Quatre millions de réfugiés irakiens

Partage international no 230octobre 2007

Qu’est-ce qui pourrait faire sortir de leur ville la moitié des New-yorkais ? ou chasser de chez elles la population de Los Angeles ? ou deux fois celle de Houston ?

Une guerre peut-être ? Une guerre impliquant non seulement des forces militaires ou policières, mais qui génèrerait une violence sectaire coûtant la vie à une centaine de civils par jour ; qui détruirait des communautés, des maisons, des hôpitaux, des écoles, des magasins, des marchés, des lieux de culte. Ou peut-être un conflit interminable, une situation chaotique dans laquelle aucun citoyen ne pourrait vivre une vie normale ; dans laquelle nourriture, eau et électricité feraient l’objet de pénurie ou d’une fourniture sporadique ?

Le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) rapporte que plus de quatre millions d’Irakiens ont quitté leur domicile en raison de la violence sectaire. Cela représente le plus grand mouvement de populations au Moyen-Orient depuis que les Palestiniens ont été forcés de quitter leurs terres, pour laisser la place au nouvel Etat d’Israël. « Environ 4,2 millions d’Irakiens se sont trouvé déracinés, et le nombre des déplacés atteint maintenant 60 000 personnes par mois », a déclaré Jennifer Pagonis, porte parole de l’HCR.

Deux millions d’Irakiens supplémentaire ont été déplacés au sein de leur propre pays ; la moitié de ces personnes ont dû quitter leur domicile à la suite des bombardements de Samarra (février 2006), considérés maintenant comme l’une des causes de la dernière vague, celle en cours, du conflit sectaire. Cet état de fait est critique : « De nombreuses personnes survivent difficilement dans des camps de fortune, inaccessibles aux aides humanitaires pour des raisons de sécurité, remarque J. Pagonis. Les conflits sectaires entre chiites et sunnites incitent de nombreuses familles à quitter les zones ethniquement mêlées avant d’y être contraintes. » Plus de 1,4 million de réfugiés irakiens ont émigré vers la Syrie voisine, et entre 500 000 et 750 000 sont partis en Jordanie, selon le HCR.

Le HCR et l’Unicef appellent conjointement à la récolte de fonds pour assurer l’éducation de 155 000 enfants réfugiés irakiens. Ces agences ont estimé à 129 millions de dollars l’argent nécessaire à la scolarisation de ces enfants pendant les années scolaires 2007 et 2008.

Washington, qui a mené la guerre d’Irak de 2003, est critiqué pour ne pas accepter davantage de réfugiés Irakiens en provenance de Syrie et de Jordanie, et désireux de se rendre dans des pays tiers. Au cours du premier semestre 2007, près de 20 000 demandeurs d’asile irakiens ont été admis en Europe – autant que pour toute l’année 2006.

La Jordanie déclare supporter un coût d’environ un milliard de dollars par an pour les réfugiés qu’elle accueille.

Irak
Sources : UNHCR ; AFP, France
Thématiques : politique
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)