Partage international no 248 – avril 2009
Le Sénégal devrait parvenir à éradiquer l’excision des femmes d’ici moins de vingt ans. L’organisation Tostan, qui a développé avec l’Unicef un modèle visant à éradiquer cette pratique, estime que d’ici 2015 il n’y a aura plus d’excision au Sénégal. Chaque année, trois millions de fillettes subissent une excision.
L’approche développée au Sénégal semble particulièrement efficace. L’originalité de Tostan consiste à prendre en compte la raison principale de l’ablation de l’organe génital féminin qui est d’accroître ses chances de se marier et d’assurer son futur et celui de ses enfants. Dans le passé, une femme non excisée était une paria. Cette condition du mariage des filles, dans lequel est impliqué l’ensemble des communautés, emprisonne les gens dans des conventions sociales détestables : tout le monde est pris dans le système et aucune famille ne peut s’en sortir seule.
Tostan encourage le plus grand nombre de personnes à renoncer à l’excision, dans le village et dans le réseau de villages. « Les premiers villages sont les plus difficiles », explique Francesca Moneti de l’Unicef. Mais dès qu’un village renonce à cette pratique, cela devient beaucoup plus facile pour les villages suivants.
En novembre 2008, 650 villages de l’est du Sénégal ont déclaré conjointement être prêts à abandonner l’excision des femmes. Après trente années d’échec, une vraie révolution se met en place en Afrique. Dans plusieurs pays, on peut déjà en mesurer les effets.
Sources : de Volkskrant, Pays-Bas
Thématiques : Sciences et santé, peuples et traditions
Rubrique : Tendances (Dans le monde actuel s’affirme une tendance de plus en plus prononcée à la synthèse, au partage, à la coopération, à de nouvelles approches et avancées technologiques pour la sauvegarde de la planète et le bien-être de l’humanité. Cette rubrique présente des événements et courants de pensée révélateurs d’une telle évolution.)
