Tony Blair réclame une seconde Commission Brandt

Partage international no 189mai 2004

Le premier ministre britannique, Tony Blair, souhaite convoquer une Commission sur le développement international, mettant l’accent sur la pauvreté en Afrique. Trevor Manuel et Gordon, l’allègement de la dette, le sida, le commerce et les questions monétaires, financières et de gouvernance. Selon l’agenda annoncé à Londres, par T. Blair, le premier ministre d’Ethiopie Meles Zenawi et la secrétaire britannique du Développement international, Hilary Benn, la nouvelle équipe entreprendra ses travaux cette année et produira un rapport en 2005 (25e anniversaire du Rapport Nord-Sud : un programme pour la survie, de la Commi Brown, ministres des Finances d’Afrique du Sud et du Royaume Uni, ont été choisis pour conduire la recherche qui portera sur l’aide internationalession Brandt).

La Commission Brandt, présidée par l’ancien chancelier ouest-allemand Willy Brandt, avait proposé une restructuration majeure de l’économie mondiale afin de permettre aux pays pauvres de bénéficier d’un développement équitable, de devenir compétitifs sur les marchés mondiaux, assurant ainsi la stabilité et la prospérité de toutes les nations. Aujourd’hui, T. Blair espère éviter les obstacles qui ont entravé le rapport Brandt.

Le Rapport Nord-Sud, vendu à près d’un million d’exemplaires, avait été unanimement approuvé par les Nations unies et avait fait l’objet de discussions en 1981, aussi bien lors du Sommet du G-7 que d’une rencontre au sommet des chefs d’Etat. Mais rapidement, les gouvernements occidentaux ont interrompu le dialogue sur le développement mondial, et aucune négociation significative n’est intervenue jusqu’au Sommet du Millénaire (Onu, 2000) et la Conférence de l’Onu sur le financement du développement (2002).

En 2005, la Grande-Bretagne présidera aussi bien le G-8 que l’Union européenne, offrant à Tony Blair une assise plus large pour influencer l’agenda de la politique internationale et soutenir les intérêts des populations en matière de pauvreté et d’inégalité. Il projette d’attirer l’attention du monde sur l’Afrique, où le manque d’éducation, le sida et la pauvreté sont chroniques.

L’aide mondiale à l’Afrique se monte aujourd’hui à 13 milliards de dollars par an, soit un peu moins qu’en 1980. La Commission Brandt avait appelé les pays développés à accroître leur aide étrangère jusqu’à 1% de leur PNB avant 2000, mais depuis 1980, l’aide aux pays pauvres a diminué de 0,35 à 0,21 % du PNB des pays riches.

Tout comme W. Brandt, G. Brown souhaite que les gouvernements augmentent l’efficacité et le volume de leur aide et il proposera un financement international allant jusqu’à 50 milliards de dollars par an, afin d’atteindre les Objectifs du millénium pour le développement de l’Onu, visant à diminuer de moitié la pauvreté dans le monde, à réduire la mortalité infantile de deux tiers et à assurer la scolarisation de tous les enfants d’ici 2015.

La Commission pour l’Afrique devra également explorer de nouveaux moyens d’accroître le commerce et les investissements et de réduire la dette des pays en développement. K. Y. Amoako (Ghana), Michael Camdessus (France), Nancy Kassebaum Bayer (Etats-Unis) et Sir Bob Geldof (Grande-Bretagne) se joindront à Trevor Manuel, Gordon Brown, Meles Zenawi et Hilary Benn dans l’équipe pour le développement de l’Afrique.

D’autres personnalités marquantes ont récemment appelé à une réforme du développement mondial, comme James Wolfensohn, président de la Banque mondiale, Luiz Inácio Lula da Silva, président du Brésil, et le chanteur rock Bono.

Afrique
Sources : The Guardian, G.-B.
Thématiques : Société, politique, Économie
Rubrique : Tendances (Dans le monde actuel s’affirme une tendance de plus en plus prononcée à la synthèse, au partage, à la coopération, à de nouvelles approches et avancées technologiques pour la sauvegarde de la planète et le bien-être de l’humanité. Cette rubrique présente des événements et courants de pensée révélateurs d’une telle évolution.)