Patricia Pitchon, a contacté d’autres journalistes et coordonné leur recherche visant à « trouver » Maitreya. Elle décrit leurs efforts dans son livre : Searching for Maitreya1. Pour permettre à Maitreya de se faire connaître publiquement, il fallait que les médias, en tant que représentants de l’humanité, mettent suffisamment d’énergie à le « rechercher » pour s’assurer que le libre arbitre de l’humanité ne soit pas enfreint.
« Trouver » Maitreya n’a jamais fait partie des tâches attribuées aux personnes travaillant avec Benjamin Creme ou étroitement associées à ce groupe. Cependant, nous publions ci-dessous le récit d’une tentative menée à titre personnel, en 1996, qui témoigne de la présence de Maitreya dans un quartier particulier de Londres, même si, bien entendu, il est omniprésent.
Ce qui suit s’est passé en juin 1996. Cela faisait déjà plusieurs années que j’avais entendu parler du retour du Christ, mais je ne participais pas encore au travail autour de la Réapparition, puisqu’il n’existait pas encore de groupe en Slovénie. A cette époque, je pouvais passer de longues heures à méditer chaque jour. J’étais jeune et fort, peut-être un peu naïf, et j’imaginais que je pourrais trouver Maitreya où et quand je l’aurais décidé.
Au cours de l’été 1996, je décidai d’aller à Londres pour une semaine afin d’y « tester l’atmosphère ». C’était mon premier voyage à Londres, et je commençai immédiatement à « chercher » au sein de la communauté musulmane. Chaque jour, je me joignais aux musulmans qui priaient dans diverses mosquées londoniennes. Leur sincère dévotion m’impressionna réellement ; auparavant, je n’avais vu une telle dévotion que dans les monastères chrétiens ou bouddhistes. Je rencontrais toutes sortes de gens, et m’engageais dans d’interminables discussions religieuses avec des musulmans de toutes sortes, des travailleurs sociaux comme des imams, des soufis comme des cheiks saoudiens. Je me joignais à eux durant les prières, et ils étaient impressionnés par ma dévotion, pensant que j’étais en train de devenir musulman, puis que je diffuserais l’islam en Slovénie et que j’aiderais peut-être les musulmans bosniaques qui, à l’époque, souffraient terriblement à cause de la guerre. Cela commençait à devenir problématique et à me mettre dans l’embarras ! Il s’agissait seulement pour moi d’une couverture, car je ne savais pas comment leur demander s’ils connaissaient la personne que je recherchais.
J’errais souvent dans le quartier de Whitechapel, à l’est de Londres, où l’on m’avait dit que Maitreya venait régulièrement à la mosquée locale. J’y allais presque chaque jour, y passant mes soirées à attendre. Dès le début, la mosquée me fit une forte impression ; j’y ressentais presque les mêmes vibrations christiques que celles que je ressens parfois dans une église. A l’intérieur de la mosquée, je m’installais dans le fond et j’observais attentivement les dizaines de personnes qui assistaient chaque jour à la prière, mais je n’y remarquai jamais rien ni personne en rapport avec ce que je cherchais, et les journées défilaient.
Puis arriva le vendredi, jour sacré pour les musulmans. A l’occasion de la prière principale, vers une heure de l’après-midi, la mosquée était bondée, et il était presque impossible de bouger. Il devait y avoir plus de cinq cents personnes en train de se saluer et de discuter. L’atmosphère était animée et électrique.
Lorsque vint le moment de se mettre en rang pour la prière, plutôt que de commencer à prier, tout le monde se tut soudainement. Ce n’est qu’à ce moment que je remarquai un homme se tenant face à la foule, à l’endroit même où l’imam conduit habituellement la prière. Il était très mince et mesurait environ 1,90 m, avec une barbe et un couvre-chef arabe blanc. Il portait une longue tunique d’un jaune très profond. En raison de l’affluence, je ne pouvais rien percevoir directement de lui, mais le silence était profond, et les gens semblaient avoir un grand respect pour cet homme. Il parla calmement et avec une autorité tranquille, si bien que ses mots coulaient comme une musique. Le problème est qu’il parlait arabe et que je n’en comprenais pas un mot. Il était trop éloigné pour que je puisse voir distinctement son visage clair, mais cet homme remplissait assurément mes critères ! Je décidai qu’à la fin de la réunion j’irais l’attendre dans l’entrée et que je ferais mon possible pour l’interroger.
Il parla environ dix minutes, puis la prière commença, et celle-ci dura entre dix et quinze minutes supplémentaires. A la fin, alors que j’espérais aller interroger cet homme, quelques jeunes cheiks saoudiens, que j’avais auparavant rencontrés, s’approchèrent de moi et commencèrent à me poser toutes sortes de questions au sujet de mes origines, de la situation politique, de la guerre en Bosnie… Je décidai de les accompagner dans l’entrée et d’y attendre l’homme, et nous discutâmes un quart d’heure tandis que je surveillais la porte en permanence. Finalement, ils s’en allèrent et je retournai dans la salle principale, qui était maintenant à moitié vide. Je fus alors pris de panique. Je n’apercevais plus l’homme, et il n’y avait pas d’autres portes de l’autre côté de la grande salle. Je me précipitai dans la rue à l’arrière, mais il était parti.
[Le Maître de Benjamin Creme a confirmé que l’orateur était Maitreya.]
Le retour du pharaon
Au début de mon séjour à Londres, je ne demandais pas directement aux musulmans s’ils connaissaient Maitreya ; je savais que cela serait perçu comme un pur blasphème. Je les questionnais seulement au sujet d’un instructeur du Pakistan, dont j’avais entendu dire qu’il était un bon guide et d’une grande spiritualité. Plus tard, alors que mon départ approchait, je devins plus intrépide. Je fis des copies de plusieurs photographies de Maitreya à Nairobi, extraites de la Mission de Maitreya, tome II de Benjamin Creme, et commençai à demander directement aux gens s’ils avaient rencontré cet homme. Les réponses furent toutes négatives. Pendant quelques jours, j’interrogeai ainsi des gens ordinaires à la mosquée, dans la rue, demandant aux imams, aux vendeurs dans les boutiques musulmanes, et à toute personne à qui je jugeai bon de demander. J’avais la chance d’être accompagné par Hassan, originaire de Libye, qui assurait la traduction lorsque, par exemple, je m’adressais à des enseignants religieux pakistanais qui venaient d’arriver à Londres et ne parlaient pas suffisamment anglais. Hassan m’accompagnait presque tous les jours, et il m’enseignait l’islam dans l’espoir que je devienne musulman. Lorsque je lui expliquai qui était l’homme figurant sur la photo, il trouva cela amusant. Il en fut de même pour l’imam de la mosquée de Hounslow : lorsque je lui montrai la photo, il ne prononça pas un mot, mais ses yeux riaient pour lui. J’avais presque perdu tout espoir.
Puis, vers la fin de mon séjour, alors que je flânais de nouveau dans Brick Lane, dans le quartier de Whitechapel où Maitreya avait à une époque résidé, je retournai dans une petite boutique arabe où j’avais déjà rencontré un jeune vendeur sympathique. J’achetai de l’encens et des parfums puis lui montrai la photographie prise à Nairobi. A ma grande surprise, il reconnut immédiatement l’homme qui y figurait ! Je n’en revenais pas d’avoir autant de chance. En était-il certain ? Il m’assura qu’il l’avait rencontré. Quand ? Quelques années auparavant. Où ? A quelques rues de là, alors qu’il assistait à une réunion où une femme égyptienne, Z. Al-Ghazali, donnait une conférence. Elle avait été emprisonnée en Égypte dans les années 1960, car elle faisait partie d’un groupe qui voulait mettre en place un État islamique ; elle était une sorte de rebelle politico-religieuse. Elle avait subi des traitements très durs, avait été torturée et condamnée à la prison à vie sous la présidence de G. Nasser, puis avait été subitement libérée de prison en 1971, peu après l’arrivée au pouvoir d’A. El-Sadate. Elle continua ensuite son travail et ses activités de conférencière, et vint à Londres au début des années 1990 pour y donner une conférence, où mon vendeur avait alors vu l’homme que je lui avais montré sur la photographie. Le vendeur me confia que l’homme avait parlé quinze minutes en préambule de la conférence, mais ne se souvenait pas du contenu de ses propos. De nouveau, je lui demandai s’il était sûr de tout cela, et il me certifia encore que l’homme était bien le même que celui de la photo de Nairobi. J’en étais toujours stupéfait.
J’avais enfin trouvé la preuve matérielle que j’étais venu chercher. Il me montra ensuite un livre qu’il avait dans sa boutique, écrit par Zaynab Al‑Ghazali, où celle-ci décrivait son « calvaire » dans les geôles égyptiennes et son combat pour le droit à mener une vie spirituelle digne. J’achetai le livre par respect pour le vendeur, même si par la suite je ne l’ai jamais lu. Je regardai seulement le titre, qui marqua instantanément mon esprit : Le retour du pharaon.
[Le Maître de Benjamin Creme a confirmé que l’homme à la conférence de Zaynab Al-Ghazali était en effet Maitreya.]
1. A la recherche de Maitreya. Traduction française à paraître sous peu chez Partage Publication.
