Prévenir la malnutrition

Partage international no 152avril 2001

Dans les pays en voie de développement, près d’un nouveau-né sur quatre (soit 30 millions d’enfants) souffre chaque année d’un déficit de croissance en milieu intra-utérin entraînant une perte irréversible de ses capacités, qu’il serait tout à fait possible d’éviter. La récente publication du rapport de la Commission sur les défis nutritionnels du XXIe siècle, Mettre un terme à la malnutrition d’ici 2020 : objectifs pour un changement au cours de ce nouveau millénaire, établit qu’au rythme actuel, environ un milliard d’enfants chétifs auront grandi d’ici cette date en présentant une altération de leur développement mental.

Ce rapport propose des initiatives d’envergure, visant à accélérer l’aide afin d’éradiquer la malnutrition chez les enfants d’âge préscolaire, d’ici les vingt prochaines années.

D’après le Pr Philip James, président de la Commission : « La malnutrition peut être vaincue. Une action d’urgence est nécessaire si l’on veut sauver ces enfants de ce fléau qui les menace. » Selon la Commission, c’est un fait avéré qu’une sous alimentation précoce est lourde de conséquences : ces enfants, lorsqu’ils survivent, présentent au cours de leur vie une tendance à l’obésité qui pourra favoriser, chez des millions d’entre eux, le développement du diabète, d’affections cardiaques et de cancers. Le Pr James ajoute que l’héritage irréversible de ces enfants est à la mesure de l’hégémonie du mode de vie occidental et de ses formes de consommation dans les pays en développement.

La Commission, mise en place en 1997 par les Nations unies, recommande que l’ONU joue un rôle clé dans la création de conseils sur la nutrition nationale, dans le monde entier, qui soient les fers de lance de programmes pour le développement de politiques alimentaire et sanitaire et favorise la coopération entre les diverses agences de l’ONU concernées. Elle encourage, en outre, les gouvernements occidentaux, à adopter comme axe de travail prioritaire de leur programme d’aide la suppression de la malnutrition en vue d’éradiquer la pauvreté. Le Pr James conclut par un signal d’alarme : « Les meilleurs pronostics sont pessimistes, si l’on s’en tient à une approche classique du problème. Nous demandons que l’on s’y attaque avec une plus grande détermination, afin de permettre à l’ONU de travailler de manière cohérente au niveau des nations. »

Pour le Pr Richard Jolly, conseiller de l’administrateur du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), « ce rapport montre qu’en dépit des progrès réalisés dans certaines régions du globe et dans certains rayons d’action, la diminution de la malnutrition suit un rythme trop lent pour que soient atteints les objectifs prévus pour cette décennie. Le défi contenu dans ce message de la Commission va de paire avec un calendrier rempli d’espoir. L’élaboration d’actions basées sur des initiatives novatrices peut mettre un terme à cette endémie. Le rapport montre où et comment les Etats et les agences internationales peuvent commencer le travail. »


Sources : Pnud, Etats-Unis
Thématiques : Sciences et santé, Société
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)