Partage international no 225 – mai 2007
Le 20 mars 2007, jour anniversaire du début de la guerre en Irak, la fédération « Arrêtez la guerre », regroupant 175 organisations dans tout le Royaume uni, a tenu une « Assemblée du peuple » à Londres, au Centre méthodiste du quartier de Westminster, près du Parlement. Le président de la fédération, Tony Ben, a déclaré aux délégués des 175 organisations : « Cette assemblée représente bien davantage le peuple que celle du Parlement », avant de leur rappeler que la salle où ils se trouvaient avait accueilli la première Assemblée générale des Nations unies en 1946.
Tony Ben présenta ensuite Dennis Kucinich, député de l’Ohio et candidat à l’investiture du parti Démocrate pour les élections présidentielles américaines de 2008. Son discours, aussi passionnant que passionné, fut ponctué d’applaudissements enthousiastes et donna le ton de la journée.
« Nous sommes rassemblés ici, dit-il, parce que nous avons compris que le monde est véritablement une unité. Que tout est lié et interdépendant dans ce monde… Nous avons compris que l’unité humaine est en fait un impératif. Il faut célébrer tout ce qui dans nos vies sert à nous unir et à confirmer le caractère transcendant de l’unité humaine : par exemple, les Nations unies, ou la Charte des Nations unies, qui a été écrite dans l’espoir de mettre fin à la guerre pour toujours.
[…] Si la paix doit vraiment devenir un fait accompli, nous devons nous-mêmes montrer l’exemple de la paix dans notre vie quotidienne […] En prenant conscience que nous pouvons, chaque jour, être les architectes de la paix dans nos vies, dans nos communautés, avec chaque personne avec laquelle nous avons des contacts, nous prenons conscience du pouvoir de transformation que nous tenons entre nos mains. C’est pourquoi ce que vous représentez en tant que membres de la fédération Arrêtez la guerre, ce n’est pas une simple réaction éphémère à l’impuissance des gouvernements à prendre en compte ce désir de paix. Vous représentez quelque chose de bien plus profond : non pas simplement le refus de la guerre, mais le refus de la guerre en tant qu’instrument politique. Vous représentez une prise de position collective en tant que citoyens du monde : vous réclamez que la guerre soit déclarée obsolète. Il n’est plus tolérable de chercher à résoudre par la guerre et l’agression les conflits entre les peuples et entre les nations. L’époque où nous nous trouvons exige de nous un choix conscient […] Je propose que nous fassions tout de suite le choix de l’unité humaine.
Nous proposons de créer un ministère de la Paix qui examine les problèmes de violence domestique, de maltraitance des enfants, de la violence à l’école, et crée une structure au sein de laquelle nous enseignerons à nos enfants les principes de mutualité, comment faire la paix, maintenir et partager la paix, comment considérer l’autre comme un aspect de soi-même. Nous avons la capacité de créer des structures de paix dans nos propres communautés, dans nos foyers, dans nos vies. Lorsque nous entreprendrons cette tâche, la paix dans notre microcosme deviendra la paix dans le macrocosme. Alors, les nations qui prennent les armes contre d’autres nations se rendront compte qu’elles n’ont pas de légitimité lorsque leur gouvernement n’est pas soutenu par le peuple.
Dans le monde entier, nous pouvons fédérer les parlementaires en faveur de la paix, de la paix et de la prospérité, car paix et prospérité sont frères jumeaux. Tout comme la guerre et la misère sont frères jumeaux. Lorsqu’une nation choisit la guerre, cela signifie moins de moyens pour le logement, la santé et l’éducation. Nous ne pouvons plus tolérer cela. En tant qu’êtres humains, nous avons le droit à la sécurité, au logement, aux soins de santé et à l’éducation. Nous devons exiger que nos gouvernements affirment ces droits et cessent de dépenser de l’argent à faire des guerres qui anéantissent les espoirs de tous…
Partout il y a une soif de paix, et une compréhension profonde de la nécessité d’agir pour sauver le monde. Nous en sommes à un tournant de l’histoire du monde où nous devons choisir entre écouter les élans de notre cœur et agir pour créer la paix, ou nous laisser mener par des impulsions d’agression et de destruction. N’est-ce pas exaltant d’avoir pris conscience que nous pouvons, en tant qu’individus, choisir la paix ? Que nous tenons entre nos mains la chance de changer le monde, et pas seulement de mettre fin à la guerre en Irak, ni seulement d’empêcher une agression contre l’Iran ou d’obtenir la paix entre les Israéliens et les Palestiniens, mais de faire de la paix une chance pour les générations futures ?
Le poète Tennyson a écrit : « Allons, mes amis, il n’est pas trop tard pour créer un monde nouveau. » Aujourd’hui, par votre présence, vous manifestez que vous avez une passion : celle non seulement de voir un monde nouveau, mais aussi d’en être partie intégrante. De faire partie d’un monde neuf, d’un monde qui rejette la guerre, qui décide d’éliminer toutes les armes nucléaires, qui met en œuvre l’interdiction des armes biologiques, des armes chimiques, des mines antipersonnelles… Un monde où toutes les nations participeront au Tribunal criminel international, et affirmeront la primauté des Nations unies comme moyen de résoudre les conflits entre les nations. Votre passion doit être contagieuse […] Dès à présent, ce mouvement bourgeonne dans le monde entier. Nous devons l’encourager, l’amplifier, le promouvoir, car nous incarnons l’avenir. L’avenir, c’est la paix. La paix est inévitable. Rejetons la guerre. Notre but est de réaliser l’unité humaine, et ainsi de créer un monde nouveau. »
Date des faits : 20 mars 2007
Sources : Notre correspondant à Londres
Thématiques : politique
Rubrique : La voix des peuples (Cette rubrique est consacrée à une force en plein développement dans le monde. La voix du peuple ne cessera de s’amplifier jusqu’à ce que, guidés par la sagesse de Maitreya, les peuples conduisent leurs gouvernements à créer une société juste dans laquelle seront respectés les droits et les besoins de tous.)
