Initiatives environnementales aux Etats-Unis

Partage international no 203juillet 2005

Défiant l’administration Bush qui a refusé de signer le Protocole de Kyoto, une coalition bipartite de 132 maires américains a décidé de combattre le réchauffement planétaire au niveau local. Représentant 29 millions de citoyens dans 35 Etats, ces maires se sont engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 7 % au-dessous du taux de 1990, d’ici 2010.

Ces mesures, entreprises par Greg Nickels, maire de Seattle (Etats-Unis), reflètent l’intérêt de ces maires pour la vitalité économique de leur ville. Les villes côtières se soucient de la montée des eaux, la Floride des tornades, et les villes de l’intérieur des effets de la sécheresse.

Chaque localité compte atteindre ces résultats de différentes façons : Seattle pense supprimer les moteurs diesels des bateaux de croisières et n’utiliser que de l’énergie électrique, Salt Lake City aura recours à l’énergie éolienne et New York se tournera vers les véhicules hybrides pour son parc de voitures municipales.

Simultanément, les chefs d’entreprise américaine commencent à envisager une stratégie nationale visant la réduction des gaz à effet de serre, marquant ainsi leur opposition à l’administration Bush qui n’encourage que les contrôles volontaires. La nouvelle position prise par ces chefs d’entreprise est encourageante pour les groupes écologiques qui voient leur engagement comme décisif dans le débat sur le réchauffement planétaire.

Jeffrey Immelt, PDG de la General Electric, la plus grande entreprise des Etats-Unis, a récemment donné un discours intitulé : Le courage de développer des énergies propres. Il déclare que les Etats-Unis doivent changer leur façon de produire et de consommer l’énergie. Il fait remarquer que les Etats-Unis possèdent la technologie et les incitations économiques, mais manquent de la volonté de persévérer. « Ils ont échoué, affirme-t-il, pour exécuter complètement les plans audacieux, relatifs à la technologie et les matériaux respectueux de l’environnement. »

Dans ce but, la General Electric investira 1,5 milliard de dollars par an en faveur de la recherche sur la réduction de la pollution, au lieu des 700 millions actuels, et envisage de réduire ses émissions de 1 % les sept prochaines années. Les deux géants Johnson and Johnson et Citigroup rejoignent la General Electric en investissant dans la recherche et le développement d’énergies propres.

D’autres entreprises progressent dans cette direction. Sous les auspices de la Fondation des Nations unies et de Ceres (une coalition d’actionnaires et d’intérêts environnementaux), 24 actionnaires institutionnels (qui gèrent plus de 3 000 milliards d’actifs) pressent les entreprises américaines d’investir dans des stratégies concernant les changements climatiques.

Etats-Unis
Sources : The New York Times, Etats-Unis
Thématiques : environnement, politique
Rubrique : Tendances (Dans le monde actuel s’affirme une tendance de plus en plus prononcée à la synthèse, au partage, à la coopération, à de nouvelles approches et avancées technologiques pour la sauvegarde de la planète et le bien-être de l’humanité. Cette rubrique présente des événements et courants de pensée révélateurs d’une telle évolution.)