Critiques à l’encontre du FMI et de la Banque mondiale

Partage international no 142juin 2000

Des milliers de personnes ont manifesté récemment à Washington, en marge d’une réunion du FMI et de la Banque mondiale. La presse a saisi l’occasion pour relayer les critiques de quelques voix éminentes à l’encontre de ces institutions. Dans un article cinglant paru dans le magazine New Republic, Joseph Stiglitz, ancien responsable économique à la Banque mondiale, a eu des mots très durs à l’égard du FMI.

Faisant référence aux manifestants attendus à Washington, il écrit : « Ils diront que le FMI est arrogant, qu’il n’écoute pas vraiment les pays en voie de développement qu’il est supposé aider, qu’il agit en secret et échappe au contrôle démocratique. Ils diront que les remèdes économiques du FMI ne font souvent qu’empirer les choses.

Et ils auront raison. J’ai été responsable économique à la Banque mondiale entre 1996 et fin 1999, pendant la plus grave crise économique mondiale du demi-siècle. J’ai vu comment le FMI, faisant tandem avec le Département du Trésor américain, a réagi. Et j’ai été consterné. » Il conclut en disant : « Si les gens que nous chargeons de diriger l’économie mondiale, au FMI et au Département du Trésor [américain], n’entament pas un dialogue et ne prennent pas à cœur les critiques [des manifestants], les choses continueront à aller très, très mal. »

Dans un récent ouvrage, les Yeux du cœur, l’ancien président haïtien Jean-Bertrand Aristide explique que les programmes d’austérité prônés par le FMI et la Banque mondiale offrent « un choix entre la mort et la mort » pour les pays pauvres.

Sur une planète où la moitié de la population vit avec moins de deux dollars par jour, « les statistiques qui décrivent l’accumulation des richesses dans le monde sont effarantes, écrit J.-B. Aristide. Cette crise du dollar cache une crise humaine : chez les pauvres, une incommensurable souffrance ; chez les autres, les puissants, les maîtres de la politique, une pauvreté d’esprit qui a fait une religion du marché ; une crise de l’imagination si profonde que le seul critère de valeur est le profit, le seul critère du progrès humain la croissance économique. »


Sources : New Republic, American Reporter, Etats-Unis
Thématiques : Économie
Rubrique : Tendances (Dans le monde actuel s’affirme une tendance de plus en plus prononcée à la synthèse, au partage, à la coopération, à de nouvelles approches et avancées technologiques pour la sauvegarde de la planète et le bien-être de l’humanité. Cette rubrique présente des événements et courants de pensée révélateurs d’une telle évolution.)