Q : Qu’est-ce qui pourra convaincre les gens que la paix est possible ?

Partage international no 406juin 2022

Les gens s’imaginent que Maitreya va se présenter au monde et présenter les Maîtres l’un après l’autre. Ils croient que chacun va parler tour à tour, que le monde les écoutera attentivement et se mettra à changer. Ce n’est pas si simple. Le changement doit être opéré par l’humanité elle-même. En d’autres termes, il doit être largement approuvé par la plupart des gens (pas nécessairement par 100 % de la population mondiale), sinon il ne pourra pas être mis en œuvre. Ce serait enfreindre le libre arbitre de l’humanité si des décisions n’étaient prises que sur des conseils de Maitreya ou des Maîtres, sans qu’une grande majorité de l’humanité en ait au préalable éprouvé le bien fondé et les ait approuvées. Contrairement aux partis politiques, nous ne nous contenterons plus d’une simple majorité. Sans un certain degré de consensus, aucun changement ne pourra se produire. Un changement imposé ne saurait durer. Tout changement de cette sorte suscite la controverse, et toute décision fait alors naître une revendication opposée.
Les gens se demanderont : « Après tout, est-ce la meilleure chose à faire ? » Puis ils proposeront autre chose, et ainsi de suite – il s’agit d’un processus créatif vivant, et non de changer les structures de la société par un autre ensemble de structures. Il s’agit de changer les valeurs actuelles par un autre ensemble de valeurs, mais tous les gens n’accorderont pas la même importance à ces valeurs, et ne s’investiront pas de la même manière à leur sujet.
Le psychisme humain est très complexe, avec toutes ses croyances, ses attentes et ses espoirs. Mais d’une façon générale, l’humanité sera invitée à mettre en œuvre ce qui, à un moment donné, rassemblera le plus large consensus – disons que 90 % de l’humanité devra donner son accord à une proposition de changement politique ou économique. Je pense que 90 % sera suffisant, mais s’il ne s’agit que de 50 %, ou d’une majorité de 55 %, ou même de 60 %, le changement proposé ne sera pas mis en œuvre. Il y a toujours eu de puissantes forces d’opposition dans le monde, et l’on a institutionnalisé une manière bien particulière de « vendre » les idées, au point d’en faire une habitude fortement ancrée. Le mirage est devenu si profond qu’il faudra beaucoup de temps et de réflexions à l’humanité dans son ensemble – plus de six milliards de personnes – pour parvenir à un consensus.

Réponses données par Benjamin Creme