Partage international no 373 – septembre 2019
Lors de sa 50e session qui s’est tenue du 2 au 7 août 2019 à Genève, en Suisse, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) a approuvé un rapport spécial intitulé : Les terres émergées face au changement climatique : un rapport spécial sur le changement climatique, la désertification, la dégradation des terres, la gestion durable des terres, la sécurité alimentaire et les flux de gaz à effet de serre au sein des écosystèmes terrestres. Le résumé pour les décideurs a été présenté lors d’une conférence de presse le 8 août 2019.
Le réchauffement mondial augmente les sécheresses, l’érosion des sols et les incendies de forêt, tandis qu’il réduit les rendements agricoles sous les tropiques et fait fondre le permafrost près des pôles, selon le rapport.
Ce dernier montre clairement que l’humanité se trouve face à un choix urgent : soit poursuivre la destruction des forêts, l’émission de quantités considérables de gaz liés à l’élevage, ainsi que les autres pratiques d’agriculture intensive ; soit agir immédiatement pour permettre aux sols et aux forêts de se régénérer et de capturer du carbone. Le rapport suggère également de réduire la consommation de viande et le gaspillage alimentaire. De telles mesures permettraient également d’améliorer la santé humaine, de diminuer la pauvreté et de s’attaquer aux importantes pertes de biodiversité, selon le Giec.
Il faut également mettre fin à la combustion de carburants fossiles afin d’éviter « une perte irréversible dans la capacité des écosystèmes terrestres à contribuer à notre alimentation et à notre santé, et à nous offrir des lieux de vie habitables. Il s’agit de la tempête parfaite, a déclaré Dave Reay, professeur de l’université d’Edimbourg, qui a participé en tant qu’expert critique au rapport du Giec. Des terres en quantité limitée, une population humaine en augmentation, et tout cela dans le contexte oppressant de l’urgence climatique. La Terre n’a jamais paru aussi petite, ni son écosystème naturel à ce point menacé. »
Pour Piers Foster, professeur à l’université de Leeds, « ce rapport important montre que nous devons substantiellement modifier la façon dont nous exploitons nos terres si nous voulons limiter le réchauffement à moins de 1,5°C. Pour le dire de façon succincte, il nous faut moins de pâturages [pour le bétail] et plus d’arbres. »
Le professeur Jim Skea, du Giec, estime que les terres étaient déjà en mauvais état, et que le changement climatique n’a fait qu’aggraver le problème. Près de trois quarts des terres non recouvertes de glace sont maintenant directement touchées par les activités humaines.
Une mauvaise utilisation des terres est également responsable de près d’un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre – la destruction des forêts, les immenses troupeaux de bétail et l’emploi excessif d’engrais chimiques en sont les principaux facteurs. Les émissions liées aux engrais ont été multipliées par neuf depuis le début des années 1960. L’augmentation des températures entraîne une expansion des déserts, particulièrement en Asie et en Afrique, tandis que les Amériques et la Méditerranée sont également menacées.
Parmi ses conclusions les plus alarmantes, le rapport montre que les sols, dont l’humanité est entièrement dépendante, disparaissent 100 fois plus vite qu’ils ne se régénèrent dans les zones labourées ; et, même dans les champs non labourés, la perte est 10 à 20 fois plus rapide. Le rapport recommande une action forte de la part des gouvernements et des entreprises ; il s’agit notamment de mettre fin à la déforestation et de laisser croître de nouvelles forêts, de réformer les subventions agricoles, de soutenir les petits agriculteurs et de développer des variétés cultivées plus résistantes. Le problème est que beaucoup de ces solutions mettront des décennies avant de produire leurs effets, d’après le Giec.
Les consommateurs des pays riches pourraient agir immédiatement en réduisant leur consommation de viande et de laitages issus de l’agriculture intensive, qui ont un impact environnemental considérable. « Il serait possible de faire beaucoup plus que nous ne faisons en la matière, en partie parce que cela est difficile », a déclaré Pete Smith, professeur à l’université d’Aberdeen et l’un des principaux contributeurs du Giec.
Date des faits : 2 août 2019
Sources : unenvironment.org ; guardian.com ; ipcc.ch
Thématiques : environnement
Rubrique : S.O.P. — Sauvons notre planète (« Les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade... Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012.)
