Le déclin du fondamentalisme

Partage international no 26octobre 1990

par Le Maître –

par l’entremise de Benjamin Creme

Chaque fois que les hommes sentent venir l’assaut du changement, ils ont tendance à se replier sur eux-mêmes, à faire un retour aux origines, à rétablir et à renforcer les liens avec le passé. Il en est ainsi aujourd’hui où, dans tous les domaines – religieux, politique et économique –, les hommes ressentent l’impact des énergies qui mettent en question leurs principes et leurs préjugés et menacent le mode de vie auquel ils sont attachés. Le fondamentalisme a atteint son apogée dans ces trois domaines, mais il est désormais condamné à un déclin inéluctable.

Cela s’observe déjà dans l’affaiblissement de l’idéologie communiste, particulièrement en Europe de l’Est et en Union soviétique ; dans l’érosion progressive, à l’échelle mondiale, de la théorie et de la pratique capitaliste classiques ; et, sur le plan religieux, dans l’affaiblissement de l’autorité et du prestige de l’Eglise catholique romaine comme des autres branches du christianisme. Seuls les mouvements évangélistes en Occident et les différentes branches de l’Islam en Orient ont conservé leur pouvoir magnétique sur les masses.

Pour le monde dans son ensemble, c’est une évolution particulièrement bienvenue, qui indique clairement que les attitudes dogmatiques du passé sont périmées et que l’émergence de nouvelles formes est imminente. Pendant un certain temps encore, le fondamentalisme militant continuera d’influer sur les décisions des gouvernements, particulièrement au Moyen-Orient. Mais, progressivement, une approche plus pragmatique des problèmes l’emportera, et l’influence des mollahs déclinera. Les peuples eux-mêmes exigeront des réformes qui, inévitablement, saperont l’autorité du canon religieux et affaibliront le pouvoir des prêtres. Le moment n’est pas encore venu, mais il ne saurait tarder.

Un nouvel esprit alliant bon sens, pragmatisme et mesure fera alors son apparition dans les affaires des nations jusqu’ici prisonnières d’une idéologie dogmatique généralement sans rapport avec le monde réel. Un nouvel esprit de compromis, d’entreprise et de bonne volonté triomphera de l’isolationnisme du passé, et un nouveau chapitre s’écrira dans les annales de ces peuples anciens et de leurs cultures.

La guerre sainte

A l’époque actuelle, il semblerait que des nations entières soient prises dans le mirage de la « guerre sainte » et que de nombreuses factions embrassent et soutiennent cette cause. Mais les dirigeants plus sages ne manquent pas de soutien, et les réalités d’un monde moderne interdépendant feront triompher la raison et conduiront finalement à une paix durable, une paix dans la dignité pour tous les peuples concernés.

Cette traduction est celle publiée dans l’ouvrage Un Maître parle (Partage Publication, 2007), et non celle figurant originellement dans la revue Partage international.

Auteur : Le Maître –, l’un des membres les plus éminents de la Hiérarchie des Maîtres de Sagesse. Pour diverses raisons, son identité n’est pas révélée. Benjamin Creme était en contact télépathique permanent avec ce Maître qui lui dictait ses articles.
Thématiques : politique, religions, Économie
Rubrique : Articles du Maître — ()