Partage international no 139 – mars 2000
L’Organisation mondiale du commerce (OMC), créée en vue de résoudre les litiges commerciaux et d’encourager le libre échange, a tenu sa rencontre ministérielle à Seattle (Etats-Unis), au milieu de manifestations ayant regroupées notamment des étudiants, des écologistes et des membres de syndicats. Cette rencontre, et tout ce que le mot « Seattle » implique à présent, est considérée par beaucoup comme le point de départ d’un vaste mouvement populaire, exigeant que s’exerce la démocratie, la transparence et l’honnêteté dans le commerce.
Les protestations sont nombreuses et portent sur quantité de sujets. Sur le front du travail, l’union des travailleurs de l’acier veut éviter l’effondrement des cours de l’acier, aux Etats-Unis, qui mettrait des emplois en danger. Les syndicats souhaitent également que l’OMC exerce des sanctions à l’encontre des pays ayant recours au travail des enfants ou autorisant des salaires extrêmement bas. Certains pays en voie de développement considèrent ces sanctions comme du « protectionnisme ».
Des écologistes, comme le Sierra Club, la national Wildlife Federation et les Amis de la Terre craignent que des accords sur le commerce mondial entravent les efforts des gouvernements en vue d’imposer des restrictions environnementales sur les importations, en particulier celles destinées à protéger les tortues de mer et la qualité de l’air.
Le Centre pour la science dans l’intérêt public et d’autres groupes de consommateurs s’opposent à l’exportation du bœuf traité aux hormones, une pratique qui recueille l’accord de l’OMC. Les organisations de consommateurs, en Amérique du Nord et en Europe, estiment que les gouvernements devraient se préoccuper davantage de la sécurité alimentaire que du libre échange.
Une des leçons tirées par les manifestants semble être que l’OMC doit être prête à ouvrir le processus de ses négociations à l’opinion publique. Il se peut que les problèmes impliqués ne soient pas faciles à résoudre, mais les manifestations organisées à Seattle par des millions de jeunes démontrent l’intérêt des nouvelles générations envers l’avenir de notre planète et la prise de conscience que la recherche implacable du profit par les sociétés commerciales porte atteinte à notre société. Les bureaux des sociétés commerciales du monde ont dû entendre ce refrain : « Quel monde ? Notre monde ! »
Lieu : Seattle, Etats-Unis
Sources : New York Times ; New York Daily New, Etats-Unis
Thématiques : Société, environnement, Économie
Rubrique : Divers ()
