Partage international no 275 – juillet 2011
Le 9 mai 2011, à l’occasion d’une conférence tenue à Abou Dhabi, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) a publié un rapport montrant que les énergies renouvelables permettront de répondre à la plupart des besoins d’ici 2050, et qu’elles joueront un rôle clé dans l’atténuation des changements climatiques.
Le rapport indique : « Près de 80 % de l’approvisionnement énergétique du monde pourrait être satisfait par des sources renouvelables d’ici la mi-siècle, moyennant la mise en place de politiques appropriées »
Plus de 120 chercheurs qui travaillent avec le Giec ont établi que la croissance de l’énergie provenant de sources renouvelables permettrait des économies cumulées de gaz à effet de serre équivalant à 220 à 560 gigatonnes de dioxyde de carbone entre 2010 et 2050. Cela pourrait s’avérer être essentiel dans le maintien de la concentration des gaz à effet de serre à environ 450 parties par million et devrait contribuer à limiter l’augmentation de la température mondiale en dessous de 2° Celsius ‑ objectif retenu par la Convention des Nations unies sur le climat lors des accords de Cancun.
Le rapport constate que malgré le marasme financier mondial, la quantité d’énergie produite à partir de sources renouvelables a augmenté en 2009 ‑ l’éolien de plus de 30 %, l’hydroélectrique de 3 %, le photovoltaïque de plus de 50 %, le géothermique de 4 % et le solaire thermique de plus de 20 %. Il estime que la production d’énergie renouvelable va continuer à croître et qu’elle contribuera davantage à la réduction de l’utilisation des énergies carbonées que le nucléaire ou les combustibles fossiles lorsqu’ils sont combinés avec un processus de capture et de stockage du carbone. Le rapport souligne les avantages d’exploiter ce potentiel illimité. Déjà avec seulement 2,5 % des ressources renouvelables techniquement exploitables, nous pourrions satisfaire jusqu’à 80 % de la demande mondiale en énergie de l’avenir. Ces énergies seront également cruciales pour répondre aux besoins croissants des pays en développement, où deux milliards de personnes ne disposent pas d’un minimum d’accès à l’énergie.
Commentant le rapport du Giec, Greenpeace, qui fait depuis longtemps campagne contre l’utilisation de la fission nucléaire et pour les énergies renouvelables, a déclaré que « la question de l’énergie est sur la table et le message est clair. Les gouvernements doivent cesser de traîner les pieds ; l’heure est venue de relever le défi : l’énergie renouvelable doit être placée au centre, et de nouvelles stratégies mises en place pour lui permettre de croître. Mais même dans le cas d’une absence d’engagement au niveau politique, le rapport montre que les énergies renouvelables vont continuer à se développer. Il semble que la révolution des énergies propres soit incontournable. Les énergies solaires, éoliennes et hydrauliques dépassent déjà la production de l’industrie nucléaire dans le monde, même si les tentatives de relancer le nucléaire cherchent à faire croire le contraire. Le rapport du Giec montre que le secteur des énergies renouvelables dans son ensemble est six fois plus grand que celui de l’énergie nucléaire, et va continuer à croître rapidement. C’est un défi de changer le statu quo ‑ même quand l’alternative est propre, sûre et durable étant donné les énormes subventions et la puissance de lobbying en faveur des combustibles fossiles et nucléaires. La bonne nouvelle, c’est que les investissements dans les énergies renouvelables dépassent maintenant ceux effectués dans les combustibles fossiles et nucléaires.»
Date des faits : 9 mai 2011
Sources : Giec, Greenpeace
Thématiques : environnement
Rubrique : Tendances (Dans le monde actuel s’affirme une tendance de plus en plus prononcée à la synthèse, au partage, à la coopération, à de nouvelles approches et avancées technologiques pour la sauvegarde de la planète et le bien-être de l’humanité. Cette rubrique présente des événements et courants de pensée révélateurs d’une telle évolution.)
