Partage international no 346 – juin 2017
TED est une organisation à but non lucratif consacrée à la diffusion d’idées, habituellement sous la forme de conférences percutantes. Elle a débuté en 1984 par l’organisation de conférences où convergeaient technologie, divertissement et design ; elle couvre aujourd’hui presque tous les sujets – en passant de la science au monde des affaires et aux problèmes mondiaux – dans plus de 100 langues. En avril 2017, David Miliband, ancien ministre britannique des Affaires étrangères et président de l’International Rescue Committee a donné une conférence TED sur le thème suivant : la crise mondiale des réfugiés n’est pas insoluble et constitue en fait un test pour nous en Occident.
Les parents juifs polonais de David Miliband étaient eux-mêmes des réfugiés. Son père, Ralph, a été forcé de fuir de la Belgique durant la Seconde Guerre mondiale. « Si la Grande-Bretagne n’avait pas admis les réfugiés dans les années 1940, je ne serais certainement pas ici aujourd’hui », a-t-il déclaré.
Il a parlé des 65 millions de personnes qui ont quitté leur maison en 2016 suite aux conflits et aux catastrophes – soit 24 personnes chaque minute, assez pour former un pays qui serait le 21e au monde par la taille de sa population. « Ce ne sont pas des gens en déplacement cherchant une vie meilleure : ils fuient pour sauver leur vie, a déclaré D. Miliband. La plupart de ces personnes sont déplacées au sein de leur propre pays d’origine, mais 25 millions ont traversé les frontières et sont devenues des réfugiés qui vivent en Turquie, en Jordanie, au Pakistan, au Kenya ou en Iran. Une personne sur quatre au Liban est un réfugié, un quart de la population. Et la plupart des réfugiés sont déplacés depuis longtemps – la moyenne est de dix ans. »
« Ce sont des défis généraux, à long terme ; cette crise des réfugiés est une vraie tendance, pas une manifestation à court terme. ». Les causes de la crise sont la faiblesse des Etats qui ne peuvent pas assister leur propre population, et les divisions au niveau international. « Les problèmes sont réels, explique-t-il, mais des solutions existent. »
David Miliband a mentionné les pistes suivantes :
1. Les réfugiés doivent être en mesure de travailler. Les aider à trouver du travail doit devenir la norme.
2. L’éducation pour les enfants réfugiés devrait être une ligne de vie, pas un luxe. « Les enfants peuvent rebondir lorsqu’ils reçoivent un soutien social et émotionnel correct, parallèlement à une éducation littéraire et numérique. »
3. Les réfugiés ont besoin d’argent. La plupart des réfugiés se trouvent dans les villes, pas dans des camps, et l’aide financière leur donne une capacité d’action et stimule l’économie locale.
4. Les réfugiés les plus vulnérables doivent avoir la possibilité de commencer une nouvelle vie en Occident. David Miliband déclare : « Ce n’est pas le moment d’interdire l’accès aux réfugiés mais d’accueillir les gens qui sont victimes de la terreur. »
Plus de 100 entreprises de technologie ont assisté à la conférence – y compris Apple, Google, Facebook, Microsoft et Uber. Toutes ont signé un mémoire sur les recours en justice contestant l’interdiction de voyage proposée par le président Trump en janvier 2017. La salle a éclaté en applaudissements lorsque D. Miliband a suggéré que, en plus d’embaucher des réfugiés, de combattre les contre-vérités, et de faire des dons, les participants à la conférence pourraient personnellement s’impliquer en votant « pour les politiciens qui mettront en pratique les solutions dont j’ai parlé ».
« C’est un test pour notre humanité. C’est un test pour nous dans le monde occidental par rapport à ce que nous sommes et à ce que nous défendons. C’est un test pour notre force de caractère. C’est révélateur de nos valeurs. L’empathie et l’altruisme sont deux des fondements de la civilisation. Si nous les mettons en action, cela démontrera notre credo moral fondamental ; si nous ne le faisons pas, cela montrera que nous n’avons aucune boussole morale […]
Je crois que la plus grande question au XXIe siècle concerne notre devoir envers les étrangers. Le monde est plus connecté que jamais, mais le grand danger est que nous sommes affaiblis par nos divisions et il n’y a pas de meilleur test que la manière avec laquelle nous traitons les réfugiés. »
Il conclut : « : « Il s’agit du sauvetage de nous-mêmes et de nos valeurs, ainsi que de leur sauvetage et de leur vie. »
Sources : blog.ted.com ; washingtonpost.com
Thématiques : Société
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)
