Partage international no 335 – juillet 2016
Le samedi 21 mai 2016, des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans de nombreuses villes du monde pour protester contre Monsanto, le géant américain de la bio-ingénierie, et ses semences et ses pesticides génétiquement modifiés (OGM). Les protestations ont réussi à enrailler les négociations controversées pour le renouvellement des autorisations du désherbant Roundup de Monsanto, en Europe et aux Etats-Unis. Le Roundup contient du glyphosate, herbicide cancérigène jouant un rôle essentiel pour l’expansion des cultures génétiquement modifiées, déjà interdit dans le monde entier pour des raisons de sécurité. Le 6juin 2016 , le Parlement européen a refusé de renouveler la licence, interdisant effectivement l’utilisation de glyphosate pendant 18 mois, période pendant laquelle de nouveaux éléments de preuve scientifique pourront être apportés, pour ou contre.
La troisième marche annuelle « Contre Monsanto »a été organisée dans près de 400 villes, dont Francfort, Londres, Le Cap, et dans plus de 40 pays des Amériques à l’Afrique et l’Europe. Au Burkina Faso, près de 500 personnes ont défilé dans la capitale Ouagadougou – le coton OGM y a été introduit en 2003. Des manifestations ont eu lieu dans les villes suisses de Bâle et Morges, où Monsanto a son siège pour l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient. Environ 3 000 manifestants se sont rassemblés à Paris, pour protester contre le Roundup. Près de 1 000 militants anti-Monsanto se sont rassemblés devant le Parlement européen à Strasbourg pour mettre en scène une minute de silence « en hommage aux victimes actuelles et à venir empoisonnées par les pesticides ». Environ 500 manifestants se sont rassemblés à Los Angeles en chantant « Hell no, GMO ! » (Non à l’enfer, stop aux OGM). Et on lisait sur une pancarte tenue par une jeune fille dans une poussette : « Je ne suis pas une expérience scientifique. » Une manifestante, Megan Cliburn, a déclaré : « Nous devrions savoir ce que contient la nourriture que nous mangeons ; ce que nous mettons dans notre corps. » Sur d’autres pancartes on pouvait lire : « Personne ne doit posséder de brevets sur Mère Nature » et « Arrêtez de faire du profit sur les gens ». A Rio de Janeiro, les manifestants ont accusé Monsanto de « bioterrorisme »et à Santiago du Chili, près de 1 000 personnes ont demandé le retrait de Monsanto du pays et l’arrêt de la production d’aliments OGM. « Nous ne voulons pas d’OGM dans nos assiettes », a déclaré Ivan Santandreu, président du mouvement Chile sin Transgenicos (Chili sans OGM).
Cette marche annuelle s’est déroulée alors que des allégations de collusion et de manipulations des procédures réglementaires entourent le désherbant Roundup et les cultures OGM en Europe et aux Etats-Unis. La campagne Marche contre Monsanto est un mouvement populaire organisé, initié aux Etats-Unis en 2013 pour « reprendre la main sur l’approvisionnement alimentaire ». L’Agence internationale de recherche sur le cancer (CIRC), à Lyon (France), a montré que le glyphosate provoquait des cancers chez des rats et des souris de laboratoire. Des études menées aux Etats-Unis ont systématiquement identifié une contamination au glyphosate chez l’homme, notamment dans le lait maternel des mères allaitantes. Les manifestants ont exigé un moratoire de dix ans sur la plantation de semences OGM Monsanto afin que des « recherches indépendantes »puissent être réalisées sur les effets secondaires à long terme de cette technologie.
Date des faits : 21 mai 2016
Sources : commondreams.org ; theguardian.com
Thématiques : environnement
Rubrique : La voix des peuples (Cette rubrique est consacrée à une force en plein développement dans le monde. La voix du peuple ne cessera de s’amplifier jusqu’à ce que, guidés par la sagesse de Maitreya, les peuples conduisent leurs gouvernements à créer une société juste dans laquelle seront respectés les droits et les besoins de tous.)
