Les Etats-Unis doivent poursuivre leurs efforts diplomatiques

Partage international no 223mars 2007

Face aux positions de plusieurs membres du gouvernement américain préconisant des bombardements aériens comme seule alternative susceptible de mettre un terme au supposé programme nucléaire militaire iranien, de nombreuses voix de premier ordre se sont élevées des deux côtés de l’Atlantique pour prévenir des conséquences désastreuses d’une telle action dont la mise en œuvre serait étudiée par les Etats-Unis et Israël.

Le Foreign Policy Centre, qui regroupe en Grande-Bretagne des groupes de réflexions portant sur la politique étrangère, des organisations humanitaires, pacifiques et religieuses ainsi que des syndicats, a publié le 5 février 2007 un rapport qui met en garde contre les répercussions désastreuses qu’une telle action au-rait pour les attaquants et le monde entier, et lance un appel pour une résolution du conflit par la voie diplomatique.

Le rapport insiste sur le fait que de ré-elles options diplomatiques existent toujours ; il indique également que « les conséquences possibles d’une action militaire pourraient être si importantes que les gouvernements ont la responsabilité de s’assurer que toutes les options diplomatiques ont été tentées. Et à l’heure actuelle, ce n’est pas le cas. »

Mahmoud Ahmadinejad, président iranien, insiste sur le fait que le programme d’enrichissement de l’uranium est destiné à couvrir les énormes besoins énergétiques de son pays et non pas à produire des armes nucléaires. Mais les Etats-Unis re-fusent d’entamer des négociations si ce programme n’est pas stoppé.

Trois officiers retraités haut gradés de l’armée américaine ont apporté publiquement leur soutien aux conclusions du rapport : le général Joseph Hoar, ancien membre du commandement central amé-ricain, le lieutenant général Robert Gard et le vice amiral Jack Shanahan ont déclaré dans une lettre publiée dans le journal britannique Sunday Times qu’une attaque contre l’Iran « aurait des conséquences désastreuses pour la sécurité dans la région et pour les forces de la coalition en Irak et exacerberait encore les tensions à l’échelle régionale et au niveau mondial ».

Ensemble, ils ont conjuré le premier ministre britannique Tony Blair de freiner tout mouvement vers la guerre en faisant clairement savoir à Washington que la Grande-Bretagne s’opposerait à une attaque contre l’Iran. « Les conséquences d’une action militaire contre l’Iran ne seront pas simplement regrettables ; elles sont inimaginables. D’après les estimations les plus optimistes, il faudrait encore plusieurs années à l’Iran avant d’obtenir l’arme nucléaire. Il est encore temps de discuter et le premier ministre doit s’assurer que nos alliés vont dans ce sens », a déclaré Stephen Twigg, directeur du Foreign Policy Centre.

Sir Richard Dalton, ancien ambassadeur britannique à Téhéran, a approuvé les conclusions du rapport : « Les voies diplomatiques n’ont pas encore été épuisées, a-t-il déclaré. L’action militaire devrait être menée en dernier ressort, utilisée en cas de défense contre une menace imminente, ce stade n’est pas atteint. »


Sources : www.fpc.org.uk ; The Guardian, Grande-Bretagne
Thématiques : politique
Rubrique : La voix de la raison (« Hormis la guerre, rien ne compromet aussi gravement l’avenir de l’humanité que la pollution. Constatant qu’il en est ainsi, certains pays ont pris des mesures pour la réduire et pour limiter le réchauffement climatique. D’autres, parfois parmi les plus gros pollueurs, nient la réalité d’un tel réchauffement en dépit des preuves qui s’accumulent. A tout moment, dorénavant, les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade, qu’elle a besoin de soins immédiats et attentifs pour retrouver l’équilibre. Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Source : Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012)