Nous publions ci-dessous la transcription des questions-réponses qui ont suivi la conférence de Benjamin Creme, au Japon, en mai 1999.
La réponse du cœur de préférence à celle du mental
Q. Vous affirmez que le mental essaie de tout justifier alors que le cœur dit la vérité, que la réponse venant du cœur est toujours juste et que nous pouvons nous y fier. Comment faire la différence entre ce qui vient du cœur et ce qui vient du mental ?
R. Vous savez où se trouve votre cœur. Le mental travaille par l’intermédiaire du cerveau et vous pouvez savoir si votre réponse vient du cœur ou du cerveau car le cerveau trouve des justifications alors que le cœur fait preuve d’intuition. Si vous voulez savoir ce que dit votre cœur, fixez votre attention sur le centre du cœur au côté droit de votre poitrine (pas le cœur physique), qui est le siège de l’âme dans le corps. Si vous y trouvez une réponse, vous saurez alors ce qui est juste et ce qui ne l’est pas.
Si votre expérience vient du plexus solaire, elle n’est pas plus digne de confiance que si elle vient du cerveau. Vous pouvez toujours faire la différence (une fois que vous l’avez reconnue) entre la réaction astrale/émotionnelle venant du plexus solaire et la réaction venant du cœur. Ce sont deux sensations distinctes. Si la réaction vient du plexus solaire, reconnaissez-la pour telle et n’en tenez pas compte. Si vous parvenez à une réponse venant du cerveau par déduction, en examinant le pour et le contre, la réponse peut être juste ou non. Si la réponse vient du cœur vous pouvez vous y fier. Vous aurez l’intuition de ce que vous devez faire ou ne pas faire.
Vous vous rendrez compte à chaque fois que, du point de vue de la personnalité, la réaction du cœur est complètement impersonnelle, objective. Elle ne tient pas compte de vos préférences. Elle est altruiste, dépourvue de critique. Si la critique, les différences de la personnalité, ses préférences et ses aversions, entrent en jeu, vous pouvez être certain que la réponse ne vient pas du cœur. Si elle vient du cœur, vous avez une intuition claire et précise de ce que vous devez faire, même si parfois c’est difficile. Lorsque la réponse va à l’encontre de l’inclination naturelle de la personnalité, et qu’il s’agit d’une intention claire d’action juste, vous pouvez vous y fier. S’il s’agit, par exemple, de faire quelque chose pour le bien du monde, de la société, ou du groupe, même si c’est déplaisant pour vous d’un point de vue personnel, il est alors probable que la réponse vienne du cœur plutôt que du mental.
L’âme, agissant par l’intermédiaire du cœur, n’essaie pas de rendre la personnalité masochiste, mais très souvent ses intentions et ses impulsions sont en désaccord avec les préférences et les aversions de celle-ci. Vous vous rendrez compte que les suggestions du cœur sont toujours impersonnelles, objectives et n’ont rien à voir avec vos préférences personnelles.
Q. Je crois comprendre que le mirage est comme un brouillard sur le plan astral. Quelle relation existe-t-il entre le mirage et le mental ? Vous parlez également de l’honnêteté du mental. Quel lien existe-t-il entre tout cela ?
R. Le problème de la plupart des gens, c’est qu’ils ne font pas preuve d’honnêteté mentale. Ils pensent une chose, en disent une autre, et en font encore une autre. Aussi comment se fier au mental ? On peut seulement lui faire confiance lorsqu’il fait preuve d’honnêteté. L’honnêteté du cœur existe toujours, mais la personne peut la reconnaître ou non. C’est pourquoi les gens essaient de résoudre leurs problèmes à partir du mental. Mais celui-ci travaille par l’intermédiaire du cerveau, et la personne n’a pas une idée claire de ce qu’elle veut faire, ni de ce qu’elle pense vraiment, car l’honnêteté mentale lui fait défaut. Et dans ce cas, il n’existe aucune continuité à laquelle elle puisse se fier.
Lorsque le mental est honnête, il peut refléter la lumière de l’âme. Celle-ci utilise le corps mental pour nous montrer la réalité que nous cachent les différentes formes de mirage. Ceci nous permet de voir avec davantage de clarté les problèmes causés par le mirage et mène, finalement, à la polarisation mentale. Il se produit un déplacement de la conscience de l’individu de la polarisation astrale vers la polarisation mentale et, en temps voulu, vers la polarisation spirituelle. Tel est le but.
Q. L’honnêteté du mental et la conscience du cœur sont-elles identiques ?
R. Non. Ce sont deux approches différentes de la réalité. Le mental, bien sûr, est conscient. C’est à travers lui que l’âme voit les réactions du corps astral et jette un éclairage sur les mirages du plan astral. Mais si vous ne faites pas preuve d’honnêteté mentale, vous ne regardez pas les réactions astrales objectivement. Vous les regardez d’une manière partiale, ce qui vous permet d’être satisfait de vous-même. C’est de l’aveuglement.
Q. La conscience du cœur mène-t-elle à la dissipation du mirage ?
R. L’honnêteté du mental et la conscience du cœur mènent à la dissipation du mirage. Tout ce qui vous rend plus détaché, ce qui est le cas de ces deux fonctions, dissipe le mirage. Mirage et détachement sont deux choses opposées.
La discipline de groupe
Q. Vous avez parlé de la nécessité de maîtriser la parole, d’employer les mots justes au bon endroit et au bon moment. J’ai beaucoup réfléchi à tout cela. S’agissait-il dans votre esprit de contrôler nos paroles ou nos pensées ?
R. Ce que j’ai voulu dire sur la maîtrise de la parole était centré sur la question du mirage et la nécessité pour les groupes d’éviter la critique et le bavardage. Contrôler ses paroles, c’est-à-dire se surveiller afin d’éviter tout bavardage inutile. Veiller à ne pas parler des autres, en particulier derrière leur dos, ne pas inventer d’histoires concernant d’autres personnes ou en écouter. En d’autres termes, le bavardage devrait être totalement banni de l’activité de groupe.
Si l’on dit qu’il ne devrait pas y avoir de critiques, les gens pensent avoir compris. La critique est dure et ils comprennent qu’ils ne doivent pas s’y livrer (même s’ils le font). Mais le commérage, même dénué de malveillance ou de critique grave, est très dangereux car il est insidieux. Il détruit la relation de confiance entre les membres du groupe. Dans tous les groupes il y a des commérages, graves ou de peu d’importance. Il y a des gens qui sont toujours prêts à apporter la dernière information. Ce sont généralement des personnes de peu d’utilité pour le groupe. Elles se contentent de transmettre les dernières nouvelles. C’est très dangereux car cela détruit la confiance. Cela mène à la création de petits groupes de gens qui ne travaillent pas avec le groupe mais entre eux. Cela crée une tendance séparatiste grave qui finalement détruit ou empêche la cohésion du groupe.
Le mirage est une chose que tous les groupes doivent affronter. C’est tellement vrai que le Maître Djwhal Khul a écrit tout un ouvrage sur le mirage : le Mirage : un problème mondial (Lucis Trust). C’est le problème majeur. Il est à l’arrière plan de tous les maux et toutes les souffrances. La meilleure chose que vous puissiez faire pour le monde, c’est d’élever votre conscience au niveau du plan mental, devenir polarisé sur ce plan, et ainsi clarifier quelque peu le brouillard général du mirage.
Le mirage de groupe est le résultat du mirage individuel. Nous avons affaire à des groupes, aussi est-il préférable de traiter du mirage dans le sens où il affecte le groupe. Ne vous imaginez pas qu’aujourd’hui, demain, au cours de ce week-end, nous aurons résolu les problèmes du mirage de groupe. Ils sont sans fin et ne seront pas résolus au cours de ce siècle. Il ne nous reste plus que quelques mois d’ici la fin du siècle (mai 1999), mais nous pouvons commencer.
L’un des facteurs les plus importants pour vaincre le mirage est l’honnêteté, être capable d’utiliser le plan mental d’une manière honnête, afin de parvenir à l’honnêteté du mental. Si vous êtes victime d’un mirage et si vous refusez de le regarder honnêtement, vous ne vous en débarrasserez jamais. Mais si vous le regardez honnêtement, à partir du plan mental, il disparaît de lui-même. Lorsque vous en devenez conscient, le mirage disparaît.
Le mirage, c’est l’obscurité, le manque de lumière. C’est la source de toute ignorance. Nous sommes supposés nous diriger de l’obscurité vers la lumière, de l’ignorance vers la sagesse. C’est pourquoi il est d’une importance fondamentale que chaque disciple qui commence à fouler le sentier s’attaque à ses mirages, simplement, honnêtement, sans jugement ni auto-condamnation. Il s’agit simplement de se voir de manière objective.
Q. J’ai beaucoup réfléchi au problème de la critique. Lorsque je me vois en train de critiquer le travail de quelqu’un d’autre, je me rends compte de ce que je fais. Mais n’est-il pas préférable de m’exprimer de manière critique plutôt que de dire quelque chose qui ne serait pas honnête ? Comment faire si je veux être honnête avec moi-même ?
R. L’honnêteté est une grande qualité, mais elle ne devrait pas être pratiquée d’une façon telle qu’elle puisse détruire ou causer du tort. Lorsque vous êtes honnête, vous l’êtes seulement par rapport à vos propres paramètres, votre propre compréhension de la vérité, qui, admettons-le, est relativement limitée. Si vous sentez que vous devez critiquer les activités ou le travail de quelqu’un d’autre, vous devriez le faire seulement dans un esprit de clarification, de critique constructive et non pas destructrice. Mais vous devez vous poser la question suivante : « Ai-je le droit, de la position où je me trouve, d’émettre cette critique constructive ? Qui suis-je pour imposer à cette personne mon point de vue sur ce qu’elle devrait faire ou ne pas faire ? »
Par exemple, à l’occasion de toutes mes conférences, des gens viennent vers moi avec des livres. Environ 99,99 % de ces ouvrages sont des communications émanant des plans astraux, si ce n’est du propre subconscient de l’auteur. Lorsque je vois le livre, je sais de quel niveau il vient. Ce n’est jamais des Maîtres, même si la personne en est persuadée. Si la personne vient vers moi en disant : « Ce livre vient des Maîtres. Voulez-vous le prendre ? », je l’accepte, puis généralement je le donne à quelqu’un d’autre. Mais si l’on me demande de quel niveau il provient, je le prends dans la main et je peux dire s’il vient du plan astral. Il s’agit généralement du cinquième, parfois du sixième plan astral, jamais des Maîtres. Je dis qu’il vient du cinquième plan astral. On me croit ou non. Mais si quelqu’un me pose la question écrite : « Que pensez-vous de tel ouvrage écrit par telle personne ? », je ne réponds pas à la question car il s’agirait simplement d’une critique, pas d’une critique constructive. C’est là que l’honnêteté entre en jeu. Si l’on me pose une question directe, je suis honnête et je dis que l’ouvrage vient de tel ou tel plan. Si l’on ne me demande rien, je ne dis rien. Je ne brandis pas le livre en disant : « Ecoutez tous. Ce livre vient du cinquième plan astral. Evitez de le lire. Il ne vaut rien. C’est un tissu d’absurdités. » Il s’agirait simplement de critique négative. Ce n’est pas mon rôle de rendre de tels jugements en public.
Vous devez savoir quelle est votre position avant d’émettre une critique. Avez-vous le droit de le faire ? Est-ce qu’on vous demande votre avis ? Ou jouez-vous au professeur ? Personne n’est parfait, sinon nous serions tous des Maîtres. Je suis certain que vous êtes meilleur que les autres dans un certain domaine et que les autres sont meilleurs que vous dans d’autres domaines. Donc qui a le droit de critiquer ?
Par contre, si le Titien, Rembrandt ou Léonard de Vinci venaient critiquer mes peintures, j’en serais très heureux. Je serais ravi d’avoir leurs critiques car je respecterais le niveau d’où ils viendraient me critiquer. Mais si un professeur du club artistique local venait critiquer ma peinture, je dirais : « Qu’est-ce qu’il y connaît ? » C’est une question de bon sens. La plupart des choses sont une question de bons sens. Presque tous les problèmes liés au mirage relèvent du bon sens.
La plupart des membres des différents groupes sont si idéalistes que la simple idée qu’ils puissent critiquer autrui ne leur vient pas à l’esprit. « Moi, critiquer les autres ? Oh non, j’ai une très haute opinion du groupe. » Tout le monde a cette vision idéaliste, mais c’est de l’aveuglement. Les gens ne mettent pas leurs idéaux en pratique et ne s’en rendent pas compte. Il disent : « Je n’aime pas une telle. Elle critique trop les autres », sans réaliser qu’ils font la même chose. Généralement ce que vous aimez le moins chez les autres, leurs traits de caractère qui vous déplaisent le plus sont ceux qui sont les plus marqués chez vous. La personne dans le groupe qui pense que tout le monde lui en veut, que personne ne l’aime, est celle qui en veut à tout le monde, qui n’aime personne, qui ne peut travailler avec les autres, ni voir ce qu’il y a de bon en eux. Tel est le problème.
Ce qu’il ne faut jamais oublier, c’est que tous ceux qui participent à ce travail le font pour la meilleure raison qui soit, parce que leur âme leur a dit que tout ceci est réel et qu’ils devraient s’y impliquer. Chacun a les meilleures intentions. Chacun veut bien faire, même s’il n’y parvient pas nécessairement. Vous devez donc vous montrer plus tolérants. Lorsque vous êtes tolérants, les critiques diminuent.
Q. D’après vous la tolérance est nécessaire. Mais si cette qualité nous fait défaut, que faire ? Dois-je renvoyer vers moi ce que je vois chez les autres, sans y attacher d’importance, en considérant que ce sont mes propres mirages ?
R. Il se peut que ce ne soit pas vos propres mirages. Il faut vous montrer aussi objectif que possible. Si la tolérance est une qualité qui vous fait défaut, vous devez l’acquérir. Si vous n’avez pas d’argent, vous devez en gagner ou en emprunter, en obtenir d’une manière ou d’une autre. Si c’est la tolérance qui vous manque, vous pouvez l’acquérir ou non. Cela dépend de vous. Ce n’est pas une chose que quelqu’un d’autre peut vous donner. Cela doit venir de vous-même, de votre vision du monde. Si vous constatez que vous êtes dépourvu d’une qualité, vous devez essayer de l’acquérir progressivement. Cela exige une observation de soi. Sans porter de jugement, vous devriez prendre conscience de vos motivations. Etes-vous aussi pur, juste, tolérant et généreux que vous aimeriez que les autres le soient ?
La flexibilité
Q. Comment faire la distinction entre la flexibilité dans le travail et la manipulation ?
R. Travailler sans passion, de manière objective et en faisant preuve de flexibilité aidera le travail du groupe, et les choses seront claires ; il existera une méthode évidente de travail acceptée par l’ensemble du groupe. La manipulation dans le travail est la tentative faite par certaines personnes d’imposer une méthode ou une structure aux autres. Il s’agit d’une atteinte au libre arbitre et il devrait être facile de reconnaître s’il existe une méthode de travail acceptée par le groupe ou une méthode imposée au groupe dans son ensemble par une ou plusieurs personnes.
Le travail flexible sera vraiment flexible, capable de répondre de manière flexible au besoin du moment. Le travail basé sur la manipulation peut-être flexible ou rigide. Il n’a pas de lien direct avec la flexibilité. C’est simplement l’utilisation de méthodes imposées par une ou plusieurs personnes aux autres et par conséquent une violation du libre arbitre. C’est l’intention de faire faire aux autres ce que vous voulez qu’ils fassent. Vous pouvez manipuler la situation de telle façon que vous imposez de la rigidité, et non de la flexibilité, sur les actions du groupe. La manipulation n’a rien à voir avec la flexibilité ou la rigidité. C’est une approche. Si l’on me posait la question : « Une approche flexible du travail est-elle valable ? » je répondrais : « Oui, tout à fait. » Mais à la question : « L’approche manipulatrice d’une situation, d’un travail ou de quoi que ce soit d’autre est-elle valable ? » je répondrais : « Non, absolument pas. »
Courir après Maitreya
Q. De nombreuses personnes ont eu une expérience avec Maitreya ou avec les Maîtres. Je ne cesse de me demander dans ma vie quotidienne si j’ai eu moi-même ce genre d’expérience et mon attention est dirigée dans ce sens. Je réalise pourtant que cette attitude n’est pas souhaitable. Je sens qu’il serait préférable de fixer mon attention sur ce que je peux faire pour transmettre le message, au lieu de toujours regarder autour de moi en essayant de reconnaître Maitreya. Je me rends compte que, lorsque je cesse de penser à moi, je peux faire quelque chose d’utile.
R. Il est évident que tous ceux qui participent à ce travail aimeraient avoir une expérience avec Maitreya. C’est tellement vrai que je connais des personnes qui recherchent ce genre d’expérience tout le temps.
A chaque fois qu’elles passent près d’un SDF, elles se disent : « C’est peut-être Maitreya. » Elles veulent voir Maitreya à tout prix. Elles se concentrent sur cette idée et, naturellement, elle n’ont la plupart du temps aucune expérience de ce genre.
D’un autre côté, il y a ceux qui peuvent avoir besoin d’une expérience, ceux qui sont désespérés, ou très malades ou malheureux. Il arrive alors quelquefois que Maitreya ou le Maître Jésus leur apparaisse afin de leur redonner de l’espoir, les encourager, leur faire reprendre goût à la vie. Je connais de nombreuses personnes qui ont eu des expériences de ce genre, même il y a dix ou quinze ans, avant d’entendre parler de Maitreya. Les Maîtres savent qui va être impliqué dans ce travail longtemps avant que la personne le soit réellement. Les gens se souviennent souvent de l’expérience des années plus tard. Ils se disent : « J’y suis ! » Ils réalisent soudain qu’ils ont rencontré quelqu’un d’exceptionnel, ou vécu une expérience totalement différente de tout ce qu’ils avaient pu connaître auparavant, très souvent dans une période de stress, de difficulté, de profonde dépression ou de tristesse.
Je suis tout à fait d’accord sur le fait qu’il est préférable de tout simplement faire le travail et si vous avez une expérience tant mieux. Si vous n’en avez pas, c’est toujours OK, il n’y a pas de problème. Mais passer son temps à languir, à désirer une expérience avec Maitreya est une perte de temps et d’énergie. Cela vous détourne du travail réel, qui consiste à préparer le public à reconnaître Maitreya. Rechercher une expérience personnelle, c’est courir après lui.
Je connais un homme qui vivait à Londres (il vit maintenant en Inde), qui a vécu les expériences les plus extraordinaires avec Maitreya. Beaucoup donneraient n’importe quoi pour connaître une seule d’entre elles. Mais en dépit de cela, et des proches contacts qu’il a eu avec Maitreya et les swamis avec lesquels ce dernier travaille, il n’a cessé de courir après Maitreya. Il a essayé de le photographier, il a payé des gens pour qu’ils surveillent les temples et le préviennent lorsque Maitreya serait là, afin qu’il puisse demander à ses amis de venir le photographier. Il n’avait pas besoin de cela ; il voyait Maitreya tout le temps. Mais il essayait d’aider ses amis. Il ne réussit à prendre aucune photo. L’appareil se bloqua à chaque fois qu’il essaya. Je l’avertis que s’il poursuivait Maitreya ainsi, celui-ci s’éloignerait de plus en plus de lui. C’est ce qui est arrivé.
Plus vous le poursuivez, plus il s’éloigne de vous. Vous devez être détaché, même à son égard. Pour ma part, lorsque je sais qu’il se trouve à un certain endroit, je n’y vais pas. Si je sais qu’il sera présent à une rencontre, il est hors de question que je m’y rende. Il ne sert à rien de serrer la main de quelqu’un qui est réel. Il est réel pour vous dans votre cœur ou il ne l’est pas. S’il est présent dans votre cœur, vous n’avez nul besoin de le voir ou de lui serrer la main.
Les rayons et les mirages
Q. Pour reconnaître ses propres mirages de manière objective, n’est-il pas nécessaire de connaître sa structure de rayons et la façon dont les mirages s’expriment suivant cette structure ?
R. Tous les rayons ont leurs mirages particuliers. Certains en ont davantage que d’autres, mais ils sont tous aussi pernicieux. Les rayons présentant les mirages les plus sérieux et en plus grand nombre sont le sixième, le deuxième et le premier.
Les principaux mirages du premier rayon sont un sentiment de supériorité, de l’entêtement, un sens exagéré de sa propre importance et une séparativité qui résulte de ces mirages. L’individu de premier rayon est souvent assez arrogant. Son principal mirage est l’orgueil.
Les mirages du deuxième rayon sont généralement le dénigrement de soi-même, le fait de se rabaisser. Etant donné que l’individu de deuxième rayon trouve souvent difficile de gérer les situations du monde extérieur, il a tendance à être timide dans ses relations avec les autres. Dans des cas extrêmes, il peut se laisser marcher dessus.
L’un des mirages du deuxième rayon est la difficulté à prendre des décisions. Ce type d’individu a beaucoup d’empathie et il est capable de faire le tour de tous les sujets. A cause de cette empathie, il a tendance à ne pas avoir d’opinion personnelle car il peut toujours saisir le point de vue d’autrui. L’empathie est une chose merveilleuse, mais si vous finissez par n’avoir aucune opinion personnelle, vous devenez plutôt inutile dans une situation de groupe car vous changez toujours d’avis.
Le sixième rayon est celui qui apporte le plus grand nombre de mirages. L’individu du sixième rayon possède les mirages de tous les autres rayons réunis. Il présente les caractéristiques d’arrogance et d’orgueil du premier rayon, qu’il manifeste sous forme d’acharnement, d’ambition, et de soif de pouvoir, défauts qu’il prend pour de la volonté. En fait, il s’agit de désir, un désir si fort qu’il est confondu avec la volonté. Quasiment toutes les personnes qui m’ont demandé de vérifier leur structure de rayons et qui ont un double six en personnalité (six en rayon principal et six en sous-rayon) croyaient avoir une personnalité de premier rayon. Elles font cette erreur car elles ont une conscience si vive du principe de désir qu’elles l’appellent volonté.
L’individu du premier rayon agit de manière puissante sans en avoir conscience. Il ne pense pas en termes de pouvoir. Il applique ce pouvoir. La volonté agit, et c’est un type d’action totalement différent de l’action émanant du principe du désir du sixième rayon. C’est pourquoi le premier rayon, excepté chez un individu relativement évolué, peut être dangereux car il peut être très destructeur. L’individu du premier rayon est souvent orgueilleux, même s’il a atteint un niveau élevé, mais il a une largeur et une profondeur de vue que les autres rayons ne possèdent pas.
Les individus du sixième rayon, en raison de leur puissante énergie de désir, peuvent faire à peu près n’importe quoi s’ils le désirent suffisamment. Il peuvent escalader des montagnes. Il ont pu se frayer un chemin de New York à San Francisco en traversant les Montagnes Rocheuses au milieu du 18e siècle alors qu’il n’existait pas de routes et qu’ils étaient harcelés par les flèches des Indiens. Les individus de sixième rayon sont fanatiques.
Le premier rayon n’a peur de rien. L’individu de premier rayon agit sans crainte car il ne pense même pas à la peur. Celui de sixième rayon agit avec puissance, énergie et courage car son désir est si fort qu’il lui permet de surmonter la peur. La plupart des membres des différents groupes dans le monde ont beaucoup de sixième rayon ; sinon ils n’en feraient pas partie. Ils ont un idéalisme marqué et ils répondent à l’idée d’une cause. Ils se dévouent à cette cause. Cet idéalisme est nécessaire pour préparer la voie pour Maitreya. Vous devez répondre à l’idée avant de vous enflammer suffisamment pour faire quelque chose.
Bien que très énergique et idéaliste, et prêt à agir courageusement, l’individu de sixième rayon est généralement incapable de travailler avec un groupe. Il peut travailler pour le groupe mais pas avec le groupe. C’est un type d’individu très séparatiste. C’est tellement vrai que la plupart des problèmes dans les divers groupes résultent de cette incapacité du sixième rayon à travailler avec le groupe. Il peut faire toutes sortes de choses pour le groupe, mais il ne peut travailler avec le groupe en tant que membre ordinaire, au même niveau que n’importe qui d’autre. Il est très individualiste mais ne peut mettre son individualité au service du groupe.
Ce type d’individu pense toujours que tout le monde a tort, excepté lui-même, et qu’il sait mieux que quiconque ce qu’il faut faire. Il existe un combat perpétuel entre ce genre de personne et l’ensemble du groupe. C’est la même chose partout. De tels individus ne devraient pas se voir confier une position de pouvoir dans un groupe car ils en abusent toujours. Ils ne comprennent jamais les besoins du groupe, ce qui est bon pour lui, et n’agissent pas dans ce sens, si ce n’est selon leur propre point de vue.
Le troisième rayon a de nombreux mirages dont le principal est une trop grande capacité à se trouver des excuses. Le troisième rayon, spécialement lorsqu’il se situe sur le plan mental, justifie tout. Chaque action, chaque réaction, est justifiée jusqu’à ce que la personne se sente à l’aise, si bien qu’il existe un manque d’honnêteté très net chez l’individu de troisième rayon.
Une personne de troisième rayon a tendance à être « l’araignée au centre de la toile ». Elle aime à se mêler de tout. Elle est manipulatrice. Elle crée des clans d’amis qu’elle peut influencer. Elle n’a pas vraiment le sens de la conscience de groupe. Elle sait très bien manipuler ce qui a trait au plan physique. Elle est douée pour faire de l’argent. Mais, par contre, en termes de conscience spirituelle, elle est très limitée.
Le deuxième rayon est à l’opposé. L’individu de deuxième rayon a un contact très rapide et très facile avec l’âme ; cela ne lui coûte aucun effort et il devient très introverti. Cela signifie qu’il est handicapé sur le plan physique. Il n’y est pas à l’aise. Les individus de troisième rayon, au contraire, trouvent le plan physique très facile à contrôler mais le contact avec l’âme vraiment difficile.
Les individus de cinquième rayon, notamment ceux qui ont le cinquième rayon sur le plan mental et sur le plan physique (et donc un cerveau de cinquième rayon), fonctionnent tellement sur le plan mental qu’ils se montrent très critiques à l’égard de ceux qui ne voient pas les choses comme eux. Ils ont une vision claire, mais très limitée et très étroite. Ils sont assez arrogants sur leur capacité à voir les choses clairement, oubliant le monde qui existe en dehors de leur point de vue limité et dont ils ne voient rien. De nombreux scientifiques sont influencés par le cinquième rayon. La technologie moderne est un phénomène de cinquième rayon. Vous avez une vision très nette, très claire de problèmes limités et un total manque de conscience du monde plus vaste et des différents niveaux de conscience. De nombreux scientifiques sont contre tout point de vue ésotérique. Il ne leur vient jamais à l’idée qu’il existe autre chose dans le monde que ce qu’ils peuvent voir dans leurs microscopes et mesurer.
Il reste le quatrième et le septième rayon au sujet desquels je n’ai rien dit et pour lesquels je n’ai aucune critique à formuler ! La meilleure de toutes les relations possibles est celle qui existe entre le quatrième et le septième rayon et qui donne le type d’artiste le plus élevé. Regardez les rayons de Léonard de Vinci. Vous constaterez qu’il n’y a que du quatre et du sept. On ne peut trouver meilleure structure, celle qui a donné le plus grand des artistes.
Tous les rayons ont leurs vertus. Je parle seulement des mirages. Il n’est pas nécessaire de parler des vertus car elles sont toujours positives. Les mirages sont les tendances destructrices.
Les mirages du sixième rayon
Q. Ayant à l’esprit le commentaire du Maître Djwhal Khul sur l’individu de sixième rayon qui s’octroie une position de pouvoir et d’autorité, je me suis toujours consciemment efforcé de coopérer en restant à l’arrière plan du groupe et d’être impersonnel plutôt que de me mettre en avant, étant donné ma structure de rayons. Je suppose que c’est parce que celle-ci est fortement marquée par le sixième rayon.
R. L’un des principaux mirages du sixième rayon est l’aveuglement. Le sixième rayon est vraiment très idéaliste. Mais il confond l’idéal et sa mise en pratique. Je ne crois pas l’individu de sixième rayon lorsqu’il affirme : « Je connais mes défauts. Je sais que je voudrais dominer et contrôler le groupe, aussi vais-je rester en arrière, éviter de me mettre en avant. Je vais travailler en coulisses et me montrer réservé. » Je ne connais pas la personne qui a posé cette question mais je ne pense pas me tromper. Elle exprime un idéal, une intention, mais je parierais mon dernier dollar qu’elle ne met pas cette intention en pratique. C’est l’aveuglement du sixième rayon.
Prenons un exemple objectif en dehors du groupe. Prenons le cas des Etats-Unis : âme de deuxième rayon et personnalité de sixième rayon. L’idéal des Etats-Unis est celui de la fraternité des hommes. Ils se veulent les défenseurs de la paix, de la justice et de la liberté partout dans le monde. Ils ont vraiment cet idéal. Chacun sait qu’un Américain est libre et émancipé comme personne. Posez la question à n’importe quel Américain et il vous répondra : « Oui. Nous croyons à la justice. Nous croyons à la liberté pour tous. Oui, pour tous. »Les Noirs et les Blancs ? « Oui, les Noirs et les Blancs. »Mais demandez à n’importe quel Noir américain s’il se sent libre, s’il a l’impression que la justice existe. Sa réponse sera très différente. Il y a Américains et Américains.
Depuis la Seconde Guerre mondiale, les Etats-Unis ont envahi davantage de pays que n’importe quelle autre nation dans le monde, de la Corée du Sud au Vietnam. Lorsqu’ils n’ont pas vraiment envahi le pays, ils y ont apporté la subversion en aidant des rebelles, en agissant à travers des factions, leur donnant des armes et de l’argent. C’est le rôle de la CIA de déstabiliser d’autres pays.
Telle est la réalité, mais l’idéal est la justice et la fraternité pour tous. Les Etats-Unis comptent 250 millions d’habitants, et d’après les chiffres officiels, 33 millions vivent au-dessous du seuil de pauvreté. C’est l’aveuglement le plus flagrant que l’on puisse imaginer, et le résultat des tendances du sixième rayon.
De même, la personne qui a posé cette question par écrit se dit, à mon avis : « J’ai du sixième rayon. Je sais que le Maître Djwhal Khul dit qu’il vaut mieux éviter de donner du pouvoir et de l’autorité aux individus de sixième rayon parce qu’ils en font mauvais usage, aussi vais-je rester derrière les coulisses. C’est ce que j’ai de mieux et de plus honnête à faire. » Etant donné qu’ils ont l’idée, les individus de sixième rayon pensent que c’est ce qu’ils font réellement. C’est de l’aveuglement. Ils ne mettent jamais leur idéal en pratique. Il faut être quelqu’un de vraiment très avancé pour être capable d’agir conformément à son idéal. Pour répondre à la question, je ne crois pas un mot de ce qui est affirmé. Ce n’est qu’un idéal.
Q. Se peut-il qu’une âme de sixième rayon donne à son véhicule une personnalité de sixième rayon, un corps astral de sixième rayon et également un corps mental de sixième rayon ?
R. Cela arrive très souvent. Quelquefois c’est même double six, double six, double six. Je connais des personnes qui ont cette structure de rayons. C’est fait pour que les choses atteignent un tel paroxysme que, dans une incarnation donnée, lorsque la personne a atteint un certain niveau d’évolution, disons entre 1 et 1,5, elle soit capable de distinguer le mirage lorsqu’elle le voit écrit noir sur blanc. L’âme donne cette structure de rayons qui met l’accent sur le sixième rayon afin que les mirages deviennent si évidents que même un individu de ce type puisse les reconnaître, après avoir vécu dans le brouillard pendant de nombreuses incarnations. Ces mirages sont si clairs, si importants, si nettement marqués, qu’il peut enfin commencer à les voir.
Q. Pourquoi l’âme se focalise-t-elle sur la personnalité de sixième rayon alors que le sixième rayon est tellement sujet au mirage ?
R. D’après mon expérience, le plus souvent l’âme se focalise sur le corps mental de manière à ce que la personne, au cours de cette vie ou de la prochaine, puisse parvenir à la polarisation mentale. Si l’âme est focalisée sur la personnalité de sixième rayon, ce peut être, comme je l’ai expliqué auparavant, pour rendre les mirages si évidents que la personne puisse enfin les voir. Et dans l’espoir que la perfection de l’âme pourra se refléter dans la personnalité de sixième rayon. La vertu dominante du sixième rayon, vertu que l’âme possède, est la capacité d’autosacrifice. Cela ne veut pas forcément dire que la personnalité de sixième rayon est particulièrement douée pour l’auto-sacrifice. Si la personne est très avancée, elle le sera, mais ce n’est généralement pas le cas. Si vous prenez les qualités les plus élevées, les vertus du sixième rayon, à savoir : l’autosacrifice, la vision, la capacité d’envisager l’idéal, l’idéalisme, la dévotion, le dévouement à une cause, la loyauté, et que vous considériez leurs opposés, vous avez les vices du sixième rayon. Au lieu de loyauté vous avez l’attitude de Judas, la trahison. Au lieu de vision, vous avez l’aveuglement. Au lieu de dévotion vous avez la dévotion aveugle pendant un certain temps, puis son contraire. Le séparatisme est le grand vice du sixième rayon.
Chacun connaît ce type de personne. Dans tous les groupes il y a quelqu’un qui est rempli d’idéal pour et au sujet du groupe, mais ne peut travailler avec le groupe, seulement pour le groupe. Ce genre d’individu ne peut travailler avec les autres, il est incapable de se mettre à leur niveau pour pouvoir faire quelque chose en commun. Il sait toujours mieux et par conséquent ne peut travailler avec personne.
Le mirage est un brouillard. Lorsque vous y êtes plongés, vous ne le voyez pas. Tant que vous ne le reconnaissez pas comme un mirage, comme quelque chose d’irréel, vous ne pouvez rien y faire. Vous ne pouvez y échapper. C’est pourquoi l’âme accentue la possibilité de mirages dans la personnalité ou dans le corps astral, quelquefois dans le corps mental, de manière à mettre l’accent sur ces mirages, à les rendre si importants et si évidents que la personne les reconnaîtra enfin pour ce qu’ils sont.
Q. Le rayon de l’âme peut-il se manifester en tant que mirage ?
R. Non, jamais. L’âme n’a aucun mirage. Le mirage résulte du fait que la qualité de l’âme ne peut se refléter dans toute sa pureté à travers la personnalité ou les autres véhicules.
Q. Quels corps : astral, mental, personnalité, âme, sont les plus responsables des mirages ?
R. Vous devez rayer l’âme de votre liste. L’âme n’est pas responsable des mirages, mais la personnalité, le corps astral et le corps mental le sont tous. Le manque de détachement de la personnalité est la véritable cause du mirage.
A suivre dans Le problème du mirage – Questions-réponses 2e partie (Partage international n° 145)
Auteur : Benjamin Creme, (1922-2016) : artiste et ésotériste britannique, ancien rédacteur en chef de Share International. Son contact télépathique avec un Maître de Sagesse lui permettait de recevoir les informations les plus récentes concernant l’émergence du Christ et de s’exprimer sur les enseignements de la Sagesse éternelle.
Thématiques : sagesse éternelle, spiritualité
Rubrique : Dossier ()
