L’unité dans la diversité – Questions-réponses – [sommaire]
Séminaire 2006
par Benjamin Creme,
Nous publions ci-dessous la transcription des séances de questions qui ont suivi l’exposé de Benjamin Creme intitulé L’unité dans la diversité (publié dans notre numéro de janvier/février), lors des séminaires 2006 des groupes de méditation de transmission américains et européens.
Q. Quelle relation existe-t-il entre la diversité et l’individualité ? L’une peut-elle exister sans l’autre ?
R. S’il n’y avait pas d’individualité, vous ne parleriez ni de relation ni de diversité – sans individualité, plus rien. Nous sommes des individus. Dieu nous a créés ainsi. L’important, c’est de contrôler cette individualité. Ne l’imposez pas aux groupes, ne l’imposez pas aux autres personnes. Vous ne devez jamais renoncer à votre individualité, mais vous devez la mettre au service du groupe. Vous avez quelque chose à donner que personne d’autre ne peut donner et c’est la même chose pour les autres. Chacun, en raison même de son individualité, possède quelque chose que personne d’autre ne peut offrir. C’est ce qui fait la diversité du groupe.
Chacun de vous est unique. C’est votre individualité ; elle vient de votre âme. Vous êtes des âmes humaines individualisées et chaque âme est unique. Dans tout l’univers manifesté, il n’existe aucune âme identique à la vôtre. Elle possède cette vibration unique qu’un Maître peut reconnaître instantanément. C’est quelque chose que personne ne peut vous retirer, et vous ne devriez autoriser personne à essayer de le faire. Cette individualité devrait être acceptée comme faisant partie de la diversité du groupe.
Chacun a le droit de dire ce qu’il pense et les autres ont le droit de ne pas être d’accord. Pour finir, le groupe en tant qu’ensemble doit parvenir à une unité, qui en termes pratiques est un consensus. Le consensus du groupe ne vient pas en votant – qui vote pour ceci ou pour cela – mais par un consensus de pensée qui donne naissance à la pensée de groupe. C’est ce que nous essayons de faire, car c’est seulement de cette façon que nous pourrons travailler correctement avec l’énergie du Verseau. Cette énergie n’a pas d’application individuelle. Elle agit seulement à travers des groupes, et c’est la raison pour laquelle on assiste à la formation de groupes.
Des groupes se forment aujourd’hui dans tous les domaines de la vie, car les gens ont le sentiment d’entrer dans une époque où les groupes comptent. Jusqu’à présent un certain nombre de personnes – ne formant pas un groupe à proprement parler – suivaient un individu qui était le leader. Aujourd’hui c’est différent, et demain cela le sera encore davantage. La position de leader disparaîtra progressivement. Le groupe dans son ensemble cultivera à la fois la diversité et l’unité, et les décisions seront prises par consensus. Il existe des personnes qui ne croient pas au consensus. Elles affirment que rien de tel n’existe « Vous gagnez sur certains points et vous perdez sur d’autres. » Telle est la voix du businessman moderne. C’est le jeu de la compétition. Vous vous jugez vous-même selon le nombre de personnes que vous avez convaincues et le nombre de celles que vous avez échoué à convaincre. Le travail de groupe n’a rien à voir avec l’idée de gagner ou de perdre, rien à voir avec la compétition. Ce qu’il faut dans un groupe, c’est un consensus de pensée. Ce n’est pas dominer l’esprit des autres et crier le plus fort.
Q. Lorsqu’il s’agit de prendre une décision de groupe, il existe souvent une diversité d’opinions mais pas d’unité. Dans ce cas, à votre avis, comment parvenir à une décision ?
R. C’est la même chose – avancer de manière progressive. Le fait qu’il existe des opinions diverses lorsqu’il s’agit de prendre une décision de groupe est une chose à laquelle on ne peut que s’attendre. Si vous avez un groupe de personnes diverses, vous avez diverses opinions – peut-être pas aussi diverses que dans un autre groupe – mais vous devez accepter qu’il existe des opinions différentes.
La beauté du travail de groupe est de parvenir à un consensus. Il faut accepter qu’il existe des différences et s’en réjouir. Cela fait partie de la vie. Profitez-en. Vous avez besoin de points de vue différents. Vous avez également besoin de parvenir à une unité. Utilisez deux méthodes. Demandez aux gens de dire ce qu’ils ont à dire et écoutez-les. Certains auront des idées plus significatives, plus pratiques, plus faciles à appliquer. Utilisez-les et laissez les idées trop fantaisistes. Procéder par tâtonnements. Je ne connais pas d’autre façon de faire. Vous savez tout aussi bien que moi comment vous y prendre.
Q. L’unité à travers la diversité nous donne l’opportunité, grâce à l’énergie de synthèse, de travailler extérieurement avec d’autres groupes, et nous réalisons également que l’unité à travers la diversité doit être appliquée intérieurement dans nos propres groupes pour ce nouveau défi. L’unité à travers la diversité doit être appliquée partout.
R. Je suis tout à fait d’accord.
Q. La conscience des autres et la coordination avec eux sont-elles des conditions préalables pour parvenir à l’unité dans la diversité ? Quelles autres qualités et quelles autres méthodes recommanderiez-vous pour amener l’unité entre les différentes personnes et les différents groupes ?
R. Vous devez trouver votre propre méthode. Ce n’est pas de la mienne dont vous avez besoin. Vous devez trouver ce qui marche pour vous et votre groupe. Votre groupe doit faire des expériences. Utilisez différentes méthodes. Je n’ai pas de méthodes toutes faites à vous proposer. Les choses ne se passent pas ainsi. Je suis là pour vous inspirer. Je ne suis pas un stand d’information. Utilisez vos propres dons.
Q. Le drapeau britannique, l’Union Jack, serait-il un emblème de l’unité dans la diversité ?
R. L’Union Jack est un emblème de l’unité dans la diversité. C’est exactement ce qu’il est. Il représente les drapeaux d’Angleterre, d’Ecosse, d’Irlande du Nord et du Pays de Galle.
Q. Quelle différence y a-t-il entre la diversité et la fragmentation ?
R. La fragmentation est dépourvue de forme ; la diversité au sein de l’unité n’est pas dépourvue de forme. La forme est le résultat de l’unité. La fragmentation en elle-même n’a ni forme extérieure ni unité.
Avec l’unité dans la diversité, les divers groupes et points de vue ne sont pas des fragments de l’ensemble, ils en sont les parties. L’ensemble est le résultat de leur rapprochement et cela leur donne une forme. L’unité naît de la diversité, mais le contraire n’est pas vrai. Vous n’avez pas d’abord l’unité, puis la diversité. Vous avez la diversité, puis une unité grandissante, en étant capables de surmonter les différences, de tendre à une approche unifiée, à un schéma de pensée unifié. Vous atteignez un certain degré de conscience de groupe. Ce-la crée une forme que nous appelons unité.
Tout le monde aspire à l’unité. Tout le monde se dirige vers l’unité. C’est la raison pour laquelle les gens rejoignent des groupes, rejoignent des partis politiques. Ils recherchent des personnes partageant les mêmes idées avec lesquelles ils peuvent s’unir. Le but de toute vie est d’atteindre l’unité. Dans l’ère du Verseau, l’ère qui vient, vous verrez ceci se manifester grâce à l’énergie de synthèse. Elle fusionnera l’humanité dans une véritable synthèse, une réelle unité.
Chaque nation, chaque individu dans cette nation, avec ses opinions diverses, sa conception différente du sens et du but de la vie, s’exprimera personnellement. Il se formera ainsi une immense tapisserie composée de toutes les idées et de la créativité des différentes nations obéissant à différents rayons : les différentes nations ont différents rayons pour fondre cette immense panoplie de qualités diverses en une vaste unité. L’unité est dans le mental du Logos et nous réalisons son plan, consciemment ou non. Cela se produit parce que c’est planifié. C’est la nature du Plan du Logos d’avoir la plus haute définition de l’individualité des différentes nations, chacune exprimant sa qualité unique immédiatement reconnaissable et différente de toutes les autres. Mais finalement toutes feront partie d’un ensemble fusionné. C’est un mélange et une fusion de qualités différentes, pas de qualités identiques. Une fusion des mêmes qualités est ce que les Etats-Unis obtiendraient si tout le monde adoptait leur version de la démocratie, comme s’ils possédaient la réponse finale à l’évolution vers la démocratie des différents systèmes politiques. Le Plan prévoit que chaque nation forgera sa propre destinée, et qu’une unité naîtra de toute cette diversité.
Si vous avez un jardin et que toutes les fleurs sont blanches, c’est un jardin agréable, mais plutôt monotone. Un jardin qui n’a que des fleurs d’une seule couleur n’est pas un véritable jardin. Mais un jardin où vous sentez que toutes les couleurs s’offrent au regard et que ce jardin est arrangé de manière telle que l’on passe harmonieusement d’une partie à une autre, c’est un vrai jardin, vivifiant et rafraîchissant.
Certains peintres utilisent une seule couleur, ou peut-être différentes nuances d’une même couleur. Vous avez une unité, mais c’est en quelque sorte une fausse unité. On peut faire cela occasionnellement. Mais si tous vos tableaux étaient d’une seule couleur et toujours la même, vous auriez une unité mais pas de diversité. De la même manière c’est la diversité des êtres humains qui est intéressante.
Trois expériences : les États-Unis, la Grande-Bretagne et la Russie
Q. Dans votre conférence vous avez parlé du Commonwealth britannique et d’une forme d’unité dans la diversité ayant un rôle à jouer dans le Plan du Logos. Vous avez également mentionné les Etats-Unis à ce sujet. Dans l’Extériorisation de la Hiérarchie, le Maître DK indique que l’Union soviétique en tant que grande fédération de républiques représente la synthèse future. Pourriez-vous parler du British Commonwealth, des Etats-Unis, de l’ancienne Union soviétique et du Plan du Logos ?
R. Il existe trois aspects du Plan : un en Grande-Bretagne, un aux Etats-Unis et un en Russie. Dans ma conférence j’ai indiqué le rôle de la Grande-Bretagne. Je n’ai pas parlé de la Russie, cette question est donc très pertinente. Une expérience similaire est en effet menée en Russie.
Aux Etats-Unis c’est très simple. Toutes les nations européennes ont été transportées aux Etats-Unis. C’est devenu un mélange de groupes différents et de tout ceci naîtra finalement quelque chose d’entièrement nouveau. Vous pouvez reconnaître un Américain de loin. Pourquoi ? Il y a quelque chose sur un visage américain qui n’existe pas en Europe. C’est l’amalgame de tous ces groupes différents : germaniques et latins, africains, indiens, sud-américains, etc., tous réunis aux Etats-Unis. Tous ces groupes de types différents se sont mélangés et il en est résulté quelque chose que l’on n’avait jamais vu auparavant.
Aujourd’hui il ne s’agit pas seulement d’un mélange physique. Pour les Maîtres cela ne serait pas tellement important. Les Maîtres considèrent l’aspect physique comme l’aspect inférieur. Ce qui les intéresse, c’est l’aspect psychique, l’évolution de la conscience et des différents types et aspects de la conscience chez les différents peuples.
L’humanité ne cesse d’évoluer selon le Plan d’évolution contenu dans le mental du Logos. La Hiérarchie, par l’intermédiaire de ses membres les plus élevés, comme le Christ et le Bouddha, peut accéder au mental du Logos et connaître le Plan, et sa tâche est de réaliser ce Plan à travers l’humanité et les règnes inférieurs.
L’expérience est triple, ce qui la rend très puissante. Le fait de former un triangle accentue sa puissance. Une des pointes de ce triangle se situe en Grande-Bretagne, une autre aux Etats-Unis et la troisième en Russie.
En Grande-Bretagne, c’est le Commonwealth, le regroupement de nombreuses nations dans un petit pays. Les différents membres du Commonwealth sont réunis tout en gardant leur existence propre et leur identité. Les groupes restent ensemble, et dans l’ensemble ne se mélangent pas, mais ils coexistent dans une paix relative.
Dans l’expérience en cours, la Russie est le troisième aspect. Ce qui était l’Union soviétique a réuni différents peuples – environ 280 millions de personnes sur un sixième de la surface du globe, de Saint-Pétersbourg à l’ouest jusqu’à Vladivostok à l’est. C’est un pays colossal composé de nombreux peuples différents : les nations européennes de la Russie occidentale, les gens de la région de la Mer noire, à travers le Kazakhstan et l’Ouzbékistan, à travers les populations musulmanes de la Russie orientale jusqu’à Vladivostok. C’est un mélange extraordinaire.
L’ancienne Union soviétique s’est effondrée (comme l’avait prédit Maitreya, prédiction publiée dans Partage international et envoyée sous forme de communiqué de presse aux médias en janvier 1990) et cela s’est produit presque furtivement. Maintenant il existe une fédération d’Etats autonomes ou semi-autonomes. Certains d’entre eux luttent encore pour devenir autonomes. Ils composaient l’Union soviétique, homogénéisée sous la direction d’un groupe de dictateurs, les hommes forts de Moscou et le parti communiste, composé seulement d’environ 10 millions de personnes. Dix millions de personnes en gros furent autorisées à rejoindre le parti communiste. Ce petit groupe imposa sa volonté sur les 270 millions d’autres personnes vivant en Union soviétique, s’efforçant d’établir l’égalité mais oubliant la liberté. Il ne fait aucun doute que le gouvernement de Moscou aimerait encore avoir davantage de contrôle sur ce qui se passe dans d’autres parties de l’ancienne Union soviétique. Mais il s’agit maintenant d’États souverains et indépendants.
Les États-Unis sont également une fédération d’Etats, possédant chacun un important degré d’autonomie. Il existe une loi fédérale et une loi de l’Etat, et elles ne sont pas toujours identiques. Les Etats gardent très jalousement leur identité individuelle, et ne sont en aucune manière totalement assujettis à la seule loi fédérale. Ils ont largement leur mot à dire dans la manière de diriger le pays.
Dans l’ancienne Union soviétique, les membres indépendants de la fédération ont, théoriquement, pleinement leur mot à dire sur la manière dont leur Etat est gouverné, même si la Russie occidentale et Moscou exercent encore un certain contrôle sur les Etats les moins développés. Et il existe également beaucoup de conflits au niveau de la politique locale pour maintenir ou rejeter l’ancien régime communiste. Certains sont encore communistes au fond d’eux-mêmes. Le changement prendra du temps. Si vous regardez la Constitution de Russie et la Constitution américaine vous verrez qu’elles présentent une similitude étonnante. Elles croient aux mêmes valeurs. Les deux pays sont de sixième rayon. Ils pensent tous deux avoir la liberté. Ils pensent également avoir la justice, car leur but théorique est la liberté et la justice. Aux Etats-Unis il existe un certain degré de liberté, mais peu de justice sociale. En Russie, sous le régime soviétique, il existait une certaine justice sociale, mais pas de liberté. Les deux pays s’y prennent de manière différente en raison de leurs traditions différentes. Ils en viendront lentement à comprendre que sans liberté on ne peut avoir de justice et sans justice on ne peut avoir de liberté. Elles sont une seule et même chose.
Ces trois modèles de regroupement correspondent au plan de développement de l’humanité, de manière à ce que puisse coexister la plus grande intégration et la plus grande diversité. Ces trois grandes expériences – aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et dans les Etats fédérés de Russie – tendent à l’unité dans la diversité, chacune à leur manière. C’est ainsi que le Plan se met en place.
Naturellement, il existe beaucoup d’échanges entre ces nations. Etant donné qu’elles forment un triangle, les forces, les énergies de la Hiérarchie s’écoulent à travers elles. Elles constituent les trois groupes les plus importants dans le monde pour les deux mille cinq cents années à venir et elles apporteront une transformation complète de l’humanité. Les rayons ou les énergies de ces pays apporteront le changement : en Grande-Bretagne, l’énergie de deuxième rayon d’amour-sagesse au niveau de l’âme et l’énergie de premier rayon de pouvoir ou de gouvernement au niveau de la personnalité ; aux Etats-Unis, le deuxième rayon d’amour-sagesse au niveau de l’âme et le sixième rayon de l’idéalisme ou de la dévotion au niveau de la personnalité ; et en Russie, le septième rayon de l’organisation et du rituel au niveau de l’âme et le sixième rayon de l’idéalisme ou de la dévotion au niveau de la personnalité. Ces rayons joueront leur rôle à travers ces trois groupes. De temps en temps les habitants des autres nations s’incarneront dans les groupes britanniques, américains ou russes et en temps voulu, ceci amènera une unification dans le monde, avec le maximum de diversité et de liberté pour tous les peuples.
Q. Quel est le but de ces différents développements ?
R. Chaque race possède sept sous-races et toutes les nations d’aujourd’hui font partie de la cinquième race racine. L’Europe et les Etats-Unis représentent la cinquième sous-race de la cinquième race racine. Parmi ces gens, particulièrement aux Etats-Unis, se développe lentement le noyau de la sixième sous-race de la cinquième race racine. La cinquième sous-race exprime les qualités de cinquième rayon du mental concret inférieur. Ceci a permis l’avancée de notre technologie. La sixième sous-race exprimera finalement l’aspect mental supérieur que l’on appelle intuition.
Ce que nous appelons science est, du point de vue des Maîtres, l’activité du mental inférieur, mais par inférieur ils ne veulent pas dire de moindre importance. Il s’agit simplement de l’aspect inférieur du mental, utilisant le cerveau et créant la science d’aujourd’hui, la science concrète.
Il existe trois types de sciences. Il y a la science concrète, la technologie et il y a la science du mental supérieur, philosophique, théorique et abstraite, la science d’Einstein, par exemple. Il existe également la science de la psyché ou de la magie blanche que les Maîtres utilisent. C’est la même science que les autres mais elle est intangible, bien que l’on puisse en voir les résultats.
Un Maître vient dans une pièce. Comment est-il passé à travers le mur ? Il apparaît soudain. Il le fait en utilisant la magie blanche, et il disparaît en utilisant la même science. Il crée quelque chose dans sa main – ou comme Saï Baba crée de la vibhuti lorsque vous tendez votre main. C’est la même science psychique, une science utilisant un niveau différent d’équipement psychique. Toutes ces sciences sont l’application de la connaissance et de la pensée à différents niveaux. Toutes sont liées au principe fondamental selon lequel tout dans l’univers manifesté est énergie et l’énergie suit la pensée.
Comme je l’ai dit, la sixième sous-race développera l’intuition, la connaissance de l’âme, qui descend à travers le cerveau dans la conscience. La fonction du mental inférieur est de raisonner, de distinguer une chose d’une autre. Vous savez à partir de l’expérience, vous faites des équations. L’intuition se situe au-delà de la pensée. C’est la fonction de l’âme avant qu’elle soit descendue au niveau de la pensée. L’âme sait sur son propre plan et, à travers le système nerveux, elle peut faire connaître ce qu’elle sait. Vous savez sans avoir besoin de penser.
Ainsi, ce groupe deviendra apte à l’usage de l’intuition et ce sera un grand pas en avant pour l’humanité.
Se débarrasser de la culpabilité
Q. Parmi les priorités de Maitreya figure « la suppression de la culpabilité et de la peur ». Vous avez parlé de la peur. Pourriez-vous parler un peu de la manière de se débarrasser, de surmonter la culpabilité ?
R. La culpabilité et la peur sont très liées. La culpabilité est le résultat de la peur. La situation fondamentale qui crée la peur crée également la culpabilité. La peur est celle d’avoir péché. C’est le résultat de l’enseignement erroné donné par les mouvements chrétiens depuis deux mille ans, qui a inculqué un sentiment de peur et de culpabilité chez un milliard de chrétiens. A chaque incarnation, ils ont trouvé la même chose – la peur engendrant la culpabilité et la culpabilité engendrant la peur, et le terrible effet sur le sentiment d’estime de soi causé par cet enseignement. Cela, ajouté aux innombrables vieilles superstitions qui emplissent l’esprit des gens des autres traditions religieuses, fait de la peur et de la culpabilité un puissant blocage sur le chemin de l’éveil de la conscience.
Une grande partie du temps de Maitreya sera consacrée à éradiquer la peur et la culpabilité de l’humanité. Il ne se contentera pas de les faire tout simplement disparaître comme par enchantement, c’est son enseignement qui est conçu pour les éradiquer. Il vous a indiqué la voie ; vous la connaissez déjà. La manière de faire disparaître la peur et la culpabilité, c’est de pratiquer les trois techniques suggérées par Maitreya. Inculquez, acquérez, cultivez l’honnêteté du mental, la sincérité du cœur et le détachement. Si vous le faites de manière assidue et correcte, vous parviendrez au détachement dans lequel la peur et la culpabilité disparaissent.
Si vous êtes détaché, vous êtes libéré de la culpabilité et de la peur. Autrement c’est impossible. La peur et la culpabilité viennent de l’attachement. Si vous êtes attaché à vos croyances – en tant que chrétien, musulman ou bouddhiste – et que vous faites des choses qui sont contraires à ces croyances vous vivez dans la culpabilité et la peur. Par exemple, on dit aux catholiques qu’ils ne devraient pas avoir de relations sexuelles en dehors du mariage, et que même mariés, ils ne devraient pas utiliser la contraception. Cependant des millions de catholiques le font et ils vivent dans la culpabilité attachée à leurs actes.
Pour les catholiques il existe une immense lutte intérieure. Doivent-ils obéir aux injonctions de l’Eglise ratifiées par le pape selon lesquelles on ne doit pas avoir de relations sexuelles en dehors du mariage, on ne peut se marier deux fois à l’église, et la contraception est un péché ? Si les catholiques croient ce que dit le pape, ils sont en difficulté car leur bon sens leur dit qu’il ne s’agit pas d’actions mauvaises ou de péchés, mais de choses naturelles et normales. Ils ont la culpabilité et la peur du châtiment inscrites en eux.
Maitreya fera disparaître le sentiment de culpabilité et de peur dans lequel vit l’humanité par un appel au bon sens. Vous pouvez faire disparaître ce sentiment en vous-même en pratiquant le détachement. C’est uniquement une question de détachement. Si vous êtes attaché à votre châtiment parce que vous en avez peur, vous vous sentez coupable. Si vous n’êtes pas attaché, il n’existe ni peur ni culpabilité.
Certaines actions sont mauvaises, mais elles peuvent être corrigées. La loi du karma corrige toutes les actions. C’est une grande loi bénéfique. Lorsque vous accomplissez quelque chose de destructeur, cette action est transformée par l’effet que vous avez amené sur vous-même en raison de la loi du karma. C’est un effet, ce n’est pas un châtiment.
La loi du karma ne fait pas de vous des coupables, elle vous dit seulement : « Vous récolterez ce que vous avez semé. » Vous avez certaines pensées, vous accomplissez des actes. Les effets qui découlent de ces causes que vous avez mises en mouvement font que votre vie est bonne ou mauvaise. Une partie sera bonne, une autre partie sera douloureuse. Mais c’est le résultat de votre action. Il n’existe pas de châtiment. Il y a le karma qui est la loi de l’équilibre « Vous récoltez ce que vous semez ». En permettant aux gens de comprendre véritablement la loi du karma, Maitreya la rendra réelle pour eux. Ils réaliseront que la meilleure action est une action empreinte d’innocuité, car ainsi vous récoltez des résultats positifs, des résultats créateurs, de bons résultats. Vous avez un bon karma.
Comment présenter le groupe travaillant pour la Réapparition ?
Q. Le but principal de ce groupe est-il toujours de parler de la Réapparition ?
R. Que pourrait-il être d’autre ? Ce groupe n’en serait pas un s’il n’avait pas ceci comme but principal. Il s’agit de communiquer l’information la plus importante qui ait jamais été donnée : le Christ revient dans le monde ! Que pourrait-il y avoir de plus grand, de plus important ? Comment le travail de ce groupe pourrait-il être différent après toutes ces années ? Avez-vous vu Maitreya ? Le monde sait-il réellement que Maitreya est présent, entouré d’un groupe de Maîtres ?
D’après mes informations, environ trente millions de personnes le savent, ont entendu cette histoire, et environ vingt millions ont l’esprit ouvert et pensent que ce pourrait être vrai. Cela fait deux personnes sur trois parmi celles qui sont au courant. C’est un chiffre significatif. Environ deux millions de personnes sont absolument convaincues que c’est vrai. C’est une petite minorité mais c’est encore un chiffre très significatif. Heureusement vous n’avez pas à présenter l’histoire à tout le monde pour créer une conviction chez un grand nombre de personnes. Un certain nombre de personnes suffisent pour mettre le monde au courant. Par leur travail et leurs formes-pensées se dirigeant dans toutes les directions, elles peuvent créer un sentiment beaucoup plus vaste de l’événement.
C’est donc encore, et cela a toujours été, le travail de ce groupe d’annoncer la Réapparition au monde.
Q. En travaillant dans divers groupes d’action politique et sociale qui, selon nous, agissent dans le sens des priorités de Maitreya, notre priorité devrait-elle être de parler de Maitreya ou simplement de soutenir leur action ?
R. Ce n’est pas l’un ou l’autre. C’est une question de bon sens. Comment pouvez-vous travailler de manière constructive et intelligente avec d’autres groupes sans mentionner ce qui caractérise votre propre groupe ? Est-il vraisemblable que vous puissiez passer une partie de votre temps avec des gens partageant vos idées, travaillant pour des priorités identiques à celles de Maitreya sans faire allusion d’une manière ou d’une autre à Maitreya ?
Faites preuve de bon sens. Parfois vous désirerez parler de Maitreya parce qu’on vous le demandera et que vous aurez un auditoire intéressé. D’autres fois vous sentirez que l’occasion n’est pas propice. J’espère que cela ne sera pas trop souvent. Mais il n’y a pas « d’obligation » à le faire. Ce n’est pas une priorité. Si vous travaillez avec d’autres groupes, vous travaillez avec d’autres groupes. Ce n’est pas alors la priorité de parler de Maitreya. Mais si vous le pouvez…
Q. Il existe une diversité d’approche au sein des groupes. Une conférence faite par quelqu’un, par exemple, est-elle une meilleure approche que la projection d’une de vos vidéos, suivie de questions-réponses ?
R. Cela dépend de la personne qui donne la conférence ou présente la vidéo. Utilisez toutes les possibilités. Cela apporte de l’eau au moulin. Utilisez tout ce qui marche. Cependant, mon avis personnel est que ce qui réussit le mieux, c’est s’adresser directement à un individu ou à un vaste groupe de personnes. Aucune présentation de vidéo, à mon avis, ne peut se comparer à l’impact vivant, immédiat, d’une personne s’exprimant du fond du cœur avec une totale conviction. Votre conviction devient la leur. L’énergie que votre pensée exprime, éveille leurs meilleures motivations et leur espoir. Ils se sentent éclairés et souvent, d’une certaine manière, heureux.
Q. Serait-ce une bonne façon d’utiliser notre temps que d’organiser des tables rondes avec trois ou quatre groupes ayant des priorités communes avec Maitreya, en insistant ouvertement sur les différences et les aspects communs de chaque groupe ?
R. Oui, cela pourrait être une bonne manière d’utiliser votre temps. C’est une des nombreuses possibilités. N’y consacrez pas tout votre temps, mais essayez. Essayez et voyez si c’est efficace.
Q. Lorsque nous travaillons avec d’autres organisations, comment nous présenter ? Quel nom utiliser ?
R. Vous pouvez prendre n’importe quel nom ou aucun. Cela n’a pas d’importance. Vous pouvez dire : « Nous n’avons pas de nom. Nous sommes simplement un groupe de personnes. Nous pensons que vos priorités sont justes et les nôtres également et nous parlons ensemble. » Nous n’avons pas besoin d’avoir un nom. Si on vous demande quelle documentation vous avez à proposer, vous pouvez montrer Partage international, mais vous n’êtes pas Partage international, vous êtes vous-mêmes.
Q. Ceci est une question concernant les diverses façons de présenter l’histoire de la Réapparition. S’il est exact que quatre autres disciples majeurs ont refusé de la présenter au public, cette histoire a peut-être jusqu’à présent été présentée selon une seule perspective, c’est-à-dire comme une continuation du travail d’Helena Blavatsky et d’Alice Bailey. Pourriez-vous nous apporter des précisions ?
R. C’est tout à fait vrai, mais je n’ai jamais dit que ces quatre autres personnes étaient des disciples majeurs. J’ai déclaré qu’il y avait quatre autres disciples. Je n’ai pas dit que l’un ou l’autre d’entre eux était un disciple majeur. Cela fait une différence. Aucun d’entre eux n’était en contact avec un Maître. S’ils l’avaient été, ils auraient probablement agi comme je l’ai fait. Si je n’avais pas été en contact avec un Maître et si j’avais reçu l’information comme ils l’ont probablement reçue, je n’aurais peut-être pas agi non plus. Mais j’avais un Maître qui me disait : « Allons, va parler au monde. » Vous ne pouvez imaginer combien c’était difficile. Il n’était absolument pas dans mon idée d’aller parler au monde. Je ne l’aurais jamais fait si je n’avais pas été poussé à le faire. Je ne blâme donc pas les autres de ne pas s’être manifestés. C’est vrai que cette information a été présentée dans une large mesure comme une continuation de l’information donnée par H. Blavatsky et A. Bailey, qui est à mon avis l’information correcte. Je n’aurai jamais pu la présenter d’une autre manière. Je suis imprégné des enseignements d’H. Blavatsky et d’A. Bailey que je crois être les enseignements directs de la Hiérarchie. Je ne m’intéresse qu’à ce que je considère comme la vérité.
Néanmoins cette information pourrait être présentée autrement. Vous pouvez être un chrétien convaincu. Je suis certain que de nombreuses personnes dans les groupes sont chrétiennes. Elles pourraient présenter tout ceci comme le retour du Christ sans avoir besoin de se référer à Alice Bailey ou H. Blavatsky ou à aucun des enseignements donnés. Tout ceci pourrait être présenté de bien des manières différentes. Je ne suis pas ces autres personnes et je ne peux donc présenter les choses d’une autre manière. Mais je suis absolument certain que cela peut être présenté autrement.
Par exemple, les musulmans attendent l’imam Mahdi. Deux Pakistanais furent envoyés à Londres à peu près au moment où Maitreya lui-même y est arrivé. Tous deux avaient rencontré un « saint homme », l’un à Lahore, l’autre à Karachi. Ils ne se connaissaient pas et les saints hommes étaient différents, mais chacun racontait la même histoire. Ils devaient se rendre à Londres pour préparer la voie pour l’imam Mahdi. L’un des deux hommes était journaliste et il était engagé dans le domaine politique. Il déclara : « Non je ne peux pas. J’ai mon travail. Je suis journaliste et je suis membre du parti politique du père de Benazir Bhutto (avant qu’il soit assassiné). Je ne peux en aucune manière m’absenter ». Le saint homme lui avait dit qu’il devrait se rendre à Londres. Il lui avait donné des objets qu’il avait perdus des années auparavant et il connaissait des choses sur sa famille dont seule la famille était au courant. Il s’était présenté comme quelqu’un de très bien informé. Il avait dit : « Si tu ne pars pas, les événements te forceront à partir. »
La même chose est arrivée à l’autre homme, qui était avocat. Il déclara : « Je ne peux partir. J’ai mes fonctions à remplir. » Le saint homme lui répondit : « Si tu ne pars pas, les événements te forceront à partir. »
Finalement M. Bhutto fut assassiné et toute personne ayant un lien avec lui devint suspecte. On recherchait les membres de son parti. Je ne sais pas quel poste occupait le journaliste mais il était lié au parti. Il avait un frère vivant dans la communauté asiatique de Londres. Il renonça à son travail, vint à Londres et travailla dans un journal pakistanais. L’avocat, dans l’intervalle, vit son étude péricliter et avant que les choses n’aillent trop mal, il la vendit et partit lui aussi pour Londres. Ces deux hommes ne se connaissaient pas et ils ne s’étaient jamais rencontrés avant que je ne fasse paraître une annonce sur une pleine page dans un des journaux de la communauté asiatique de Londres, disant que l’imam Mahdi était de retour dans le monde et vivait dans la communauté asiatique de Londres. L’information fit le tour de la communauté. Les deux Pakistanais la lurent. Il se trouva que le frère de l’un d’entre eux connaissait l’autre. Il les invita tous les deux et ils découvrirent qu’ils avaient vécu exactement la même expérience. Dans des villes différentes, des saints hommes différents leur avaient donné des instructions identiques. Ils décidèrent donc de me contacter et je les rencontrai. En mai 1982, j’annonçai que Maitreya se trouvait dans la communauté asiatique de Londres et que si des journalistes bien connus faisaient l’effort de le chercher, il viendrait vers eux. J’espérais que de nombreux journalistes étrangers le feraient et je demandai à ces deux hommes de leur servir de guides dans la communauté asiatique plutôt fermée et ils acceptèrent.
Cependant, celui qui était journaliste se contenta d’attendre que Maitreya vienne lui taper sur l’épaule. L’autre lut tout ce qu’il put trouver sur l’imam Mahdi et devint finalement un musulman fondamentaliste. Depuis, il a écrit un livre sur la venue dans le monde de l’imam Mahdi.
Vous pouvez présenter cette information à la manière des chrétiens, des musulmans, des bouddhistes. Le Bouddha Maitreya est attendu par tous les bouddhistes. Les bouddhistes japonais pensent qu’il faudra encore attendre cinq milliards six cent soixante-dix millions d’années, donc pour eux rien ne presse. Tout ceci peut également être présenté comme se référant à Krishna, à l’avatar Kalki, ou au messie juif. Tous font référence à Maitreya, qu’on le sache ou non.
Je présente les choses selon la version de la Hiérarchie, que je crois être la mieux documentée, la plus exacte, la plus profonde, la moins déformée. Toutes les versions religieuses sont déformées dans une certaine mesure. Elles ont traversé des centaines ou des milliers d’années avant de nous parvenir et elles sont toutes déformées. Tous les textes sacrés sont affadis dans une certaine mesure. A mon avis, ce n’est que dans l’enseignement ésotérique que nous recevons l’information exacte.
Ce qui est le mieux, c’est d’être en contact avec un Maître. Vous n’avez pas besoin de livres ni d’autres enseignements. Vous pouvez parler directement. Mais c’est rare, vraiment assez rare.
Les Nations unies
Q. Vous avez déclaré que certains problèmes ne seraient résolus qu’après l’émergence de Maitreya. Est-ce également vrai pour la réforme des Nations unies ?
R. Les Nations unies ne sont pas encore dans une humeur favorable pour entreprendre l’extraordinaire réforme consistant à se débarrasser du droit de veto. Il n’existe pour l’instant aucune chance que les Etats-Unis renoncent à l’usage de ce droit et je dirais la même chose de la Grande-Bretagne, de la France, de la Russie et de la Chine. Tous ces pays aiment le droit de veto et le pouvoir qu’il leur donne.
En ce qui concerne la restructuration des Nations unies, je ne pense pas que quoi que ce soit arrivera avant que Maitreya ne soit véritablement établi et que sa vision des choses soit reconnue. Les Nations unies ne pourront en aucune manière parvenir à une véritable démocratie tant que la pression du Conseil de sécurité et du droit de veto perdurera, et que la voix démocratique de l’Assemblée générale ne sera pas entendue. Je ne m’attends pas à une réforme avant que Maitreya ne soit accepté et que ses pensées, ses idées et ses priorités ne guident l’humanité. Je pense que sa présence sera nécessaire pour que les choses changent.
Le krach boursier
Q. Faudra-t-il un krach boursier pour que des changements se produisent et que nous assistions à une transformation de l’Organisation mondiale du travail, du Fonds monétaire international, de la Banque mondiale, et du Conseil de sécurité des Nations unies ?
R. Je pense qu’il faudrait de sérieuses perturbations dans les marchés boursiers actuels, pas nécessairement un krach total, mais des perturbations très sérieuses pour changer l’opinion des principaux gouvernements – ceux du G8 – et pour apporter ces réformes. Rien n’arrivera à la Banque mondiale ni au Fonds monétaire international tant qu’il n’y aura pas une perturbation majeure des « réalités » économiques actuelles. Nous voulons la vraie réalité. Tout est actuellement illusoire et nous voulons que les choses soient claires. Cela viendra lorsque les pressions économiques seront suffisamment fortes.
Le pouvoir politique du peuple
Q. Comment les gens peuvent-ils obtenir davantage de diversité dans la représentation politique ?
R. Les gens doivent faire connaître leurs exigences et agir. Vous devez agir. Maitreya dit : « Rien ne se fait tout seul. L’homme doit agir et manifester sa volonté. » Si nous voulons la mise en place du partage, nous devons forcer les gouvernements à l’accepter. Les gouvernements sont là pour servir le peuple et ils continueront à le faire à leur manière. Mais si vous voulez le changement, si vous voulez davantage de représentation, vous devez l’imposer aux gouvernements. Je suis certain que les gens veulent davantage de représentation, ce qui signifie retirer une partie du pouvoir des quelques mains qui, dans la plupart des cas, détiennent les rênes du gouvernement dans le monde. Ceux qui détiennent le pouvoir ne vont pas y renoncer volontairement. Mais lorsque le peuple l’exigera, lorsqu’il y aura chaque jour une manifestation, lorsque des milliers, des centaines de milliers de gens rempliront les squares et les rues des villes et refuseront de bouger, ils pourront alors forcer la main de n’importe quel gouvernement. Nous l’avons déjà vu.
Q. Est-ce qu’une constitution garantit les droits du peuple ?
R. Cela dépend du système. En Grande-Bretagne nous n’avons pas de constitution et nous avons un système de gouvernement relativement juste.
Aux États-Unis les gens parlent beaucoup de la constitution et des droits de l’homme, mais en pratique les droits garantis par la constitution sont enfreints par le gouvernement actuel. Toute forme d’autocratie dans le monde se conduit de la même manière quelle que soit la constitution.
Q. Y a-t-il des gouvernements qui commencent à penser au partage ?
R. Aucun des gouvernements d’aujourd’
hui n’est engagé dans le processus du partage des ressources mondiales. C’est la seule chose qui pourrait sauver le monde, mais ce n’est jamais envisagé comme une idée sérieuse. Toute autre méthode a été essayée et a échoué, et ceci a inévitablement mené aux difficultés que nous connaissons et à la guerre.
Une nouvelle politique
Q. Les formes de gouvernements des présidents Castro, Chávez, Morales sont-elles différente des démocraties occidentales ?
R. Castro est le dernier des vieux dirigeants communistes et il a dirigé Cuba pendant environ cinquante ans. Chávez est quelque peu différent et Morales également. Le monde a changé. Castro appartient à la vieille école communiste. A mon avis, il est un peu dépassé.
Chávez, qui est, c’est le moins que l’on puisse dire, un type de président peu conventionnel, a de brillantes idées, dont certaines peuvent sembler assez inhabituelles, mais elles suivent une certaine ligne. Il vient du monde en développement. Le Venezuela était, avant la découverte du pétrole, un pays très pauvre. Maintenant c’est un pays riche avec une immense réserve de pétrole et il est devenu soudain important, notamment pour les Etats-Unis. Les Américains n’aiment pas le ton du gouvernement de Chávez, il est beaucoup trop à gauche pour ceux qui sont au pouvoir actuellement aux Etats-Unis et qui n’aiment pas le voir à leur porte. Il ressemble trop au gouvernement d’Allende, au Chili, dont la CIA se débarrassa. Aussi les Américains donnent-ils des millions de dollars pour soutenir les forces d’opposition au Venezuela, afin d’exercer autant de pression que possible sur le gouvernement Chávez et d’essayer ainsi de le saper. Il y a de nombreuses riches organisations de droite, des groupes, des hommes d’affaires au Venezuela qui sont heureux d’avoir ces millions de dollars pour leur propagande et leurs groupes de pression, afin de contrer ce qui leur semble la force révolutionnaire du gouvernement Chávez. Pendant ce temps, Chávez lui-même fait un voyage à travers le monde et établit des contacts avec de nombreux gouvernements.
En Grande-Bretagne, notre soi-disant New Labour représente un pourcentage minime d’idées travaillistes et de franc-jeu et un large pourcentage, quatre-vingt pour cent peut-être, de mercantilisme reposant sur les forces de marché. Maitreya dit que les gouvernements qui suivent aveuglément les forces de marché conduisent leur peuple à la destruction. Et c’est exactement ce qui se passe dans le monde. Les forces de marché en raison de leur nature même sont en train de tuer notre civilisation. Vous pouvez observer ce principe destructeur, le mercantilisme, chassant du processus économique mondial tout ce qui est sain, tout ce qui est juste, tout ce qui relève du bon sens. Ce principe trouve le moyen de transformer tout ce qui relève du gouvernement, comme la santé et l’éducation, ainsi que les êtres humains eux-mêmes en pions des forces de marché.
Chávez et Morales ont des formes de gouvernement légèrement différentes. Il existe dans le monde de nombreuses formes de gouvernement. Certaines sont démocratiques, d’autres sont semi-démocratiques, et d’autres nettement antidémocratiques. Avec le temps le monde sera unifié. Les énergies du Verseau apporteront inévitablement une plus grande synthèse, mais aujourd’hui les énergies des Poissons dirigent les gens dans différentes directions.
Q. Voulez-vous dire un monde unifié sous un seul système politico-économique ?
R. Vous pouvez avoir un monde unifié à la manière américaine, suivant le système économique américain, aligné sur les forces de marché et basé sur la compétition, un système servant au mieux les intérêts d’un petit nombre et mal ceux de la majorité, et créant ainsi de véritables schismes, beaucoup d’angoisse, et finalement le terrorisme et la guerre, comme c’est le cas aujourd’hui. Vous pouvez penser que nous pourrions essayer d’unifier le monde, dans le sens d’un empire américain, d’une pax americana. Vous pouvez imaginer que tout le monde voudrait adopter la conception américaine de la démocratie, et que, d’une manière ou d’une autre, les choses continueraient de la même façon, sur la voie de la compétition avide, sans que cela conduise à la guerre. Mais c’est une illusion. Cela n’arrivera jamais.
Nous connaissons la guerre et le terrorisme parce que la vision américaine appartient au passé. Le monde a été poussé par la domination économique des Etats-Unis à des formes de gouvernements et de relations qui seront absolument impossibles dans l’avenir. La compétition impliquée dans ce système n’engendre pas la bonne volonté, car elle est liée uniquement au passé et n’a rien à offrir à l’avenir. Nous avons besoin de la bonne volonté, mais la compétition n’engendre pas la bonne volonté ; c’est tout le contraire. Elle engendre ce que vous pouvez imaginer, la lutte pour les marchés et le désir de l’emporter sur les autres. Tout cela mène à la confrontation et finalement à la guerre, une guerre après l’autre. C’est la voie du passé.
Il s’agit réellement de faire un choix entre la compétition et la coopération. La coopération est la voie de l’avenir, et la seule voie qui puisse servir l’humanité.
Q. Pourquoi les gouvernements semblent-ils si inefficaces aujourd’hui ?
R. Les gouvernements savent seulement agir en employant les méthodes du passé et celles-ci ne sont plus valables. C’est la raison pour laquelle il n’existe aujourd’hui aucun gouvernement dans le monde qui puisse véritablement gouverner. Ils font de leur mieux et tous échouent car ils utilisent des méthodes dépassées. Une seule chose – la dernière qui leur vienne à l’esprit – changerait l’impasse dans laquelle tous se trouvent, c’est d’inaugurer un système de partage.
Dès qu’ils le feront, ils créeront la confiance qui les rendra capable de traiter tous les autres problèmes dans un esprit de coopération. Seule la coopération peut en effet résoudre les problèmes. On ne peut imposer des solutions aux nations qui n’en veulent pas. Les problèmes ne pourront être résolus que par la coopération, lorsque la confiance engendrée par le partage sera présente et permettra de procéder à des changements. La bonne volonté générée par la confiance permettra de résoudre des problèmes qui semblent aujourd’hui insolubles.
Q. A la conférence de New York, vous avez dit : « Nous devons nous sauver nous-mêmes » ce qui a été très apprécié. J’ai trouvé cette expression très unificatrice dans le contexte de la Réapparition, parce qu’elle répondait à certaines préoccupations ou projections concernant l’Instructeur mondial en tant que sauveur.
R. Cette question présente deux aspects. L’un est général, l’autre est personnel. Maitreya vient pour inciter l’humanité à sauver la planète et l’empêcher de se détruire elle-même. C’est par ses enseignements qu’il s’efforce de nous inciter au changement. C’est ce que la plupart des gens attendent de lui en tant que « sauveur ». Mais nous devons faire le travail nous-mêmes. Comme il l’a dit il y a longtemps, chaque pierre, chaque brique doit être mise en place par l’humanité elle-même [Agni Yoga : Les feuilles du jardin de Morya]. Il a dit également : « Je suis seulement l’architecte, vous êtes les constructeurs volontaires du Temple de la Vérité » [Messages de Maitreya le Christ].
Le second aspect concerne sa relation avec chaque individu. Dans ce cas, il n’est pas un Sauveur qui sauvera l’humanité du résultat de ses péchés. Mais cela n’a aucun lien avec le péché. Il s’agit d’une transformation de soi. Nous nous changeons nous-mêmes et nous entrons dans le processus du salut. C’est un processus qui se fait par étapes successives.
Nous nous sauvons nous-mêmes en répondant aux enseignements et avant tout en les appliquant. Vous pouvez entendre les enseignements et ils restent des enseignements, comme ils l’ont été pendant deux mille ans pour des millions de personnes. Les enseignements de Maitreya, transmis à travers Jésus, que les gens ont entendus et consignés dans la Bible, ont été écartés ou restent encore aussi pertinents aujourd’hui qu’ils l’étaient alors, mais ils n’ont pas été appliqués.
Si vous n’appliquez pas les enseignements, s’ils ne sont pas une force dynamique en vous, et par conséquent une force de changement, vous n’êtes pas sauvés. Correctement appliqués, jour après jour, semaine après semaine, année après année, les enseignements nous transforment progressivement. Nous nous rapprochons de notre âme, nous absorbons en nous-mêmes davantage d’énergie, davantage de lumière venant de l’âme. Nous apportons davantage de matière subatomique dans nos corps, les transformant ainsi, les spiritualisant et les rendant de plus en plus parfaits. C’est cela se sauver soi-même – ressembler de plus en plus à l’âme.
L’âme cherche à s’exprimer à travers son véhicule, l’homme ou la femme, mais ces derniers doivent répondre aux enseignements. C’est la raison pour laquelle l’Instructeur vient, pour nous rappeler une fois encore les lois : la loi du karma, la loi de renaissance et la loi d’innocuité. Nous devons appliquer ces lois correctement, de manière dynamique dans nos vies, elles ne doivent pas simplement rester une idée dans notre tête dont nous ne faisons rien. S’il s’agit seulement d’un souvenir dans le cerveau, c’est inutile. Nous devons réellement appliquer cet enseignement, en faire un levain qui nous transforme. Il nous élève et nous transforme peu à peu. Nous devons changer en mettant l’enseignement en pratique.
Il ne s’agit pas de connaissance en soi, mais d’une réponse instinctive à la dynamique de l’enseignement. Il s’agit d’un processus, pas seulement de mots, de sermons, de quelque chose dont il faut se souvenir. Peu importe que vous vous souveniez ou non des mots. Ce qui importe, c’est que le contenu de cet enseignement devienne un processus actif dans votre vie, et vous conduise d’un niveau de conscience à un autre, d’une initiation à une autre, et finalement à la perfection. C’est cela être sauvé et personne ne peut le faire à votre place.