par Suri Sanjay,
« Les Nations unies deviendront la force politique la plus puissante sur la planète. C’est par leur entremise que seront résolus tous les grands problèmes internationaux. » [Partage international, septembre 1989] « Les pays développés doivent maintenant prendre en charge le bien-être du tiers monde. » [PI, juin 1991]
Londres, Grande-Bretagne.
« Le système multilatéral des Nations unies a un rôle central à jouer dans la gouvernance mondiale et il dispose de moyens sans équivalents pour guider le processus de réforme. » Tel est le message central du Rapport sur la dimension sociale de la mondialisation, le premier du genre, que vient de publier l’Organisation internationale du travail (OIT). Un rapport qui, en d’autres termes, demande à l’Onu d’orchestrer et de stimuler les efforts internationaux pour instaurer une mondialisation juste.
La Commission mondiale qui l’a produit est présidée par deux chefs d’Etat en exercice, la Finlandaise Tarja Halonen et le Tanzanien Benjamin William Mkapa. Elle est composée de 26 commissaires de tous les horizons – politiques, militants divers, hommes d’affaires, économistes, syndicalistes (en fait, un véritable « microcosme », pour reprendre les termes d’un des participants). Elle émet toute une série de propositions, touchant l’ensemble des aspects (du mondial au local) de la vie internationale, dans le but de faire passer la question de la mondialisation « d’un débat stérile à une action positive », au point que son rapport pourrait constituer un tournant dans la façon d’aborder ce processus.
Pour les auteurs, les notions de multilatéralisme et de mondialisation sont synonymes d’unité des nations – une unité qu’incarne mieux que toute autre l’Organisation des Nations unies. D’où leur proposition de lui confier le pilotage du processus : « Le système multilatéral de l’Onu et de ses diverses agences fournit la base sur laquelle asseoir les politiques internationales qui permettront de nous faire progresser dans des domaines aussi divers que le développement, le commerce, la finance, ainsi que la paix et la sécurité internationales. » Les Nations unies « constituent un cadre éprouvé par le temps pour guider la mondialisation en accord avec le droit international ».
Déclarant qu’il n’y a pas d’alternative aux Nations unies, les auteurs notent cependant que l’Onu doit encore changer radicalement s’il veut jouer le rôle qu’ils leur proposent dans l’établissement d’une mondialisation juste. Parmi ces changements, ils appellent à une recomposition du Conseil de sécurité, en lequel ils voient un reliquat de la Seconde Guerre mondiale. Mais ils vont plus loin en proposant à l’Onu et aux principales organisations internationales (telles que la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, l’OMC, etc.,) de nouveaux rôles spécifiques ; ils insistent notamment pour qu’elles se mettent à travailler en synergie, de façon à formuler progressivement des propositions aptes à équilibrer et harmoniser le traitement des problèmes qui leur sont communs, qu’ils soient de nature économique, social ou en faveur du développement. Au premier rang de ces problèmes, et méritant d’être traités sans attendre, la création d’emplois, le renforcement du rôle et de la place des femmes, l’intégration de l’économie informelle dans l’économie formelle, l’observation des normes fondamentales du travail telles que définies par l’OIT, l’éducation, la santé ainsi que la sécurité alimentaire. Ils suggèrent également que l’Onu et ses institutions spécialisées (en particulier l’OIT) « organisent un Forum sur les politiques de la mondialisation afin d’examiner régulièrement et systématiquement l’impact social de la mondialisation. Les organisations participantes pourraient produire périodiquement un Rapport sur l’état de la mondialisation. »
Ce rapport appelle également à examiner avec tout le sérieux qu’elles méritent les propositions déjà émises, visant à créer un Conseil de sécurité social et économique, et un Conseil mondial sur la gouvernance planétaire – deux conseils devant jouir des mêmes statuts que le Conseil de sécurité, même s’ils n’auront pas l’autorité légale pour prendre des décisions contraignantes.
Ainsi renforcées par cet ensemble de réformes, les Nations unies favoriseraient et affermiraient les gouvernances nationales.
Des marchés efficaces requièrent des Etats efficaces. Mais les Etats doivent être plus vigilants en ce qui concerne le système multilatéral : « Nous proposons la création d’un groupe parlementaire qui veillerait à la cohérence et à la conformité des politiques économiques, sociales et environnementales mondiales et mettrait en place un contrôle intégré des grandes organisations internationales. »
Le rapport souligne que les pays en développement ne peuvent que bénéficier d’un « système plus juste de droits de vote » dans des institutions internationales qui, de ce point de vue, ont besoin d’une réforme radicale.
La difficulté ne tient pas à la mondialisation en tant que telle mais aux carences de sa gouvernance. Dans l’agriculture, « tous les nouveaux crédits et toutes les subventions aux exportations, toutes les mesures nationales d’aide déguisées aux agriculteurs devraient être interdites, et les mesures existantes rapidement éliminées. Sous réserve de la nécessaire volonté politique, une action immédiate est réalisable sur certaines questions commerciales et financières qui font l’objet depuis longtemps de négociations multilatérales entre décideurs[…] ce qui ne sera guère possible sans un effort continu de mobilisation et une opinion publique plus forte ».
La gouvernance mondiale, pour la Commission, ne saurait exister sans mesures pour renforcer le respect des mêmes droits du travail pour tous, sans un cadre cohérent en ce qui concerne les mouvements trans-frontières et sans l’établissement de règles justes, que ce soit pour le commerce, la finance et l’investissement, ainsi que la propriété intellectuelle où elles « équilibreront les intérêts des producteurs et des utilisateurs de technologie ». De plus, la libéralisation des mouvements de capitaux devra être « prudente et progressive ».
Le rapport appelle les pays riches à se préparer à payer une bonne part des changements nécessaires. « Un effort accru est nécessaire pour mobiliser davantage de ressources internationales afin d’atteindre des objectifs mondiaux clés. Pour l’Aide publique au développement (APD), l’objectif de 0,7 % doit être atteint, et de nouvelles sources de financement, au-delà de cet objectif, devraient être activement prospectées et développées. » Mais, pour urgent que soit le changement, « il ne s’agit pas de dresser les plans d’une utopie censée voir le jour d’un seul coup : nous reconnaissons les réalités du pouvoir et de l’inégalité. Mais nous tirons notre inspiration de la détermination des femmes et des hommes d’aujourd’hui à exercer un plus grand contrôle sur leurs destinées, et du potentiel d’une mondialisation plus juste et plus complète pour satisfaire leurs besoins. »
T. Halonen et W. Mkapa rappellent un commentaire de Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, pour qui l’Organisation est « arrivée à un carrefour ». « C’est aujourd’hui, concluent-ils, que le monde doit choisir la bonne direction. »
Trente ans de préparation à l’émergence de Maitreya – 1ere partie – [sommaire]
Interview de Benjamin Creme
En mars 1974, Benjamin Creme forma, à Londres, le premier groupe de méditation de transmission et commença son travail public de préparation à la venue de Maitreya, l’Instructeur mondial. Aujourd’hui, trente ans plus tard, il existe environ 650 groupes de transmission répartis dans plus de 40 pays, et l’information est connue de millions de personnes de par le monde.
Q. J’ai cru comprendre qu’en mars 1974 votre Maître vous avait suggéré d’inviter quelques personnes à participer à la première méditation de transmission. C’était il y a exactement trente ans. Ce premier groupe était composé de douze personnes et maintenant il existe plusieurs centaines de groupes dans le monde. Ce genre de groupe est-il, pour la Hiérarchie , une tentative nouvelle de nature expérimentale ? A-t-il marqué une nouvelle phase dans le travail de la Hiérarchie ? Si oui, pourriez-vous donner quelques explications ?
Benjamin Creme. Le Maître me donna une liste de quatorze personnes à inviter pour une conférence sur la méditation et des sujets voisins – deux d’entre elles ont abandonné après la première rencontre. J’ai présenté la méditation de transmission, mais j’ai surtout parlé de la Réapparition du Christ, en soulignant brièvement pourquoi la Hiérarchie s’était engagée dans ce genre de travail et ce qu’elle proposait de faire. J’ai invité les gens à prendre part au premier groupe de méditation de transmission. Il y avait longtemps que je recevais le même genre de transmissions, mais seul, à titre individuel ; de très nombreuses heures s’écoulaient ainsi chaque semaine. C’était la première fois qu’un groupe – car il s’agit essentiellement d’une méditation de groupe – était impliqué. Auparavant, j’avais construit le tétraèdre en suivant les directives du Maître. Un ami se chargea de la partie en verre et de la base et j’assemblai les instruments à l’intérieur.
Je construisis également une batterie d’énergie spirituelle en suivant les instructions du Maître. Ce fut tout un travail et il me fallut plusieurs semaines pour trouver le matériel nécessaire. Le Maître suggéra alors que nous ayons une transmission. Elle fut très courte, une demi-heure peut-être. Le Maître suggéra ensuite que nous prenions une tasse de thé. Pendant ce temps, je connectai la batterie au tétraèdre, elle prit ainsi la place du groupe, et la transmission se poursuivit en utilisant l’énergie déjà transmise dans la batterie à travers le groupe.
La batterie était constituée de telle manière qu’elle pouvait emmagasiner de l’énergie spirituelle et celle-ci pouvait être envoyée à travers le tétraèdre au lieu d’être envoyée à travers un groupe. Il me fallut des semaines pour construire cette batterie, mais nous ne l’avons utilisée que cette unique fois. C’était simplement pour nous montrer que la chose était possible. Nous n’avons jamais eu de raison ni d’occasion de l’utiliser à nouveau, car à partir de ce moment-là l’énergie fut toujours envoyée à travers le groupe. J’ai encore cette batte-rie, mais elle demeure inutilisée.
Le travail de groupe n’était pas une tentative nouvelle, mais ce type particulier de travail de groupe l’était. C’était un prolongement du Mouvement des Triangles qui avait été introduit à la fin des années 1930 par le Maître Djwhal Khul à travers Alice Bailey. Trois personnes forment un triangle. Elles peuvent se trouver n’importe où dans le monde, mais elles se connaissent et se sont mises d’accord pour se relier mentalement à une heure qui leur convient, visualiser un triangle de lumière au-dessus de leur tête et voir ce triangle comme faisant partie d’un immense réseau de triangles semblables recouvrant le monde entier. De cette manière, l’énergie invoquée par l’utilisation de la Grande Invocation est amplifiée. Davantage d’énergie peut être envoyée en toute sécurité à travers trois personnes formant un triangle qu’à travers les mêmes individus pris séparément. C’est également la base de la méditation de transmission.
La méditation de transmission est une tentative nouvelle pour la Hiérarchie. Elle n’est possible qu’aujourd’hui car elle implique un alignement beaucoup plus mental. Cela ne signifie pas que toutes les personnes participant à la méditation de transmission soient polarisées sur le plan mental, mais ce sont des personnes qui arrivent à mi-chemin entre la première et la deuxième initiation et c’est le niveau où l’on passe de la polarisation astrale à la polarisation mentale, vers 1,5-1,6. Ces personnes atteignent par conséquent un degré de focalisation mentale qui faisait défaut jusqu’ici.
Pendant des siècles, la Hiérarchie a diffusée l’énergie à travers les groupes religieux de toutes sortes, et la plupart des gens dans les groupes religieux, comme la plupart des gens dans le monde, sont polarisés sur le plan astral. Le siège de leur conscience se situe sur le plan astral, et ceci limite la quantité et le type d’énergie qu’il est possible de déverser dans le monde sans distorsion. Les plans astraux, ceux de l’illusion, colorent les pensées et les sentiments des gens et altèrent ainsi l’énergie spirituelle. Au fur et à mesure que les gens avancent – et de plus en plus de personnes parviennent à la première initiation, ou ont déjà passé celle-ci et se dirigent vers la deuxième – un type supérieur de travail comme la méditation de transmission peut être accompli. Il existe aujourd’hui dans le monde entier des groupes qui ont le temps et par-dessus tout le désir de servir.
Le désir de servir résulte du contact avec l’âme. Ceux qui approchent de la première initiation ont un certain niveau de contact avec l’âme, ce qui est relativement nouveau dans la condition humaine. Aujourd’hui, trois ou quatre millions de personnes se tiennent sur le seuil de la première initiation. C’est quelque chose d’une importance considérable pour le monde. Cela signifiera une grande élévation de la vibration spirituelle de l’humanité, si bien qu’une évolution rapide pourra se produire. Par ailleurs, de nombreuses âmes plus évoluées arrivent en incarnation, d’autres l’on fait, il y a vingt ou trente ans, et ont maintenant atteint un niveau qui les rend particulièrement aptes à ce genre de travail.
Les groupes ont été constitués dans ce but, mais ils forment également la base des groupes impliqués dans la Réapparition du Christ et l’extériorisation de la Hiérarchie. Dans tous les domaines de la vie, des groupes sont impliqués dans le travail concernant la Réapparition , qu’ils le sachent ou non, en particulier les groupes politiques et économiques, qui ont un rôle énorme à jouer dans tout ceci. Cependant, la première approche du grand public a été faite à partir de 1974 par les groupes qui travaillent avec moi. Ceux-ci sont spécifiquement chargés de la tâche qui consiste à faire connaître l’extériorisation de la Hiérarchie et la présence de l’Instructeur mondial, le Seigneur Maitreya, ainsi que des quatorze Maîtres qui sont également physiquement présents dans le monde.
Ce fut une tentative nouvelle pour la Hiérarchie car aucun groupe n’avait jamais travaillé de cette manière auparavant, la méditation de transmission n’avait pas encore été mise en place, il n’y avait pas assez de personnes prêtes pour la pratiquer. La méditation de transmission exige un niveau de contact avec l’âme qui n’est pas courant. Seule une très petite minorité de personnes sont suffisamment imprégnées par l’âme pour avoir le désir de pratiquer ce genre de service qui semble abstrait, mais qui est extrêmement efficace et précis et qui consiste à transmettre les énergies qui transforment le monde. C’est notre réponse aux énergies qui est à l’origine du changement. Ce n’est pas nous qui en décidons tout seuls. Nos décisions sont, dans le meilleur des cas, le résultat de notre réponse aux énergies. Ces énergies incarnent certaines grandes idées qui deviennent nos idéaux ; lorsque nous mettons ceux-ci en pratique, le monde est transformé.
Q. Avec l’arrivée des énergies de l’ère du Verseau, souhaiterons-nous de plus en plus travailler en groupes ?
BC. Oui, vous pouvez déjà le constater. Si vous considérez les vingt ou trente dernières années, vous remarquerez que la formation de groupes a été générale : dans tous les domaines de la vie les gens ont constitué des groupes – dans le monde des affaires, dans l’éducation, le jeu, et maintenant la méditation – et lorsque les choses sont faites en groupe l’effet est amplifié. Cela apporte davantage d’idées, de créativité dans le travail et rassemble différentes structures de rayons, différentes manières de penser, de sentir et d’envisager la vie et ses problèmes, si bien que tout avance beaucoup plus rapidement. Cela met en jeu la coopération, et celle-ci est particulièrement nécessaire en cette période de conflit et de guerre.
La formation de groupes était-elle de nature expérimentale ? La manière dont les choses devaient se dérouler avait été prévue – mais pour la Hiérarchie , tout est expérimental en ce qui concerne l’humanité jusqu’à ce que l’essai soit concluant.
Cela a-t-il marqué une phase nouvelle dans le travail de la Hiérarchie ? Oui. Cela fait partie, dans une large mesure, du travail de mon Maître et de celui de Maitreya. Maitreya est avant tout responsable du choix des énergies, du mélange et de l’équilibre des énergies envoyées à n’importe quel moment. C’est un travail énorme qui a toujours existé pour la Hiérarchie , mais à notre époque des énergies totalement nouvelles arrivent sur la planète et des énergies anciennes continuent à affluer avec une puissance entièrement nouvelle, si bien que le travail change constamment pour les Maîtres. Cela a atteint un stade où ce travail est devenu extrêmement complexe, ce qui accroît la possibilité d’un surdosage préjudiciable, si bien que Maitreya lui-même a pris en charge l’ensemble du processus de distribution des énergies, même si pour la diffusion concrète de celles-ci il est aidé par un groupe de Maîtres.
Q. La méditation de transmission nous est maintenant devenue très familière, mais lorsqu’on y réfléchit, c’est quelque chose d’assez extraordinaire de pouvoir se joindre à un groupe et décider de travailler en coopération avec les Maîtres.
BC. Ceci n’avait jamais été possible auparavant. Il s’agit là aussi d’une nouvelle phase dans le travail des Maîtres. C’est parce qu’ils sont en train de s’extérioriser. Cela fait partie de leur processus d’extériorisation. Celui-ci leur donne la possibilité de travailler avec des groupes de personnes qui, sans cela, ne penseraient pas aux Maîtres de Sagesse, ne sauraient rien d’eux, mais qui, dans la méditation de transmission, travaillent de manière constructive et coopérative avec eux. Cette forme de méditation rapproche donc le travail des Maîtres de l’humanité et ce rapprochement se fera de plus en plus étroit.
Q. Les Maîtres ont toujours travaillé avec leurs disciples dans le monde. Le Maître Morya et le Maître K. H. ont travaillé avec et à travers Helena Blavatsky et ses collaborateurs et le Maître D. K. à travers Alice Bailey et les siens. Pouvez-vous souligner en quoi la manière dont vous travaillez vous-même, avec votre Maître et avec les groupes qui participent à votre tâche, diffère des entreprises précédentes ?
BC. Il s’agit surtout d’un travail extérieur. La tâche d’Helena Blavatsky – qui a travaillé sous la direction de son propre Maître, le Maître Morya et celle du Maître Koot Hoo-mi (K.H.) – était entièrement nouvelle. Elle introduisit ouvertement l’idée des Maîtres grâce à ses ouvrages – la Clé de la théosophie, Isis dévoilée, la Doctrine secrète, par exemple – et tous ses écrits destinés à la Société théosophique, et également par les conférences qu’elle a données. De cette manière, l’idée des Maîtres fut apportée à l’humanité. Ce fut le premier pas dans l’extériorisation du travail de la Hiérarchie qui se met en place aujourd’hui. Les Maîtres savaient depuis plus de cinq cents ans qu’ils devraient finalement venir ouvertement dans le monde ; la seule question était de savoir quand. Maitreya donna le signal en 1945 lorsqu’il déclara qu’il viendrait dans le monde lorsque l’humanité aurait commencé à faire le ménage chez elle.
Telle fut la première phase, l’introduction des idées des Maîtres, la description, donnée dans la Doctrine secrète, du vaste Plan d’évolution reliant ce monde au Cosmos, du travail des différents dévas, etc. La Doctrine secrète est un ouvrage fantastique et tout ce qu’Helena Blavatsky a accompli était de grande envergure. C’était une initiée de quatrième degré, presque un Maître elle-même, et elle fut donc capable de mener à bien ce travail et de créer la société théosophique.
Par la suite, le Maître Djwhal Khul (D.K.) travailla par l’entremise d’Alice Bailey en projetant sur son mental un écran où s’inscrivait ce qu’il avait à dire. Pendant longtemps il communiqua avec elle de manière télépathique, mais vers la fin de sa vie elle tomba malade – elle travaillait depuis trente ans et elle était très affaiblie – aussi le Maître D.K. remplaça-t-il la communication télépathique par un écran. Elle regardait l’écran à l’intérieur de son mental, à l’intérieur de son cerveau, et lisait ce que D.K. avait projeté dessus à sa secrétaire qui le notait puis le tapait à la machine. Elle faisait ce travail tous les jours.
Ce fut un extraordinaire travail qui dura trente ans. Le Maître D.K. amena l’enseignement donné à travers Helena Blavatsky à un niveau pratique, en entraînant des disciples et en élargissant leur esprit et leur conscience. Il introduisit les enseignements sur les rayons, la guérison ésotérique et l’astrologie ésotérique. Ceci amena l’enseignement à un niveau pratique accessible aux disciples du monde entier. Ce fut un travail énorme, très concret, qui aboutit à la publication de 24 ouvrages, dont certains furent écrits par Alice Bailey elle-même, et d’autres (19) dictés par le Maître D.K.
Lorsque je fus contacté, je connaissais les enseignements d’Alice Bailey et ceux de la société théosophique. J’avais étudié les enseignements orientaux, indiens, notamment, les Vedas, et autres, et j’étais donc familiarisé avec les idées spirituelles, mais mon travail est très spécifique. J’ai été contacté par l’un des Maîtres en janvier 1959. En fait, il essayait de me contacter sans succès depuis de nombreux mois et il chargea quelqu’un de m’en avertir. Ce fut une surprise pour moi. Je connaissais l’existence des Maîtres, mais je ne recherchais pas de contact avec eux, ni même le souhaitais. Je trouvais simplement leurs enseignements très intéressants, j’y croyais, mais j’étais détaché à leur égard ; je me contentais de faire mon propre travail.
Quelqu’un m’avertit que les Maîtres essayaient de me contacter. Je répondis : « Non, sûrement pas. » – « Si, et j’ai été envoyé pour vous le dire. » – « Eh bien, je n’entends absolument rien. » (Normalement il s’agit d’un contact télépathique) – « Non, les messages viennent à vous, mais ils rebondissent car vous n’êtes pas ou-vert. » Etre ouvert est une chose difficile à expliquer. Cela ne signifie pas être ouvert à l’idée – j’aurais certainement été ouvert à l’idée – mais être ouvert au sens réel. Pour cela il faut que l’esprit soit calme, suffisamment tranquille, pour recevoir directement le message d’un Maître et ce n’était pas le cas. J’avais traversé avec un autre groupe une période très difficile pendant deux ans. On me conseilla de quitter ce groupe, ce que je fis. Alors le contact avec le Maître commença.
Le premier contact réussi eut lieu le 3 janvier 1959 et les contacts se sont poursuivis depuis. En mars 1959 je fus adombré pour la première fois par Maitreya. Ce fut une expérience extraordinaire et Maitreya me confia la tâche que j’accomplis aujourd’hui. Il déclara que lui-même allait venir, plus tôt que quiconque ne l’aurait cru possible, et que j’aurais un rôle à jouer dans sa venue si je l’acceptais. Ce serait dans une vingtaine d’années, ce qui me semblait très loin. En fait, ce fut au bout de dix-huit ans. Je vécus une expérience extraordinaire : j’étais rempli d’amour pour le monde entier et tout ce qui s’y trouvait et je n’eus qu’une seule chose à dire, ce fut : « Je suis votre homme, quoi qu’il en coûte ! » Le Maître me dit alors : « Tu as entendu quelque chose aujourd’hui qui a entièrement changé ta vision des choses », – ce qui était effectivement le cas. Il ajouta : « Le temps est proche où l’on attendra que tu agisses en conséquence et que tu affirmes sa venue. » Il répéta ceci deux jours plus tard dans un autre contexte, en parlant de la foi et du sens réel de la foi : « Aie la foi et affirme sa venue. » Il voulait dire avoir foi en ses propres expériences, pas une foi aveugle, mais la foi en ce que l’on a expérimenté et que par conséquent on sait être vrai, avoir foi en cela. Il ajouta : « Pour avoir simplement manqué de foi, nombre de disciples prometteurs ont échoué. Aie la foi et affirme sa venue. »
On ne me dit pas quoi faire. Au fur et à mesure que le temps passait, je commençais presque à oublier tout cela. Le Maître commença alors à m’entraîner et à me dicter de nombreuses informations. Puis un jour, en 1974, il déclara : « Il est temps de communiquer tes informations au monde. » – « Oh non ! » répondis-je. Il dit alors : « Très bien, j’ai d’autres projets pour toi. » Je pensai : « Dieu merci ! » Ce que je faisais était très intéressant, important, mais personne ne le savait, cela ne me demandait aucun effort psychologique et j’étais donc très heureux de continuer, jusqu’à ce que finalement le Maître déclare : « Je t’ai donné toutes ces informations et tu dois les communiquer au monde ! » Je refusais à nouveau. Mais il dit alors : « Si, tu sais que tu as pris un engagement ! » Je pensais : « Un engagement ! oh mon Dieu, j’ai dit que je ferai tout ce qu’on me demanderait ! » Je n’avais jamais pensé m’être engagé. Mais, il me dit : « Si, tu as pris un engagement et tu dois le tenir. » Alors je m’y suis mis sérieusement et mon travail a commencé.
Q. Pourriez-vous souligner en quoi votre travail avec les Maîtres et les groupes qui partagent votre tâche diffère de ce qui a été fait auparavant ?
BC. Le travail d’Helena Blavatsky était extériorisé en ce sens que la société théosophique fut créée, qu’elle eut des sous-groupes et se répandit à travers le monde : elle existe toujours. Le siège est en Inde, mais la société est présente aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, dans toute l’Europe et ailleurs. Il existe des groupes presque partout dans le monde. C’est l’un des aspects de ce travail, mais le grand public n’a pas réellement été contacté. Vous avez très peu de chances d’entendre parler de la société théosophique dans une émission de radio ou de télévision – ce serait un événement rarissime.
C’est la même chose pour Alice Bailey : elle mit en route l’école Arcane, des groupes furent formés qui se retrouvaient une fois par an, peut-être, dans une rencontre destinée à tous les membres mais, là encore, il ne s’agissait pas de groupes de travail mais d’individus, même si ceux-ci formèrent des groupes plus petits, des groupes de discussion notamment. Le mouvement des Triangles forma de minuscules groupes composés de trois personnes seulement. L’aspect extérieur du travail du Lucis Trust consiste à publier et à diffuser des ouvrages.
Notre travail fut différent. Nous établîmes sciemment un premier contact avec le public, avec l’humanité ordinaire, en publiant des livres, des revues, en utilisant la radio, la télévision et tous les moyens à notre disposition, dans le but de révéler que les Maîtres de Sagesse étaient en train de revenir dans le monde, puis, à partir de 1977, que le Maître de tous les Maîtres, Maitreya lui-même était présent dans le monde, à Londres, en Angleterre, et qu’il aidait en coulisses à transformer le monde.
Ce fut donc un travail très différent – un travail que je n’avais jamais fait auparavant. J’étais quelqu’un de particulièrement discret et réservé. Comme vous le savez, je suis peintre, je l’ai toujours été, depuis l’âge de treize ans, et tout mon travail s’est fait en privé. Je passais la journée seul à peindre. Il ne me serait jamais venu à l’idée de participer à une émission de radio ou de télévision. Ce fut donc une transformation totale de ma vie que d’essayer de faire connaître l’existence de la Hiérarchie et la présence du Christ dans le monde. Je ne savais comment commencer. Le Maître me dit : « Ecris à des groupes. » Je demandai : « Quels groupes ? » Il répondit : « N’importe quels groupes ! » Je me procurai une brochure où il y avait quarante noms de groupes (personnellement je n’en connaissais aucun) et je leur écrivis pour leur proposer de faire une conférence sur les enseignements d’Alice Bailey.
Q. Des groupes New Age ?
BC. Des groupes de toutes sortes, pas tous New Age, mais pour la plupart. Sur quarante lettres, je reçus six réponses. Trois d’entre elles me remerciaient et me faisaient savoir que leur groupe avait ses propres conférenciers, ou encore que leurs conférences étaient déjà prévues pour les deux années à venir, mais que si je le souhaitais, on pouvait ajouter mon nom sur la liste d’attente. Je reçus une réponse favorable de trois petits groupes nouveaux. Ils s’arrangèrent pour mettre en place des conférences et c’est ainsi que je commençai, en 1975. J’organisai moi-même la première conférence dans une salle paroissiale, non loin de l’endroit où j’habitais et environ quarante personnes vinrent de tout Londres. L’information fut ainsi transmise à de nombreuses personnes et certaines formèrent des groupes de transmission, ce fut donc un succès. Je réservai ensuite des salles municipales un peu partout dans Londres. J’y organisai des rencontres, que je faisais connaître en mettant des annonces, et les choses avancèrent.
Ma première conférence à l’étranger fut le fruit d’une extraordinaire coïncidence. Nous avions un stand au premier Festival for Mind and Body. Nous ne savions comment présenter l’information et n’avions aucun ouvrage, mais nous avions la méditation de transmission. Nous prîmes le tétraèdre, l’instrument de transmission, et ce fut un fantastique succès. Nous faisions des méditations de transmission espacées de quelques heures, et à ce moment-là, les gens bloquaient les allées entre les stands, si bien qu’à plusieurs reprises les organisateurs nous prièrent d’arrêter, mais le public était fasciné. Des centaines de personnes vinrent, elles touchèrent les fils du tétraèdre, sentirent les énergies, ou imaginèrent les sentir, ou ne les sentirent pas – selon leur réponse à la vue du tétraèdre, car elles pensaient que c’était de là que les énergies venaient. Ce n’était pas le cas – les énergies arrivaient à travers nous dans le tétraèdre et allaient ensuite du tétraèdre vers le mon-de extérieur.
Q. Les gens étaient fascinés par le tétraèdre ?
BC. Oui. C’était quelque chose de scientifique qu’ils n’avaient jamais vu auparavant, un objet de forme étrange, composé d’or, d’argent et de cristal, avec un champ magnétique. Nous disposions d’une introduction à « l’histoire » d’environ seize pages et Sir George Trevelyan, qui m’avait entendu à plusieurs reprises et qui jugeait l’information très intéressante, l’avait fait dupliquer sous forme de brochures ronéotypées par le Wrekin Trust, en rose vif et violet. C’était tout ce que nous avions, environ 500 copies d’un résumé de la Réapparition du Christ et des Maîtres de Sagesse.
Un Néerlandais en acheta un exemplaire. Nous les faisions payer trente anciens pennies. Nous n’avions rien d’autre à proposer au public, si ce n’est un peu de littérature gratuite. Le Néerlandais rapporta la brochure aux Pays-Bas et la donna à la Cosmos library située dans l’un des immenses hôtels particuliers construits au XVIIe siècle par les marchands d’Amsterdam. La Cosmos library disposait d’une grande salle en haut du bâtiment, pouvant contenir environ 150 personnes, où je donnai par la suite plus d’une conférence.
Un autre Néerlandais que je ne connaissais pas, Simon Vinkenoog, poète et écrivain spécialisé dans les sujets ésotériques, trouva la brochure. Il écrivit un article pour Bres, une revue ésotérique néerlandaise existant depuis très longue date. A la suite de cela, un homme vivant à Amsterdam, August van Rossum, lut l’article et me téléphona. « Ceci est la plus extraordinaire information que j’ai jamais lue, c’est ce que j’attendais depuis trente ans ! » dit-il. Il était théosophe et franc-maçon et il attendait le retour du Christ. C’est ce qu’il avait toujours espéré, vivre assez vieux pour voir le retour du Christ. Je lui dis : « Eh bien c’est vrai ! » Il répondit: « L’article m’a convaincu – pourrais-je venir vous voir ? » Cet homme s’avéra être quelqu’un de merveilleux. Il vint le soir même à l’une de mes conférences hebdomadaires. A cette période, Maitreya donnait des messages à travers moi. Il donna ainsi 140 messages. Ce soir-là, ce fut le message no 14, celui qui se termine, je crois, par ces mots : « N’entendez-vous pas le roulement des tambours qui vous appellent à inaugurer l’avenir ? Pouvez-vous rester sourds à leur grondement ? »
Q. Quand ceci s’est-il produit ?
BC. Maitreya est arrivé à Londres en juillet 1977 et le premier message fut donné en septembre de la même année, le no 14 a donc probablement été donné en janvier 1978. Peu de temps après, je suis allé aux Pays-Bas. Il me semble que je suis allé aux Pays-Bas très souvent, peut-être cinq fois par an car c’était ma première tournée à l’étranger.
Q. La réponse fut-elle rapide ?
BC. Oui. En un rien de temps il y eut des groupes de transmission dans tous les Pays-Bas et ces groupes grandirent, les gens étaient très intéressés, nous avions un énorme public.
Q. N’avez-vous pas fait un jour une grande manifestation ?
BC. Nous avons fait une grande marche dans les rues d’Amsterdam. Mille trois cents personnes y ont participé avant d’assister à la conférence qui eut lieu au RAI (une grande salle d’exposition) – ce fut le plus vaste public que nous ayons jamais eu. Il y eut une réponse extraordinaire et les gens assimilèrent très vite l’idée de partage, qu’ils appelaient samendelen – het kan : il est possible de partager – cela peut être fait. Ensuite les tournées inclurent la Belgique , puis l’Allemagne et la France , et toute l’Europe – l’Italie, la Suisse , la Slovénie , la Suède et l’Espagne.
Puis en 1979, le Maître me dit : « Sois prêt à voyager partout car les invitations vont venir nombreuses. » Alors que je me trouvais à Amsterdam (c’était, je pense, en septembre ou en octobre) je reçus un coup de téléphone de Los Angeles, d’un homme que je ne connaissais pas, qui organisait une grande rencontre et me proposait de faire partie des conférenciers. Je lui demandai : « Comment avez-vous entendu parler de moi ? » – « Vous êtes célèbre ici. » répondit-il. Je n’avais jamais été là-bas. Il ajouta : « Tout le monde connaît votre travail. Vos conférences sont enregistrées sur des cassettes diffusées dans toute la Californie. » Je lui demandai : « Combien de personnes attendez-vous à cette rencontre ?» – « Environ 3 000 » répondit-il. Je répliquai aussitôt : « Je viendrai ! »
Je partis le 1er janvier 1980. Je quittai Londres par une température de -15° et atterrissais à Los Angeles, onze heures plus tard, le soleil brillait encore lorsque je remontais Sunset Boulevard. Toutes les boutiques étaient ouvertes, je mangeais une glace, et la température était de 25°. Je me suis dit : « C’est la belle vie ! »
A suivre dans notre prochain numéro
Témoignages sur les premières conférences de Benjamin Creme – [sommaire]
Depuis 1974, Benjamin Creme a donné des milliers de conférences sur l’émergence de Maitreya, en Grande-Bretagne, en Europe, aux Etats-Unis, au Japon, à Taïwan, en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Mexique, au Canada et ailleurs. Il encourage également ses collaborateurs à transmettre l’information de cette manière, la plus directe qui soit.
Venant de tous les horizons, ceux qui entendent Benjamin Creme pour la première fois font souvent remarquer que son « message d’espoir » a transformé leur vie. Les témoignages suivants émanent de différentes personnes ayant assisté à ses conférences mensuelles à Londres.
Idina Le Geyt, Londres, G.-B. (chercheuse)
Lorsque je suis allée pour la première fois à la Friends House, il y a vingt-quatre ans, j’étais pleine d’excitation. Les enseignements d’Alice Bailey m’étaient familiers, ainsi que la méditation, et je sentais depuis longtemps que le retour du Christ était proche.
Sur les murs de la salle de conférence, il y avait de beaux messages, appelant à la justice, au partage des ressources mondiales, à la sauvegarde des millions d’hommes souffrant de la faim. Benjamin Creme parla avec force de l’injustice, du blasphème, que constitue le fait que des hommes, des femmes et des enfants meurent de faim dans un monde d’abondance. Ces statistiques étaient choquantes et je ressentis une telle honte que j’avais envie de me cacher sous ma chaise. Il expliqua clairement les enseignements de la Sagesse universelle et parla du retour imminent du Christ et du Jour de la déclaration où tous les yeux le verraient. J’étais pleine d’émerveillement et de joie.
A 20 h, Benjamin Creme annonça que nous allions recevoir un message de Maitreya lui-même. La salle fit silence, l’éclairage fut réduit et Benjamin Creme commença à parler d’une voix lente et mesurée, avec de longues pauses qui rendaient parfois difficile la pleine compréhension du message. Ce soir-là, le message portait sur le « réservoir d’amour auquel tous les hommes peuvent s’abreuver » (message no 110, du 24 septembre 1980), qui me toucha profondément.
Pendant la méditation, Benjamin Creme regardait chacun de nous tour à tour et des vagues d’énergie s’écoulaient de lui. Les trois premières fois où j’assistai à une conférence, je fus capable de voir ces énergies, la première fois comme une lumière blanche emplissant la salle, si éclatante que les silhouettes des auditeurs s’évanouissaient, leur contour seul demeurant visible, tandis que Benjamin Creme était enveloppé d’une pulsation de lumière qui atteignait le plafond. Garder les yeux ouverts ou fermés ne changeait rien au phénomène. La deuxième fois, la pièce était imprégnée de couleur rose (la couleur de Maitreya, ai-je réalisé par la suite) et la troisième fois, elle était dorée. Je n’ai plus jamais fait cette expérience, et j’ai senti qu’il s’agissait d’un aperçu derrière le voile, destiné à m’encourager.
Par la suite, je n’ai jamais manqué une rencontre et le fait de connaître la présence certaine du Christ et des Maîtres a donné une perspective totalement différente à ma vie, une assurance précieuse qu’en dépit de toute la cruauté et de tous les dangers du monde, « tout irait bien ».
Adrian Jackson, Londres, G.-B. (professeur de physique)
C’est en 1983 que je suis allé pour la première fois à l’une des conférences de Benjamin Creme, afin de satisfaire ma curiosité après l’avoir vu dans une émission de télévision locale dans le Yorkshire, quelques années auparavant, émission au cours de laquelle il avait annoncé la présence du « Christ » dans le monde. Il m’avait donné l’impression d’un homme sensé et droit, et je m’étais simplement demandé quel genre d’expérience ou de motivation pouvait pousser quelqu’un à faire une déclaration aussi stupéfiante.
J’appréciai beaucoup l’atmosphère régnant au début de la rencontre qui commença par une méditation, pendant laquelle chacun demeura tranquillement assis les yeux fermés. Naturellement je voulais voir ce qui se passait, je regardai donc autour de moi et j’observai Benjamin Creme. Il regardait lentement chaque personne dans la salle d’une manière paisible comme s’il donnait une sorte de bénédiction à chacune. Puis, je remarquai une chose étonnante : alors que ses yeux se déplaçaient d’une personne à l’autre, son visage tout entier disparut dans une sphère rayonnante de brillante lumière jaune ou dorée. Cela ne dura qu’une ou deux secondes peut-être, mais ce fut une expérience très nette et il me parut impossible que ce puisse être le fruit de mon imagination – il n’y avait aucun doute possible. Je continuai à regarder son visage, mais l’expérience ne se produisit plus, ni à aucune des autres rencontres auxquelles j’ai assisté par la suite.
Je suis un scientifique chevronné, diplômé en physique, et mon approche générale de la vie fait que je considère que le seul esprit sain est un esprit sceptique. Avec une telle vision des choses, je ne fus pas impressionné par l’histoire et elle n’eut pas de sens particulier pour moi. J’étais cependant d’accord avec le diagnostic général concernant les maux dont souffre le monde et les difficultés que nous connaissons, mais pas avec les prédictions et le contexte spirituel. Benjamin Creme déclara d’ailleurs qu’il ne pouvait bien sûr rien prouver et c’était honnête de sa part. Cependant, je continuai longtemps après à penser à l’expérience que j’avais vécue. J’allais aux rencontres et je commençais à m’intéresser aux « sujets spirituels ». Peu à peu, il me sembla qu’il y avait suffisamment d’éléments pour prendre cette histoire au sérieux et garder un « esprit ouvert » quant à la possibilité que tout ceci soit vrai.
Richard Elphick, Worthing, G.-B. (chargé d’un travail de soutien auprès des personnes ayant des difficultés d’apprentissage)
Lorsque j’ai assisté pour la première fois à une conférence de Benjamin Creme, ce qui me laissa une impression durable, c’est la véritable compassion qu’il manifestait en parlant des millions d’êtres qui meurent de faim. Je peux dire en toute honnêteté qu’en tant que militant d’Oxfam ayant participé à différentes actions humanitaires, je n’avais jamais entendu un homme ou une femme, s’intéressant ou non à la spiritualité, parler avec une telle compassion en faveur des opprimés.
Cela me donna la profonde conviction que le principe du partage et de la justice ne sont pas simplement des idées branchées, auxquelles il fait bien de sembler s’intéresser, mais la pierre angulaire de nos vies. Je compris également que chaque individu, d’où qu’il vienne, peut participer activement à la création d’un monde plus juste.
Je fus également frappé par la manière très simple et réaliste de présenter l’information, avec beaucoup de sérieux mais aussi avec humour, ce qui la rendait d’autant plus crédible. Je me sentis dès lors inspiré à envisager ma propre vie comme une forme de service pratique, au lieu d’accorder la première place à mes besoins personnels.
Suzanne Philipps, Forest Row, G.-B. (professeur de sciences)
En avril 1990, je me rendis du Wiltshire à Londres pour assister à une conférence à la Friends House, à Euston, un long voyage pour une femme enceinte. Un an auparavant, ma sœur aînée m’avait offert un ouvrage de Benjamin Creme et ma première réaction avait été de le laisser de côté (car je lui trouvais une connotation trop « religieuse »). Je suis diplômée en sciences et j’ai également rejeté l’éducation religieuse catholique qui m’a été fortement imposée. En me rendant à la conférence, j’étais donc sceptique et ne savais à quoi m’attendre.
Ce soir-là, Benjamin Creme insista tout particulièrement sur l’état critique de notre planète, tout en racontant l’histoire de l’émergence de Maitreya et des Maîtres. Je m’intéresse vivement aux questions d’environnement et je fus immédiatement captivée par la conférence. Pendant la dernière bénédiction, une intense énergie dorée traversa tout mon être et je restai rivée à mon siège.
Cela fait maintenant treize ans que je viens régulièrement aux conférences.
Gill Fry, Londres, G.-B. (infirmière)
En 1986, dans le courant de l’été, je suis allée à une conférence de Benjamin Creme à Londres, après avoir vu une annonce dans le journal The Guardian. A la suite d’un voyage récent en Asie du Sud-Est et en Inde, j’avais réfléchi aux liens existant entre les différentes religions et je fus immédiatement attirée par le message.
La salle de la Friends House était remplie d’une foule animée : des gens de tous les âges, de tous les milieux, des personnes isolées, des groupes d’amis. L’atmosphère était décontractée, mais pleine d’effervescence. Benjamin Creme était assis sur un haut tabouret et il expliqua que « l’adombrement » de Maitreya allait commencer.
Un message de Maitreya fut diffusé : les phrases étaient prononcées lentement, avec persuasion, et les idées résonnaient en chacun. Toute notion de temps avait disparu et une immense sensation d’amour et de bien-être semblait emplir la salle. Tout était silencieux, mis à part le bruit occasionnel d’une respiration ou d’un soupir. J’ouvris les yeux pour jeter un coup d’œil, le visage de Benjamin Creme paraissait tout à fait différent, plus âgé, avec des traits plus orientaux, et il rayonnait.
Benjamin Creme commença sa conférence en nous demandant de l’écouter avec un esprit ouvert, tout en faisant remarquer qu’un esprit réellement ouvert est chose fort rare. Phrase après phrase, ce fut comme une révélation : parfois je demeurais en arrière réfléchissant à ce qui venait d’être dit, me disant : « Oui, c’est si vrai ! » Il parlait d’une manière et à un rythme faciles à suivre : les idées coulaient spontanément, se développaient, puis revenaient tout naturellement vers le thème central. Des concepts abstraits paraissaient parfaitement clairs, comme si on en faisait l’expérience à l’instant même, et quand il parla de manière si naturelle de la réincarnation, de l’âme, de Maitreya et des Maîtres, je sus que tout cela avait un sens.
Ce qu’il y avait de très inhabituel dans sa conférence, c’était sa façon de relier de nombreux sujets : il montrait comment résoudre les problèmes du monde en suivant des vérités ésotériques. Il parlait de manière calme et détachée, sans le moindre soupçon de fanatisme ni la moindre tentative de persuader qu’il avait raison. Le public appréciait les plaisanteries qui émaillaient sa conférence, et il semblait lui-même y prendre plaisir.
Après la conférence, Benjamin Creme répondit aux questions du public : cette session fut très vivante et j’eus l’impression que nous avions devant nous quelqu’un qui pouvait littéralement répondre à n’importe quelle question ! La soirée se termina par une dernière bénédiction de Maitreya qui m’imprégna d’une énergie merveilleuse et me laissa l’esprit apaisé.
Lorsque je quittai la salle, personne ne m’adressa la parole – j’avais un net sentiment de libre arbitre, je ne sentais aucune pression, aucune exigence à mon égard. La conférence de Benjamin Creme avait été si captivante que je me sentais en sécurité et certaine que tout se déroulerait pour le mieux. J’étais pleine d’espoir et de gratitude.
Cette première conférence changea mon existence et je pense maintenant que ma vie se divise en deux parties distinctes : avant et après les révélations de cette soirée. Ce fut comme entrer dans la réalité et voir enfin ce vers quoi nous allons.
Essy Payne, Westcliff-on-Sea, G.-B. (thérapeute iranien)
Je suis allé par hasard avec un ami à une conférence de Benjamin Creme. Assis en train d’écouter, tout en regardant le public autour de moi, j’appréciai tout particulièrement la manière simple avec laquelle Benjamin Creme communiquait l’information. Je sentis qu’après des années de quête j’étais arrivé au but. Toutes les recherches, toute la confusion de tant d’années, toutes les questions que je m’étais posées et tous les débats qui s’étaient déroulés dans ma tête prenaient fin.
Des gens de toutes nationalités et de tous milieux étaient assis là et ils apprenaient la raison de leur naissance, le sens de ce qui nous arrive et le fait que nous ne sommes pas seuls. Pour la première fois de ma vie, je me sentais vraiment heureux et libre et je réalisais que je n’avais pas péché mais commis des erreurs, rien de plus. Il y a douze ans de cela. Benjamin Creme m’a fait connaître les enseignements de la Sagesse éternelle que je n’ai cessés de lire depuis.
Je m’efforce d’aller chaque mois aux conférences. Je les considère comme une nourriture spirituelle. Il est question de politique, d’affaires courantes, de spiritualité. Pour moi, aller à ces conférences, c’est anticiper sur le moment où, dans un avenir très proche, Maitreya et les Maîtres de Sagesse marcheront parmi nous sur la Terre et mon cœur se remplit d’allégresse.
Susan Brindle, Benfleet, G-B
J’ai entendu Benjamin Creme pour la première fois il y a huit ans. J’ignorais tout des enseignements de la Sagesse éternelle, mais, malgré cela, l’histoire ne me parut ni étrangère ni nouvelle. Je sus que j’étais parvenue au but. Pour moi, c’était comme si la conférence de Benjamin Creme mettait les points sur les « i », métaphysiquement parlant. En un mot, je sus que ma longue quête de réponses et de compréhension n’avait pas été vaine. Pour la première fois de ma vie, je ressentais une certaine paix. Cette paix est demeurée en moi et a continué à grandir au-delà de tout entendement.
J’ai cinquante et un ans, je suis aveugle de naissance, j’ai peu fréquenté l’école et je n’ai aucune occupation. Pour cette raison mon expérience peut, peut-être, être jugée négligeable, peu représentative, en dehors de la norme. Mais je crois que si un changement aussi dynamique a pu se produire dans ma vie, d’autres personnes peuvent certainement vivre une expérience similaire.
Jenny Glover, Londres, G.-B. (écrivain)
J’avais appris de sources diverses l’arrivée imminente dans le monde du Christ, l’Instructeur mondial, le prochain Bouddha, et donc lorsqu’en 1979 j’entendis parler d’un homme qui faisait une conférence à Londres sur la présence du Christ dans le monde d’aujourd’hui, je m’y rendis.
En tant qu’ancienne hippie habituée à des rencontres moins orthodoxes (depuis les ateliers thérapeutiques jusqu’aux satsangs) je fus surprise de me retrouver dans le cadre d’une conférence formelle, au milieu d’un public composé de personnes de toute culture et de tout milieu. Je fus encore plus surprise lorsque je vis un homme d’âge moyen, vêtu et chaussé de manière conventionnelle, s’avancer sur le podium. Ceci, pensais-je, était beaucoup trop sérieux pour une rencontre spirituelle et ne promettait rien de bon. Cependant, j’étais curieuse et je décidai de rester jusqu’au bout.
Le conférencier s’assit, et commença simplement à regarder tour à tour chaque membre du public. Tandis qu’il agissait ainsi, un changement se produisit dans la salle, un calme extrêmement profond s’installa. C’était comme si l’air avait soudain changé de consistance, comme s’il s’était en quelque sorte épaissi de particules de lumière. Benjamin Creme lui-même était entouré d’un pâle brouillard de lumière dorée. J’aurais pu rester assise là pour toujours.
Je ne compris pas tout ce qui fut dit ce jour-là et il y a certaines choses que je ne pouvais alors accepter ; tout ce que je retins fut l’information concernant Maitreya. Mais je quittai la salle profondément touchée – et totalement certaine de la présence du futur Instructeur dans le monde. Et c’était si bon de connaître son nom.
Echec du monétarisme international et deuxième crise de la dette – [sommaire]
LA REACTUALISATION DES RAPPORTS BRANDT - Deuxième partie - 2/3
par James Bernard Quilligan,
Dans ses numéros de janvier/février et mars 2004, Partage international a publié le début d’une série d’articles sur la réactualisation des rapports Brandt. En 1977, l’ancien chancelier allemand Willy Brandt avait réuni un groupe d’anciens chefs d’Etat et de personnalités mondiales de premier plan afin d’examiner « l’échec de l’économie mondiale et les problèmes qui accablent les pays en développement ». Plus de vingt ans après la publication du Rapport Nord-Sud : un programme pour la survie (1980) et de son complément : la Crise internationale : la coopération Nord-Sud pour reconstruire le monde (1983), James Quilligan analyse les demi-succès et les échecs dans l’application de ces propositions.
Dans la première partie, James Quilligan a passé en revue les principales questions traitées par la Commission, et il a établi une évaluation de ses propositions. Dans cette seconde partie, il propose une analyse approfondie de l’histoire économique depuis la Seconde Guerre mondiale, et il établit les liens avec les solutions que la Commission Brandt a préconisées, et dont l’application est plus que jamais indispensable aujourd’hui.
L’histoire de l’économie post-moderne se confond dans une large mesure avec la libéralisation du marché par le biais des devises flottantes, de l’ouverture des marchés financiers et de l’abaissement des barrières douanières. La dérégulation monétaire de 1971 a été suivie d’une déréglementation financière au cours des années 1980, et de la libéralisation du commerce dans les années 1990.
Avec l’abandon du contrôle des capitaux et le déplafonnement des taux d’intérêt au cours des années Reagan-Thatcher-Kohl, le capital financier se trouva libre de circuler et de rechercher les meilleurs taux d’intérêt au-delà des frontières. Conformément au plan américain Brady de 1989, la dette détenue par les grandes banques commerciales sur les pays d’Amérique latine fut convertie en obligations. Les banques internationales en conservèrent une partie tandis qu’une autre fut offerte au public par l’entremise des compagnies d’assurance, des fonds de pension et des fonds communs de placements. Ces nouveaux produits financiers furent conçus pour que les banques ne soient plus seules exposées aux risques liés à la crise de la dette des pays en voie de développement.
L’abolition des barrières douanières au cours de la période Clinton-Major-Kohl permit la croissance des exportations et des revenus des pays en voie de développement. Cependant, du fait du poids de la dette, cette croissance des exportations et des épargnes nationales ne suffit pas à générer une croissance économique significative, rendant les pays pauvres encore plus dépendants des capitaux étrangers. Alors que tout le tiers monde adoptait le capitalisme de marché libre, la finance internationale étendait son emprise sur ces pays. Poussés par des investisseurs américains de plus en plus avides de diversifier leurs actifs financiers, les pays développés ont injecté des milliards de dollars sur les marchés de la dette et des valeurs mobilières.
Les échanges sur les marchés des valeurs étrangères explosèrent. En un rien de temps, les perspectives d’investissement dans les économies émergentes virent leur cote passer d’une crédibilité nulle à excellente. De pays à haut risque, ces pays se transformèrent soudain en d’exotiques « économies émergentes ». Malgré l’absence de véritables garde-fous bancaires et juridiques dans nombre de ces pays, et malgré l’exemple de la cessation de paiement virtuelle du Mexique en 1994, le portefeuille d’investissements dans les pays en voie de développement (PVD) grimpa jusqu’à 94 milliards de dollars. Avec les produits dérivés, les options, les contrats à terme, les actions, les obligations, les contrats sur les matières premières et les devises, les instruments financiers de toute sorte firent un malheur dans les années 1990, et il n’est pas un lieu sur Terre qui ne sembla digne d’intérêt aux yeux des investisseurs.
Pendant ce temps, grâce aux investissements directs étrangers (IDE), des multinationales américaines, européennes et japonaises, purent s’approprier des services publics, des centrales de production d’énergie et des entreprises industrielles dans les pays sous-développés, et non plus simplement détenir leurs actions ou leurs obligations. De ce fait, les objectifs de ces sociétés s’élargirent. Au début des années 1980, les multinationales investissaient dans les PVD afin de produire et de vendre des marchandises localement. En l’an 2000, la situation avait complètement changé : les entreprises étrangères investissaient dans le tiers monde afin de produire des marchandises vendues ensuite dans le monde entier.
Entre 1980 et 2000, le commerce international et les IDE des entreprises ont été multipliés par cinq. Les pays en développement sont devenus de fait l’eldorado des sociétés d’investissement de la planète, et des plate-formes d’exportation pour les sociétés multinationales. Grâce aux investissements des institutions financières et des entreprises, et avec la création d’emplois et l’augmentation des revenus qui en découlèrent, nombre de pays en développement connurent leur premier redressement économique depuis plus d’une décennie. Au cours des années 1990, l’investissement étranger sembla combler le vide engendré par l’effondrement des prêts bancaires des années 1980.
A la fin du siècle, la moitié des foyers américains étaient devenus actionnaires de sociétés disposant fréquemment d’avoirs à l’étranger, soit directement, soit au travers d’investisseurs institutionnels. Les Américains détenaient un tiers de leur patrimoine sous forme d’actions. Le nombre d’investisseurs augmenta également fortement en Europe et au Japon. Des millions d’Occidentaux devinrent littéralement propriétaires d’actifs situés dans le tiers monde par l’achat d’actions en direct, ou à travers les investissements d’institutions telles que les compagnies d’assurance, les fonds de pension, les fonds communs ou les fonds de placement à risque.
L’enthousiasme ambiant se brisa soudainement lorsque éclata la crise asiatique de 1997. Lorsqu’ils anticipèrent une dépréciation du baht thaïlandais, les investisseurs sur les marchés émergents rapatrièrent prudemment leurs capitaux d’un simple geste sur un clavier d’ordinateur, afin de minimiser leurs pertes. La secousse ne fut pas confinée à la dévaluation du baht. Suspectant l’existence de faiblesses structurelles identiques dans les autres pays de la région – banques en difficulté, sociétés surendettées, monnaies surévaluées, déficits budgétaires conséquents, actions et valeurs immobilières surcotées, protection juridique insuffisante – les sociétés d’investissement retirèrent également leurs avoirs de ces pays afin de rembourser des actionnaires devenus nerveux, drainant ainsi les liquidités disponibles de plusieurs pays.
En 1997 et 1998, une dévaluation suivie d’une inflation galopante s’étendit de la Thaïlande à la Corée du Sud, à l’Indonésie, à la Malaisie, puis à la Russie et au Brésil. La liquidation des économies émergentes en Asie n’entraîna pas seulement une flambée des taux d’intérêt, mais également l’effondrement des devises des Philippines, de la Malaisie, de Taiwan, de l’Indonésie et de la Corée du Sud. Les flux de capitaux s’asséchèrent. Les licenciements de personnel se multiplièrent. Le prix des actions s’effondra dans toute l’Asie du Sud-Est. Le commerce mondial ralentit. On appela le FMI au secours d’économies plongées dans la léthargie. Il concocta un programme de sauvetage à hauteur de 230 milliards de dollars en faveur du Mexique, de la Thaïlande, de l’Indonésie, de la Corée du Sud, de la Russie et du Brésil.
Les flots ininterrompus de capitaux internationaux s’étaient taris, entraînant de nouveau le chaos. Tout comme le trou noir créé par l’effondrement des prêts bancaires dans les années 1980, la panique des investisseurs de la fin des années 1990 provoqua une pénurie dramatique de liquidité au sein des économies émergentes. En 1999, ces économies commencèrent à sortir de l’ornière, mais le ralentissement de la demande mondiale anéantit les premiers espoirs de reprise. La Corée du Sud, la Russie et le Mexique ont depuis connu un certain regain d’activité, mais l’Amérique latine continue à subir une détérioration des termes du commerce extérieur, un affaiblissement des flux de capitaux, et ses exportations ne décollent pas. En Asie du Sud-Est, la production industrielle a chuté considérablement, en particulier dans le domaine de la haute technologie, car ses principaux clients mondiaux – les États-Unis en particulier – connaissent également une réduction sensible de leur demande intérieure.
Le Japon a connu une récession et une déflation sévères pendant plus de dix ans. L’entrée de la Chine dans l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2001, a contraint ce pays à procéder à la restructuration de ses banques et de ses entreprises, à réduire les barrières tarifaires, à baisser les prix et licencier des salariés, ce qui a provoqué une réaction déflationniste dans le pays mais aussi chez ses voisins. Par ailleurs, une grande instabilité règne toujours au sein des secteurs bancaires asiatiques. Tant le Japon que la Chine détiennent des stocks considérables de crédits irrécouvrables. A la fin de l’année 2001, les pays du Sud-Est asiatique détenaient plus de 2 000 milliards de crédits douteux – soit 30 pour cent de leur PNB. Les banques internationales continuent à perdre de l’argent dans ces pays du fait des retards dans les remboursements des prêts, et en raison des prêts consentis aux fonds de placement à risque qui ont connu des pertes abyssales au moment de la panique des années 1997 et 1998. Criblés de dettes et considérés comme destination à risque par les investisseurs, les pays en développement souffrent encore de pénuries de liquidités.
La situation mondiale est désormais plus complexe et plus grave qu’il y a vingt ans. Dans l’affaire de la dette sud-américaine, c’est la dette publique qui menaçait de faire tomber les banques internationales. Lors de la crise asiatique, la dette due aux sociétés et aux banques a mis en danger l’ensemble des marchés financiers, menaçant des millions d’investisseurs, petits et grands. Si une nouvelle crise survient, les banques internationales, les institutions financières privées et les investisseurs en bourse pourraient bien tous se retrouver exposés.
Du fait de l’interdépendance étroite des marchés financiers, une crise économique se déclenchant dans un pays peut contaminer le village mondial en une nuit, ne laissant dans son sillage que banqueroute et dévaluation. Il est peu probable que les filets de sécurité mis en place par le G-7 et le FMI s’avèrent alors suffisants pour surmonter un effondrement financier à l’échelle planétaire, du fait qu’à tous les échelons de la société – ménages, entreprises, États – la dette atteint son niveau de saturation dans le monde développé. De même, l’instabilité financière qui affecte le marché dérégulé des produits dérivés, qui se monte à quelques 130 000 milliards de dollars, engloutirait une part astronomique des capitaux nécessaires à un sauvetage planétaire.
Parallèlement, il n’existe aucun dispositif à l’échelle mondiale pour encadrer le commerce international et l’investissement direct, afin de répartir le risque entre les créanciers et les débiteurs, dans le but de stabiliser la situation financière dans les économies en développement, pour les cas où les investisseurs étrangers subiraient des pertes liées à des créances irrécouvrables. Malgré deux crises majeures au cours des vingt dernières années, il n’émerge toujours aucune source d’assurance financière publique ou privée ayant la volonté ou la capacité de relever un nouveau défi. Il se pourrait qu’aucun garant ne soit suffisamment puissant pour secourir les pays touchés lors de la prochaine crise monétaire.
(A suivre)
Plus d’infos : www. brandt 21forum.info