Le tremblement de terre qui a secoué Kobe, au Japon, le 17 janvier 1995 à 5 h 45, a provoqué la mort de plus de 5 000 personnes. Le journal japonais Yomiuri Shimbun a évoqué les « visages rayonnant de paix » des victimes et d'autres phénomènes extraordinaires cités dans notre numéro de juillet/août. Notre article faisait suite à une information transmise par Benjamin Creme dans le numéro de mars 1995 de Partage International : « …Au moment de la catastrophe et au cours des jours qui ont suivi, Maitreya a passé beaucoup de temps à Kobe, sauvant de nombreuses personnes qui seraient mortes ou gravement blessées. Il a également aidé certains à franchir le passage de la mort. »
Au cours de la tournée annuelle de Benjamin Creme au Japon, au mois de mai dernier, nous avons été informés des expériences étonnantes vécues par des membres du groupe de méditation de transmission de Kobe/Osaka, durant le tremblement de terre et dans les heures qui ont suivi. Cet article présente leurs témoignages.
Au moment du désastre, Setsuko Hara habitait le quartier Hagashi Nada, une des zones les plus sévèrement touchées de la ville — la deuxième par le nombre de victimes. L'immeuble de deux étages où se trouvait son appartement a été totalement détruit.
Le matin du drame, elle s'est éveillée avant que son réveil ne sonne. Au moment même où elle se retournait pour atteindre son réveil, elle ressentit comme un grondement assourdissant venant des profondeurs de la terre, retentissant jusqu'au plus profond d'elle-même. Pensant immédiatement à un tremblement de terre, elle se couvrit le visage de sa couverture et retint son souffle. Soudain, elle eut la sensation de sombrer dans un état d'esprit indescriptible : « Je me sentais entourée par une sphère ronde et douce, flottant agréablement, rebondissant comme un ballon. Je me sentais très bien et en paix. Je n'ai entendu aucun son ni ressenti aucun choc. » Lorsqu'elle revint à elle, elle entendit la voix de son mari l'appelant : « Est-ce-que ça va ? » Lorsque la moitié du bâtiment avait été instantanément soufflée (murs, toit, etc.), son mari dormait dans la pièce voisine. Il avait ensuite glissé sur le plancher, sur son futon, jusqu'à la chambre de sa femme. Alors elle s'était levée, sa couverture enroulée autour de la tête et avait suivi son mari.
« Il faisait encore nuit. Tout ce que je pouvais voir étaient les pieds de mon mari. Je l'ai suivi, appelant constamment : « Maitreya, Maitreya. » Il y avait devant moi une sorte de sphère lumineuse, qui me précédait, comme pour éclairer mon chemin. Je traînai ma couverture, escaladant la fenêtre et le toit d'un garage attenant, et elle ne s'accrocha ni aux carreaux cassés ni aux débris. Je pensai vaguement combien il était étrange d'escalader la fenêtre d'un appartement situé au deuxième étage pour sortir. »
Setsuko découvrit plus tard que l'encadrement de la fenêtre de son appartement lui avait servi de pont entre son immeuble et le toit du garage voisin qui s'était écroulé. « J'ai senti que j'étais protégée, et j'étais heureuse de faire partie d'un groupe de méditation de transmission », a-t-elle conclu.
Asako Aoyama vit dans le quartier Takarazuka, avec son mari et son fils. L'immeuble de 42 appartements où elle réside a été à moitié détruit, alors que les deux immeubles identiques, situés de part et d'autre, l'ont été entièrement, montrant d'importantes crevasses en de nombreux endroits.
« Ce matin-là, je m'éveillai soudainement. Habituellement, je ne me réveille pas si tôt. Après quelques secondes, j'entendis comme un grondement et je vis les commodes me tomber dessus. » Sa chambre est meublée de plusieurs commodes assez lourdes, placées sur toute la longueur du mur. Chaque tiroir était rempli de vêtements. Plusieurs statues du Bouddha et du Bodhisattva, dont l'une pèse environ 30 kilos, étaient placées sur le dessus des commodes. Il y avait également plusieurs poupées japonaises dans des vitrines, des cadres portant les photos de Maitreya et de Saï Baba, ainsi que d'autres objets empilés les uns sur les autres, presque jusqu'au plafond. Asako et son mari dormaient sur un tatami, à même le sol, devant les commodes.
« Je regardai les ombres des commodes tomber sur moi comme dans un film au ralenti, et ne ressentis aucune peur. Je les regardai tomber jusqu'à ce qu'elles décrivent un angle de 60 degrés environ. Puis, je ne me souviens plus de rien. Lorsque je revins à moi, je me trouvais sous les commodes, mais sans ressentir leur poids. Je n'avais pas de couverture sur la tête ; j'étais donc totalement exposée, et malgré cela, je n'eus aucune blessure. » Elle appela son mari qui dormait près d'elle. Elle dut l'appeler plusieurs fois avant d'entendre sa réponse : « Je vais bien. »
Ils dégagèrent ensemble les commodes et s'en extirpèrent sans aucun problème. « Quand on y pense, cela paraît étrange d'avoir pu repousser ces commodes et les soulever aussi facilement. Normalement, il aurait fallu trois ou quatre hommes pour déplacer ces meubles plein de vêtements. »
Avant de sortir, ils devaient encore chercher le médicament que son mari prenait pour soigner son asthme. « Je cherchai ce remède dans le noir, à genoux sur le sol, parmi les débris de verre, car tout était cassé. Une vitrine remplie de porcelaines chinoises et de verreries, se trouvant dans la pièce adjacente, se renversa et toute la porcelaine se brisa en mille morceaux. Je marchais parmi les bris de verre, pieds nus, entièrement concentrée sur le médicament qu'il fallait retrouver. » Asako descendit dans la chambre de son fils et le trouva sain et sauf, au milieu d'objets brisés.
Ils sortirent un moment, puis finalement revinrent dans leur appartement, avec leurs chaussures, cette fois. Lorsqu'elle vit ce gigantesque chaos, elle n'eut qu'une seule idée en tête, celle de tout nettoyer. Elle saisit rapidement quelques sacs poubelle et commença à y entasser tout ce qui se trouvait autour d'elle, à mains nues. Ils nettoyèrent une grande partie de cet incroyable fatras en trois heures environ, et furent donc en mesure de dormir chez eux la nuit suivante. Tous les voisins avaient dû trouver refuge dans des abris d'urgence. Asako et sa famille étaient les seuls qui restèrent dans l'immeuble cette nuit-là. « Aucun de nous ne fut blessé. Nous n'eûmes même pas une égratignure. Après tout ce nettoyage, mains et pieds nus, je n'avais pas le moindre petit morceau de verre incrusté dans la peau des mains. Je n'ai éprouvé aucune peur. Bien qu'il y ait eu une série de répliques, nous n'avons même pas songé à quitter notre appartement. C'était si étrange ! Je n'ai encore maintenant aucun sentiment de peur. Je suis tout à fait heureuse d'être impliquée dans ce travail de Transmission. Mon mari ne se plaint plus de mon engagement. »
Hiroshi Tonomoto vit à Ashiya, une ville de la banlieue de Kobe, très sérieusement endommagée : « Je me suis réveillé de bonne heure ce matin-là, me sentant plutôt mal à l'aise. Je me levai et me dirigeai vers la salle de bains. Au moment où j'en sortis, la maison commença à trembler. Comme la salle de bains est la pièce la plus sûre de la maison pendant un séisme, j'y restai durant un moment. La secousse devint très forte, et j'ai senti la maison s'incliner d'environ 45 degrés. Après avoir vérifié que ma femme et mon fils qui dormaient au rez-de-chaussée étaient sains et saufs, je revins dans la pièce que j'occupais. Je remarquai immédiatement qu'un poste de télévision de grande taille, qui était placé sur un bureau, était tombé sur mon lit, sur le sol en tatami. Si je n'étais pas allé dans la salle de bains, le poste de télévision m'aurait heurté la tête. »
M. Tonomoto alla de pièce en pièce pour constater les dégâts. Quelques livres et des dossiers étaient tombés des rayons où ils étaient placés. Un poste de télévision était tombé du bureau mais n'était pas cassé. « La maison avait été si secouée que j'étais sûr qu'elle était sérieusement endommagée. Cependant, rien n'était cassé, même pas une assiette ou un verre. Je pense que nous avons été protégés, ma famille et moi. »
Hiroshi Tonomoto a immédiatement commencé à aider les autres — éteignant le feu là où il s'était déclaré, préparant de la nourriture d'urgence, élaborant divers projets d'aide communautaire créatifs et pratiques. Il est toujours occupé, comme il ne l'a jamais été, aidant les survivants du séisme.
Japon
Auteur : Michiko Ishikawa, collaboratrice de Share International demeurant à Berkeley (Etats-Unis).
Thématiques : environnement, signes et miracles
Rubrique : Divers ()
