Une conversation en anglais

Partage international no 157septembre 2001

Cher Monsieur,

Le 19 mai 2001, au matin, assis sur un banc de la gare de Gifu-Hashima, j’ai récité de nombreuses fois le mantra des Serviteurs du Monde en attendant mon train. C’était le jour de la conférence de Benjamin Creme à Osaka, où je me rendais afin d’aider à la vente des livres.

Le train était bondé et j’avais déjà parcouru plusieurs wagons à la recherche d’une place libre, lorsque je remarquai un homme assis près d’une fenêtre. M’apercevant, il déplaça son sac à dos, qui se trouvait devant le siège voisin, et m’invita à m’asseoir. Après un instant d’hésitation, je le remerciai de sa gentillesse et pris place à côté de lui. Je fermai les yeux un moment pour retrouver mon calme, puis, désireuse de bien utiliser mon heure de trajet, je me mis à lire Share International (la version japonaise). Quelque temps plus tard, l’homme me demanda en anglais : « Où allez-vous ? » – « Je vais à Osaka pour la journée, répondis-je. Et vous ? »« Je vais passer deux jours à Hiroshima », expliqua-t-il. Il avait l’élégance et la distinction d’un gentleman anglais. Malheureusement, je ne me sentais pas capable de poursuivre longtemps cette conversation : « Je suis désolée, lui dis-je, mais je ne parle pas anglais » – « Et moi, je ne parle pas japonais », répliqua-t-il. Il me dit qu’il ne connaissait que deux mots japonais : arigato (merci) et gomennasai (excusez-moi). Cela brisa la glace entre nous et nous eûmes une longue conversation amicale. Nous avons abordé toutes sortes de sujets : mes enfants, mon voyage en Europe avec ma famille, mon mari et ses vacances de ski au Canada, etc. Il prit une poignée de bonbons dans son sac à dos et m’en offrit. Pendant un instant, je pensai : « Ce serait merveilleux si cet homme était Maitreya. »

Il me dit qu’il travaillait chez Toyota, où il s’occupait du contrôle des véhicules, et que c’était son troisième voyage au Japon. La première fois, il y était resté dix jours, et la deuxième fois, deux semaines. Il ajouta qu’il avait gravi le Mont Fuji la semaine précédente. « Etes-vous allé jusqu’au sommet ? demandai-je. La vue est splendide, n’est-ce pas ? » Il répondit qu’il était effectivement allé jusqu’au sommet, car il adorait faire de l’alpinisme. Sur le moment, je ne me suis pas souvenue qu’en cette période de l’année, le Mont Fuji était interdit aux grimpeurs en raison des conditions climatiques. Je lui ai suggéré de faire l’ascension du Kami-Kochi s’il pouvait prendre un week-end de trois jours, et il me demanda si c’était loin de Nagoya. Je lui ai dit que j’y étais allée lorsque mon fils avait deux ans et qu’il avait marché durant dix kilomètres. « Vous parlez de celui qui a maintenant dix ans ? demanda-t-il. Aujourd’hui, il ferait sans doute le même trajet en courant, n’est-ce pas ? » Nous avons ri en chœur, puis il m’a tendu du papier et un crayon en me demandant d’écrire le nom de cette montagne. J’ai écrit le nom en caractères japonais et latins.

J’ai sorti de mon sac le numéro de mai de Share International, ainsi que le dernier livre de Benjamin Creme, la Grande Approche (tous deux en édition japonaise), et les lui ai montrés. Je lui ai expliqué que M. Creme était un artiste et je lui ai montré le dessin de couverture intitulé « Oracle ». Il eut l’air intéressé et dit en plaisantant que cela ressemblait à « quelque chose » que je n’ai pas compris. Il me demanda si c’était un artiste connu. Comme je ne répondais pas tout de suite, il insista d’un air espiègle : « Alors, alors ? » Je répondis : « C’est une sorte de prophète ». Il reprit son sérieux. « Je vois, dit-il en approuvant de la tête, la Grande Approche » – « Je ne comprends pas l’anglais, mais lorsque mon cœur reçoit le puissant rayonnement du cœur de M. Creme, il devient très chaud. » Ses yeux bleus étaient lumineux et remplis d’amour. Ils semblaient sourire comme pour dire : « Je vous comprends. »

Il me demanda si j’étais déjà allée à Hiroshima et quelle genre de ville c’était. Je ne sais pas pourquoi, je répondis : « J’y suis allée quand j’étais au lycée. Chaque fois que je pense à Hiroshima, j’ai de la peine. Les Japonais n’auraient pas dû faire la guerre. J’ai envie de m’excuser auprès des Chinois, des Coréens et des Américains. » Des larmes me montèrent aux yeux, et j’eus l’impression qu’il me disait : «  Excusez-moi. Vous n’avez pas besoin d’en dire plus. » J’étais déroutée par ma propre réaction.

Il me demanda si j’avais l’intention de me rendre en Angleterre, et pour combien de temps. Je répondis que j’y ferais peut-être un séjour de dix jours l’année prochaine. « Seulement dix jours ? C’est court ! » dit-il d’un ton déçu. Il me demanda l’adresse de M. Creme, mais je ne la connaissais pas. Lorsque le train arriva en gare de Shin-Osaka, je le remerciai pour la place et les bonbons. « Ce n’est rien, dit-il avec un sourire doux et aimant. A une autre fois. » Puis il me fit un signe de la main lorsque je fus sur le quai. Je me suis demandée si je le reverrais vraiment un jour. Pourriez-vous me dire qui était réellement ce jeune homme qui m’a donné une leçon d’anglais pendant une heure dans le train ?

Y. H, Gifu, Japon

[Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que ce jeune homme était Maitreya et que la communication s'était effectuée simultanément sur trois niveaux : conversation normale, télépathie, et réponses en anglais que Maitreya lui a suggérées mentalement.]

Japon
Date des faits : 19 mai 2001
Thématiques : signes et miracles
Rubrique : Courrier des lecteurs (Cette rubrique est alimentée par une réserve importante de courriers confirmés par le Maître de Benjamin Creme comme relatant de véritables rencontres avec des Maîtres, ou un « porte-parole », non encore publiés. S’y ajoutent d’autres courriers, plus récents, qui n’ont pas pu être vérifiés.)