Partage international no 61 – septembre 1993
Interview de Dr Hiroshi Motoyama par Adrian Jackson
Le Docteur Motoyama est un scientifique, mais également un yogi, un philosophe et un prêtre. C’est un homme aux talents multiples, spécialiste en médecine orientale, en électronique et en informatique. Il est également parapsychologue, guérisseur spirituel et voyant. Il dirige l’Institut des sciences de la vie de Tokyo et l’Institut des sciences humaine de Californie. Il cherche à expliquer la nature de l’expérience mystique et à mettre en évidence l’existence des énergies subtiles grâce à des méthodes d’investigations scientifiques. C’est ainsi qu’il a mis au point deux appareils. Le premier mesure l’énergie du « ki » le long des méridiens (l’appareil AMI), et l’autre évalue l’énergie des chakras ou centres énergétiques du corps (l’instrument Chakra). De nombreux établissements médicaux au Japon et quelques uns aux États-Unis utilisent l’AMI comme outil de diagnostic et de recherche dans les domaines de la santé et du paranormal. Durant cette interview accordée à Partage International, le Dr Motoyama expose certaines de ses conceptions scientifiques quant au développement futur de ce domaine de la recherche et du diagnostic médical.
Partage International : Docteur Motoyama, pouvez-vous nous indiquer comment vous est venue l’idée de fabriquer l’AMI et sur quels principes scientifiques il est fondé ?
Dr Hiroshi Motoyama : Oui. Depuis que je pratique le yoga, c’est-à-dire une quarantaine d’années, je ressens fréquemment un flot d’énergies vitales circulant dans mon corps, le long des méridiens (canaux énergétiques), comme de l’eau ou de la chaleur. Je ressens plus particulièrement l’énergie de la kundalini, au niveau de l’épine dorsale. J’ai décidé de pratiquer le yoga car j’étais assez malade et devais souvent m’aliter. Après plusieurs mois, mon état s’est tellement amélioré que j’ai pu commencer à ressentir l’énergie du ki ou du prana. Plus tard, jeune maître de conférences en sciences à l’Université de Tokyo, j’ai raconté mes expériences à mes étudiants, mais ceux-ci réagirent avec un grand scepticisme. Ils étaient habitués à penser rationnellement et je ne pouvais apporter aucune preuve à mes dires. J’ai décidé alors de démontrer l’existence de ces énergies subtiles ou vitales par des méthodes scientifiques. J’ai tout d’abord utilisé un électroencéphalogramme (EEG) et un électrocardiogramme (ECG), mais cela ne s’est pas avéré concluant, car ces appareils peuvent seulement mesurer le potentiel électrique des nerfs ou des muscles. Un jour, il y a environ 25 ans, un professeur de passage me convia à visiter son université en Inde. Là, nous avons examiné des yogis et des maîtres en T’ai Chi Chuan avec ces méthodes. Ce fut un dur labeur et je crois bien que cela provoqua chez moi un ulcère à l’estomac, en partie parce qu’au cours de ces consultations spirituelles, je n’ai utilisé que le chakra manipura (centre du plexus solaire ou hara) relié au méridien de l’estomac. A mon retour d’Inde, j’en vins à penser que j’avais fait fausse route puisque mes tentatives de détection et de mesure, par les moyens de la médecine traditionnelle, avaient échoué. C’est ainsi que je décidai de concevoir un nouvel appareil. J’avais étudié l’électronique à l’Académie navale et à l’Université et j’étais donc capable de mettre au point un circuit électronique, support d’un nouvel instrument qui me permettrait de mettre en évidence la « fonction fluidique » du corps. Telle est l’histoire de l’AMI (appareil pour mesurer le fonctionnement des méridiens et de leurs organes internes correspondants).
PI. Avez-vous conçu d’autres instruments de mesures ?
HM. Oui. Mon autre appareil est l’« instrument Chakra » que j’ai mis au point deux à trois ans après l’AMI. Je suis parti de l’idée que d’une part, il devait se produire une modification du champ électromagnétique aux alentours d’un chakra dont l’énergie subtile serait canalisée et dirigée par l’individu lui-même, et que d’autre part le corps physique possède une sorte de potentiel statique qui disparaît lorsque le corps est déchargé de son énergie. C’est ainsi qu’un individu doté de capacités psychiques, peut émettre et diriger de l’énergie à travers ses chakras en activité, et produire de la lumière s’il se trouve isolé dans une pièce obscure. Cette lumière peut être détectée ainsi que sa direction. L’instrument Chakra permet de détecter cette lumière ainsi que les modifications du champ électromagnétique. Le premier objectif de cet appareil était d’enregistrer la lumière ou le pouvoir psychokinétique, et de vérifier si cela pouvait avoir une influence sur une ambiance électrique, ou encore si quelqu’un pouvait vraiment produire de la lumière.
PI. Pouvez-vous déceler par vous-même si une maladie a une cause karmique, si elle est incurable ou si elle peut être guérie ?
HM. Tout dépend de la compréhension que l’on a de l’être humain. Je pense qu’il est constitué de trois éléments : un corps, un mental et un esprit, et que chaque élément possède sa propre individualité. Si le problème ou la cause de la maladie provient du niveau spirituel, elle trouve en général sa source dans le karma antérieur et, d’ordinaire, elle ne peut être guérie par la médecine occidentale. Une maladie du niveau mental est engendrée par des événements qui se sont déroulés dans la vie actuelle de l’individu, produisant un état d’instabilité mentale. Elle peut alors être soignée par l’hypnose, la psychothérapie ou encore par une approche psychologique. Dans ce cas, le malade a simplement besoin de comprendre la raison et les causes qui ont créé le problème dans son mental. Une maladie liée au plan physique, comme une infection, sera rapidement soignée par un traitement médical approprié. Il est très difficile de guérir une maladie ou un handicap provoqués par le karma. Mais, si nous prions Dieu pour qu’il aide ces malades, alors, dans de nombreux cas, ils seront guéris en l’espace de cinq à dix ans. La solution se trouve dans l’acceptation de la vie antérieure qui en est la cause. C’est une première étape dans le contrôle des émotions ; ainsi les malades pourront-ils s’observer de l’extérieur. Ils doivent prier Dieu et graduellement, ils contrôleront leur état émotionnel, et la persistance d’une attitude trop égocentrique disparaîtra progressivement. Ils pourront alors retrouver leur santé et un équilibre dans leurs rapports avec autrui. C’est ainsi qu’ils parviendront à la guérison.
PI. Il existe un fossé entre la médecine classique occidentale et ce nouvel art de guérison basé sur les méridiens et les chakras. Pensez-vous que vos travaux ont contribué à jeter un pont entre les deux approches ?
HM. Oui, je le pense. La médecine s’intéresse surtout à la masse, l’aspect matériel. La matière est une sorte d’accumulation d’énergie selon un ordre établi. Le chaos est de l’énergie non ordonnée. Lorsqu’elle s’ordonne selon une certaine fréquence, l’énergie devient quantum, et ce quantum est à l’origine de toute masse. Il prend la forme d’un électron, d’un proton ou d’un noyau atomique, puis d’un atome. Les atomes se combinent avec d’autres pour donner des molécules. Les molécules à leur tour s’unissent pour former l’ADN, les protéines et enfin nous-mêmes : matière dotée de conscience. Ainsi toute masse est créée par l’énergie. Cette énergie primordiale donne naissance à quatre sortes d’énergies : l’énergie nucléaire forte, l’énergie nucléaire faible, la force électromagnétique et la force gravitationnelle. Avant de se différencier en quatre, cette énergie primordiale est probablement une, et je pense que c’est là l’énergie du ki. L’énergie du ki et l’énergie physique sont toutes deux importantes dans l’art de la guérison, et cela a été le point central de mes travaux.
PI. Vous pensez qu’il s’agit du ki ?
HM. Oui, mais l’énergie du ki se situe toujours au niveau physique, même si c’est aux « prémices » de la dimension physique. Elle sera donc limitée dans le temps et l’espace. Par exemple, le maître en T’ai Chi Chuan que nous avons examiné ne peut projeter son énergie du ki qu’à une certaine distance. Cette énergie est un médiateur entre la composante mentale ou psychique de l’individu et sa composante physique. Ainsi nous passons maintenant de la médecine occidentale, qui considère la masse uniquement sous son aspect chimique, à la médecine de l’énergie. Alors, au-delà, peut-être atteindrons-nous le niveau psychique et spirituel.
PI. Votre travail semble vérifier l’existence des chakras et des méridiens. Avez-vous quelque théorie scientifique qui expliquerait la forme des chakras et des méridiens et leur développement ?
HM. Avant d’élaborer une théorie, il faut découvrir les faits. Ainsi, dans mon institut de recherche, nous avons examiné environ 100 000 personnes, sur une période de 20 ans. Par chance, nous avons eu la possibilité d’étudier de nombreux psychiques, des maîtres en arts martiaux, des yogis, aussi bien que des étudiants de nos propres disciplines, ou pratiquant le yoga, ou la méditation, etc. Il nous a été possible de détecter les chakras. J’ai, pour ma part, quelque capacité à les voir et à me rendre compte s’ils sont éveillés ou non, chez une personne. Grâce à ce pouvoir psychique, je peux donc déceler clairement quel chakra est actif. Lorsqu’un chakra est éveillé, de très vives couleurs apparaissent dans l’aura, et une grande quantité d’énergie en émane. L’AMI nous permet de vérifier ces faits. S’il s’agit, par exemple, du chakra manipura, les méridiens de la rate, du foie et de l’estomac sont fortement chargés d’énergie. Après avoir examiné nombre de sujets psychiques ou « normaux », j’ai découvert que les chakras sont connectés à des méridiens spécifiques. J’ai pu établir ainsi un lien avec les théories traditionnelles sur les chakras. Par exemple, l’individu dont le chakra manipura est actif peut à la fois contrôler ses émotions et le bon fonctionnement de son système digestif. Nous avons beaucoup appris sur les méridiens et sur les chakras en travaillant avec des yogis, et nous avons pu établir une liaison entre ces connaissances et les données de notre AMI.
PI. Je sais que vous avez travaillé sur les échanges télépathiques entre individus, et que vous avez mis en évidence la manière dont les différentes formes de télépathies ont un effet sur certains chakras spécifiques. Pouvez-vous nous en parler ?
HM. La télépathie agit sur les chakras de différentes façons. Dans la plupart des cas, les échanges télépathiques entre personnes liées par leurs émotions ou leur imagination s’effectuent par leur chakra manipura (centre du plexus solaire). L’individu dont le manipura est éveillé est très sensible. Il est très facilement affecté par les autres et il lui est très facile de recevoir une information de « l’extérieur ». Il peut être aisément influencé par le pouvoir d’un autre individu et l’information trouve son chemin avec facilité. Cependant, si c’est le chakra ajna qui est actif (centre énergétique entre les sourcils), la télépathie sera de nature très différente. Elle prendra une forme intellectuelle très pure et très claire, alors que celle qui passe par le chakra manipura reste très colorée par les émotions et l’imagination. Quelques pensées inconscientes peuvent parfois s’y mêler. Lorsque, soit le manipura, soit l’ajna est éveillé, réception et émission télépathiques sont possibles à volonté.
Il existe également une possibilité de télépathie par le chakra svadisthana (centre sacré), mais celle-ci ne sera qu’accidentelle, et impossible à contrôler. Il sera possible de recevoir, mais pas d’émettre. Si des personnes déclarent avoir des intuitions ou des contacts télépathiques qu’elles ne peuvent contrôler, cela signifie que leur don est surtout lié à leur chakra svadisthana et qu’il est de nature grossière.
PI. Pouvez-vous expliquer un peu ce que vous entendez par science objective et science subjective ?
HM. Dans la science objective, on peut partager avec d’autres personnes l’observation et la compréhension des phénomènes, à partir d’une base commune. Dans certains cas, une science est également objective lorsqu’elle est fondée sur les perceptions sensorielles. Par exemple : je vois cette tasse, vous la voyez aussi, nous pouvons donc dire qu’elle est objective. Mais le côté subjectif est toujours présent. En effet, nous voyons tous deux la même tasse, mais peut-être pas de la même manière. Il en est de même pour l’intuition ou la télépathie. Certains déclarent que l’intuition est un phénomène très subjectif. Je ne le pense pas. Si vous avez le même pouvoir que moi, vous pourrez, par exemple, voir les mêmes entités spirituelles. Il m’arrive parfois au cours d’une méditation avec mes disciples et mes étudiants, de recevoir la même information télépathique qu’eux. Cela démontre bien qu’il existe là une activité commune. Les termes objectif et subjectif peuvent donc revêtir de nombreuses significations.
PI. Je crois comprendre qu’en physique quantique l’observateur peut avoir un effet sur l’objet observé et que les deux sont liés. Ce principe pourrait-il constituer un lien entre la science occidentale et les philosophies ou les religions orientales ?
HM. Selon le principe d’incertitude d’Heisenberg, le quantum, par exemple, ne dépend que de l’instrument utilisé pour l’observer. Ainsi, si nous prenons un photon pour observer des particules élémentaires, telles que des électrons ou des neutrons, avec une certaine méthode nous pourrons évaluer la position de la particule, mais pas sa vitesse ; par contre, si nous observons cette particule avec une autre méthode, nous connaîtrons sa vitesse, mais pas sa position. Nous pouvons comprendre le principe d’incertitude grâce à cela, mais il y a toujours scission entre l’objet et le sujet. Ce principe énonce que si l’observation s’effectue de manière différente, le résultat est différent, bien que l’observation porte bien sur le même objet.
Dans le cas de la psychokinésie, l’individu émet une énergie capable de créer un objet ou de le modifier. En physique quantique, le mental n’a aucune influence. Cela fait une grande différence, n’est-ce-pas ?
Afin de rejoindre ce point de vue scientifique, nous avançons de plus en plus dans le domaine subtil. C’est ainsi que nous parviendrons bientôt à atteindre l’énergie subtile, telle que celle du ki. Les physiciens admettent maintenant la théorie du big bang, quoiqu’ils n’aient pu encore en expliquer le stade initial, là où il n’y a pas de cause, où le temps est au point zéro ou presque. Pourquoi ne reconnaît-on pas que l’énergie se différencie sous quatre formes ? Parce que, du point de vue scientifique, nous ne connaissons que certaines formes particulières de l’énergie telles que l’électricité, la force gravitationnelle et certaines autres que l’on peut mesurer avec nos instruments. Il ne nous est pas encore possible de percevoir l’énergie telle qu’elle est avant sa différenciation. Mais nous sommes maintenant sur le point d’y parvenir.
En étudiant des individus dont les chakras sont éveillés, il nous a été possible, à l’aide d’un détecteur spécialement conçu, comme pour l’énergie du ki, de mesurer dans leur corps certaines zones chargées d’un haut potentiel énergétique qui, je pense, correspondent aux chakras et à leur degré d’activité. Mon hypothèse est que les noyaux ou les électrons de ces parties du corps émettent une grande quantité d’énergie qui se décharge pour réapparaître sous forme de photons. Afin de vérifier cette hypothèse, nous mesurons les photons avec un compteur à photons. Si le chakra est éveillé et son potentiel élevé, nous détectons alors un grand nombre de photons émis dans la zone correspondante. S’il y a concentration mentale du sujet et éveil d’un de ses chakras (conditions qui favorisent l’émission de photons) nous pouvons vérifier l’existence des chakras et de l’énergie psychique. S’il y a concentration mentale, mais qu’aucun chakra n’est actif, rien ne se passe. Dans ce cas, nous pourrons détecter un seul photon en peut-être trois, dix ou vingt secondes, ce qui est normal. Mais un chakra en activité émet une quantité de photons très inhabituelle. Une concentration psychique proche de la concentration mentale, transmet de l’énergie aux photons de la zone sur laquelle on se concentre. C’est de cette façon que nous avons pu mettre en évidence le mécanisme d’interaction entre le mental et le corps physique. C’est une science nouvelle ou plutôt c’est une nouvelle médecine qui est plus proche des autres religions ou philosophies. Ainsi, maintenant, nous nous approchons précisément d’un seuil, pour enfin le franchir.
PI. Pensez-vous que la science s’achemine vers un nouveau paradigme, une nouvelle méthodologie ?
HM. Oui, quoique beaucoup de gens parlent du nouveau paradigme, ils ne l’ont pas trouvé. Ils n’en sont qu’au stade des spéculations. Mais une recherche telle que la nôtre concrétise ce nouveau paradigme. Je pense que c’est tout à fait différent et bien plus porteur de signification que ne l’est la simple pensée « nouvel âge ».
PI. Oui, et peut-être faut-il un nouveau type de scientifiques clairvoyants pour mettre en évidence ce nouveau paradigme ?
HM. Oui.
Pour plus de renseignements : Institut Motoyama pour la science de la vie, Inokashira 4-11-7, Mitaka-shi, Tokyo 181, Japon.
Auteur : Adrian Jackson,
Thématiques : Sciences et santé
Rubrique : Entretien ()
