Un point de vue sur le monde

Partage international no 221février 2007

Le 20 mars 2006, dans l’après-midi, en me rendant de Tolmin à Ljubljana, j’ai pris un auto-stoppeur. J’étais plongé dans mes pensées, et je ne pris guère le temps de le regarder lorsqu’il monta dans la voiture, mais j’eus l’étrange sentiment de le connaître. Suivant mon impulsion, je le regardai à nouveau rapidement et je croisai ses yeux bleu clair brillants. Il m’adressa un sourire chaleureux.

Nous restâmes plutôt silencieux, jusqu’à ce qu’il me pose une question au sujet de ma voiture. Il semblait très à l’aise, et nous nous mîmes bientôt à parler d’une chose et d’une autre. Confortablement assis auprès de moi, il avait l’air très calme. Il était vêtu simplement et il avait des cheveux bruns et une barbe. Il émanait de lui une agréable odeur de feu de bois. Il m’apprit qu’il habitait un petit village dans les collines, où il menait une vie simple et agréable. Par la suite, il me dit qu’il projetait de retourner en ville plus souvent, même s’il n’aimait pas la manière de vivre agressive et compétitive qui y régnait.

Peu à peu, notre conversation devint de plus en plus intéressante. Il déclara que la science et la technologie avait tellement progressé qu’il serait bientôt possible de produire des voitures presque aussi rapides que des fusées. Je répondis qu’il serait préférable que l’industrie automobile recherche des moyens de produire des voitures moins polluantes. Je fus surpris de son approbation enthousiaste. A partir de ce moment-là, nous commençâmes à parler des problèmes du monde d’aujourd’hui.

Il fit des commentaires sur la guerre en Irak, affirmant qu’il était absurde que les Etats-Unis envoient leurs enfants mourir pour du pétrole. Il déclara que l’intérêt principal de cette guerre était d’empêcher un krach boursier. A ce moment-là, mon cœur se mit à battre plus fort, et pour la première fois je me demandai si cet homme n’était pas Maitreya. Je lui demandai de préciser sa pensée et il répondit que cette guerre aidait l’industrie américaine de l’armement, et donc l’économie américaine qui sinon se serait effondrée, ce qui selon lui était sur le point d’arriver avant cette guerre.

Je me souvins de ce que j’avais lu au sujet des marchés boursiers dans Partage international et je dis que les marchés boursiers avaient transformé le monde d’aujourd’hui en un casino mondial. Il acquiesça et déclara que ce système était très injuste et que le manque de justice était le principal problème aujourd’hui. Tant de gens travaillent dur et gagnent si peu, alors que d’autres peuvent être immensément riches, sans contribuer en quoi que ce soit au bien de la communauté. Il souligna le fait que ce problème ne pourrait être résolu que par la justice et le partage. Selon lui, les marchés boursiers allaient bientôt s’effondrer, en dépit des efforts d’un groupe de gens très habiles et très intelligents qui les soutenaient par leurs stratagèmes.

Il me dit ensuite combien ce problème était visible en Slovénie : « Des travailleurs construisirent de nouvelles usines après la Seconde Guerre mondiale et contribuèrent au développement de celles qui existaient déjà. Ils firent de grands sacrifices. Et maintenant ceux qui étaient suffisamment habiles se sont emparés de ces usines par une simple spéculation. Ceux qui ont travaillé très dur n’ont maintenant plus rien. »

Il me demanda ce que je faisais. Je lui répondis que j’étais psychothérapeute. Il déclara qu’il faisait quelque chose de similaire : « Je parle aux gens et leur vie commence à changer sans même qu’ils le remarquent. » Il me dit que si je voulais être heureux, je devais donner, simplement donner aux autres tout ce que j’avais et qui ne m’était pas nécessaire. Ainsi la vie pourrait circuler et je ne manquerais jamais de rien.

Je lui demandai quelle était sa profession et il me répondit qu’il était économiste. Je lui demandai s’il existait une alternative à la manière dont fonctionnait aujourd’hui l’économie. Il sourit et fit un geste de la main – désignant le cœur puis la bouche, et répétant ce geste à plusieurs reprises. Je lui demandai de m’expliquer ce que cela signifiait. « J’appelle cela l’handonomie », dit-il. Il déclara que cela existait déjà dans le monde. Des groupes de gens échangent des services entre eux. Quelqu’un possède tel ou tel savoir-faire, ou telle ou telle connaissance, et il peut faire certaines choses, alors que quelqu’un d’autre peut faire autre chose. Et ils échangent et partagent ce qu’ils ont et ils peuvent le faire sans intermédiaire (une forme de troc, si j’ai bien compris).

Vers la fin du trajet, je lui demandai comment un changement pouvait se produire dans le monde. Il répondit que les gens devaient parler de ce genre de choses et les répandre. L’idée se transmet d’un individu à l’autre et de cette façon le nombre de personnes intéressées grandit. Mais il est particulièrement essentiel que les gens vivent ce dont ils parlent. Ce que vous réalisez n’est pas tellement important. Le plus important, c’est ce que vous êtes et que vous soyez honnête envers vous-même. Alors les choses peuvent arriver. Ceci est en soi une force puissante et peut produire un changement dans le monde.

Lorsque nous arrivâmes à destination et qu’il descendit, je le regardai une dernière fois et il agita la main en signe d’adieu. Je me sentis inspiré et ne cessai de penser à cette rencontre et à ce qu’il m’avait dit. J’éprouve encore le même sentiment aujourd’hui, en rédigeant cette lettre.

Cet homme était-il Maitreya ?

T. F., Ljubljana, Slovénie

[Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que « l'auto-stoppeur » était en fait le Maître Jésus.]

Slovénie
Date des faits : 20 mars 2006
Thématiques : signes et miracles
Rubrique : Courrier des lecteurs (Cette rubrique est alimentée par une réserve importante de courriers confirmés par le Maître de Benjamin Creme comme relatant de véritables rencontres avec des Maîtres, ou un « porte-parole », non encore publiés. S’y ajoutent d’autres courriers, plus récents, qui n’ont pas pu être vérifiés.)