Partage international no 308 – avril 2014
Au cours des dernières années, des baleines sont mortes de malnutrition, de maladies de l’estomac et d’obstruction intestinale en raison du fait qu’elles avaient avalé plusieurs kilos de sacs en plastique, du matériel de pêche et des bâches utilisées dans les serres pour cultiver des produits en vente dans nos supermarchés. Différentes espèces de baleines telles que les baleines grises, les baleines de Cuvier et celles à bec de Gervais confondent nos déchets de plastique avec leurs proies, comme les calmars. Les tortues de mer prennent les sacs en plastique pour des méduses et des milliers de poussins d’albatros sur l’atoll de Midway meurent chaque année parce qu’ils sont nourris avec un régime de déchets en plastique que leurs parents prennent pour de la nourriture. Plus d’un million d’oiseaux et 100 000 mammifères marins meurent chaque année à cause de nos déchets de plastique soit après en avoir ingéré, soit se laissant lentement étouffer par ceux-ci. On estime que depuis les années 1970, environ six millions de tonnes de déchets sont déversés dans les océans de la planète chaque année ; ces déchets sont constitués à 80 % de plastiques.
Lors de fortes pluies et d’inondations, les déchets provenant de décharges peuvent être emportés par les cours d’eau jusqu’à la mer. Il faut aussi y ajouter les déchets provenant de la navigation maritime.
Les combustibles fossiles sont utilisés pour fabriquer des plastiques qui ne sont pas biodégradables mais se décomposent plutôt sous l’effet de la lumière en une multitude de morceaux microscopiques. Des particules de plastique colorées et microscopiques ont été retrouvées sur toutes les plages du monde. Les polymères qui composent le plastique conservent leur structure moléculaire intrinsèque, ce qui empêche toute dégradation ultérieure. Ces petits morceaux existent dans toute la colonne d’eau, depuis la surface de l’océan jusqu’au fond de la mer et on en trouve dans chaque mètre cube d’eau de mer. A l’heure actuelle, on estime que la mer Méditerranée contient plus de trois millions de tonnes de déchets en plastique et les océans de la planète plus de 200 millions de tonnes. Chaque personne dans le monde développé jette en moyenne 726 kg de déchets plastiques chaque année selon l’Agence américaine de protection de l’environnement.
Les produits chimiques ajoutés aux plastiques polymères pour permettre de les mouler sont des perturbateurs endocriniens et certains additifs sont cancérigènes. Ceux-ci migrent hors du plastique lorsqu’ils sont exposés à différentes températures et différentes solutions dans l’environnement naturel ; ils se retrouvent ainsi à l’intérieur de tous les êtres vivants qui les ingèrent, entraînant une contamination tout le long de la chaîne alimentaire. On a retrouvé des concentrations de phtalates et de bisphénol A dans le sang de 100 % des personnes qui ont participé à une étude américaine.
Beth Terry, d’Oakland, en Californie, a lu un article il y a six ans qui montrait la photo d’un poussin albatros mort rempli avec le type d’articles en plastique dont elle se servait tous les jours. Elle a décidé de renoncer à la consommation de produits en plastique autant que possible. Cela impliquait une remise en question systématique de ses achats quotidiens.
Il en est résulté une nouvelle approche avec un grand impact sur le plan personnel et philosophique afin de ne plus nuire à soi-même, aux autres et à l’environnement, afin de protéger notre santé, de soutenir les petites entreprises éthiques plutôt que les multinationales, de développer notre ingéniosité et notre autonomie, d’emprunter ou de partager plutôt que d’acheter de nouveaux produits en matière plastique et d’examiner nos valeurs et l’importance que nous accordons à certaines choses dans la vie.
B. Terry tente de travailler dans le sens d’un changement systémique, y compris par des mesures législatives contre les entreprises qui ne sont pas jusqu’à présent obligées de mentionner les composés chimiques utilisés dans les produits en plastique. Elle a ainsi été choquée de découvrir que les sacs plastiques alimentaires contiennent des produits chimiques antibactériens sans que le public en ait connaissance. En résumé, elle a pris conscience du fait que les choses qui font son bonheur n’arrivent pas enveloppées dans du plastique et qu’une seule personne peut faire la différence parce que la moindre contribution à l’élimination de plastique compte.
B. Terry est maintenant écrivain, elle milite pour sensibiliser au changement vers un mode de vie plus simple et plus sain pour tout le monde.
Sources : Mermaid’s Tears, Oceans of Plastic, documentaire réalisé par Sandrine Feydel en 2009 ; Beth Terry, Plastic free, Skyhorse Publishing, E.-U., 2012 ; oceancrusaders.org
Thématiques : environnement
Rubrique : S.O.P. — Sauvons notre planète (« Les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade... Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012.)
