Partage international no 182 – octobre 2003
Tandis que G. Bush fait le forcing pour convaincre l’Afrique d’utiliser les OGM, nombre de journalistes et de scientifiques réfutent ses arguments et s’interrogent sur ses arrière-pensées. Il affirme haut et fort, en effet, que cette technique, en créant des semences résistantes à la sécheresse et aux insectes nuisibles, augmenterait de façon spectaculaire la productivité agricole, et il la présente même comme le seul moyen de gagner « la bataille contre la famine à l’échelle planétaire».
Le Canard Enchaîné, journal satirique français, démonte cette argumentation, en faisant valoir que l’adoption des OGM par l’Afrique mettrait ses ressources de base à la merci de cinq transnationales (Monsanto, Dupont, Syngenia, Bayer et Dow), dont les brevets interdiraient à terme aux paysans de récolter et sélectionner les graines qu’eux-mêmes ont semées. Le transgénique ne résoudra pas le problème de la faim : « Les 800 millions de personnes qui en souffrent dans le monde pourraient être nourries dès aujourd’hui car, tous les experts le disent, nous produisons actuellement une fois et demie ce dont l’humanité a besoin pour se nourrir. » Le problème central est un problème non de production, mais de distribution. « Comme le dit et le répète Jacques Diouf, directeur général de la FAO, à court terme, la priorité, ce ne sont pas les semences, mais l’eau, les infrastructures, les routes, le stockage et les capacités de conditionnement des denrées. »
Afrique
Sources : Le Canard Enchaîné, France
Thématiques : Sciences et santé, environnement, politique, Économie
Rubrique : Regard sur le monde (Dans cette rubrique, Partage international met en lumière certains problèmes urgents qui nécessitent une nouvelle approche et des solutions durables.)
