Jimmy Carter lance un appel au partage

Partage international no 189mai 2004

« Le problème le plus grave et le plus universel auquel se trouve confronté le monde actuel est le fossé croissant entre les plus riches et les plus pauvres », écrit l’ancien président américain Jimmy Carter, dans un article publié par USA Today, en février 2004.

Pourtant, les dirigeants politiques au-tant que les candidats aux élections sont incapables de réaliser qu’il s’agit là à la fois d’un sujet de préoccupation d’ordre moral, et d’une priorité en termes de sécurité nationale. Nous ne remporterons la guerre contre le terrorisme que si nous nous orientons davantage vers un partage équitable des ressources en vue de satisfaire les besoins fondamentaux de tous les habitants de la planète. « Aujourd’hui, les habitants des dix pays les plus riches sont au moins 75 fois plus riches que ceux qui vivent dans les dix pays les plus pauvres, et le fossé s’élargit encore. Cette extrême pauvreté est intimement liée à un ensemble plus large de problèmes, incluant le terrorisme, l’instabilité économique et la maladie. Les problèmes de pauvreté extrême peuvent sembler lointains, irréels même. Nous [les Etats-Unis] sommes une nation qui jouit de richesses sans précédent et une société bombardée d’images de santé, d’opulence et de succès, dans laquelle le revenu moyen par ménage se situe largement au-dessus de 100 dollars par jour. En comparaison, 1,3 milliard de personnes, plus d’un cinquième de l’humanité, essaient de survivre avec moins d’un dollar par jour […] « Ceux qui vivent dans la misère sont aussi intelligents, créatifs et vaillants que vous et moi. Ils aiment autant leurs enfants et ont pour eux les mêmes espoirs de vie saine, productive et pleine de sens. Au cours de mes voyages dans 120 pays, j’ai constamment été inspiré par leur courage et leur foi, leur sagesse et la clarté de leur jugement, ainsi que par leurs réalisations lorsqu’on voulait bien leur donner une chance d’utiliser leurs capacités innées. Mais les nations les plus riches du monde continuent d’ignorer tragiquement ceux qui vivent dans la misère. Par exemple, bien que les Etats-Unis soient le premier pays du monde en terme de produit intérieur brut (PIB), ils sont le dernier des 22 pays les plus riches en terme de pourcentage du PIB consacré à l’aide aux pays du tiers monde. »

J. Carter lance un appel à aider des organisations comme Better Safer World, une coalition de neuf ONG, parmi lesquelles CARE, Oxfam America et World Vision. Formée après le 11 septembre, elle travaille pour éduquer les Américains sur les causes profondes de la pauvreté. Elle demande aux Etats-Unis de « consacrer au moins 1% de son budget à des projets d’aide humanitaire et de développement et d’accorder aux pays pauvres l’annulation de leur dette, ce qui libèrerait de grosses sommes pour des projets humanitaires ». « La paix mondiale est en jeu, avertit J. Carter, qui demande au gouvernement de faire face tant au problème des conditions de vie inacceptables de beaucoup d’Américains qu’aux « souffrances encore plus grandes qui règnent en-dehors de nos frontières ».


Sources : USA Today, Etats-Unis
Thématiques : Société, politique, Économie
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)