Partage international no 363 – novembre 2018
par Doris Kearns Goodwin, historienne
Partout où je vais, les gens s’arrêtent pour demander : « Sommes-nous dans le pire des moments ? » Non, ce n’est pas le cas. L’histoire nous rassure. Imaginez qu’Abraham Lincoln est entré en fonction dans un pays au bord d’une guerre civile qui fera plus de 600 000 morts. Imaginez que Theodore Roosevelt s’est retrouvé au pouvoir au moment où le conflit entre les riches et les pauvres était devenu si intense qu’on parlait beaucoup de révolution. Imaginez que Franklin Roosevelt est devenu président alors que la Grande Dépression paralysait l’économie et l’esprit du pays. Imaginez que Lyndon Johnson est entré en fonction à la suite de l’assassinat de Kennedy, alors qu’un projet de loi sur les droits civiques s’était enlisé au parlement et que les questions raciales agitaient le pays.
Bien que ces quatre dirigeants possédaient des compétences et une force qui leur ont permis de nous sortir de là, le leadership dans une démocratie exige une approche à double sens. A chaque crise, un changement bénéfique est propagé par les citoyens éveillés qui se sont joint à leurs dirigeants dans un but moral. Les mouvements abolitionniste, progressiste, des droits civiques ont jeté les bases d’un changement durable.
Bien que la désunion ne soit pas aussi dramatique, elle est potentiellement préjudiciable. T. Roosevelt a averti que la démocratie sombrerait lorsque les régions, les classes, les races et les partis se considéreraient comme « l’autre » plutôt que comme des citoyens rassemblés pour le bien du pays. Nous devons nous rappeler, comme l’a préconisé F. Roosevelt, que les problèmes peuvent être résolus tant que nous travaillons ensemble vers un but commun.
Et il y a de nombreux signes d’amélioration encourageants – un grand et profond élan d’activisme citoyen, des voix jeunes, un éventail diversifié de nouveaux candidats, dont un nombre record de femmes.
Savoir si le changement que nous cherchons sera positif et inclusif ne dépend pas seulement de nos dirigeants, mais aussi de nous. En tant qu’individus, ce que nous faisons maintenant si nous nous unissons, peut faire toute la différence. Il est temps pour nous de tenir compte de l’appel d’Abraham Lincoln à nous engager ensemble dans « un calme et vaste examen allant bien au-delà des politiques personnelles et partisanes ».
Je crois que le renouvellement de la vision morale et de la raison d’être qui nous ont construits et soutenus dans les temps turbulents du passé peut agir à nouveau.
[Source : cbsnews.com]
par Roxanne Jones, journaliste et reporter
Cessons de blâmer les politiciens pour nos problèmes. Pendant trop longtemps, nous ne les avons pas tenus pour responsables, et nous avons eu peur ou refusé de participer à notre propre démocratie. Selon le Pew Research Center, seulement 56 % des électeurs américains ont pris la peine de voter à la présidentielle de 2016, l’un des plus faibles taux de participation pour une démocratie dans un pays développé. Ce pourcentage diminue considérablement lors des élections de mi-mandat et des élections dans chaque Etat. Nous sommes une nation qui prétend aimer la démocratie, mais nous ne voulons pas faire le travail qu’elle exige de nous.
[Source : cnn.com]
par Dan Rather, journaliste chevronné et auteur de renom
Je ne laisserai pas l’étroitesse d’esprit, les préjugés ou le puritanisme me dire à moi ou à ceux qui se sont levés avec beaucoup plus de courage, que nos voix ne comptent pas. Je ne permettrai pas qu’on obscurcisse, manipule ou tourne en dérision la vérité. Il ne s’agit pas de politique. Il s’agit de décence et des liens communs de l’humanité. Et en fin de compte, je crois que la justice prévaudra une fois de plus et qu’elle renversera la crue élaborée avec les raisins de la colère. Les journalistes sont attaqués. C’est parce que la vérité et la justice sont attaquées. On ne soulignera jamais assez le courage des femmes et des hommes qui refusent de battre en retraite face à la violence et au pouvoir. Leur mort ne peut rester sans réponse.
Etes-vous en colère ou déprimé ? Croyez-vous les femmes et les hommes courageux qui ont révélé les violences sexuelles subies ? VOTEZ, mobilisez les autres à VOTER.
[Source : Facebook, octobre 2018]
par Elena Kagan, juge à la Cour suprême des Etats-Unis
Une partie de la légitimité de la Cour provient du fait que les citoyens considèrent qu’elle est différente des autres structures de gouvernance de ce pays. C’est une chose incroyablement importante que la Cour doit garder – cette réputation d’être juste, d’être impartiale, d’être neutre et de ne pas être simplement une extension du processus et de l’environnement politique extrêmement polarisé dans lequel nous vivons.
[Source : The Washington Post]
Thématiques : politique
Rubrique : Le respect de la loi (« Chaque fois qu’il y a affaiblissement de la loi… et accroissement général du désordre, alors je me manifeste. » (Bhagavad Gita). La promesse de Krishna, l’Avatar, semble particulièrement d’actualité. C’est pour tenir cette promesse que Maitreya, l’Avatar de notre ère, est présent dans le monde à une époque où l’anarchie est si répandue.« Lorsqu’une nation parvient à l’âge adulte, à la maturité, les relations qu’elle établit avec les autres changent du tout au tout. Elle commence à respecter l’autorité de la loi qui unit toutes les nations, les liant dans leurs responsabilités et leurs besoins mutuels. Le développement vers la maturité se signale précisément par un tel respect des lois que les hommes ont estimées nécessaires pour vivre ensemble en paix... Lorsque, parmi les nations, l’on ignore l’autorité de la loi, c’est le monde entier qui en souffre. » (Le Maître — PI, avril 2004) Actuellement, les traités et les résolutions de l’Onu sont méprisés, et les lois nationales et internationales sont bafouées. Dans ce contexte, nous présentons des brèves mettant en exergue la nécessité d’un respect renouvelé de la loi.)
