Partage international no 371 – juillet 2019
Il y a quinze ans, tous les déchets de la capitale slovène étaient mis en décharge. Depuis, la ville a considérablement changé de cap. D’ici 2025, au moins 75 % de ses déchets seront recyclés. Ljubljana est la première capitale européenne à s’engager à ne produire aucun déchet.
Tout a commencé en 2002 avec la collecte séparée du papier, du verre et des emballages dans des conteneurs en bordure de route. En 2006, la ville a commencé à collecter des biodéchets de porte en porte. La collecte des déchets biodégradables deviendra obligatoire dans toute l’Europe en 2023, de sorte que Ljubljana a une longueur d’avance. En 2013, les ménages de la ville ont reçu des poubelles pour les emballages et les déchets de papier. En 2008, la ville ne recyclait que 29,3 % de ses déchets, mais ce chiffre est passé à 68 %, ce qui place Ljubljana au sommet des capitales européennes du recyclage. Son site d’enfouissement reçoit près de 80 % de déchets en moins.
Un ancien site d’enfouissement à Ljubljana est maintenant une colline verdoyante où vivent des animaux tels que des lapins et des cerfs. L’air est pur et les conduites de méthane qui émergent du sol sont les seuls signes qu’une décharge de 24 mètres de profondeur se trouve sous la pente herbeuse.
Une autre grande réalisation est le développement de l’installation la plus moderne d’Europe pour le traitement des déchets biologiques. Le Centre régional pour la gestion des déchets (RCERO), qui dessert près d’un quart de la Slovénie, utilise le méthane dégagé pour produire sa propre chaleur et son propre courant électrique, et transforme 95 % des déchets résiduels en matières recyclables et en combustible solide, et envoie moins de 5 % des déchets à la décharge. Il transforme les déchets biologiques en compost de jardinage de haute qualité.
La réutilisation et le recyclage sont des principes importants. La ville dispose de deux centres de recyclage où les gens peuvent jeter leurs déchets. Celui près de RCERO Ljubljana est si populaire qu’au moins trois autres sont prévus. Les matériaux sont réutilisés : les articles sont vérifiés, réparés, nettoyés et ensuite vendus à bas prix au centre. Il y a un atelier hebdomadaire qui enseigne aux gens comment réparer les appareils en panne.
Une autre tendance à Ljubljana est l’augmentation du nombre de magasins sans emballage. Dans toutes les institutions municipales, on utilise des rouleaux de papier hygiénique fabriqués à partir d’emballages de lait et de jus de fruits recyclés. Dans le centre historique de la ville, où l’espace est limité, 67 poubelles ont été installées sous terre ; elles s’ouvrent avec une carte délivrée aux habitants. Les éboueurs se déplacent à pied et des véhicules spéciaux balaient les rues avec de l’eau de pluie et des détergents biodégradables. Bien que fort fréquenté par les touristes, le centre-ville reste propre.
Lieu : Ljubljana, Slovénie
Sources : theguardian.com
Thématiques : environnement
Rubrique : S.O.P. — Sauvons notre planète (« Les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade... Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012.)
