Les pays en développement favorisent les énergies renouvelables

Partage international no 335juillet 2016

par Deirdre Fulton

2015 aura été une année florissante pour les énergies renouvelables. Elle a connu une chute du prix des carburants et s’est terminée par la signature à Paris d’un accord historique sur le changement climatique.

Le Rapport sur le statut mondial des énergies renouvelables, émis par REN21 (Réseau mondial pour la promotion des énergies renouvelables), hébergé par le Programme environnemental des Nations unies (Pnue), basé à Paris, indique que les sommes investies en 2015 dans les énergies renouvelables comme l’éolien et le solaire étaient plus de deux fois supérieures à celles investies dans de nouvelles centrales au gaz ou au charbon.

Pour 2015, l’augmentation des capacités de production d’énergie par les renouvelables est estimée à 147 gigawatts (un record), alors que le chauffage par énergie renouvelable et la production des biocarburants ont également augmenté. Selon le rapport, l’augmentation à l’échelle mondiale de la capacité de production par les renouvelables est supérieure à celle de tous les carburants fossiles combinés. Le secteur des énergies renouvelables offrait 8,1 millions d’emplois directs ou indirects en 2015.

« Ces résultats sont d’autant plus remarquables qu’ils concernent une période où les prix des carburants fossiles étaient au plus bas et alors que les politiques publiques désavantagent encore largement les renouvelables, explique Christine Lins, secrétaire exécutive de REN21. Pour chaque dollar investi afin de stimuler les énergies renouvelables, presque quatre dollars étaient dépensés pour maintenir notre dépendance aux carburants fossiles. »

Fait remarquable, en 2015 les investissements des pays en développement dans les énergies renouvelables étaient pour la première fois supérieurs à ceux des pays plus riches – 156 milliards de dollars (en augmentation de 19 % par rapport à 2014), dépassant ceux de tous les pays plus riches réunis.

« Les nations optent pour les énergies renouvelables non seulement parce qu’elles sont les moins polluantes, mais aussi parce qu’elles sont les moins chères, déclare C. Lins. C’est un signal clair en ce qui concerne sa viabilité économique. »

D’autre part, Bloomberg note que l’Europe « est en train de perdre son statut de leader mondial dans le secteur des énergies propres avec des investissements qui ont chuté de 21 % l’année dernière. »Dans l’ensemble des pays développés, les investissements dans les énergies renouvelables se sont réduits de 8 % en 2015.

Toutefois aux Etats-Unis, les investissements dans les énergies renouvelables ont augmenté de 19 % pour atteindre les 44,1 milliards de dollars, la plus grande augmentation dans ce pays depuis 2011.

Selon le rapport, les pays en développement ouvrent la voie en ce qui concerne les petites centrales de production d’énergie.

Selon REN21 : « Dans l’ensemble, la production d’électricité renouvelable continue à être dominée par les grands générateurs (à l’échelle du mégawatt ou plus) dont les propriétaires sont des institutions ou de gros investisseurs. »

Toutefois, le rapport montre « qu’en même temps, le marché des petits générateurs distribués en réseau décollent, ou commencent à le faire. C‘est au Bangladesh que se trouve le plus grand marché mondial pour les systèmes solaires domestiques, et d’autres pays en développement (comme le Kenya, l’Ouganda, la Tanzanie, la Chine, l’Inde, le Népal, le Brésil ou la Guyane) voient l’expansion rapide de petits systèmes à énergie renouvelable, et même de mini réseaux qui produisent de l’électricité pour des personnes éloignées des grands réseaux de distribution. Les régions développées comme l’Australie, l’Europe, le Japon et l’Amérique du Nord ont vu le nombre des clients consommateurs d’électricité résidentiels ou industriels produisant leur propre énergie croître de manière significative. »

En réponse à ce rapport, le militant des Amis de la Terre britannique, Andrew Pendleton, a déclaré à The Independent : « Le fait que la Grande-Bretagne soit dépassée par beaucoup d’autres pays industrialisés et en développement dans la course aux énergies renouvelables devrait lui faire honte alors qu’en tant qu’île venteuse, nous sommes vraiment avantagés.

Si la Grande-Bretagne avec ses ressources naturelles presque sans équivalent, n’est pas le bon endroit pour investir dans les énergies renouvelables, alors où faudrait-il le faire ? Si maintenant n’est pas le bon moment, alors quand ? Les gouvernements doivent créer un climat favorable aux investissements et il est clair que le nôtre ne le fait pas. »

Auteur : Deirdre Fulton, membre de l’équipe de rédaction de Common Dreams.
Sources : Common Dreams
Thématiques : environnement
Rubrique : Divers ()