Guérir l’Afrique du Sud

Partage international no 179juillet 2003

La Commission de vérité et de réconciliation d’Afrique du Sud vient de remettre son rapport au président Thabo Mbeki.

L’archevêque Desmond Tutu, président de la commission, a déclaré : « Aujourd’hui, nous célébrons la liberté que nous avons retrouvée après avoir souffert des chaînes horribles et de l’injustice d’un système abject. Nous avons enregistré une victoire spectaculaire contre un système diabolique. »

D’après un article du New York Times, les travaux de la commission reflètent l’orientation du gouvernement sud africain vers le pardon plutôt que vers les poursuites judiciaires, et la réparation plutôt que les représailles. Les mesures innovantes prises en vue de réparer les préjudices provoqués par l’ancien système d’apartheid et d’entamer une nouvelle ère prévoient une réparation s’élevant à plusieurs millions de dollars pour les victimes qui feront part des injustices subies ainsi qu’une amnistie pour ceux qui confesseront les atrocités qu’ils ont perpétrées.

L’article note cependant que les travaux de la commission ont été gênés dès le début par des entraves d’ordre juridique destinées à protéger les responsables officiels au plus haut niveau. Le rapport final met cependant en garde le gouvernement contre une amnistie générale et pousse celui-ci ainsi que les responsables économiques à accélérer le règlement des réparations qui doit être considéré comme une question d’honneur et d’urgence au niveau national.

L’archevêque Tutu, en signalant que le monde des affaires avait profité du système de la suprématie des Blancs, a rappelé au président Mbeki l’existence d’une proposition de loi portant sur l’instauration d’une taxe à charge des entreprises, destinée à financer 360 millions de dollars de réparation. Il a ajouté : « Ceci ne doit pas être considéré comme un geste d’altruisme, il est de l’intérêt des entreprises de réduire le fossé qui sépare les riches des pauvres. »

Lors d’une conférence de presse, l’archevêque Tutu a insisté sur ce que l’article du New York Times qualifie de « désillusion et menace d’explosion transparaissant derrière le miroir d’une Afrique du Sud pacifiée », et il a ajouté : « Comment expliquer que dix années après le changement de régime, les Noirs se réveillent encore le matin dans des ghettos sordides pour aller travailler dans les palaces situés dans des villes en majorité peuplées de Blancs et retrouver le soir les mêmes conditions ignobles ? Je ne sais pas pourquoi ces gens ne maudissent pas le processus de paix, moi-même et la Commission de vérité. »

Afrique du Sud
Sources : The New York Times, Etats-Unis
Thématiques : politique, Économie
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)