Partage international no 357 – mai 2018
De plus en plus de villes initient une révolution dans le domaine de l’énergie renouvelable, alors que leur gouvernement national ne veut pas ou ne peut pas agir.
Selon la dernière étude de l’ONG CDP, anciennement Carbon Disclosure Project (Projet de divulgation des émissions carbone), plus de cent villes à travers le monde fonctionnent avec au moins 70 % d’électricité issue de sources renouvelables comme le solaire, le vent, la géothermie ou l’hydroélectricité. Elles n’étaient que 40 en 2015.
Cette liste comprend de grandes villes à forte densité de population comme : Auckland (Nouvelle-Zélande, Nairobi (Kenya), Oslo (Norvège), Seattle (États-Unis), et Vancouver (Canada). Plus impressionnant encore, 43 villes fonctionnent à 100 % grâce aux énergies renouvelables. C’est le cas de Burlington (Vermont), Reykjavik (Islande) et Bâle (Suisse).
Dès 2015, Burlington‑ la plus grande ville du Vermont avec 42 000 habitants ‑ est devenue la première ville américaine à fonctionner entièrement avec de l’électricité renouvelable. Cette ville tire toute son électricité du vent, du solaire, de la biomasse et de l’hydroélectricité. Elle possède même sa propre régie publique d’électricité et son réseau couvre toute la ville.
« Nous avons constaté par nous-mêmes que l’énergie renouvelable stimule notre économie locale et crée un environnement plus sain pour travailler, vivre et élever notre famille, déclare le maire de Burlington, Miro Weinberger. Nous invitons d’autres villes du monde entier à imiter notre démarche innovante car nous tendons tous vers un avenir énergétique plus durable. »
Le CDP regroupe les données énergétiques de plus de 570 villes dans le monde. Sa dernière étude a été publiée avant la conférence du Giec (Groupe d’expert intergouvernemental sur l’évolution du climat) du 5 mars 2018 à Edmonton (Canada), au cours de laquelle des municipalités et des scientifiques se sont réunis pour évoquer le rôle des villes dans la lutte contre le changement climatique.
Aux États-Unis, environ 58 villes, dont de grandes métropoles comme Atlanta et San-Diego, refusent les combustibles fossiles et ont dévoilé leurs projets pour fonctionner exclusivement avec des énergies propres.
Fort de 275 villes qui déclarent désormais utiliser l’hydroélectricité, 189 qui produisent de l’électricité grâce au vent et 184 grâce au photovoltaïque, le CDP escompte que plus de villes dans le monde rejoindront ce mouvement important.
Selon le CDP, l’action des municipalités est largement stimulée par les 7 000 maires qui ont signé le Pacte mondial des maires pour le climat et l’énergie et qui se sont engagés à agir contre le changement climatique.
« Les villes sont responsables de 70 % des émissions de CO2 et elles ont un immense rôle à jouer dans l’instauration d’une économie durable », a déclaré Kyra Appleby, directrice de la section villes au CDP.
Elle conclut : « Nos statistiques sont rassurantes et témoignent de beaucoup d’engagement et d’ambition. Les villes ne se contentent pas de vouloir se convertir aux énergies renouvelables, elles le font. Nous enjoignons toutes les villes à coopérer pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris et à donner la priorité au développement de stratégies ambitieuses d’approvisionnement en énergies renouvelables. Il est grand temps de passer à l’action. »
Thématiques : environnement
Rubrique : Divers ()
