Tant que les Maîtres opèrent encore principalement depuis les plans éthériques, ils dépendent de la sensibilité d’un nombre limité d’êtres humains répondant aux impressions hiérarchiques et pouvant ainsi servir de canaux pour la transmission des idées émises par la Hiérarchie en direction de l’humanité.
Le monde traverse actuellement une phase de préparation et d’ajustement en vue de l’entrée dans le nouvel âge, et une des principales activités des Maîtres consiste à rassembler et à entraîner ceux qui, parmi les disciples, disposent de l’aptitude nécessaire, et qui sont instamment requis pour servir de liens et d’instruments de travail constructif pour le compte de l’humanité. Il relève de la responsabilité du disciple moderne de prendre conscience de ces besoins et d’y répondre au mieux de ses capacités. L’ampleur de sa réponse se reflétera dans l’amour accru qu’il manifestera envers son prochain, et dans la réduction simultanée de son intérêt pour sa propre personne.
Dans un article concernant les « vertus humaines », nous traiterons de ces qualités particulières que sont l’amour, la bonne volonté, le pardon et le sacrifice. Il s’agit-là des qualités primordiales sur lesquelles sont fondées les bonnes relations humaines, et qui doivent par conséquent également être un attribut de chaque disciple.
Le sens des responsabilités
L’homme est un personnage doté de nombreuses qualités supplémentaires, et au cours de cet article et des suivants, nous évoquerons rapidement quelques-unes des plus remarquables. Bien que nous espérions que cette analyse fournisse une image plus claire de la complexité du caractère de l’homme, il faut bien admettre que dans la réalité, il n’est pas toujours possible de distinguer parfaitement ce qui constitue des composantes qui se chevauchent et s’amalgament fréquemment. Dans des circonstances particulières, certaines de ces qualités peuvent s’accentuer, mais elles ne constitueront jamais qu’une partie de l’ensemble du personnage. En réalité, tout individu possède le germe de chacune de ces qualités, mais celles-ci restent latentes jusqu’à ce que les circonstances extérieures les rendent indispensables et en stimule l’apparition. L’éveil de ces qualités, qui deviennent alors remarquables, dépend des éléments suivants : a) les rayons d’énergie auxquels sont soumis l’âme et les véhicules de la personnalité ; b) le niveau de développement atteint ; c) la situation à laquelle est soumis le disciple ; d) les exigences du service tel qu’il est suggéré par l’âme.
On réalisera donc que les qualités brièvement décrites ci-après ne seront pas nécessairement apparentes chez tous les disciples. Au contraire, chaque disciple reflétera une combinaison de qualités qui lui est propre, et les traits de son caractère se distingueront par ses qualités les plus marquées, tendant à se manifester en réponse aux exigences de la vie.
La responsabilité de chacun dans la vie est fonction de son degré de conscience de soi. Il ne peut exister de responsabilité en cas d’absence de conscience de soi. Aussi les animaux ne peuvent être tenus pour responsables, et bien qu’ils connaissent la douleur sur le plan physique, ils restent exempts de tout karma sur les plans subtils. De son côté, l’homme dispose de la conscience de soi et se trouve donc responsable de ses actes – bons ou mauvais. Toutefois, tous les hommes ne seront pas rendus comptables de leurs actes de manière égale, en raison des différences considérables de développement mental, et donc de conscience. Le degré de responsabilité s’accroît en proportion directe du développement de l’intelligence et de la conscience, et le sauvage arriéré se trouvera loin de supporter une responsabilité équivalente à celle du disciple plus avancé. Lorsqu’il enfreint les lois de la nature, ou les exigences éthiques de la vie en société, le disciple en est bien plus conscient que le sauvage, et sa responsabilité envers son environnement et son prochain s’en trouve accrue dans la même mesure. Il en résulte que pour une transgression identique, les sanctions seront beaucoup plus sévères pour l’homme évolué que pour l’homme non évolué, ou en d’autres termes, son karma s’en trouvera plus lourdement débité.
L’homme ne peut se voir relevé de ses engagements par son frère, chaque individu devant assumer ses propres responsabilités et s’acquitter le mieux possible des obligations qui en résultent, tout en se gardant de toute interférence dans ce qui relève de la responsabilité d’autrui. Ainsi le véritable amour aura-t-il parfois à se tenir à l’écart, et à regarder avec détachement ceux qui apprennent les leçons de la vie ; comme il pourra se révéler difficile de s’en tenir à cette attitude, on pourra l’adoucir par le support moral et la compréhension d’un cœur aimant.
Le sens de la responsabilité est une des caractéristiques les plus marquantes de l’âme, et ainsi viendra-t-il un moment où le disciple prendra conscience de ses responsabilités spirituelles qui dépassent de loin les aspects physiques, ces derniers ne concernant que les problèmes de la personnalité. Les effets générés par l’homme spirituellement influencé, s’avéreront beaucoup plus marquants et durables, que ceux que peuvent provoquer le fait de remplir de simples obligations physiques.
La discrimination
Afin de permettre à l’âme de se libérer des entraves de la matière, l’homme doit apprendre à discriminer l’illusion elle-même de ce que cache cette illusion. La discrimination est une aptitude du mental à observer, analyser, séparer, puis à opérer un choix entre différentes qualités.
Au cours des premières phases de son développement, la capacité de discrimination ou de jugement de l’homme, et les orientations qui en découlent, seront fréquemment mises en défaut ; mais c’est grâce à ces erreurs et aux souffrances qui en résultent, que l’homme assimilera les leçons de la vie.
En pratiquant la discrimination, l’homme révèle, dans un premier temps, qu’il a pris conscience de la pluralité des forces affectant tout problème. Il lui reste ensuite à clairement distinguer la nature et la direction de ces forces, puis à choisir le chemin qui doit le conduire à la détermination des véritables valeurs, et le mener ainsi à la destination de l’âme. Cela implique fréquemment qu’il faille choisir entre des principes primordiaux et secondaires, entre des nécessités supérieures et inférieures, ou entre l’essentiel et l’accessoire.
Des qualités comme l’intelligence, le sens ésotérique, l’équilibre, l’impartialité, le détachement, le désintéressement, l’amour et la bonne volonté, se trouvent associées avec la discrimination. Ces qualités contribueront à assurer une discrimination correcte, et à l’activation du « troisième œil », procurant par là une claire vision du chemin à suivre. Ajoutez l’acceptation à ces qualités, et la nature émotionnelle sera gardée des attraits perturbants du désir et de l’influence des sens.
La discrimination judicieuse n’est que le reflet d’une sagesse grandissante, et elle entraînera le bon choix, ce qui conduira à une action juste – tout cela étant déterminé par un alignement véritable avec l’âme. (A suivre)
Auteur : Aart Jurriaanse, (1907-2002) : auteur sud-africain qui a effectué des compilations des livres d’Alice Bailey. Il est l’auteur de Bridges (Ponts, non traduit) qui est un commentaire de ces enseignements.
Thématiques : spiritualité, éducation
Rubrique : Dossier ()
