Partage international no 369 – mai 2019
par Phyllis Creme
« Je dirais que Krishnamurti prépare la voie pour le travail du Christ. » (Benjamin Creme, 1980).
Jiddu Krishnamurti (1895-1986) fut un merveilleux enseignant spirituel, apprécié par des milliers de personnes à travers le monde, y compris par certains des acteurs du travail pour l’Emergence. Parmi ceux qu’il a inspirés se trouvent des scientifiques, des philosophes et, comme d’autres, il a contribué à faire connaître au monde occidental la philosophie et le mode de pensée de l’Inde. Mais son enseignement était bel et bien le sien propre. Il a voulu avant tout « libérer l’homme de manière inconditionnelle », le libérer de tout conditionnement, extérieur et intérieur, de tout ce qui fait obstacle au sentiment de notre individualité, qui naît du silence intérieur au-delà des bruits de notre vie quotidienne. Pour Krishnamurti, l’idéal est de vivre dans une « méditation » permanente, propice à expérimenter l’unicité de toute vie – une conscience profonde et sans faille. Benjamin Creme a déclaré que les enseignements de Krishnamurti sont ceux de Maitreya, simples et sans compromission1, et qu’il avait pris la 4e initiation à l’âge de 49 ans2, en 1944. Dans cet article, je me réfère à certaines déclarations de Benjamin Creme (BC) sur Krishnamurti et à des articles de Partage international.
Je me souviens de la première fois où j’ai assisté à une conférence de Krishnamurti à Londres en 1966, dans une grande salle comble. Je ne savais rien de lui à l’époque. J’ai été frappée par le silence intense et lourd d’expectative qui régnait dans la salle avant l’apparition sur la scène de sa petite silhouette contenue et élégante. Les énergies qu’il véhiculait faisaient déjà leur travail. Son discours pouvait être perçu comme très simple – et d’une certaine manière il l’était – ou comme extrêmement difficile, comme il l’était aussi, car il avait la capacité d’entraîner l’auditoire dans une introspection rigoureuse et, à certains égards, douloureuse. Si vous étiez capable de mettre de côté votre bagage mental, se laisser emporter par le discours de Krishnamurti pouvait provoquer en vous de véritables révélations. Mais cela demande du courage et une grande lucidité. Comme l’a dit BC : « Vous pouvez écouter Krishnamurti de deux manières : intellectuellement… ou en vous confrontant personnellement à ce qu’il dit » [PI, mai 1998].
Les enseignements de Krishnamurti
« Je ne suis pas venu susciter des adeptes » […]. « Sachez que je suis en vous » (Maitreya)3.
Tout au long de sa vie, Krishnamurti a affirmé que la religion, les « Maîtres » ou les prêtres, ou toute autorité en général, qu’elle exerce son pouvoir extérieurement ou mentalement, est un obstacle à la liberté. Pour beaucoup de ses partisans, en particulier en Occident, sa position non religieuse, qui ne voyait pas le besoin d’un Dieu, d’un gourou ou d’un maître, était très attrayante. Dès le début de son enseignement public, il s’en est expliqué : « … Que les Maîtres existent ou non, qu’il existe différents niveaux chez les initiés, les élèves, etc., n’a aucune importance ; ce qui est important, c’est de se connaître soi-même… aussi longtemps que l’esprit est pris au piège de la croyance, la liberté est inaccessible. Donc, pour moi, que les Maîtres existent ou non n’apporte rien à l’action… Même si leur existence est un fait, cela n’a aucune importance ; car pour avoir la compréhension, il faut être indépendant, il faut être seul, complètement dépouillé de toute sécurité… Si vous regardez au fond de vous-mêmes, la plupart d’entre vous constaterez que ce que vous recherchez, c’est la sécurité, le confort, des lieux où vous vous sentez protégés ; et dans cette recherche, vous adoptez des philosophies, des gourous, des pratiques de discipline personnelle. Mais en procédant ainsi, vous contrecarrez, vous entravez votre pensée. » [Adyar, 3e causerie publique, 1933]
Dans cette conversation, Krishnamurti commentait indirectement sa propre histoire. S’il ne désavoue pas les Maîtres, il écarte leur pertinence, leur utilité pour le chercheur en quête de la véritable liberté. Né dans une famille brahmane de l’Inde rurale, il avait été adopté, âgé de 13 ans, avec son frère Nitya, par les théosophes Annie Besant et Charles Leadbeater pour être préparé comme véhicule physique de Maitreya le Christ (comme Jésus l’avait été), dont les théosophes attendaient le retour. Leadbeater avait reconnu la « merveilleuse aura » du garçon. Une organisation, l’Ordre de l’Etoile, avait été créée en 1911 (initialement appelée l’Ordre international de l’Etoile de l’Orient) par Besant et Leadbeater afin de préparer le terrain pour le futur Instructeur planétaire, et Krishnamurti, placé à sa tête, commença à donner des conférences.
Mais en 1929, Krishnamurti prit la décision inattendue de dissoudre l’Ordre de l’Etoile. La Société théosophique à cette époque était tombée dans la bigoterie et le culte de la personnalité. Elle promettait par exemple des initiations rapides au cours d’une même vie. Après quelques années de résistance à tout cela, finalement, lors d’une grande réunion, Krishnamurti annonça qu’il dissolvait l’Ordre et promit que désormais, il enseignerait simplement, sans dogme. Dans son discours, bien connu, il a déclaré : « Ce qui vous préoccupe, c’est de savoir s’il existe un être tel que l’Instructeur mondial, qui se serait manifesté dans le corps d’une certaine personne, appelée Krishnamurti ; mais dans le monde, nul ne se préoccupe de cette question… Je maintiens que la Vérité est un pays sans chemin, et vous ne pouvez l’approcher par aucun sentier quel qu’il soit, par aucune religion, par aucune secte […]. Je ne veux appartenir à aucune organisation spirituelle, comprenez bien cela […] Si une organisation est créée dans ce but, elle devient une béquille, une faiblesse, un esclavage. Elle rend l’individu infirme et l’empêche de grandir et d’affirmer son caractère unique, qu’il trouvera dans la découverte par lui-même de cette Vérité absolue, inconditionnelle. »
Ceci est resté le principe de Krishnamurti : pas de dogme, pas de maître, mais une introspection rigoureuse. Il prônait le changement individuel comme voie de transformation de la société : « En provoquant un changement radical de l’être humain, vous produisez naturellement un changement radical de la structure et de la nature de la société. » [Entretiens avec des étudiants américains, The Krishnamurti Archives)]
Les enseignements de Krishnamurti sont devenus particulièrement importants pour de nombreuses personnes qui cherchent une voie spirituelle tout en étant imprégnées de la vision du monde matérialiste occidentale prédominante. Il en vint à se référer aux croyances spirituelles comme des accessoires émotionnels et spirituels que le vrai chercheur devait abandonner pour favoriser un simple état d’être dans le présent, sans pensée ni émotion, qu’il appelait « méditation », sans retrait de la vie mais plutôt dans une sorte d’immersion isolée – une manière d’être dans le monde mais pas du monde.
Le rejet de Krishnamurti de toute religion formelle ou de tout « isme » s’est maintenu toute sa vie. En cela, il est en accord avec les Enseignements de la Sagesse éternelle que le Maître Djwahl Kuhl (DK) a transmis par l’entremise d’Alice Bailey, dans lesquels il critique toutes les religions pour leurs faux enseignements. Au début de chaque livre de DK, il est demandé au lecteur de ne rien accepter aveuglément, mais de considérer ce qu’il dit comme une hypothèse à confirmer, ou non, par l’usage de l’intuition et du discernement. De la même manière, Benjamin Creme débutait ses conférences en recommandant de ne croire ses paroles que si elles trouvaient un écho dans le cœur et l’esprit de l’auditeur. A propos de Krishnamurti, il a déclaré : « Les gens comptent sur les Maîtres comme si eux, les Maîtres, leur appartenaient ! Krishnamurti était suffisamment avancé pour savoir que s’il parlait des Maîtres, il ne ferait qu’alimenter les mirages et les illusions des gens, ainsi que leur tendance à compter sur les Maîtres plutôt que sur eux-mêmes. » [PI, septembre 2017] L’approche spirituelle du nouvel âge – l’âge du Verseau – repose davantage sur l’indépendance de l’être humain alors que dans l’ère des Poissons l’accent était mis sur la dévotion et la croyance.
Krishnamurti a souvent eu à répondre à des questions sur les « Maîtres ». Cette question était naturelle pour ceux qui avaient une formation théosophique, ainsi que pour ceux qui réagissaient à la sagesse et à la sérénité de Krishnamurti et à l’impact de son énergie sur son public. Il disait que parfois, on essayait de le « prendre par surprise ». Sans nier leur existence, il a toujours insisté sur le fait que le sujet des Maîtres était « non pertinent » et qu’une croyance en eux ne servirait qu’à « emprisonner » une personne dans son propre dogme et son ensemble de croyances. Alors que sans Maître, elle devait se tourner vers l’intérieur et y trouver le salut.
Lors d’un « dialogue » avec Phillip Naudé, avec qui il collabora un certain temps, à Malibu (Californie) en 1972, Krishnamurti est interrogé sur les « maîtres » ou « entités » et il est question du « plan » de l’humanité qu’ils supervisent. Krishnamurti élude totalement la question. Il répond en parlant de son passé de brahmane, puis de son expérience avec la Société théosophique, paraissant connaître le Maître Koot Hoomi (KH) (un Maître de Sagesse de rang élevé proche de Maitreya) et le Seigneur Maitreya. Il raconte qu’il fut choisi par les théosophes Leadbeater et Besant alors qu’il était encore un jeune garçon, pour être le véhicule du prochain Instructeur du Monde, mais il semble expliquer cette démarche en disant qu’ils ont trouvé ce qu’ils cherchaient. Les dieux de toutes les religions sont des « mythes » conçus pour conforter les fidèles dans leur croyance. P. Naudé tente alors, de manière très respectueuse et discrète, de suggérer que Krishnamurti doit avoir un don spécial pour influencer autant de personnes. Cette remarque pousse Krishnamurti à être plus circonspect sur ce qu’il dit, et il devient moins explicite. Il parle des « mythes » qu’il y a dans toutes les religions et ne répond pas directement à la question, mais parle en métaphores d’une « énergie » venue d’en haut qui change les circonstances terrestres. De plus en plus à partir de 1929, Krishnamurti décrivait ce qu’il vivait comme une énergie, une force, voire une « bénédiction ».
Son expérience des Maîtres
Jusqu’à ce qu’il dissolve l’Ordre de l’Etoile, Krishnamurti semblait accepter sincèrement l’existence des Maîtres et sa propre relation avec eux. On le voit en particulier dans un petit livre que Krishnamurti écrivit alors qu’il n’avait que 14 ans, Aux pieds du Maître, sous-titré A ceux qui frappent. Le livre traite de la relation entre un élève/disciple et son Maître. Ce livre aurait semble-t-il été dicté à Krishnamurti par son Maître, Koot Hoomi. Krishnamurti a utilisé « Alcyone » comme nom d’auteur ; c’est le nom que lui avait donné Annie Besant lors de son adoption. Dans sa préface au livre, A. Besant écrit : « Puisse ce livre aider les autres, comme l’aida lui-même l’enseignement oral. » Dans l’avant-propos, Krishnamurti écrit : « Ces paroles ne sont pas de moi : ce sont celles du Maître qui m’instruisit. » Mais on peut voir dans le livre quelques graines des enseignements ultérieurs de Krishnamurti. Son contenu apparaît comme très ésotérique.
Aux pieds du Maître est très différent des autres livres de Krishnamurti, et même s’il est toujours disponible et a été édité à de nombreuses reprises, il n’est généralement pas inclus dans sa bibliographie. Le livre présente les enseignements et les préceptes du Maître, dont une grande partie est écrite à la deuxième personne, comme si le Maître s’adressait à son élève. Il parle également du Maître à la façon d’un véritable dévot : « Car l’élève ne fait qu’un avec son Maître et il lui suffit de ramener sa pensée vers celle du Maître pour voir si elles sont en accord. S’il n’en est pas ainsi, la pensée de l’élève est erronée et il la modifie immédiatement, car la pensée du Maître est parfaite, puisqu’il sait tout. »
Le livre souligne que « celui qui frappe », c’est-à-dire celui qui veut emprunter le chemin du discipulat, doit suivre précisément les instructions qui y figurent afin de satisfaire aux quatre « qualifications » nécessaires. Ce livre semble provenir d’une source complètement différente de celle des autres livres de Krishnamurti. Cependant, les nombreux préceptes pour le disciple sont universels et en ligne avec les enseignements de la Sagesse éternelle, comme la nécessité d’un engagement sérieux sur le « Chemin ». Dans ses entretiens avec différents publics, Krishnamurti a souvent parlé de la nécessité d’être « sérieux » dans sa quête sur la vie et sur sa vie. Bien sûr, il n’a rien contre l’humour, mais contre la superficialité.
Aux pieds du Maître est divisé en quatre chapitres, consacrés aux quatre qualités requises pour emprunter le chemin : le discernement, le détachement, le contrôle du comportement, l’Amour.
Le discernement. Pour ceux qui « savent », c’est-à-dire ceux qui comprennent que l’évolution n’est autre que le plan de Dieu, le discernement est essentiel. A ce stade précoce de la vie de Krishnamurti, il est déjà souligné que si quelqu’un est « du côté de Dieu », sa religion n’a aucune importance parce que « tous ne font qu’un ». Cependant, la discrimination est essentielle pour choisir entre le « réel » – le plan d’évolution de Dieu – et l’« irréel », les voies du monde matériel, qui sont fondamentalement illusoires. La distinction est faite entre « vous » en tant que Dieu immanent et le « vous » identifié à vos véhicules physique, astral, mental. Cette distinction entre le réel et l’irréel est également à la base des enseignements ultérieurs de Krishnamurti, même si, par la suite, il n’a plus parlé à son auditoire de « Dieu » ni des enseignements qu’il avait donnés aux théosophes dans son enfance.
Dans le même ordre d’idées, ce chapitre se termine par : « Apprends à discerner le Dieu qui est dans tous les êtres et dans toutes les choses, quelque mauvais qu’ils soient ou qu’ils paraissent être. Tu peux toujours aider ton frère à travers ce que tu as de commun avec lui, c’est-à-dire la Vie divine. Nous faisons tous partie de la vie unique. »
Le détachement. Ce chapitre montre à quel point la plupart des gens sont prisonniers de leurs désirs et s’identifient à eux. Encore une fois, le seul moyen de se libérer de tout désir, qu’il soit physique, émotionnel, ou des désirs apparemment « supérieurs », comme le désir de reconnaissance pour l’aide apportée, est de « te donner au service du monde parce que tu l’aimes et que tu ne peux pas agir autrement ».
Le contrôle du comportement. Ce sujet est beaucoup plus vaste, avec des passages sur la maîtrise de soi (actions et pensée), la tolérance, le contentement, la détermination, la confiance.
La maîtrise de soi implique de cultiver un « esprit calme », insensible aux émotions, pour « affronter sans crainte les épreuves et les difficultés du Sentier… ». Il est demandé à l’élève de se rappeler qu’aucune circonstance extérieure ne doit perturber sa stabilité émotionnelle. Il doit toujours penser aux autres et ne pas succomber à la dépression. Le chemin n’est pas facile.
La tolérance. L’élève est invité à ne pas imposer aux autres ses croyances.
Le contentement. « Accepte ton karma avec un cœur léger même dans l’adversité, et abandonne l’amour des biens matériels. »
La détermination. « Toute œuvre utile et désintéressée est l’œuvre du Maître et tu dois la faire pour lui, de ton mieux. »
La confiance. « Il faut que tu aies confiance en ton Maître et en toi-même ». « Ta volonté doit être en acier trempé si tu veux pénétrer sur le sentier. »
L’Amour. C’est la plus importante des qualités. « L’amour est la volonté de ne faire qu’un avec Dieu… à cause de ton profond amour pour lui. » L’élève doit « éviter avec soin de faire du mal à tout être vivant ; il faut secondement épier toutes les occasions de venir en aide. » « Il y a trois péchés qui font plus de mal que n’importe quoi dans le monde : la médisance, la cruauté et la superstition, parce que ce sont des péchés contre l’amour ». Le traité se termine ainsi : « Volonté, Sagesse et Amour sont les trois aspects du Logos, et vous qui vous êtes enrôlés à son service, votre devoir est de manifester ces aspects dans le monde. »
Ceci est clairement en ligne avec les enseignements de la Sagesse éternelle.
La transformation
En 1922, alors que Krishnamurti dirigeait encore l’Ordre de l’Etoile, comme l’a rapporté sa biographe Mary Lutyens, un événement des plus puissants s’est produit : il a semblé être sous le contrôle d’une conscience différente. Il était comme transformé, parlait d’une manière différente. Son entourage était conscient qu’une énergie puissante rayonnait dans la pièce et que Krishnamurti n’était plus le même. Ils ont compris que Maitreya parlait à travers lui. Krishnamurti lui-même a décrit l’expérience comme une expérience de joie suprême et d’unité avec tout ce qui vit – mais accompagnée d’une grande douleur physique. Il a appelé cela le « processus », qui s’est produit de façon récurrente tout au long de sa vie. Dans sa biographie approfondie, Mary Lutyens, qui a bien connu Krishnamurti, était encline à croire que « le Maître » – le Seigneur Maitreya – était effectivement entré dans le corps de Krishnamurti. Krishnamurti écrivit à Leadbeater : « Je me sens de nouveau en contact avec le Seigneur Maitreya et le Maître et je n’ai rien d’autre à faire que de les servir… le but de ma vie est clair et l’horizon est beau et précis. »
Un événement similaire s’est produit en 1925 lors d’une réunion de l’Ordre de l’Etoile. Krishnamurti a soudainement commencé à parler à la première personne : «… Je viens pour réformer et non pour démolir. Je ne viens pas pour détruire, mais pour construire. » Il a écrit par la suite : « Je suis sûr qu’il reviendra très bientôt. » Benjamin Creme a affirmé que Krishnamurti a été fréquemment adombré par Maitreya tout au long de sa vie et qu’il en était pleinement conscient. En 1927, Krishnamurti a déclaré : « Pour moi, c’est Tout : c’est sri Krishna, c’est le Maître KH, c’est le Seigneur Maitreya, c’est le Bouddha, et pourtant ça dépasse toutes ces formes… Je suis un avec mon Bien-aimé… Vous ne pourrez comprendre le Bien-aimé que lorsque vous le verrez en chaque animal, en chaque brin d’herbe, en chaque personne qui souffre, en chaque individu. »
Ces expériences se sont déroulées avant que Krishnamurti ne dissolve l’Ordre de l’Etoile, lorsqu’il déclara que son rôle désormais serait d’être un enseignant (et non un gourou) pour « libérer l’homme inconditionnellement » de toute autorité. A partir de ce moment, il ne parla plus explicitement des Maîtres ou de Maitreya, mais le « Processus » se poursuivit et, à ses proches, il parlait souvent d’une énergie puissante autour de lui et en lui, qu’ils percevaient également.
Krishnamurti et Maitreya
« Je suis avec vous à chaque instant. » [Message de Maitreya n° 78]
Krishnamurti est mort en 1986, à l’âge de 90 ans. En 1977, Benjamin Creme a annoncé que Maitreya avait réintégré le monde moderne, non pas en adombrant un disciple, mais en utilisant un mayavirupa, à une époque où Krishnamurti enseignait encore dans le monde entier. Si Krishnamurti avait fait savoir que Maitreya était parmi nous, avec la possibilité qu’il se fasse connaître rapidement, aurait-il également parlé des Maîtres ?
Ceci est bien sûr une question hypothétique. Cependant, dans ma folle imagination, j’envisage un autre scénario : Krishnamurti pleinement informé de la présence de Maitreya parmi les hommes, se rend compte qu’après tout ce temps, le moment est venu pour lui de parler ouvertement de son expérience personnelle. A ce moment de l’histoire, le monde a besoin de connaître l’existence des Maîtres. Krishnamurti aurait donc parlé de Maitreya, l’Instructeur mondial, qui l’a si souvent adombré tout au long de sa vie. J’imagine l’impact que cela aurait eu sur de nombreux « élèves » de Krishnamurti. Certains, choqués et consternés, auraient rejeté ses nouveaux propos – mais il aurait tout de même continué à souligner que le dévouement envers un Maître peut nuire au développement d’une personne. Pour d’autres, cette « annonce » aurait été joyeusement libératrice, voyant en elle la dernière pièce du puzzle de sa vie, y trouvant un nouvel espoir, un nouveau but à la vitalité de ses enseignements. Krishnamurti a déclaré que les individus doivent se changer pour changer la société. Aujourd’hui, Maitreya enseigne que, parce que les domaines privé et social/politique sont inextricablement liés spirituellement, notre tâche va maintenant au-delà : travailler en tant que groupe, en tant qu’humanité toute entière, pour transformer notre monde, intérieurement et extérieurement.
Krishnamurti a été un merveilleux enseignant qui a guidé des milliers de personnes vers une plus grande liberté et une plus grande joie. Peut-être que lorsque Maitreya est arrivé dans le monde moderne, il était trop tard pour qu’il change son discours de façon aussi radicale. Son chemin a toujours été très particulier et son message, depuis le jour où il a dissous l’Ordre de l’Etoile, a toujours été le même : l’humanité toute entière est divine.
«… Une seule chose m’importe et elle est essentielle : rendre l’homme libre. […] cherchez en vous-même l’illumination, la gloire, la purification et l’incorruptibilité de soi… » [La dissolution de l’Ordre de l’Etoile, 1929]
Structure de rayons de Krishnamurti : Ame : 2 ; Personnalité : 2 (6) ; Mental : 4 (4) ; Astral : 6 (2) ; Physique : 7 (7). Point d’évolution : 4.0
Références :
The Krishnamurti Archives: kfa.org/the-archives, The Krishnamurti Foundation of America, Ojai, California, E.-U.. Aux Pieds du Maître, J. Krishnamurti, Editions Adyar. Vie et mort de Krishnamurti, Mary Lutyens, Edition Amrita.
1. Voir Bette Stockbauer, Maitreya et Krishnamurti – étude comparative de leurs enseignements, Partage international, mars 1996.
2. La Mission de Maitreya, tome 2.
3. Voir Les Lois de la vie – Enseignements de Maitreya, Partage publication.
Auteur : Phyllis Creme, collaboratrice de Share International qui vit à Londres (Royaume-Uni). Elle était l’épouse de Benjamin Creme.
Thématiques : religions, sagesse éternelle, spiritualité
Rubrique : Divers ()
