Gordon Brown demande le doublement de l’aide

Partage international no 189mai 2004

Vu le danger qu’à ce rythme, les objectifs globaux de réduction de la pauvreté fixés pour 2015 ne soient pas atteints dans cent cinquante ans, Gordon Brown, chancelier britannique chargé des Finances, a plaidé fermement devant des leaders mondiaux pour le doublement de l’aide aux pays les plus pauvres. Lors d’une conférence réunissant diplomates et organisations d’aide sous le titre « Faire profiter à tous de la mondialisation – le défi de la mise en application du Consensus de Monterrey », tenue en février 2004, à Londres, G. Brown a averti qu’une action urgente devait être entreprise pour qu’il y ait quelques chances d’atteindre les objectifs du millénaire : réduire de moitié la pauvreté et la mortalité infantile, et améliorer l’éducation dans le tiers monde d’ici 2015.

Il a demandé à la communauté internationale de soutenir les propositions britanniques d’un nouvel effort financier international consistant à doubler l’aide en passant de 50 à 100 milliards de dollars par an, et il a insisté pour que les pays développés prennent des mesures sur les échanges internationaux.

G. Brown a déclaré que les progrès vers les objectifs du millénaire prévus pour 2015 étaient si lents qu’il faudrait au rythme actuel, dans certaines parties du monde, plus d’un siècle pour les atteindre : « Selon les prévisions actuelles, l’Afrique sub-saharienne atteindra son objectif de réduction de mortalité infantile non en 2015 mais en 2165. Ce n’est pas suffisant. La promesse que nous avons faite était pour 2015, non pour 2165. » Il a ajouté que la première cible des objectifs de développement du millénaire qui est d’assurer, en 2005, que les filles aient les mêmes opportunités d’éducation que les garçons, ne serait pas tenue, tandis que la cible qui prévoit l’établissement d’une éducation primaire universelle en 2015 ne serait pas atteinte avant 2129 en conservant le rythme actuel. G. Brown a aussi mis en garde sur la lenteur des progrès sur l’objectif de réduire de moitié la population vivant dans l’extrême pauvreté dans certaines parties du monde : « Notre meilleure estimation prévoit que la cible ne sera pas atteinte avant cent ans. »

Lord Carey, ex archevêque de Canterbery, qui a accueilli la conférence, compara les 2,3 milliards de livres sterling dépensés en Angleterre pour la nourriture et les soins pour animaux de compagnie, en 2002, ainsi que les 700 milliards de dollars dépensés par les Américains en boisson, aux fonds consacrés au soulagement de la pauvreté.

Le cardinal Cormar Murphy-O’Connor, chef de l’Eglise catholique en Angleterre et au Pays de Galles, a déclaré que le plus grand défi auquel est confronté le monde n’était pas le terrorisme mais la pauvreté : « Les Etats sont défaillants lorsqu’ils sont incapables de sortir les gens de la pauvreté, ou de répartir la prospérité de manière à ce que l’ensemble de la population puisse s’épanouir. Bien sûr, ils sont aussi défaillants lorsqu’ils ne prennent pas au sérieux l’obligation qu’ils ont d’assurer que la santé ne soit pas réservée à quelques-uns aux dépens de la majorité. Le plus grand scandale et le plus grand fléau de l’humanité sont en fait la terrible pauvreté et l’exploitation qui l’accompagne et l’exacerbe. Là est le vrai scandale… Il existe une véritable prise de conscience du fait que c’est là le grand défi de notre temps. »


Sources : The Independent, BBC News, Grande-Bretagne
Thématiques : Société, politique, Économie
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)