Partage international no 83 – juillet 1995
S’écartant sensiblement de son approche habituelle en faveur du marché libre, la Banque mondiale vient de surprendre ses détracteurs. En effet, son récent Rapport sur le développement mondial prône l’établissements de syndicats puissants, d’une plus grande égalité et d’une coopération plus étroite entre les employeurs et les syndicats, afin d’améliorer la situation économique dans les pays en voie de développement.
La Banque mondiale, qui s’est progressivement éloignée d’une approche strictement axée sur le marché libre, est même allée jusqu’à insister sur la nécessité d’augmenter les budgets en matière de santé et d’éducation. Elle préconise l’élévation du niveau d’éducation des femmes, qui devient le grand facteur prioritaire dans la stratégie de développement. En parallèle avec l’étude publiée par l’Organisation internationale du travail, appelant à la création d’emplois, le dernier Rapport sur le développement mondial révèle un net changement d’orientation. Ce rapport reconnaît également que les inégalités flagrantes représentent effectivement un obstacle à l’amélioration de la prospérité et du développement, et ne sont pas un effet secondaire inévitable des remèdes appliqués à l’économie de marché. En outre, il insiste en permanence sur les femmes, montrant combien il est important d’améliorer leur sort et de promouvoir leurs chances.
