Opposition grandissante au bouclier antimissile américain

Partage international no 152avril 2001

Un certain nombre de pays, notamment la Russie, la Chine et même certains alliés des Etats-Unis en Europe ont manifesté leur opposition au programme national de défense antimissile proposé par les Américains, en disant que ce programme serait une violation du traité antimissile balistique de 1972, et qu’il inciterait à une course mondiale aux armements.

Le président russe Vladimir Poutine et ses conseillers militaires ont exprimé une vigoureuse opposition à ce programme. Un important général russe, Leonty Ivashov, a déclaré que l’initiative américaine visait à donner aux Etats-Unis un avantage stratégique sur la Chine et la Russie qui, à son avis, mènerait à « une nouvelle course aux armements ». En alternative au plan américain, Vladimir Poutine a appelé l’Europe et les pays de l’Otan à s’allier avec la Russie pour développer une défense commune en cas d’attaque, à savoir un système antimissile mobile qui pourrait être déployé rapidement et dirigé vers un Etat menaçant. Vladimir Poutine a déclaré qu’il serait possible de faire face à la menace de missiles venant d’Etats soi-disant dangereux par des moyens de défense coopératifs et limités qui ne violeraient pas le traité antimissile balistique.

Le président chinois, Jiang Zemin, a dénoncé les plans américains de bouclier antimissile, en déclarant que ce système pourrait « saboter l’équilibre stratégique et la sécurité mondiale ».

L’Allemagne fait partie des alliés américains qui ont exprimé des réserves sur la défense antimissile et demandé à Washington de ne pas aller plus avant sans consulter les autres nations.

Le général Jean-Pierre Kelche, chef d’état-major des forces armées françaises, a déclaré : « Je ne pense pas que ce soit la bonne voie. Cette voie est ce que j’appelle la voie du pessimisme, la voie du renoncement à la non-prolifération, qui était au cœur de notre politique commune, la politique de la communauté internationale. »

Le secrétaire du Foreign Office, Robin Cook, a déclaré de son côté qu’il « n’existe aucun signe perceptible », en Grande-Bretagne, d’une menace qui justifierait une telle défense antimissile.

Aux Etats-Unis, le programme anti-missile se poursuit, mais les problèmes techniques sont nombreux. Le système de surveillance par satellite, élément clé du bouclier antimissile, ne pourra être déployé en temps voulu et coûtera plus cher que prévu. De plus, selon un rapport du gouvernement, il peut avoir des points faibles qui n’apparaîtront qu’après la mise sur orbite des satellites. Le Pentagone essaie de développer les éléments d’un tel système depuis le milieu des années 1980, mais la technologie nécessaire n’est pas encore au point.

Etats-Unis
Sources : Los Angeles Times, Boston Globe, Cable News Network, E.-U
Thématiques : politique
Rubrique : Tendances (Dans le monde actuel s’affirme une tendance de plus en plus prononcée à la synthèse, au partage, à la coopération, à de nouvelles approches et avancées technologiques pour la sauvegarde de la planète et le bien-être de l’humanité. Cette rubrique présente des événements et courants de pensée révélateurs d’une telle évolution.)