Partage international no 363 – novembre 2018
Depuis son lancement par des étudiants en 2011, la campagne en faveur du désinvestissement des énergies fossiles est devenue un mouvement financier important mobilisant des centaines de milliards de dollars en faveur de la transition vers une énergie propre. Publié en septembre 2018, le Rapport sur le mouvement de désinvestissement global des énergies fossiles et d’investissement dans les énergies propres) indique que près de mille investisseurs institutionnels détenant 6 240 milliards de dollars d’actifs se sont engagés à se désinvestir des combustibles fossiles, soit une augmentation de 11 900 % par rapport aux 52 milliards de dollars d’il y a seulement quatre ans.
May Boeve, directrice exécutive de l’ONG militante 350.org, a déclaré : « Le désinvestissement des combustibles fossiles est devenu un phénomène mondial. Le mouvement a percé en 2018. […] Alors que nous voyons les effets dévastateurs des changements climatiques dans le monde entier, le public se détourne rapidement des énergies fossiles et il est temps pour les politiciens de suivre. »
En 2018, le mouvement a également connu une nouvelle croissance en dehors des Etats-Unis et de l’Europe, avec des engagements de désinvestissement au Pakistan, en Inde, aux Fidji et au Bangladesh. 350.org et ses partenaires planifient une conférence mondiale sur le désinvestissement en Afrique du Sud en 2019, pour engranger encore plus d’engagements de la part des institutions du Sud.
Selon le rapport, 2018 est l’année de nombreuses « premières » pour le mouvement de désinvestissement :
– Le jour de la publication du rapport, un nouveau forum sur le désinvestissement des villes a été lancé à Londres et à New York, afin de travailler avec d’autres villes du monde entier pour désinvestir des combustibles fossiles et investir dans des solutions climatiques qui favorisent l’emploi local et la résilience.
– En juillet, l’Irlande est devenue la première nation au monde à désinvestir des énergies fossiles. « Je suis heureux que la chambre basse du parlement irlandais ait voté pour devenir le premier pays à se désinvestir officiellement des combustibles fossiles », a déclaré Thomas Pringle, parlementaire indépendant qui a présenté le projet de loi visant à retirer les énergies fossiles du fonds national d’investissement de 8,9 milliards d’euros. « Cela montre que notre nation est prête à penser et à agir au-delà de ses intérêts à court terme ».– Plus tôt dans l’année, le maire de New York, Bill de Blasio, a également annoncé un plan de désinvestissement de la caisse de retraite de New York (un fonds de 189 milliards de dollars) des compagnies de combustibles fossiles d’ici cinq ans. Cette annonce fait suite à des actions similaires menées à Berlin, Paris, Copenhague, la Nouvelle-Zélande et Sydney les années précédentes.
– Les associations de médecins se désinvestissent également : l’American Medical Association, le Royal College of General Practitioners au Royaume-Uni et l’Australian Medical Students’ Association se sont engagés au cours du mois dernier. « Nous sommes très fiers d’avoir récemment annoncé que nous allons nous détourner des combustibles fossiles, a déclaré Alex Farrell, président de l’Australian Medical Students’ Association. Le changement climatique est la plus grande menace pour la santé de ce siècle. En tant que futurs médecins de l’Australie, nous voulons investir dans un avenir sain parce que nous savons que la médecine ne se limite pas à traiter les maladies une fois que nos patients sont déjà malades. Une partie du remède contre le changement climatique est une transition rapide des combustibles fossiles vers une énergie renouvelable propre et bon marché. »
– Les engagements des organisations confessionnelles augmentent avec l’appui du pape François, avec 132 nouveaux engagements depuis 2016.
– Les musées désinvestissent aussi. Ainsi, le Musée canadien d’histoire, le Musée Van Gogh d’Amsterdam et deux musées de La Haye ont accepté d’abandonner cette année le mécénat des entreprises de combustibles fossiles. Ils rejoignent la Tate Gallery, le London Science Museum, l’American Museum of Natural History, le Phipps Conservatory et d’autres avant eux.
Sources : therealnews.com ; 350.org
Thématiques : environnement
Rubrique : S.O.P. — Sauvons notre planète (« Les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade... Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012.)
