Q : Pour quelles raisons est-il si difficile de vivre en bonnes relations les uns avec les autres ?

Partage international no 43mars 1992

Actuellement, les circonstances nous empêchent largement de vivre de bonnes relations – nos gouvernements eux-mêmes agissent à l’inverse. Nous nous attaquons, nous nous défendons, nous plaçons des millions de dollars dans toutes sortes d’armements pour nous menacer les uns les autres, nous faisons la guerre, et nous disposons de structures économiques basées sur la compétition et sur les forces du marché – sur l’avidité, en d’autres termes. Ceux qui ont de l’argent s’enrichissent et ceux qui n’en ont pas doivent faire avec peu. Ceux qui ont le pouvoir peuvent imposer leur volonté aux autres. Tout cet ensemble représente ce qu’on appelle de mauvaises relations. Si les gouvernements adoptent une attitude, le peuple suit, et cela détermine les caractéristiques de la personnalité de la nation, l’ambiance quotidienne dans laquelle nous baignons. Naturellement, chacun essaie de faire de son mieux, mais nous restons impuissants car la compétition, l’égoïsme et l’avidité règnent autour de nous. Nous sommes pris par le fait de devoir gagner notre vie, nous croyons que la vie sera plus facile avec davantage d’argent, et nous nous battons pour obtenir cet argent, etc. –  c’est une généralisation, il existe naturellement des exceptions. Agissant ainsi, nous ne faisons que nier, ignorer totalement notre nature divine. D’après le plan divin, l’humanité devrait vivre en harmonie. Dieu veut l’harmonie pour le monde, mais il n’y a d’harmonie nulle part. Cependant, l’harmonie ne se mettra pas en place d’elle-même. La plupart des dévots – de Saï Baba, de Maitreya, de Jésus – que je connais, sont dévots de l’idée de Dieu. Ils pensent qu’il suffit d’être dévot. Ils se figurent que, parce qu’ils ressentent l’amour, l’harmonie, parce qu’ils apprécient, ou même peut-être parce qu’ils aiment leurs frères humains – jusqu’à ce qu’ils s’approchent trop, ou les heurtent, ou manifestent des attentes – ils font preuve d’une attitude générale de bonne volonté envers l’humanité. C’est bien beau, mais ils ne modifient en rien les structures. Maitreya a déclaré très clairement (Message n° 31) : « Rien ne se produit par hasard. L’homme doit agir et accomplir sa volonté. » Il n’est pas suffisant de  s’asseoir aux pieds de son gourou, pensant que le gourou, l’enseignant, ou Dieu, fera tout lui-même – Dieu ne peut travailler qu’à travers des intermédiaires. Il vous faut devenir un agent de Dieu, et vivre comme tel, concrètement. Alors, il se produira quelque chose de bien déterminé. Vous vous découvrirez appartenir à un vaste groupe, à travers le monde, qui pense de la même manière, développe les mêmes idéaux d’harmonie, de justice et de justes relations. Lorsque suffisamment de personnes perçoivent ces idéaux et agissent, les choses changent. C’est ce qui s’est produit dans le bloc de l’Est. Pourquoi pensez-vous que le mur de Berlin soit tombé ? Parce que, soudainement, le peuple allemand a répondu aux énergies qu’il ressentait en lui, afin d’exiger la liberté et l’établissement de meilleures relations. Les bonnes relations induisent la liberté. Les Allemands voulaient la liberté, la possibilité d’exprimer ce qu’ils sont. C’est ainsi qu’ils ont renversé le mur et réunifié l’Allemagne, trente ans plus tôt qu’on ne pouvait l’espérer. C’est un exemple d’acte mené par le peuple de son propre chef. Quelque chose de semblable se déroule dans le bloc soviétique.

Réponses données par Benjamin Creme