Liberté de circuler

Partage international no 361septembre 2018

Le 4 juin 2018, je fis une rencontre inhabituelle dans le train en direction de Berlin. Ce jour-là, je sentais que je devais m’attendre à quelque chose. En novembre 2017, j’avais imploré l’aide de Maitreya, car j’avais du mal à accepter de vivre à l’étranger et de ne pas savoir comment servir au mieux dans un pays où je me sentais souvent isolée.

Je montai dans le train et remarquai quatre sièges se faisant face deux à deux et qui semblaient inoccupés. En m’approchant, je constatai que sur les deux sièges côté fenêtre étaient empilés des sacs plastiques contenant de vieux vêtements. C’était étrange, car personne ne laisse ses affaires sans surveillance dans les trains allemands. Je supposais qu’il s’agissait d’effets personnels. Je m’assis sur l’un des sièges côté allée, curieuse de savoir à qui cela appartenait. Comme le train démarrait, je jetais un œil sur Facebook et vis une photo d’Ursula, la meilleure amie de ma fille, postée par sa mère. En regardant par la fenêtre lors d’un arrêt du train, je remarquais le nom « Schlüter » en gros caractères sur le côté d’un grand bâtiment d’une entreprise industrielle et me demandais si le propriétaire était apparenté à un ouvrier du même nom que je connais.

Environ dix minutes avant le dernier arrêt, une femme âgée, au visage doux, arriva par dernière et se tint debout près de mon siège. Elle me rappela l’actrice anglaise Juli Dench (à l’exception de ses dents en mauvais état). Elle était habillée de la tête aux pieds de pulls superposés avec une robe-pull rose par-dessus, et portait un drôle de béret rose. Il faisait chaud et la façon dont elle était vêtue me surprit. Mais plus étonnant, elle était pieds nus. De toute évidence, elle n’avait pas l’habitude de porter des chaussures et ses pieds semblaient sales et abîmés. Elle déplaça ses affaires pour que je puisse m’asseoir près de la fenêtre et s’installa à côté de moi.

Au cours de la conversation, elle réalisa que ma langue maternelle n’était pas l’allemand et me demanda quelle langue je parlais, alors elle passa facilement à l’anglais. Elle m’expliqua que depuis cinq ans elle voyageait dans les trains allemands pour voir les vraies villes et villages de la région. Elle ajouta : « On ne peut rien voir du monde ni voyager quand on a la responsabilité d’une maison et des obligations. » Je sentis que cela s’adressait à mes propres défis. J’ai pensé à mes attachements et à mes préoccupations, concernant la maison et les biens matériels, qui entravent mon engagement à être un serviteur plus conscient, ou de prendre le temps de partager un message d’espoir avec un public plus large. Elle a également expliqué qu’elle avait eu des valises mais qu’on les lui avait volées, suggérant qu’elle avait rencontré des réactions peu amènes eu égard à son mode de vie, provenant tant du public que des usagers du rail. Mais elle ne semblait pas démontée par de telles expériences. Rien n’indiquait qu’elle s’identifiait à une « sans-abri », son attitude suggérait plutôt qu’elle avait consciemment choisi cette vie et qu’elle était détachée de ce que les gens pouvaient penser d’elle. Lorsque je lui demandai pourquoi elle ne portait pas de chaussures, elle répondit que lorsqu’elle en avait portées, des années auparavant, elles lui avaient causé des ampoules. Elle ajouta qu’elle avait constaté que lorsqu’on est bien couvert de la tête aux chevilles avec des vêtements de laine, on reste au chaud, même pieds nus en hiver.

Comme nous nous apprêtions à descendre du train, je pensai à lui demander son nom. Je fus déconcertée par sa réponse car elle semblait sortir de mes propres pensées : elle répondit que son nom était « Ursula Schlüter ».

Cette rencontre m’a beaucoup inspirée et m’a rappelé que nous faisons tous des choix dans notre vie et que je dois moi-même créer les conditions qui me permettent de mieux servir. Cela me rappela la remarque de Benjamin Creme selon laquelle en tant que disciple on appartient au monde.

E. G., Steyerberg, Allemagne

Allemagne
Date des faits : 4 juin 2018
Thématiques : signes et miracles
Rubrique : Courrier des lecteurs (Cette rubrique est alimentée par une réserve importante de courriers confirmés par le Maître de Benjamin Creme comme relatant de véritables rencontres avec des Maîtres, ou un « porte-parole », non encore publiés. S’y ajoutent d’autres courriers, plus récents, qui n’ont pas pu être vérifiés.)