Q : J’aimerais connaître le point de vue de votre Maître sur le conflit entre l’Otan et la Yougoslavie. Dans le numéro d’avril 1999 de Partage international, il s’exprime ainsi : « Le pouvoir de l’homme de donner la mort à distance, triomphalement étendu à l’échelle des continents, scelle le sceau de son avancée vers l’autodestruction. La froide sophistication des armes d’aujour-d’hui n’a d’égale que leur impersonnalité : le guerrier n’a plus à être témoin de l’épouvante qu’exprime le visage de sa victime. » Ceci pourrait être interprété par certains comme une condamnation des bombardements de l’Otan. Cependant, je crois me souvenir que le Maître s’était montré critique à l’égard des leaders mondiaux, il y a quelques années, leur reprochant d’avoir beaucoup tardé à arrêter le génocide en Bosnie. Quelques éclaircissements seraient les bienvenus.

Partage international no 129mai 1999

L’article du numéro d’avril 1999 a été écrit au début du mois de mars, avant que commencent les bombardements de l’Otan sur la Yougoslavie. Dans son article, mon Maître s’exprimait de manière générale sur la nature impersonnelle de la guerre moderne et sur les missiles nucléaires intercontinentaux capables de détruire des millions de vie en quelques secondes. En ce qui concerne les guerres « régionales », comme celle du Kosovo aujourd’hui et celle de la Bosnie auparavant, il ne faudrait pas croire qu’il condamne les frappes de l’Otan.
Les Maîtres jugent très important que les nations prennent les mesures d’ordre nécessaires afin d’assurer la paix dans le monde. Comme l’affirme mon Maître dans son article paru en juin 1993 : « Rien [de moins] ne saurait fournir la garantie d’un avenir dégagé de la menace des conflits fratricides. La guerre doit aujourd’hui entrer dans l’illégalité, et ses instigateurs être tenus pour responsables devant la Loi. Les nations doivent être prêtes à faire respecter la loi, et à en payer le prix. Jusqu’à ce que la paix soit établie de manière sûre et durable, il restera nécessaire de faire la police dans le monde. »

Réponses données par Benjamin Creme